Causette et la culture du viol

Sujet dans 'Le Forum à Suggestions' lancé par PousseMoussue, le 4 novembre 2015.

  1. PousseMoussue

    PousseMoussue
    Expand Collapse
    Better to be a wolf of Odin than a lamb of God

    Le magazine féministe (?) Causette a publié un article dans son dernier numéro au sujet du "Yes mean yes", une loi visant à combattre le viol sur les campus aux Etats-Unis (qui sont loin d'être rares). Je vous laisse constater l'ampleur du désastre.
    (Gros TW : Culture du viol)

    Ce contenu n'est visible que par les membres validés. Rejoins-nous ou connecte-toi !
     
    #1 PousseMoussue, 4 novembre 2015
    Dernière édition: 5 novembre 2015
    Chapunai, Growing Entish, alita99 et 9 autres ont BigUpé ce message.
  2. Morpheme

    Morpheme
    Expand Collapse

    @Deidamie Ne pas dire "non" ce n'est pas consentir. Le consentement doit être manifesté.
     
    Soell, Growing Entish, Let_Them_Eat_Cake et 11 autres ont BigUpé ce message.
  3. Morpheme

    Morpheme
    Expand Collapse

    Soell, Growing Entish, Let_Them_Eat_Cake et 18 autres ont BigUpé ce message.
  4. Noémitigée

    Noémitigée
    Expand Collapse
    Trop dèg de pas être Robert Plant

    L'interview de cet article m'avait en effet fait dresser les poils sur les bras ce mois-ci, tellement je suis pas d'accord avec la dame qu'on interroge. L'interview illustre une politique super discutable aux EUA, ce qui est embêtant c'est que la critique de cette politique est faite sous l'angle du "tue l'amûr" (illustré par l'interview) et du remplacement de l'autre politique du "no means no", alors qu'on devrait plutôt l'aborder sous l'angle de la question de la parole face à un tribunal.
    L'interview est nauséabonde, surtout le passage des "nanas qui regrettent leur passage à l'acte et qui crient au viol", mais comme d'hab dans Causette, on donne la parole sans recul, et sans réel travail de critique. A mon avis, naïve que je suis, je crois que la journaliste qui a pondu cet article voulait simplement s'appuyer sur "un grand nom" (l'interviewée est éditorialiste du New York Times) réprouvant cette politique, pour en parler dans ce dossier consacré au consentement.
    N'empêche, l'article qui suit et qui est signé par le Dr. Kapote est niquel, réflexion sur le consentement et l'appropriation de ce terme par les jeunes, donc bon, quelque part je me dis que le précédent article est plus une maladresse qu'autre chose.
     
    Growing Entish, Let_Them_Eat_Cake, Spill et 6 autres ont BigUpé ce message.
  5. Patriarcaca

    Patriarcaca
    Expand Collapse
    L'autre troll, ambassadrousse, les 12.

    @Deidamie Ce n'est pas forcément dire "oui je suis d'accord, on signe avec notre sang et hop". Le consentement c'est aussi sentir que la personne est ok, il vaut mieux dire "T'es sure que t'en as envie" plutôt que de prendre le risque de passer à côté de signe de "mutisme"
    Ce contenu n'est visible que par les membres validés. Rejoins-nous ou connecte-toi !

    Ça me semble être la moindre des choses, pendant un rapport sexuel, de demander si la personne est toujours d'accord si on a le moindre doute, parce que la société met beaucoup de culpabilité sur les épaules des femmes (changer d'avis en cours de route par exemple, est très mal vu, alors que ça peut arriver à n'importe qui et que c'est pas très grave.)

    Après, quand la personne dort il y a mutisme aussi hein. Quand elle est bourrée aussi. Il vaut mieux se baser sur le "oui" que sur le "non", parce qu'il y a plein de fois où le "non" ne peut pas être clairement dit.

    Et si ils ont si peur d'aller en taule, ils ont qu'à vérifier. A eux de voir si ne pas "tuer le moment" en faisant attention au consentement vaut le coup d'aller en taule.
     
