Ces détails du quotidien qui me donnent la rage de vivre

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Clemence Bodoc, le 20 mai 2016.

  1. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
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  2. elisabellissima

    elisabellissima
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    Hold the door!

    C'est un chouette article qui donne le sourire...
    J'aime beaucoup l'idée que la chair de poule est une retranscription physique des émotions...
    J'aime sentir la chaleur du soleil sur ma peau, l'odeur des toasts grillés le matin, l'odeur de ma boule de poils quand elle a joué dehors, le bonheur de cette meme boule de poils quand je rentre le soir, l'herbe mouillée, voir une belle action désintéressée qui me donne des frissons, un.e. Inconnu.e qui a un mot gentil... Toutes ces petites choses donnent l'envie de vivre et balayent la tristesse qu'on voit trop souvent sur les visages...
     
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  3. Fleur d'oranger*

    Fleur d'oranger*
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    Dans l'idée du suicide, il ne s'agit pas tant d'une envie de mourir que d'une envie que ça s'arrête. Que tout s'arrête, parce que là, ce n'est plus possible. On a essayé, pleins de choses, on a attendu, on s'est battu, longtemps, mais ça ne va pas mieux et il n'y a plus d'espoir. Ca parait tellement inaccessible. Et un jour ce n'est juste plus possible de continuer. On souffre trop, c'est trop dur.

    Il n'y a pas d'envie de mourir, il n'y a plus de choix. L'envie n'est pas volontaire, elle s'impose. Les idées suicidaires s'imposent.
    Je ne suis pas morte. Parce que ça s'est passé comme ça.

    J'ai toujours eu l'idée, qu'un jour, dans longtemps, ça irait mieux. Je pourrais aller bien.
    Maintenant je ne suis plus du tout dépressive. Mais si je devais mourir demain, je crois que je trouverai ça... nulle. La vie. Parce que ce que j'ai vécu après, ça ne contre-balance pas du tout toute la souffrance.
    Pas encore.
    J'espère tellement qu'un jour ça sera plus équilibré. Et que je pourrais me dire que ça valait le coup de traverser tout ça.
    En tout cas, je fais tout ce que je peux pour ça !

    @Clemence Bodoc tu as de la chance de ne pas savoir ce que c'est. J'espère que tu ne comprendras jamais.

    (on dirait une réponse super grave et tout, mais pas du tout ! J'ai juste eu envie d'écrire ce que j'ai vécu. Ce n'est pas un sujet qu'on peut aborder facilement au détour d'une conversation alors je n'en parle jamais. Et là ça faisait tellement écho à mon passé !)
     
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  4. Camilia Pond

    Camilia Pond
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    @Fleur d'oranger* :hugs:tu m'as beaucoup émue, je te souhaite fort fort de trouver l'équilibre dont tu parles <3

    Je repars sur le ton plus léger de l'article, un truc qui me donne le sourire a coup sûr, c'est quand je dis bonjour a un.e inconnu.e dans la rue, ou que je lui souris simple, de voir sa surprise et la joie qui lui succède s'epanouir sur son visage : je trouve rares les personnes qui disent spontanément dans la rue, et il rare qu'un sourire ou un "bonjour" soient mal pris (encore que ca m'est arrivé la semaine derniere, une dame a mal pris un petit sourire que je lui adressé, elle l'a pris pour une agression >< mais bon je ne juge pas, je lui ai expliqué que je ne lui voulais pas de mal et on a repris nos routes normalement...)
     
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  5. LunaaaD

    LunaaaD
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    C'est vrai que souvent je me demande à quoi ça rime de vivre. Se plomber la santé dans le travail, vivre tous les jours la même chose, cet éternel recommencement des choses... Mais c'est le petit bonheur comme ça qui font du bien, des petits détails tout doux!
    J'adore l'aube aussi, les couleurs dans le ciel, le calme dans les arbres et les oiseaux qui chantent dans le silence... Des fois j'ai envie de mettre mon réveil à 6h juste pour en profiter! Les premiers rayons de soleil chaud au printemps, le matin quand tu prends ton petit dej', ou les soirées sur la terrasse de mes grands parents en été quand on mange la ratatouilles avec les légumes du jardin! Une bonne tasse de thé bien chaud en automne, le silence plat quand il neige à la campagne, le ronronnement du chat, les frissons quand t'écoute la musique....
     
  6. Castette

    Castette
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    Don't you know, they're talkin' about a revolution

