Avoir une carrière ou une famille, il faut choisir ?

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Clemence Bodoc, le 13 janvier 2014.

  1. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
    Expand Collapse
    Rédactrice en chef
    Membre de l'équipe

  2. Gingermind

    Gingermind
    Expand Collapse
    Je fais des apparitions fugaces quand les planètes sont alignées

    @Mymy
    Dans le chapeau: l'égalité professionnelLE :halp:
    :happy:
     
  3. Mymy

    Mymy
    Expand Collapse
    Member of ze Rédac', membre actif des Croisé-e-s contre l'invocation de Pierre Desproges, et accessoirement beau foufouillon.
    Membre de l'équipe

    :halp: C'est corrigé merci :halp:
     
  4. Caliodë

    Caliodë
    Expand Collapse
    Oh Yeah !

    Ca va favoriser l'insertion professionnelle des homosexuels et transsexuels, ceci dit...
     
  5. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
    Expand Collapse
    Rédactrice en chef
    Membre de l'équipe

    Justement, je reste persuadée que les mesures qui visent à un meilleur équilibre vie pro/ vie perso vont profiter à tout le monde, avec ou sans enfants. 

    Je ne considère pas que la proposition de la ministre allemande "pénalise" les couples sans enfants, mais bien qu'elle permette aux couples qui en ont d'avoir aussi une carrière, de pouvoir continuer à travailler tous les 2 même s'ils ont des enfants en bas âge. (ça leur permet de finir plus tôt pour aller les chercher à la crèche par exemple, et de continuer en télétravail chez eux s'il y a des trucs à boucler.) 

    Pour moi c'est vraiment à remettre dans un contexte générationnel. Je ne sais pas pour vous, mais moi j'arrive très peu à faire une distinction temps pro/ temps perso. (même avant avec mon job d'entreprise). Je fais plutôt une distinction entre "temps de présence obligatoire"/temps de loisir, parce que quand un projet est à rendre, y a plus de 35h qui tiennent. Et quand j'ai besoin de repos ou de temps pour moi, je relativise vachement "l'urgence" de mes projets ! :cretin: ) 

    L'idée (que j'ai trouvée) intéressante, c'était d'aborder la question de la conciliation non pas à travers le prisme des-femmes-qui-ont-des-enfants, mais des PARENTS qui veulent tous les 2 avoir une carrière ET une vie de famille. 

    Et je suis d'accord avec la ministre allemande pour dire que ça passe par l'aménagement des horaires et du temps de travail davantage que par les places en garderie (même si c'est important aussi). 

    Je reconnais que de baisser le temps de travail légal uniquement aux parents d'enfants en bas âge, c'est un avantage, mais c'est comme les allocations familiales aussi : oui, c'est un levier de politique nataliste. Mais la proposition de la ministre vise aussi à garder les talents sur le marché du travail, donc à ne pas perdre en compétitivité, c'est pas uniquement nataliste (d'ailleurs, elle le défend plutôt avec ce 2ème argument). 

    Je reste un peu gênée par ta réaction sur "on pénalise les célibataires et les sans-enfants". Professionnellement, les parents ont tendance à être "pénalisés", en termes d'avancement de carrière, justement. (et surtout les femmes). Ça ne me choque pas qu'on essaie de mettre en place des mesures pour corriger cette discrimination, d'autant moins quand il s'agit d'insuffler un changement de culture professionnelle qui devrait profiter à tout le monde. (Le jour où on en finira avec le présentialisme dans les entreprises françaises, je sabre le champagne). 

    :cheer:
     
  6. katnissvsw

    katnissvsw
    Expand Collapse
    Guest

    Pour être honnête,je préfère cette mesure que celle proposée par le gouvernement français: cette mesure me fait assez penser à une sorte de revenu de base (notamment avec l'idée que le couple avec enfants gagne le même salaire quoiqu'on choisisse)
     
  7. Arrrum

    Arrrum
    Expand Collapse
    always hungry

    Etre payée autant qu'une personne qui travaillerait moins que moi (s'il n'est pas question de télétravail) juste parce qu'elle doit aller récupérer les gosses à la crèche ben moi franchement ça me ferait bien chier :stare: .
     
