Cancer et congélation d'ovocytes

Sujet dans 'Blabla Général' lancé par Vhaly, le 15 juillet 2017.

  1. Vhaly

    Vhaly
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    Bonjour!:paillettes:
    C'est la première fois que je crée un sujet, alors désolée d'avance si j'ai fait des erreurs dans le placement / la forme / le titre, etc. :ninja: Juré, j'ai essayé de faire attention!

    J'ai 21 ans et on vient de me diagnostiquer un cancer (sans rentrer dans les détails, mes chances de guérison sont très bonnes). La nouvelle en soi ne m'a pas vraiment déstabilisée: ça fait des mois que les médecins cherchent ce que j'ai (mon cancer n'est pas typique) et a priori, je vais m'en sortir. Les batteries d'examens que je passe depuis sont déjà plus pénibles. Mais que ce soit l'opération pour la biopsie (le réveil a été très pénible), les scanners, IRM, TEP-scans, ou les multiples prises de sang, jusqu'ici, tout s'est bien passé. Jusqu'au rendez vous avec...

    Le médecin de la fertilité

    :non:

    (ok, j'arrête le drama)

    Oui, parce que la chimio, je n'y couperai pas, et il se trouve qu'elle peut provoquer une stérilité puisqu'elle diminue le stock d'ovocytes. Je suis allée au rendez-vous la bouche en coeur, prévenue au dernier moment, sans aucune idée de ce qui m'attendait.
    Le médecin de la fertilité, c'est un joli mot pour dire gynéco qui s'occupe surtout des PMA, apparemment.
    En m'accueillant, elle m'a donc expliqué pourquoi la chimio pouvait me rendre stérile, et elle m'a parlé des solutions médicales à envisager. Il y en a 3 (plutôt 2 et demies):
    • Faire un prélèvement d'ovocytes et les congeler, après des injections d'hormones pour stimuler leur croissance.
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    • Enlever chirurgicalement un ovaire avec tous les ovocytes dedans, le cryogéniser, et me le réimplanter, pareil, si j'en ai besoin (mais apparemment, c'est un processus nouveau qui ne fonctionne pas très bien).
    • Ne rien faire du tout, parce que je suis jeune et que la probabilité que je devienne stérile est faible, par rapport à une femme plus âgée. Et qu'on pourrais toujours voir plus tard, si je rechute, parce qu'un seul cycle de chimio ne représente pas un très grand risque.

    La décision logique, je la connais: Je fais le prélèvement d'ovocytes, quitte à ne pas en avoir besoin. C'est pas très long, ça fonctionne, et je suis sûre de pouvoir avoir des enfants plus tard.
    Evidemment, dans les faits, c'est pas la même histoire.
    Je suis vierge, je n'ai jamais vu de gynéco, et la simple idée de passer cet examen me fait fondre en larmes.
    J'ai beau comprendre que ce n'est qu'une procédure médicale, que je devrais le faire au cas où, ça ne passe pas.
    Je refuse l'idée qu'un médecin que je n'ai pas pu choisir et qui pourrais avoir un comportement détestable avec moi me touche.
    Depuis des années, j'essaie de me faire à l'idée qu'un jour, je devrai choisir un gynéco ou une sage-femme qui fera sûrement un frottis. Depuis tout ce temps, j'essaie de me convaincre que ça ira, parce que je prendrai le temps d'en choisir un qui me convient et avec lequel je suis à l'aise. Et tout d'un coup, on me demande d'accepter un examen invasif pour lequel je ne suis pas prête avec un médecin que je ne connais pas et que je n'ai pas choisi. Un médecin qui ne sera certainement pas seul dans la salle. Je devrai supporter les commentaires des personnes présentes et l'humiliation de me retrouver les cuisses écartées devant plusieurs personnes (dont des étudiants, puisque c'est un CHU), et je ne veux pas de ce traumatisme.
    La gynéco a précisé qu'exceptionnellement, le prélèvement pourrait se faire sous anesthésie générale, mais ça ne me rassure pas: j'aime encore moins l'idée qu'on puisse me le faire sans que j'ai conscience de ce qui se passe, et de toutes façons, je devrai m'installer avant qu'ils m'endorment.

    Je ne veux pas refuser l'examen et le regretter si je deviens stérile. Mais je n'arrive pas à l'accepter, et il ne me reste que 2 jours pour prendre ma décision.

