Auteurs préférés

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AnonymousUser

Guest
J'ai un peu fouillé, et il me semble qu'il manque à ce forum un sujet sur les auteurs qu'on préfère alors qu'il y a souvent quelque chose d'intime qui se crée entre soi et certains écrivains, plus qu'entre le bouquin en lui-même et soi, bref. Donc, un coin pour parler de la manière dont on a découvert untel, par quel livre on a commencé, lequel on a préféré, à quels autres auteurs il nous a menés, etc., etc.
 
18 Septembre 2005
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Grenoble
Alors, ça évolue assez souvent bien sûr, mais en ce moment je pense que ce sont les suivants : Truman Capote, Toni Morrison, Janet Frame, Tarjei Vesaas, et Georges Perec.

Truman Capote j'ai commencé à vraiment l'apprécier il y a peut-être deux ans, en lisant Les domaines hantés : j'avais lu Prières exaucées deux ans avant mais il ne m'avait pas plus touchée que ça. Les domaines hantés par contre, ça a été un des livres que j'ai le plus aimé lire, il s'est installé dans ma tête petit à petit, j'y pensais beaucoup quand je ne le lisais pas (je mets souvent très longtemps à lire un livre depuis quelques années, j'ai besoin de le laisser "infuser"), et chaque fois que je le reprenais il me touchait de mieux en mieux, chaque personnage me parlait, il était infiniment doux, mélancolique, et poétique, j'aimais son rapport aux lieux et aux corps (des domaines hantés, donc !), aux notions de présence et de passage, j'aimais tout, tout, tout, il me serrait le coeur et en même temps il m'apaisait énormément. Après j'ai lu De sang-froid avec un peu de méfiance parce que j'avais quelques a priori négatifs sur la démarche, et finalement il m'a boulversée aussi, puis quelques autres, et maintenant j'acheterai n'importe lequel de ses livres les yeux fermés, son écriture est tellement sensible, je la trouve déchirante, et je suis heureuse qu'il m'en reste encore plein à lire. Voilà. Ce que j'ai préferé de lui : Les domaines hantés, donc (c'est mon roman préferé de toute façon, j'ai decidé), De sang-froid, et Les chiens aboient.

Toni Morrison, j'avais acheté Beloved chez Emmaüs il y a peut-être 5 ans, parce que j'avais repéré son nom dans la bibliotheque de ma mère, et dans une sélection de la Fnac genre "culture afro-américaine" blabla, j'avais vu que Chloé l'avait lu et aimé donc ça m'avait assez motivée pour le lire, et j'avais aussi un peu de réticence au début, je trouvais son style assez pesant, puis c'est pareil, à force d'avancer dedans et qu'il "infuse", il s'est installé, et il a fini par beaucoup m'impressioner. Le style ne me gênait plus du tout, j'avais même fini par le trouver particuliérement beau, elle raconte des choses extrêmement dures, on y retrouve un héritage et une histoire collective lourds et tout, mais son écriture reste profondément intime, très attachée à ce que l'histoire qu'elle raconte a de particulière. Je trouve que ses romans ont une portée folle, et puis ils sont impeccablement construits et maîtrisés, et surtout elle a (finalement!) un style particuliérement riche et vivant, très marquant je trouve. Bon il n'y a pas que ça, en plus, mais je ne sais pas très bien en parler. D'elle, mes préferés sont : Beloved, donc, Paradis, et L'oeil le plus bleu. Et là encore j'ai pas tout lu

