Biennale de Venise 2013 : vacuité de l'art contemporain et bonnes surprises

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Emilie Laystary, le 18 septembre 2013.

  1. Emilie Laystary

    Emilie Laystary
    Expand Collapse
    Journaliste indépendante (VICE magazine, madmoiZelle, RTL, 90bpm, Slate, les Inrocks, Technikart)

  2. neelhanne

    neelhanne
    Expand Collapse
    Meow <3

    Merci! :)  Tu viens de résumer de manière très précise ce que je pense.
     
  3. Emilie Laystary

    Emilie Laystary
    Expand Collapse
    Journaliste indépendante (VICE magazine, madmoiZelle, RTL, 90bpm, Slate, les Inrocks, Technikart)

    Limitative ? Oh non :sad: je ne souhaite absolument pas restreindre l'art à une définition inamovible (d'où les notions très élargies de « fond » et de « forme » convoquées).

    Ce que j'entendais par là, c'est qu'un certain nombre d'œuvres exposées à la Biennale de cette année ne m'ont paru compréhensibles / intelligibles ni dans leur forme (celle qui s'offre au spectateur - physiquement), ni dans leur fond (la note d'intentions supposée éclairer le public quant au discours de l'artiste).

    C'est dans ce contexte (évidemment subjectif et empirique - mais l'art l'est toujours) que je me pose la question de ce que j’appellerais, faute de mieux, « la gratuité égocentrique », cette démarche de création qui ne choisit pas d'inclure (ou pire, qui choisit presque d'exclure) à un instant T le public dans l'expérience de l'art.

    Formuler cette critique ne revient pas à exiger de l'art qu'il soit ludique ou qu'il prenne forcément le public par la main… Je concède volontiers qu'une œuvre peut être d'apparence hermétique et complètement obscure - « être grand public / vulgarisé » n'étant absolument pas une condition sine qua non à l'art. Mais en tant que spectatrice qui éprouve activement l'envie de m'immerger dans l'univers de l'artiste, je demande à comprendre au moins ses intentions - et c'est là que le travail de « discours » entourant l'art pèche parfois (les manifestes étaient parfois inutilement alambiqués).

    Il me semble qu'une manifestation de l'envergure de la Biennale de Venise devrait au moins permettre au public d'accéder à des clés de compréhension de l'art contemporain, plutôt qu'exposer dans le silence de l'élite des formes plastiques exempte de tout discours avenant. J'espère que mon charabia aura un sens pour vous, je ne parle pas en tant qu'experte de l'art (mais je suis justement en faveur de la réappropriation de la parole par le public profane - ça me rend si triste quand des « novices » se retiennent de donner leur avis / ressenti sur une œuvre de peur d'être « trop bêtes ou trop à côté de la plaque » :))
     
  4. Aradon

    Aradon
    Expand Collapse

    Wouhouuu ça me met l'eau à la bouche!
    Heureusement, j'y vais fin octobre avec ma classe (école d'art oblige). J'y étais il y a deux ans. Il y a vraiment beaucoup beaucoup de choses à voir. Certaines à oublier, d'autres qui ne quitteront jamais ma mémoire.
    Merci pour l'article, ça fait plaisir :free:
     
  5. Emilie Laystary

    Emilie Laystary
    Expand Collapse
    Journaliste indépendante (VICE magazine, madmoiZelle, RTL, 90bpm, Slate, les Inrocks, Technikart)

    Ce sont les artistes que j'ai préféré voir lors de cette édition :) Mais le Pavillon Français a beaucoup fait parler également (il faut dire que l'installation est incroyable), de même que la vidéo (aussi pointilleuse que décadente) de Camille Henrot, lauréate française qui a gagné le Lion d'argent.

    J'aurais pu aussi ajouter à la liste le Pavillon Anglais (l'œuvre s'appelle « English Magic ». Jeremy Deller y revisite à sa sauce des événements choisis de l’histoire passée, actuelle ou imaginaire de l'Angleterre. Plus loin dans le pavillon, un stand sert du thé au public), le Pavillon Russe (l'artiste Vadim Zakharov fait pleuvoir des pièces d'or sur les visiteuses, en référence au mythe de Danaé) ou encore « Bang », l'installation d'Ai Wei Wei dans le pavillon allemand (qui m'a moins touchée que le reste, mais n'est pas déplaisante à voir non plus).
     
  6. Emilie Laystary

    Emilie Laystary
    Expand Collapse
    Journaliste indépendante (VICE magazine, madmoiZelle, RTL, 90bpm, Slate, les Inrocks, Technikart)

    En fait, le titre complet (mais trop long) était "Biennale de Venise 2013 : entre vacuité de l'art contemporain et bonnes surprises", ce qui sous-entend que ce n'est pas l'art contemporain tout entier qui est vain, mais bien une partie des œuvres exposées lors de cette édition (de mon point de vue, bien entendu).

    Je n'y suis pas allée à reculons (ça fait quelques années que je me rend à la Biennale, et j'en sors en général plutôt ravie) mais depuis l'avant-dernière édition, en 2011, je dois dire qu'un sentiment de déception se mêle parfois à de la colère - la faute à cette foutue sensation que l'art contemporain se retrouve trop souvent entravé par son marché économique plus que mû par une démarche authentique.

    J'espère néanmoins que tu trouveras le moyen d'apprécier cette Biennale plus que moi :)
     
  7. Titien

    Titien
    Expand Collapse

    article chouette mais effectivement un peu court! ceci dis j'y vais la semaine prochaine alors comme ça ça m'évite d'être spoiler!
    Je comprend les déceptions qu'il peut y avoir face à des oeuvres trop hermétique et je n'y suis jamais allée encore donc je ne sais pas comment se passe la médiation... Pour moi c'est vraiment important que des manifestations de cette ampleur s'applique à intégrer un public moins avertie : pas par le choix des oeuvres proposés, jamais! mais par des textes, des rencontres avec des gens du monde de l'art, des visites guidés, des catalogues... Parce que ce que dis @marygrey est très juste mais changer de regard ça s'apprend. :) a mon avis pour "bien faire" il faudrait voir les expo trois fois: une fois seule, une fois avec un guide et une nouvelle fois seule! ;)
     
Chargement...