  8. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
    Expand Collapse
    Rédactrice en chef
    Membre de l'équipe

    là dessus je suis d'accord, mais pour l'instant, la réalité c'est plutôt que les gens qui font le même boulot aux mêmes horaires, mais s'absentent (parfois) pour aller chercher leurs enfants malades, subissent des freins dans leur carrière (et donc finissent par avoir des salaires inférieurs). Et notamment les femmes : il suffit qu'on te soupçonne de vouloir avoir des enfants pour qu'on ne te propose pas d'évolution de carrière, ce que se traduit au final par un salaire qui n'évolue pas non plus. 

    En fait, c'est pas comme si la situation actuelle était juste et égalitaire, et que les mesures proposées (en France ou ailleurs) venaient créer une inégalité, "un favoritisme". 

    On est déjà dans un système inégalitaire, et dont les femmes sont les principales victimes, puisque c'est bien connu, les enfants sont les problèmes des femmes ! :halp: 
    (Les crèches et les écoles appellent d'ailleurs majoritairement "maman" quand il faut venir récupérer le rejeton malade...) 

    En gros ma question c'est : quelle solution proposerais-tu, pour lever le préjudice qui pèse sur les femmes ?(qu'on "soupçonne" de vouloir faire des enfants, puis qu'on "soupçonne" de vouloir privilégier leur vie de famille sur la dévotion à l'entreprise, ces ingrates ! :cretin: )

    Sachant que moi, ça me ferait bien chier qu'il y ait des mesures de "discrimination positive" dédiées aux femmes, surtout si ça repose sur le présupposé de la conciliation enfant/travail. (J'ai pas l'intention d'avoir des enfants !)
     
  9. Arrrum

    Arrrum
    Expand Collapse
    always hungry


    Ah mais je suis bien d'accord avec toi sur le fait qu'on est déjà dans une situation inégalitaire et particulièrement pour les femmes.

    Concrètement, là tout de suite, je n'ai pas de solution technique à apporter, je le reconnais. Mais à mon sens cette situation de discrimination envers les femmes, considérées uniquement selon l'utilisation de leur utérus, ne peut changer que par une évolution des mentalités et une répression sévère des discriminations à l'embauche notamment (comme l'article que vous aviez posté sur l'entretien et la fameuse question du "avez-vous l'intention d'avoir des enfants?").

    En fait cette mesure qui met surtout l'accent sur la valeur "famille" me dérange un peu, je n'aime pas trop une conception de la société centrée sur cette valeur. Ça me fait un peu penser au "travail-famille-patrie", tu vois; et ça me met mal à l'aise, même si bien entendu j'extrapole beaucoup.

    Au final je suis totalement d'accord sur les problèmes que tu soulèves mais pas forcément sur la solution abordée dans l'article :)
     
  10. Galaadina

    Galaadina
    Expand Collapse

    Je vais donner mon point de vue de cadre de la fonction publique, maman d'un (bientôt 2) enfant.

    Je suis consultante interne dans une grosse collectivité, au sein d'une Direction stratégique ; un poste assez "exigeant", dirons-nous pour situer un peu le truc (même si en soi ça ne veut rien dire, on est bien d'accord).

    Pour autant, je suis fonctionnaire et travaille des semaines de 35h (pas de "forfait cadre" dans la territoriale, je badge comme tout le monde, peux poser jusqu'à 2 RTT par mois en fonction des heures supplémentaires effectuées, et si je fais des heures au-delà, elles sont perdues = ni changeables en RTT ni payées).

    Je ne suis donc vraiment pas loin des 32h proposées par la ministre allemande.

    Pour autant, j'ai malgré tout l'impression, jusqu'à présent, d'avoir fait un choix. Je n'ai pas "le beurre et l'argent du beurre".

    Concrètement, mon fils est gardé par une assistante maternelle agréée (jamais eu de place en crèche) qui me coûte, tout compris, près de 900€/mois, où il est gardé de 8h à 18h. Parce que j'ai beau ne faire que 35h, entre les quelques petites heures supp' par-ci par-là parce que les dossiers à boucler se foutent que vous ayez "droit" de partir à telle ou telle heure, et les temps de transport, on arrive sur ces horaires là.