Janet Frame c'est entièrement miss-ter qui me l'a faite découvrir, vu qu'elle en parlait beaucoup beaucoup à une époque, et qu'en plus elle m'a offert un de ses recueils de nouvelles, je ne dois qu'à elle d'avoir pu lire cette auteur merveilleuse ! Le premier que j'ai lu c'était Les hiboux pleurent vraiment, dans une traduction où il s'appelait La porte étroite, et ça m'avait intriguée sans me marquer vraiment immédiatement aussi fort que les deux précedents, le deuxième essai je crois que c'était Le jardin aveugle, et il n'a pas non plus été particulièrement concluant, puis c'est vraiment à force de la lire que je l'ai aimée! J'ai aussi vu le film que Jane Campion a tiré de son autobiographie : Un ange à ma table, qui m'a beaucoup plu et a contribué à mon attachement à elle. Je crois que c'est à partir du troisième roman lu que j'ai commencé à vraiment l'apprécier, il me semble que c'était Visages noyés mais je n'en suis pas tout à fait sûre. Ce qui me touche chez elle, c'est encore une écriture fortement sensible, elle m'évoque un peu un tableau impressioniste, sa façon de décrire les sentiments, de détailler ce qui l'entoure en s'arrêtant sur des choses très fragiles, a priori insignifiantes, c'est encore forcément assez mélancolique du fait de son experience personnelle, mais je n'y trouve aucune complaisance, il me semble qu'elle a au contraire un amour immense pour les choses, bien que ce qu'elle raconte puisse être violent. Je dis peut-être un peu des bêtises alors je vais m'arrêter là pour elle. Et mes préferés, ce sont Visages noyés, Les hiboux pleurent vraiment, ses recueils de nouvelles Le Lagon et Poussière et lumière du jour, et son autobiographie en 3 tomes que je n'ai malheureusement pas encore finie. D'ailleurs, le dernier tome, Le messager, c'est la derniere chose qu'il me reste à lire avant d'avoir épuisé tout ce qu'on pouvait trouver d'elle traduit en français, malheureusement :sad: et pourtant j'ai lu toutes les traductions différentes que je pouvais trouver!

Pour Tarjei Vesaas, je crois que j'ai dû en entendre parler pour la première fois dans un entretien dans un magazine littéraire, et j'ai voulu le lire pour une raison très bête : j'aimais la sonorité de son nom, et le titre du roman qui était évoqué : Les oiseaux. Je l'ai trouvé quelque mois plus tard chez un bouquiniste, et comme c'est de la littérature scandinave et que moi j'allais en vacances en Suède, je l'ai embarqué, et je l'ai lu dans une petite maison au bord d'un lac absolument immense, complètement perdue dans la forêt, et à laquelle on ne pouvait accéder que par bateau, ce dont on se fout, certes, mais comme le lieu était très semblable à celui dans lequel se déroule le roman, et qu'il avait une importance importante, et que je kiffais trop, ça a dû pas mal jouer sur mon appréciation. En fait, j'avais encore jamais rencontré une écriture pareille, très naïve et épurée, très particulière, et ça m'avait bien intriguée. Du coup j'en ai lu quelques autres, que j'ai trouvé tout aussi intéressants et inhabituels, puis j'ai fini par l'intégrer et c'est devenu extrêmement agréable. Après, malheureusement, il existe des traductions un peu foireuses qui peuvent pas mal gâcher le récit, et c'est dommage parce que ses récits sont formidables : ils se concentrent surtout sur les liens entre l'individu et la communauté, et sur les rapports de l'individu à une espece de nature-entité, et comment ton monde intérieur entre en relation avec tout ça, et c'est très cool. Enfin, c'est mon impression. Mes préferés : Les ponts, Les oiseaux, Le germe, Palais de glace, L'arbre de santal, et il m'en reste encore pas mal à découvrir.

Ensuite Georges Perec, bon alors là j'en ai lu que trois donc ça peut faire un peu con de le mettre dans mes auteurs préferés, surtout que c'est celui que j'ai connu le plus récemment, mais chacun des trois livres que j'ai lu de lui m'a impressionnée comme un truc de ouf malade. J'avais envie d'en lire depuis très longtemps, mais je n'ai commencé qu'il y a deux ans, parce qu'une liste de lectures facultatives pour le lycée me donnait l'occasion de l'acheter. C'était W ou le souvenir d'enfance, et c'était vraiment trop bien, je voyais un peu l'Oulipo comme un ensemble d'exercices de style parfois cool et souvent rébarbatifs (on a tous des a priori hein!), et en fait c'est Perec qui m'y a introduite : finalement je trouve que ces jeux sur le langage qui sont en fait des reflexions extrêmement intelligentes (je sais que ça va de soi, mais moi je suis un peu conne) sont super cools, et j'ai envie d'en lire plein. Dans les romans de Perec que j'ai lu, il y a une réflexion sur le récit, sur le Verbe, follement pertinente, intelligente (je sais que je me repete), je suis juste en admiration éperdue devant lui et j'ai hâte de le connaître mieux. Donc voilà, mes préferés, c'est-à-dire tout ceux que j'ai lu, dans l'ordre de préference : 1/La disparition, dont la fin est la fin de roman qui m'a fait le plus pleurer (je suis très sensible comme fille), dont j'ai l'impression qu'il m'a rendue un peu plus intelligente, et qui doit être le texte que j'ai le plus lu au monde, genre une dizaine de fois par jour depuis que je l'ai terminé il y a peut-être un mois de ça. Je dois avoir un peu l'air d'une folle monomaniaque, mais en amour il faut accepter ça aussi. 2/W ou le souvenir d'enfance, là aussi ça commence assez lentement et ça monte ça monte en tension, et au final c'est le feu d'artifice (enfin, pas vraiment le feu d'artifice, mais au final tu comprends tout le bouquin et tu te dis oh la la qu'est-ce que c'est vertigineux quand même). 3/Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour, plus léger que les autres, et très très cool tout de même.