    #5 Patriarcaca, 6 novembre 2015
    Dernière édition: 7 novembre 2015
    Soell, Growing Entish, Let_Them_Eat_Cake et 23 autres ont BigUpé ce message.
  6. LaGone

    LaGone
    Expand Collapse

    Causette s'en est défendu en disant que c'est pas parce qu'ils retransmettent l'avis d'une personne interviewée qu'ils sont d'accord avec elle.
    https://www.facebook.com/Causette/posts/1098098853542981

    Et pour donner mon avis sur le sujet de l'interview et de la polémique : on ne devrait pas enseigner "non c'est non" mais "seulement oui, en pleine conscience, signifie oui". C'est cela le vrai message sur le consentement à faire passer.
    On peut d'ailleurs rappeler la loi http://stop-violences-femmes.gouv.fr/Violences-sexuelles,312.html :
    ainsi que la (très bonne) vidéo :
     
    ChessyChaf, Growing Entish, Babitty Lapina et 5 autres ont BigUpé ce message.
  7. NatArocas

    NatArocas
    Expand Collapse
    "Il n'y a qu'une chose qui puisse rendre un rêve impossible, c'est la peur d'échouer." ¨Paulo Coelho

    C'est pas si con ce que tu dis @Deidamie , le sujet est assez complexe en fait.
    On manifeste son consentement autrement que verbalement, idem je pense pour l'absence de consentement malheureusement dans ce cas le partenaire ne peut pas forcément bien interpréter les signaux sans que ça soit de son fait. Je comprends tout à fait ton point de vue qui dit qu'en gros on ne dit que rarement clairement "Oui j'en ai envie", bien qu'on dise plus facilement "Non" autant de vive voix que par l'attitude (et dans le cas de l'attitude qui exprime le refus, si c'est assez claire il y a forcément abus du partenaire qui poursuit). Après il y a effectivement également des personnes qui n'osent pas manifester leur refus ou ne le manifestent pas de façon claire et net. Un manque de réaction devrait susciter un questionnement de l'autre mais est-ce que dans le feu de l'action on peut toujours s'en rendre compte ? Le plus simple serait effectivement comme suggéré ailleurs de chercher à obtenir une "confirmation" que c'est toujours ok pour les partenaires. Je crois que dans le fond y'a un gros travail à faire sur le fait qu'il faut que les gens apprennent à manifester et détecter le consentement/non consentement. Car combien de personnes ne savent pas comment ou n'osent pas dire non ? Combien de personnes pensent que leur partenaire est bel et bien consentant car les signaux indiquant le contraire ne sont pas à leur portée (on a pas tous la même perception des choses, je pense pas que la manifestation du non consentement soit toujours aussi marquée qu'elle ne le devrait) voire inexistants.

    Ceci dit, même si je comprends bien ton idée l'article de Causette je ne l'ai pas perçu comme toi ^^ Parce que ça sonne vraiment comme l'argument de merde qui dit que les femmes abusent et accusent les gens de les avoir violées parce qu'elles regrettent un coup d'un soir, l'argument qui me fout bien la gerbe parce que vu le parcours que c'est je crois que regretter un coup d'un soir faut vraiment avoir un truc contre le mec en question pour aller jusqu'à entamer une procédure..
     
  8. Lafastod

    Lafastod
    Expand Collapse
    Procrastination en cours.

    C'est forcément un sujet sensible parce qu'on est en plein dans la zone grise, mais personne ne t'agresse, ne t'inquiètes pas :)

    Le problème réside dans le fait que l'absence de non consentement ne signifie pas automatiquement le consentement. "Dans le doute, abstiens toi...ou demande !"

    Si une personne veut à priori explicitement t'embrasser,et que toi tu te rapproches pour faire les derniers 20%, tu montres un signe de consentement au baiser sans dire explicitement "ok, je suis d'accord pour t'embrasser".

    Là, c'est pareil. Si une personne veut avoir une relation sexuelle avec toi, et que tu y participes activement ou que tu l'initie sans contraintes, c'est un signe de consentement.
    Si tu l'inities mais que tu te bloques et que tes actions (ou ta non action) laissent entendre, même à minima que tu veux arrêter : il y a non consentement.
    Si tu es pétrifiée et que tu ne réagis pas, même sans dire "non", c'est un signe de non consentement.


    Le problème, c'est que ces signes là, personne n'y prête attention. Et c'est pourtant ici même que tout réside. S'assurer du bien être de son ou sa partenaire, c'est pas un tue l'amour, au contraire.