    Cela signifie donc que :
    - mon fils passe 10 heures dans sa journée gardé par une dame, certes charmante mais qui n'est pas moi
    - cette dame me coûte une blinde (tout travail mérite salaire, je ne remets pas en cause ses tarifs, qui sont qui plus est raisonnables pour ma région, mais j'explique simplement que c'est une lourde charge)
    - je suis malgré tout obligée de partir à des horaires qui m'excluent, de fait, de certaines réunions (et on me le fait bien sentir)

    C'est triste à dire mais je ne trouve pas que ma situation fasse rêvée, et pourtant je suis extrêmement privilégiée par rapport à la grande majorité de mes amies mamans qui sont cadres dans le privé.

    Alors la proposition de cette ministre me fait sourire, car concrètement, elle pose un faux débat. Lutte contre les discriminations dont sont victimes les parents? Mais les "parents" ne sont pas victimes de discrimination, ce sont principalement (uniquement?) les mères qui le sont. Ce type de mesure ne changera pas le fait que les femmes uniquement sont susceptibles de tomber enceintes, de prendre un congé maternité ; et cela risque même de créer davantage encore de stigmatisation en mettant les parents de jeunes enfants dans une situation délicate vis-à-vis de leurs collègues sans enfants, qui seraient rémunérés autant pour travailler plus. Et je les comprends, car cela me semble plutôt injuste, honnêtement : faire un enfant reste un choix.

    C'est toute la mentalité présentéiste (télétravail mal vu, réunions en fin de journée, idée que celui qui reste le plus tard est le plus investi, etc.) du monde du travail qu'il faut faire évoluer, et je ne pense pas que ce type d'initiative y contribue, honnêtement, même si l'intention est louable.
     
    #10 Galaadina, 13 janvier 2014
    Dernière édition: 13 janvier 2014
  11. Jane Smith

    Jane Smith
    Expand Collapse
    J'aime pas les gens qui ont tort quand ils disent qu'ils ont tord.

    Je rejoins @trigger sur le côté injuste.
    Je ne pense pas qu'être parent te donne des privilèges (à part éventuellement un joli dessin sur ton frigo et des réveils à 4h du mat). Je ne vois pas pourquoi tu devrais travailler moins que les autres pour le même salaire ?! Je comprends pas du tout où est la justice là dedans.

    Maintenant, réduire les horaires (comme le 80% en France) avec éventuellement un complètement de salaire (indépendant de l'entreprise, financé par les impots et cotisations sociales par exemple) ou bien juste aménager les horaires (des petites journées MAIS tu dois rattraper quelque part, soit par télétravail, soit sur tes congés) oui, je suis entièrement pour.
    Ouvrir des crèches, former du personnel et surtout réguler les tarifs  des ass mat' (parce que vivent les différences de malade entre province et grandes villes) : OUI.

    Mais putain travailler moins, gagner pareil que tes gentils collègues sans enfants... C'est dégueulasse.

    (pourtant ça me plairait vachement, avec un mari qui bosse 60h par semaine, moi-même qui en bosse 50h le tout dans un pays ou l'école commence à 5 ans et la maternelle coute un bras.)
     
  12. Arrrum

    Arrrum
    Expand Collapse
    always hungry


    J'imagine que c'est à moi que tu répondais , mais tu ne m'as pas cité.
    Je t'assure qu'il n'y a pas besoin d'être mère pour savoir qu'un enfant coûte cher et qu'il faut du temps pour s'en occuper, c'est une question de bon sens.

    En disant "juste récupérer les gosses à la crèche"je ne nie pas cela. Seulement, ) à mes yeux ce n'est pas une raison suffisante pour justifier qu'on paie de la même façon 2 personnes qui ne fournissent pas le même  travail. Pour moi réfléchir comme cela c'est prendre le problème à l'envers et ce n'est pas aller dans le sens du progrès pour la femme. Car ,comme tu le dis, c'est bien plus souvent la femme qui a la charge des tâches ménagères et c'est bien ça le problème. A mon sens, si la répartition des dites tâches était plus équilibrée entre hommes et femmes on serait déjà bien plus dans une démarche d'amélioration de la place de la femme dans la société.
    Pour moi avoir un enfant est un choix et un engagement (que l'on soit homme ou femme) que l'on a pas à imposer aux autres. Je trouverais cette mesure injuste vis à vis d'autres employés qui font le choix  de ne pas avoir d'enfants ou de ceux qui ne peuvent en avoir.
     
    #12 Arrrum, 13 janvier 2014
    Dernière édition: 13 janvier 2014
Chargement...