Sinon j'aime aussi énormément Carson McCullers, Stefan Zweig, Knut Hamsun, et Shakespeare, mais un peu moins que les autres. Sauf McCullers, mais je l'aime pour de raisons assez similaires à celles pour lesquelles j'aime Truman Capote et mon message est suffisamment long comme ça. Et d'une manière plus générale, je suis fortement touchée par la littérature scandinave et les auteurs du sud des états-unis, mais je ne sais pas pourquoi ? Il y a des choses qui me plaisent que j'ai énoncé plus haut pour parler de Truman ou de Vesaas, un langage, une mélancolie un peu particuliere, quelque chose d'un peu désuet, et que je retrouve dans l'ensemble de ces littératures-là.
 
29 Décembre 2005
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Paris
En fait je sais pas si je peux parler d'auteurs "préférés" car je n'ai lu toute leur oeuvre pour aucun d'entre d'eux, mais bon on va dire que chaque jour qui passe je me rapproche de ce but ultime.. Mais sinon mon coeur appartient à :

- Georges Perec, moi aussi je l'aime à la folie ! La disparition est le premier truc que j'ai lu de lui, j'avais entendu parler du concept et je l'avais emprunté à la bibliothèque il y a très longtemps mais cette lecture m'a marquée à jamais. J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le truc, mais une fois dedans j'ai jamais pu en sortir haha. Pareil que toi Ambre pour la fin, j'ai l'impression que ce livre a changé un truc dans ma vie mais je ne saurais pas dire quoi. Comme un avant/après en quelque sorte (sauf qu'évidemment tout ça est plus du ressenti qu'autre chose, ça n'a pas vraiment "changé" ma vie, mais bon. Je dis n'importe quoi là non ? Haha il faut m'arrêter je divague.) J'ai un peu honte quand même parce que j'ose le mettre dans mes auteurs fétiches alors que je n'ai pas (encore) lu W ou le Souvenir d'enfance, hum. Mais j'ai beaucoup aimé Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ? et aussi son recueil Beaux présents belles absentes, tout ce travail sur les mots, les sonorités, ça me plaît.

- Charles Bukowski, alors lui je pourrai en parler des heures, d'ailleurs je crois l'avoir mentionné dans le topic des personnages qui nous plaisent. J'ai commencé par les Contes de la folie ordinaire et tout de suite j'ai su que lui et moi on allait bien s'entendre. J'aime ses sujets de prédilection et leur approche assez brute mais pourtant y'a tellement de trucs derrière, il peut dire les trucs les plus crus tout en me touchant au coeur, il m'émeut profondément. J'aime beaucoup aussi de lui Pulp, qui joue avec les codes du pulp mais où il est surtout question de la mort (il l'a écrit malade, il est mort peu après), mise en abyme de son expérience etc., j'ai trouvé ça très intéressant. Souvenirs d'un pas grand-chose m'a bouleversée aussi, bon il a été très productif donc j'ai encore beaucoup de lui à découvrir.

