Bon, pavé powaaahhhh !J'ai lu pas mal d'articles sur le féminisme et la condition féminine, son évolution, etc en général lors de ma prépa (merci les cours de culture G), et très honnêtement, j'ai répondu "Oui, c'est évident".
Je ne sais pas trop comment on peut répondre par la négative et être une femme en même temps (qui a dit radicale ?)
Personnellement, comme pas mal de fillettes, je ne faisais pas la distinction des sexes… Je jouais d'ailleurs plus avec les garçons, ou à des jeux "mixtes", voire considérés comme "masculins", étant petite, car les baigneurs et autres me débectaient, et je ne voyais pas comme on pouvait s'amuser avec des trucs pareils, alors même que ma cousine en avait et ne touchait pas aux Legos par exemple. Bon, le fait d'avoir un grand frère a peut être aidé aussi.
Mais arrivé l'âge pré-pubère, c'est-à-dire vers la fin du primaire et le début du collège… Je me suis pris un mur. Vlam ! Là, dans ce monde si particulier, il ne fallait plus guère croire que les filles étaient l'égal des garçons/ qu'on pouvait jouer ensemble comme avant etc. Oh que non. Sexualisation et différenciation des genres, bonjour. Les nanas qui se fardaient la trombine dès le CM2 étaient mieux acceptées, tout comme celles qui se différenciaient par leur "bonnasse attitude"… ou tout simplement leur comportement "féminin": c'est-à-dire une grosse caricature, hein, parce qu'à cet âge là… (En tout cas, ça s'est passé comme de mon côté, et ça n'engage que moi). J'ai d'ailleurs mis un certain temps avant de pouvoir m'approprier tout un tas de choses considérées comme des attributs typiquement féminins (jupes, robes, talons…) pour les raisons précédentes: je les associais avec ces filles, en lesquelles je ne me reconnaissais absolument pas.
Bref. Tout ça pour dire que j'ai senti assez tôt que tout ne serait pas aussi simple pour moi, qui ne me sentais pas "fille", mais plutôt "humain", que pour mes anciens petits camarades de jeu, qui eux se calquaient bien sur ces nouvelles identités sexualisées et tout ce qui va avec.
Je le ressens encore aujourd'hui. Partout. Je suis peut être un peu parano, qui sait, et on va dire pour faire dans le terme générique, que je ne suis qu'une de ces "foutues hystériques féministes". Je ne sais pas si certaines ont lu ses livres également, mais j'ai retrouvé pas mal des mécanismes que j'avais observés IRL dans les livres de Soral, notamment sa "Sociologie du drageur"… Qui est assez fun à décortiquer (tout n'est pas à prendre au premier degré, hein!), notamment sa classification des différents types de femmes. Dans le même registre, on a aussi "Abécédaire de la bêtise ambiante"…Bref.
Pour en revenir au sujet, je pense que tout cela est intimement lié au fait que les femmes puissent enfanter. Dans des articles que j'ai lu (Il faudrait d'ailleurs que j'en retrouve les références pour pouvoir les publier ici), il était exposé le fait que dans beaucoup de sociétés, en essence (Je ne vais pas tout développer, et mes souvenirs sont lacunaires. Contexte également: le passé biiiiiennn lointain/archaïque), les hommes étaient fascinés par le fait que les femmes possèdent le pouvoir "magique" de donner la vie. Dépossédés qu'ils étaient de cette option (Le fait de porter l'enfant et de donner naissance), il ont essayé de la contrôler, ce qui passait par le contrôle du corps de la femme. Ainsi, cette dernière a t elle été considérée comme une marmite/un creuset/un four dans lequel l'homme déposait sa semence pour créer la vie.'Voyez le rapport passivité et activité ici? D'acteur relativement central et actif, la femme est passée au statut "réceptacle"/matrice passive. Ce genre de rapport homme/femme a évidement évolué depuis, mais il est encore présent dans nos sociétés.
Personne n'évoque les pensées antiques gréco-romaines ? Qu'à cela ne tienne ! Je ne sais plus quel penseur grec (les cours sont loin !) affirmait que la femme pouvait mettre au monde différents types d'enfants selon leur apparence et leur caractère (du plus parfait au plus imparfait ici): un garçon ressemblant à son père, un garçon ressemblant à sa mère, une fille ressemblant à son père, le pire étant une fille ressemblant à sa mère (une reproduction sans amélioration, en somme). Je ne résume pas les pensées et les théories ou le lègue de l'antiquité à celle-ci en matière de rapport homme/femme, bien entendu, mais je sais que ce passage là m'avait relativement marqué, du moins assez pour qu'il me revienne à l'esprit maintenant.
(D'ailleurs, et je ne sais pas si la corrélation est bonne, mais vous avez vu que les américains ont décidé il y a peu de revoir les programmes de sciences nat' et bio en insistant moins sur les différences hommes/femmes pour plutôt s'intéresser aux capacités humaines en général? Ce qui a provoqué un tollé chez les Chrétiens là bas ?)
Bref.