    Honnêtement, je ne sais pas ce que je vous demande. Je ne m'attends pas à ce qu'on prenne la décision pour moi. J'ai surtout besoin d'en parler et d'être rassurée, je pense. Pour ne plus m'en faire une montagne...
     
    LadyNightstalker, phononerveux, Sassegra et 2 autres ont BigUpé ce message.
  2. Cetonia

    Cetonia
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    Salut !
    Déjà je te souhaite plein de courage, tu as l'air d'encaisser ça avec beaucoup de maturité.
    Deuxièmement, je ne sais pas si ce que je vais dire sera très utile mais j'aimerais essayer quand même.
    D'abord, même si c'est un CHU et par conséquent qu'il y a des étudiants, tu peux parfaitement si cela te gène demander à ce qu'ils n'assistent pas à ton intervention, tu es en droit de refuser cela.
    Ensuite tu peux peut-être expliquer ta situation au médecin avec qui tu as discuté ? Lui dire que tu es vierge et lui parler de tes appréhensions, peut-être que dans ce cas-là il pourra réduire l'équipe nécessaire au minimum (peut-être juste un.e médecin +/- infirmier.e) et choisir une personne qui sera plus douce ? Tu peux surement la rappeler pour préciser tout ça si vous n'en avez pas parlé lors de la précédente consultation.
    Dans tous les cas, tu es stressée je comprends, mais tu peux aussi demander à avoir un médicament relaxant pendant l'intervention, et il ne faut pas voir ça comme une "humiliation", les médecins ont l'habitude de tout ça, et à part un manque de chance a priori il n'y a pas de raison que ça se passe mal.
    Voilà je ne sais pas si ça va t'apporter des éléments de réponse... :fleur:
     
    LadyNightstalker et MissDodo ont BigUpé.
  3. Vhaly

    Vhaly
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    Merci de m'avoir répondu :jv:
    J'espère avoir le droit de refuser; on m'a déjà dit qu'en me faisant soigner dans un CHU, j'acceptais implicitement la présence d'étudiants, donc exit la possibilité de leur demander de sortir...
    Concernant la discussion avec le médecin, il y a un problème qui s'ajoute à mon stress initial: on a déjà parlé de mes appréhensions, mais elle n'a aucun poids sur le médecin qui fera le prélèvement, parce que, par un malheureux hasard, leur laboratoire pour congeler les ovocytes est en travaux en ce moment. Donc tous les prélèvements sont redirigés, une fois décidés, vers le CHU voisin! Elle ne fait pas partie de l'équipe qui opérera. Je devrais avoir un rendez-vous avec l'anesthésiste, par principe, mais je ne sais pas si je verrai le médecin ni si ils pourront (voudront?) en changer pour mon bien-être. Pareil pour la présence de l'équipe!
    J'ai effectivement eu droit à un Xanax pour ma biopsie (j'étais complètement shootée! ) mais la gynéco n'en a pas parlé pendant notre rendez-vous?
    Honnêtement, je sais bien que les médecins ont l'habitude, mais c'est tout le problème :sad: A force d'être habitués, il y en a qui oublient qu'on ne l'est pas, nous...

    En fait, si j'accepte, je commencerai les injections avant d'avoir rencontré les médecins (si je les vois), et j'ai peur de ne pas pouvoir faire machine arrière si ce que je découvre ne me plaît pas. Je ne veux pas accepter sans savoir précisément dans quoi je m'engage.

    (Merci, vraiment, ton message m'aide à me calmer quand je me mets à pleurer, et c'est déjà beaucoup!)
     
  4. MissDodo

    MissDodo
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    @Vhaly
    On peut toujours refuser les choses, tu es dans ton droit si tu demandes à ce qu'il n'y ai pas d'étudiant et personne ne peut te l'imposer, tu as le droit de faire machine arrière quand tu le souhaites, personne ne peut t'obliger à quoi que ce soit, quoi que tu ais commencé.
    Peut-être peux-tu demander à rencontrer le médecin qui s'en chargera avant l'intervention? Même si ce n'est pas "prévu" c'est peut-être possible à ta demande et ca peut déjà te rassurer.
    Je te souhaite beaucoup de courage :hugs:
     
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