- Boris Vian me tient à coeur aussi, il représente une période de ma vie je trouve, pour L'écume des jours et surtout pour J'irai cracher sur vos tombes, qui à l'époque m'a mis une grosse baffe dans la face ! En plus il jouait de la trompette donc je n'en l'aime que davantage. J'aime beaucoup aussi ses Contes de fées à l'usage des moyennes personnes

- J'ai un gros gros faible pour les écrivains de la Beat Generation, j'aime tout ce qu'ils représentent, tout ce qu'ils ont essayé de faire, ils ont quand même été l'impulsion d'un mouvement qui a tout changé aux Etats-Unis (j'ai même une métaphore de fou qui les compare à la flamme vacillante qui a fini par allumer un brasier, mais en fait je vais m'abstenir haha), et j'espère qu'ils me pardonneront de les rassembler dans un tiret. J'aime Sur la route et ok il a des défauts mais j'en ai marre que plein de gens crachent dessus, alors oui je le dis et je l'affirme, j'aime Kerouac ! Il fait aussi des haikus très jolis. Sinon j'aime bien aussi Richard Brautigan, et surtout, Howl de Ginsberg est le livre qui m'a le plus marquée de toute ma vie je crois. (je suis une midinette, en fait)

- J.G. Ballard, et son oeuvre sombre et intense qui réveille les noirceurs de l'âme humaine, ça me remue à l'intérieur, je l'aime. Crash est sans doute son livre le plus connu et mon préféré, qui a été adapté par Cronenberg (mon cinéaste préféré, ho ho ! Coïncidence ? I think not.). Hello America et I.G.H. m'ont aussi beaucoup marquée.
Warning : ce ne sont pas des livres qui apporteront la joie dans votre coeur. En fait grâce à Ballard j'ai appris que les hommes sont vraiment des pourritures haha. J'aime lire des oeuvres très pessimistes qui, bizarrement, en m'éclairant sur notre vraie nature, me font voir les choses autour de moi d'une façon positive. Oui je suis un peu tordue en fait. (et puis il est tard, je sais plus bien ce que je raconte là)
C'est aussi lui qui a écrit L'Empire du Soleil, adapté par Spielberg (pas lu et pas vu, oups !).

- James Ellroy écrit plus que des romans noirs, c'est une mécanique huilée à la perfection, et pareil ça remue la boue des bas-fonds et faut pas le lire si t'es triste non non non, mais c'est sans doute l'auteur dont je connais le mieux la bibliographie, je me prosterne devant lui.

- sinon je suis une fille très originale et j'ai pas peur de le dire, j'aime Baudelaire d'amour et Molière m'enchante, voilà.

Et je vais m'arrêter là parce que je vous ai toutes endormies, haha (en même temps il est 3h35, c'est la chose à faire) !
 
A

AnonymousUser

Guest
Mon auteur préféré de tout les temps c'est Emile Zola. J'ai commencé par le meilleur d'ailleurs, Au bonheur des Dames, et sa façon de raconter la misère, et même de décrire avec une façon minutieuse est fabuleuse. Il me fait un peu penser à Almodovar dans le sens où il parle toujours de la misère, du dramatique (alcoolisme, pauvreté, inceste...) mais ils le rendent beau l'un avec les mots l'autre avec ces films.
J'en suis à la moitié des Rougon-Macquart, j'en ai lu 10 sur 20. Malheureusement avec les études, j'ai pas le temps, ni l'envie, de continuer. Et puis c'est le seul auteur que je peux lire en voiture sans avoir la nausée, va savoir pourquoi.
 
18 Septembre 2005
5 296
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Grenoble
Bleuenn;1399222 a dit :
- Georges Perec, moi aussi je l'aime à la folie ! La disparition est le premier truc que j'ai lu de lui, j'avais entendu parler du concept et je l'avais emprunté à la bibliothèque il y a très longtemps mais cette lecture m'a marquée à jamais. J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le truc, mais une fois dedans j'ai jamais pu en sortir haha. Pareil que toi Ambre pour la fin, j'ai l'impression que ce livre a changé un truc dans ma vie mais je ne saurais pas dire quoi. Comme un avant/après en quelque sorte (sauf qu'évidemment tout ça est plus du ressenti qu'autre chose, ça n'a pas vraiment "changé" ma vie, mais bon. Je dis n'importe quoi là non ? Haha il faut m'arrêter je divague.)
C'est peut-être n'importe quoi, mais c'est exactement comme ça que je le ressens aussi ! Gnihihihi. Dépêche toi de lire W ou le souvenir d'enfance, je suis sûre que ça te plaira. Peut-être même que ça te rendra le goût des 20-30 premières pages des autres livres, qui sait! (je sais tout moi je vois tout)

(Edit : On dirait vraiment un message de folle en fait. Ca doit être le gnihihihi)
 
26 Mai 2007
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talange
Mon auteur préféré est Agatha Christie.

Ça fait peu de temps en plus, environ depuis 3 semaines !

