« À Nos Fils », un poème sur les dommages collatéraux de la culture du viol

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Clemence Bodoc, le 27 octobre 2014.

  1. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
    Expand Collapse
    Rédactrice en chef
    Membre de l'équipe

  2. samya

    samya
    Expand Collapse
    En hibernation

    j'ai juste lu la traduction (merci d'ailleurs) et je ne comprends pas le discours d'un côté ils dénoncent un fait divers le viol par des joueurs de foot américain et dénoncent le fait que l'opinion publique ait été plutôt attendrie (disons le comme ça) face aux larmes des violeurs etc etc MAIS ensuite la fin du poeme je ne comprends pas où il veulent en venir en disant presque l'inverse, de ne pas abandonner l'agresseur et lui demander où il a appris a tenir une arme, ne pas les envoyer en prison qui brise les gens, ni en maison de correction......on leur file 100 balles et un mars ou c'est comment??
     
  3. Professeur Mc Gonagall

    Professeur Mc Gonagall
    Expand Collapse
    Bien entendu, le bal de Noël a toujours quelque chose d'un peu... échevelé.

    Je suis d'accord, c'est par l'éducation qu'on brisera la culture du viol.
    Au printemps dernier, mon petit frère qui était en grande section de maternelle a eu des ennuis : avec un de ses copains, ils s'amusaient à frapper une fille de leur classe et lui faire peur.
    Mon beau-père (son père, donc) lui a fait la leçon en ces termes : "les garçons, ça ne doit pas frapper les filles. ça doit les protéger, et les faire rire." J'ai trouvé ça très beau, et très bien expliqué quand on considère qu'il s'adressait à un enfant de 6 ans... Je sais que je peux avoir confiance en mon beau-père et en ma mère, pour lui expliquer dans quelques années qu'il ne doit pas devenir un violeur et comment ne pas le devenir. Et je serai là pour faire soutien...
     
  4. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
    Expand Collapse
    Rédactrice en chef
    Membre de l'équipe

    Non, le propos n'est pas d'excuser les violeurs, mais de s'interroger sur ce qui pousse des "garçons bien" à devenir des violeurs. D'un côté on a l'image du violeur comme étant une ordure finie, de l'autre on a des jeunes aux futurs prometteurs qui se retrouvent accusés (et dans le cas de Steubenville, coupables) de viol. Plutôt que de se confondre en tentatives d'excuses tout à fait malvenues (comme plaindre leurs carrières brisées plutôt que... leur victime), on ferait mieux de s'interroger, en tant que société, sur ce qui pousse des "gentils garçons" à commettre des viols.

    La réponse des auteurs du poème, c'est la culture du viol, qu'ils présentent comme "un professeur" qui enseigne aux enfants des stéréotypes nocifs pour eux-mêmes et pour les autres. Je développe tout ceci dans l'article sur le consentement, la culture du viol et la fameuse "zone grise".

    Il est question de la même chose ici : arrêter de se défausser collectivement en blâmant les individus pour des actes qu'on cautionne par notre incapacité, notre refus de les aborder pour les déconstruire. En clair : et si on expliquait aux garçons à respecter le consentement, plutôt qu'à leur blinder la tête de stéréotypes dangereux sur la virilité ?

    Ça éviterait à bon nombre de "mecs bien" de violer une fille sans le savoir / sans le vouloir / par accident etc...

    C'est ça le propos :fleur:

    EDIT : et peut être que ça te paraîtra logique, mais c'est loin de l'être, puisque nombre de parents s'offusquent à l'idée même qu'on puisse insinuer que leurs fils puissent un jour violer quelqu'un. Surtout pas ! ... Et pourtant, tous ceux qui grandissent bercés par la culture du viol, sans que personne ne vienne contrebalancer, déconstruire ces messages nocifs, sont susceptibles un jour de ne pas entendre "non"...
     
    AncienneMembre_35 a BigUpé ce message
  5. Etoile d-araignée

    Etoile d-araignée
    Expand Collapse
    Je suis la descendante des sorcières qu’on n’a pas réussi à brûler. Nous existons encore.

    A titre personnel, je ne suis pas très sure de cautionner l'idée que les garçons doivent protéger les filles. Je trouve que ça quelque chose d'infantilisant là dedans, et de pas très constructif aussi. Si je me sens en danger, je veux pouvoir me protéger moi même. Si on m'attaque, je veux être mesure de me défendre moi même. Et si on me fait du mal, c'est à moi de ramasser mes propres morceaux et de reconstruire quelque chose. Il n'y a que comme ça que je pourrais avoir conscience de mes propres forces et capacités.
    Alors, ça veux pas dire que je m'estime seule contre tous, et que je veux que personne, jamais, ne veille sur moi. Mais si ça arrive, je veux que ce soir avec mon accord au préalable, et parce que je suis un être humain, pas parce que je suis socialement définie comme de genre féminin, et tant qu'en de tel, je suis une petite chose fragile.
     
    AncienneMembre_35 et Leass ont BigUpé.
  6. Professeur Mc Gonagall

    Professeur Mc Gonagall
    Expand Collapse
    Bien entendu, le bal de Noël a toujours quelque chose d'un peu... échevelé.

    Je comprends ton point de vue Etoile... Effectivement ce n'est pas idéal, et la protection m'a aussi faite grimacer après coup même si sur le moment j'ai approuvé... Mais enfin à choisir je préfère ça plutôt qu'un autre genre de réaction...
     
    AncienneMembre_35 a BigUpé ce message
  7. Kmarlou

    Kmarlou
    Expand Collapse

    J'arrive après la bataille mais;
    Bien sûr qu'on préfère cette réaction, mais nous sommes d'accord que l'idéal aurait été de dire que ce n'est pas bien de frapper les gens en général... Et personnellement en y réfléchissant même le "les faire rire" me dérange, comme si un garçon ne devrait avoir que cette attitude(que j'ai associé là à de la séduction pour cet âge là, voire un conseil de drague de façon générale) et considérer les filles d'une manière particulière... Bref je vais peut-être un peu loin, mais il ne faudrait pas qu'à l'arrivée d'un petit garçon souffre douleur, le petit frère en question se dise que c'est un garçon donc qu'il n'a pas a le protéger lui... Et que si on lui dise "tu dois l'aider" il soit confus et l'assimile à une fille... Mais bon encore une fois je vais loin
     
Chargement...