Un article pas mal non plus sur la question, c'est celui du "Rape society" posté en lien sur le blog de Maïa il n'y a pas si longtemps que ça, et qui fait état de la violence de la société en la matière, et ce au quotidien.
Dans la vie de tous les jours: inégalités salariales, que les gouvernements successifs mentionnent toujours dans leurs programmes mais ne traitent pas (euh, les 20%, on va encore se les farcir longtemps?), traitements différents en entreprise, tabous à ne pas mentionner, ou visions limités et réactionnaires, traitements différents des individus selon leur sexe tout court et leur rapport au sexe aussi …
Ca me fait d'ailleurs penser à un truc, anecdotique, mais révélateur à mon sens : le traitement des joueurs dans les MMORPG ! Putain le truc. Dès le moment où tu dis être une nana, bam ! Changement radical du comportement des autres joueurs. J'étais dans une guilde de mecs, faut le préciser. D'autres filles ont préféré ne pas révéler leur ID de genre, et mon dieu, c'est encore la meilleur option ! Encore que. Quand on refuse d'aller sur TS, Mumble ou encore Skype, ou qu'on y participe en "muet", on s'attire des remarques et les suspicions fusent. Quand tu écris correctement, là encore, les gens sont méfiants, c'est pour dire x) A croire que les fautes sont l'appanage et la preuve d'appartenance au club du mâle viril ? XD
… Le fait qu'on t'impose des remarques lourdes (en vacances en Normandie ce WE, mangeant une cochonnerie sur le bord de la digue, ma pote et moi-même avons eu droit à des "Bah non, les filles, faut pas manger ça, vous allez tout gâcher et grossir…" répétés en plus, de la part de vieux de 50 balais, bedonnants et gras (en un mot, dégueulasses), qui n'avaient pas l'air de capter qu'on en avait rien à foutre malgré nos "Et donc ? Ca ne regarde que nous !" et mes regards véners (wesh!)…), et au delà des agressions psychologiques, les agressions physiques (auxquelles j'ai malheureusement eu le droit), les regards insistants qui me font tiquer, et auxquels je réponds via une moue de dégout (comprenez que je fronce les sourcils et que ma lèvre supérieure se relève sur mes dents toute seule (oui oui, comme un animal qui montre les crocs)) et un regard qui en dit long… J'ai des fois juste envie de les alpaguer, là, comme ça, bien fort, devant tout les gens présents (métro, I love thou), pour leur faire remarquer combien ils me dégoutent.
C'est plus dur d'être une femme à cause des à priori qu'on nous apprend et qu'on nous répète des notre plus jeune âge (qui a dit que 1000 répétitions valaient une vérité?), qui sont intégrés, et auxquels on doit faire face tous les jours… Sans pour autant y répondre par l'agressivité (non, parce qu'il faut être "douce", on est des femmes…) ou par des comportements méfiants (parano/coincée/folle/hystéroféministe/salope). Ah ! Un bon article aussi, sur les "États généraux de la Femme", du magazine "Elle", intitulé "Elle remet ça" et qui dénonce pas mal de trucs…
Et on est en France. Imaginer ce qui peut se passer dans les pays considérés comme les plus dangereux pour les femmes (Inde, Pakistan, Somalie, et RDC ) ne peut que faire blêmir …
Pour finir (ouf) :je suis entièrement d'accord avec le post de _lilou_. Je ne veux que le bien être, sans qu'un sexe ou l'autre n'ai à souffrir de ce que l'autre veut lui imposer, ou lui impose effectivement. Or, ce qui ressort de la situation actuelle, c'est que justement, les femmes souffrent de la domination masculine et veulent se dépêtrer de ce bourbier, là où les hommes trouvent que c'est très bien comme ça / n'ont pas envie de faire d'efforts ou que ça change ("C'est la nature, ma bonne Micheline !") / acquiescent sans pour autant aider par peur de voir leur statuts et leurs "privilèges" remis en question (Oui, je force le trait, j'en suis conscience et c'est volontaire).
Or le bien être, je suis loin de le ressentir, à part quand je m'isole mentalement, ce qui représente un risque du coup, parce que je suis inconsciente du danger, qui peut pour le coup saisir la balle au bond et en profiter pour me la foutre en pleine poire (Vous savez, quand on se dit "Ooooh, fuck off ! Je ne vais pas m'empêcher de vivre pour une bande de sales cons louches qui ont des idées malsaines", qu'on sort en s'habillant comme on veut ou comme on voudrait si on pouvait ne rien avoir à craindre, en levant le menton bien haut etc, et qu'on se retrouve finalement, au retour de soirée/ quand on rentre un peu tard, et seule, à se dire que les échos dans la rue ne sont peut être pas nôtres ou que les mecs dans le wagon sont un peu chelous, quand même….) Et la méfiance ou la vigilance constante, c'est loin d'être épanouissant, et ça fatigue. Du coup, on s'empêche aussi de faire des rencontres sympas… surement (je n'en ai jamais fait, par contre x) )
Et avec la montée du religieux, ça ne risque pas de s'arranger.
Fait chier.