Je suis allée voir à la cave, et j'ai trouvé le livre "Le secret de Chimneys". J'ai commencé à le lire, et je l'ai dévoré du début à la fin !
J'ai regardé dans les vieux livres à la cave s'il n'y en avait pas d'autres d'elle, et j'ai trouvé "Le Cheval pâle". Je l'ai fini la semaine dernière, et j'ai été accrochée par le suspens du début à la fin !
J'ai commencé "Mr Brown" d'Agatha Christie hier soir, et je suis autant embarquée dans l'histoire.

J'aime ce qu'elle a fait, car on est vraiment dans l'histoire, le suspens dure jusqu'à la dernière page. Tout se passe en Angleterre, dans des lieux auxquels on s'attache.
Les personnages sont aussi attachants.

Avec mon chéri, nous avons fait quelques magasins d'occasion ce matin, et j'en ai trouvé 7 d'Agatha Christie, j'ai de quoi lire !!
 
21 Mars 2009
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paris
-Stéphanie Meyer (of course)
-j'aimais beaucoup Pierre Bottero (le pace des marchombres...) mais il est malheureusement mort fin 2009
-Hugo et Zola
 
A

AnonymousUser

Guest
Baudelaire: Je l'ai découvert chez mon grand-père quand j'étais plus jeune, un peu par hasard, au travers de la biographie de Henri Troyat. Je l'ai oublié avant de découvrir les Fleurs du Mal qui m'a filé la plus gigantesque claque littéraire de tous les temps. Je me suis reconnue. Ses mots me parlent, me touchent et me transportent. Lorsque je suis vide, je prends un recueil et j'ouvre au hasard. La charogne est le poème qui a changé quelque chose en moi. C'est crétin dit comme ça mais c'est le moment où j'ai compris que des choses les plus laides et répugnantes pouvaient naître des trésors.

Emile Zola
: Ma mère avait l'Assommoir dans sa bibliothèque. Je l'ai pris un jour d'ennui, après avoir entendu mille choses à son sujet, la majorité tournant autour du leitmotiv "il porte bien son nom". Et ce fut une révélation. Il y a eu un avant, et un après. Je l'ai lu des dizaines de fois, et je continue de le relire régulièrement. Il est d'ailleurs souvent à l'origine de discussions impromptues avec des inconnus aux rayons livres, quand je suis devant les Zola pour choisir le suivant. Le plus marquant c'était cet homme de cinquante ans environ qui n'en revenait pas de trouver quelqu'un qui aimait ce livre au moins autant que lui l'aimait. Depuis, je dévore les Rougon Macquart, il doit m'en rester 8 à acheter. Et ceux que j'ai sont tous dans des éditions différentes ahah.
Bref, Zola me fascine assez avec ses portraits d'hommes et de femmes. C'est un peu comme le poème La charogne, il fait du beau avec du laid.

René Barjavel: Je l'ai découvert lorsque ma professeur de français de seconde (que j'admirais beaucoup) nous avait donné Ravage à lire. Je me souviens l'avoir lu d'une traite, et l'avoir recommencé aussi sec. Depuis, Barjavel c'est une de mes valeurs sûres, il m'en reste très peu à lire de lui, trois je crois. Il me permet de m'évader l'espace de centaines de pages. Je finis ses livres avec la sensation de satiété et de détente complète. Ce sont des parenthèses hors du temps.

Et il y a ceux qu'il faut que je continue à découvrir, Bukowski, Maupassant, etc.
 