    Et c'est pas forcément une question de "ok je suis d'accord". Mais des trucs tout bêtes qui ne tuent pas vraiment le moment comme "t'es sûr.e ?" ou "ça va ?" ça ne prend pas de temps et ne ruine pas "l'ambiance".


    Ce qui m'a fait bondir dans l'article, c'est aussi le "Malheureusement, le garçon est coupable jusqu'à preuve du contraire". Quand je repense à l'affaire de Steubenville j'ai très envie de dire à cette dame qu'elle a la mémoire un peu courte.
     
    Lis, Endless, Growing Entish et 9 autres ont BigUpé ce message.
  9. alita99

    alita99
    Expand Collapse
    On ne devrait pas appeler ça une carte de vote mais une carte de vœux.

    La dernière partie sur le fait que "ça gâche le romantisme" c'est vraiment un argument vaseux pour commencer (pénalement on s'en fout un peu, en plus la notion de romantisme varie beaucoup d'une personne à l'autre, d'ailleurs beaucoup de gens parlent pendant l'acte). Ensuite, PAR DEFAUT le consentement est sensé être demandé à l'autre personne (et c'est obligatoire). On ne peut pas présumer du consentement d'une personne. Le fait que dans notre culture on ne pose pas la question c'est parce que justement on est dans une culture du viol dans laquelle la notion de consentement est carrément inconnue ou ignorée par beaucoup de monde.
    Dans notre culture tout est fait justement pour que l'absence de oui ou même le non signifie "oui" de toute façon (par exemple le fameux adage comme quoi "un non chez une femme est un oui qui a besoin d'être un peu poussé" (traduction faible sorry)). Le refus chez la femme est "glamourisé" en quelque sortes. C'est vu comme faisant partie du jeu de séduction. Si elle dit non alors insiste encore jusqu'à ce qu'elle dise oui.
    Pour finir, si cette loi a été mise en place aux US (en Californie en fait ce qui est déjà différent), c'est parce qu'il y a un phénomène presque massif de viol sur les campus (une femme a plus de chances d'être violée sur un campus qu'en dehors). Et ça n'en finissait plus car justement le consentement on s'en balançait. A partir du moment où une femme ne disait pas non ou était trop bourrée pour dire oui ou non, les hommes considèrent que ça signifie "oui", pour un viol voire DES viols collectifs. Donc bon le discours de la dame il me les brise grave. Crier au scandale juste parce que demander "est-ce que tu en as envie?" ça "fait débander" (en gros), c'est vachement responsable comme discours.
    Limite on pourrait dire la même chose sur la capote, la sodomie, enfin tout quoi. Si les gens commencent à devoir respecter des règles et faire attention à ce que veut l'autre en leur demandant ce qu'ils pensent mais où va le monde? qu'est-ce que ce sera après? respecter les gens qui disent "non"??? mais où va-t-on ma bonne dame.
     
    Lis, Endless, Growing Entish et 6 autres ont BigUpé ce message.
  10. alita99

    alita99
    Expand Collapse
    On ne devrait pas appeler ça une carte de vote mais une carte de vœux.

    Oui tout à fait. Disons qu'avec en plus les fraternités sur les campus (avec leurs chants racistes et leurs chants sur le viol, leurs *règlement* qui pousse à coucher avec le plus de filles possible, ce qui donne des points), leur impunité (richesse des parents, réseaux), et le culte du sport, et le fait que (d'après ce que me dit une copine qui fait ses études là bas) ils ont un rapport un peu spécial à l'alcool du fait qu'ils n'ont officiellement le droit d'en boire qu'à partir de 21 ans (donc les soirées ne se font pas dans des bars, mais dans des maisons, donc avec des chambres, des pièces fermées...), sur les campus américains ça prenait une autre proportion et c'était un phénomène identifiable. En France je ne sais pas si on a la même proportion sur les campus (la vie y est différente), par contre on commence à en parler via les affaires de "bizutage" sur lesquelles les écoles ferment encore les yeux.

    Mais je suis d'accord que dans le fond, les gens en France ont la même perception du consentement sur les filles ivres.
     
    Growing Entish, Spill, OpiumDiary et 2 autres ont BigUpé ce message.
Chargement...