1 Juillet 2007
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Heimsbrunn
rottenweather.tumblr.com
Dans un ordre à peu près chronologique, j'adore Molière, plus pour le personnage qu'il était que pour ses oeuvres. Je l'imagine drôle, débordant d'imagination, très culotté, séduisant, sûr de lui, ambitieux. C'est sûrement l'auteur pour lequel j'ai le plus d'affection et celui duquel je me sens le plus proche.

Après, grand saut dans le temps : j'adore Marguerite Duras pour la maturité qu'a pris son écriture au fil du temps, pour les mots qu'elle a réussi à poser sur certains événements de sa vie. J'ai lu Les yeux verts, en premier. Coup de coeur énorme pour ce "carnet", j'ai tout aimé : le style, les photos, les bribes de vie.

Assez récemment j'ai découvert Raymond Carver et là aussi, un vrai coup de coeur. J'aime l'écriture minimaliste, les gros plans sur des choses insignifiantes, des moments qui n'ont l'air de rien. Il ne raconte (presque) rien, mais il le raconte bien. Vraiment, bien.

Sinon, j'aime beaucoup Camus. A mes yeux il est "le salaud aux belles idées" et je me suis toujours sentie grandir à la lecture de ses bouquins.
 
12 Septembre 2005
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Thumesnil
Pour moi aussi, mes auteurs favoris évoluent d’année en année, ne serait-ce que parce que j’ai assez mauvaise mémoire, et que j’oublie au fur et à mesure ce que j’aimais tant que untel ou une unetelle, si je ne l’ai pas lu depuis un petit moment.

Ces temps-ci, mes prefs sont des écrivaines femmes contemporaines. Elles sont toutes encore vivantes. Elles se nomment Catherine Mavrikakis, Elise Turcotte, Annie Ernaux ; les deux premières sont québécoises, alors je vais vous mettre des extraits parce que j’ai envie de leur faire un peu de pub outre-Atlantique.

Catherine Mavrikakis est absolument incroyable. Ses récits sont follement riches, ensablés de mille et unes références. C’est d’ailleurs là sont postulat de base, il me semble : nous sommes hantés, tous, par l’Histoire, la Grande et la petite, qu’il ne faut pas oublier. On ne peut pas vivre en ignorant son passé à soi, ni le passé des autres. Je n’ai pas tout lu ses livres, elle en a écrit une dizaine, cet été je devrais les avoir terminé. J’ai à la fois hâte et peur, parce que j’ai l’impression que j’en serai transformée. J’ai lu Deuils cannibales et mélancoliques, qui parle beaucoup de sida, puis Le ciel de Bay City, et je viens de terminer Fleurs de crachat. Je vous les conseille tous. Son écriture est incroyable, à la fois terrible, qui tue vraiment à l’intérieur, mais à la fois excessivement tendre, qui halète, cherche son humanité. C’est beau à en couper le souffle, littéralement. Ca me tue ; parce que toutes ses images, qui peuvent paraitre aléatoires au début, forment un tout, mille métaphores y sont consignées, et elles sont toutes pesées, senties, pertinentes, c’est un casse-tête hallucinant. C’est presque trop ; j’ai envie de relire ses livres à l’infini. J’ai pleuré dans le métro en commençant Fleurs de Crachat. C’est quelque chose de plus grand que soi, comme lecture, vraiment, qui englobe, assassine, panse, caresse. Je ne saurai trop vous conseiller son blogue, si jamais vous êtes curieuses.

Et puis je vous mets l’incipit de Fleurs de crachat, puisque je l’ai sous la main :

Je gâche tout. C’est comme ça. Moi, Flore Forget, indigne fille de feu Violette Hubert, ma mère, je dois bien l’avouer, je pourris tout. Je fais tout foirer, tout tourner. Une mauvaise mayonnaise. C’est ce que je fais dans la vie. Je saccage, je ravage, je ruine, je pulvérise. Je plastronne fièrement avec mon air de pimbêche, de soldate amarante et ma gueule ramenarde de G.I. goulue. Je pense éperdument arracher la vie au fumier sur lequel elle croît si bien, la salope. Je me prends pour un grand vent, une rafale, un raz-de-marée, un noroît, une tourmente. Je fais dans le jugement dernier. Je suis grosse des raids tactiques contre l’immensité. Je me veux la justicière de la vie désespérée. Comme Malbourough, la Flore part en guerre et ne sait quand reviendra. Mais elle est de tous les combats, la petit mère courage. Elle mitraille, elle bombarde, assiège et rate ses cibles. La voilà qui chavire, elle vire, oui, elle fait tout virer au pire. Ainsi font, font, font, les petites marionnettes du malheur. Ainsi font, font, font, trois petits tours et puis ce n’est pas bien long…Tout est foutu et pour de bon.

Là où Catherine Mavrikakis fait dans le tank, pas la grossièreté mais plutôt l’envahissement du soi, Elise Turcotte est dans le très très ténu, le détail, le tout petit. Les froissements. Pourtant, il y a une grande parenté dans leurs thèmes : la maternité, l’amour difficile voire impossible, qui ne répare pas ou difficilement, l’Histoire. Elise Turcotte écrit de la dentelle, mais de la dentelle brisée, des toiles d’araignées. Pour moi, son écriture est très proche de mon idéal de beauté. Je viens tout juste de terminer La maison étrangère, je l’ai rendu à la biblio, c’est nul, c’est, je crois, celui que j’ai préféré d’elle. J’ai lu aussi L’île de la merci, que je ne vous conseille pas ( la fin est trop grosse et rate le reste du roman ), mais aussi Comment faire une maison avec ses morts, qui est divin, et qui constitue un espèce de recueil de nouvelles, et Le bruit des choses vivantes, qui est aussi magnifique, et qui raconte le quotidien d’une mère, Albanie, et de sa fille, Maria. C’est celui-ci dont je vais vous mettre un extrait. Par contre, il faut savoir que l’auteur a plus ou moins renié ce livre-ci, qui est son premier. Le rythme y est très lent, tout en images, c’est peut-être un peu rébarbatif, mais bref:

Ensuite, c’est dans le journal, encore un enfant pour qui on cherche un foyer. On ne trouve pas de parents possibles, on ne sait pas qui pourra faire face à une telle solitude. J'ai regardé Maria assise par terre avec ses personnages imaginaires et je ne suis pas arrivée à comprendre, à faire les liens entre son rire à elle et le désespoir de l’autre. Entre ma vie passée et ma vie présente. J’ai toujours pensé que toutes les choses étaient liées, même si c’est parfois par un fil invisible, et qu’il faut porter à tout une extrême attention parce qu’en perdant une seule petite chose, on pouvait laisser tomber tout le reste. Je pensais qu’une chemine mal attachée était liée au désordre de l’univers.

Annie Ernaux me fascine. Elle a décidé, à l’instar de Roth pour qui « le vrai écrivain n’est pas celui qui raconte des histoires, mais qui se raconte dans l’histoire ; la sienne, et celle, plus vaste, dans lequel il vit », de particulariser son existence afin de rendre compte d’un projet sociologique : c’est-à-dire qu’elle veut s’historiser, en quelque sorte. Fille de commerçants, elle a senti qu’elle trahissait sa famille en devenant prof, et a ainsi décidé de rejeter tout affect dans son écriture, des affects qu’elle associe à son nouveau monde, à son ascension sociale. Ecrire autrement qu’avec cette écriture blanche que lui a reprochée une certaine critique serait une trahison de plus. Je l’aime parce qu’elle m’émeut énormément, que je la trouve intelligente, cohérente, extraordinairement pertinente (plein de mots en ‘ente’, quoi, ahaha). Et elle me fascine, oui, j’aime les écritures à projet, qui dépasse la catharsis personelle pour un projet plus large. Et j’ai un faible très avoué pour l’écriture plate, qui ne s’embarrasse pas de trop de fioritures, pour aller au plus profond des choses. Mon préféré d’elle est L’évènement, je crois, ou l’art de pleurer ma vie dans l’autobus (en fait, mine de rien, ça m’arrive très souvent, haha).

Sinon, en vrac, dans mon palmarès, mais pas dans mon top trois, ou du moins pas dans le moment présent, se trouvent aussi : Nina Bouraoui, Sylvia Plath, Janaeda, Marie Uguay, Georges Perec, Raymond Carver, Fitzgerald, Toni Morrisson, Réjean Ducharme, Chloé Delaume, Andrei Makine. Probablement d’autres aussi.
 

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