    @Clemence Bodoc ton article m'a fait énormément de mal. Et il me met très en colère. C'est un article de neurotypique qui fait une grosse bourde. Tu parles avec légèreté du désir de mort, "mais enfin dis-donc voyons pourquoi on voudrait mourir ?"
    SPOILER ALERT : La dépression, par exemple ! La dépression c'est pas "oh là là je n'aime plus l'odeur du café". La dépression c'est une maladie terrible qui fait que tu as une vision négative de toi, de ton passé et surtout de ton futur. Le présent est un calvaire et le futur paraît encore pire. Tu peux plus rien faire, le temps est distordu, tu dors mais tu ne peux pas dormir, etc... Rien. ne. va. Ce sont des mois et des années de souffrance, et cette horreur parait infinie. Et je te promets que l'odeur du café, c'est le cadet de tes soucis.
    De plus, on ne reste pas forcément en vie pour les autres. Comme le disent certaines Madz, il y a l'envie d'arrêter cette souffrance, d'arrêter ce présent/futur ingérable. Aussi, certain.e.s tentent de mourir pour les autres, certain.e.s meurent pour les autres. Cette réalité que tu tentes légèrement de comprendre, certain.e.s la vivent au quotidien. J'ai accompagné ma mère pendant ses quatre années de dépression très sévère, durant lesquelles elle a tenté de se suicider deux fois. Elle m'a dit qu'elle l'avait fait par amour pour nous, parce qu'elle considérait être un poids pour sa famille à cause de sa dépression, et que notre vie serait mieux sans elle et ce poids. Les autres ont parfois tout à voir chez celleux qui sont réellement confronté.e.s à l'envie de mourir.
    Je suis désolée, mais cet article je le trouve intolérable et insultant envers celleux qui ont vécu le traumatisme du suicide, la dépression ou une autre maladie où la question de la mort apparait sérieusement. Le suicide c'est pas une blague, c'est pas un sujet qu'on évoque tranquillou avant d'évoquer son propre bonheur sous forme romancée...
    J'imagine déjà ta réponse : "je ne veux pas blesser, mais je peux pas faire avec la sensibilité de chacun, etc...". Ouais, c'est sûr, mais moi je te le dis et j'insiste: tu me blesses avec cet article. Si comme il est dit dans le chapeau de l'article, tu es incapable de te représenter la volonté d'en finir, alors s'il te plait, n'en parle pas.
     
    #6 Castette, 22 mai 2016
    Dernière édition: 22 mai 2016
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  7. Imago

    Imago
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    My heart was made for bleeding all over you

    @Clemence Bodoc Moi c'est cette phrase qui m'a blessée
    Comme tu ne comprends pas ce sujet, n'affirme pas des choses comme ça. Par "je ne vis pas pour les autres", tu veux sûrement mettre en avant ton indépendance. Ben les idées suicidaires, elles n'ont rien à voir avec la décision d'aller vivre à l'étranger ou d'acheter un appart'. Il y a plein de personnes indépendantes qui souffrent et qui trouve la raison de vivre dans leurs proches, ça n'a rien à voir. Surtout que les autres font forcément partie de ta vie, tu ne t'en rends juste pas compte, et si la dépression faisait malheureusement partie de ta vie tu n'affirmerais pas cette phrase comme ça et tu réfléchirais bien sûr à ce que tu laisserais après ta mort.
    Si tu n'arrives pas à t'imaginer ça, c'est que tu n'es pas malade. C'est normal que tu kiffes l'odeur du café. Mais ça n'a rien à voir avec le sujet, parce que comme dit au dessus, quand on est déprimé (= en dépression), le monde perd sa saveur. Moi non plus je ne pouvais pas l'imaginer avant de le vivre.
    Tu ne comprends pas ? Demande des témoignages, lis les topics de madmoizelle consacrés à ce sujet, trouve des articles scientifiques. Mais ne parle pas de ce sujet à la légère ainsi. Chaque parole peut-être un coup de poignard pour les concernés. Tu peux faire un article sur ces petites choses du quotidien que tu aimes. Mais ne mets pas ça en rapport avec le suicide.
     
    #7 Imago, 22 mai 2016
    Dernière édition: 22 mai 2016
    Anne de Russie, Powine, Peace&amp;Love&It;3 et 10 autres ont BigUpé ce message.
  8. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
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    Rédactrice en chef
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    @Castette et @Imago : je crois qu'il y a un malentendu. L'article ne parle pas DU TOUT du "désir de mort", justement. Je pose dès le début que je ne comprends, que je ne peux pas comprendre (ce que traverse le personnage du roman), donc j'oriente ma réflexion sur un tout autre sujet. Ce n'est pas lié. Je ne dis pas « si j'étais en dépression avec des pulsions suicidaires, j'irais respirer du café pour "me guérir", LOL." Ce n'est pas DU TOUT le propos ici !

    Je me cite :

    Je ne dis absolument pas qu'il n'y a aucune situation objective où l'on peut vouloir mourir : je dis que JE n'arrive pas à l'imaginer (notamment parce que : je ne suis pas à la place du personnage). Donc je me mets à réfléchir à autre chose. À pourquoi, en l'état de ma vie actuelle, je n'arrive pas à l'imaginer (et tant mieux pour moi, bien entendu).

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    Ce qui ne m'empêche pas d'être sincèrement désolée que vous ayez été blessées par cet article.

    EDIT : @Imago c'est sans doute un autre débat (très long) mais « l'euthanasie active » (telle que pratiquée en Belgique) n'est pas « un suicide ». (même si je suis d'accord que le résultat est le même, le process est différent. D'où le nom « d'euthanasie active» et pas de « suicide assisté »).
     
    elisabellissima a BigUpé ce message
  9. Imago

    Imago
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    My heart was made for bleeding all over you

    @Clemence Bodoc Ce n'est pas non plus ce qu'on a voulu dire. Nous n'avons pas dit que tu donnais des conseils de guérison. Nous n'avons pas aimé que tu fasses un parallèle entre tes petits bonheurs et les personnes suicidaires. Tu mets bien en avant un lien, puisque c'est de ta lecture que cet article découle. Et ta phrase que j'ai citée me fait toujours bondir et me blesse sans que je ne sache vraiment totalement pourquoi, mais sûrement parce que je trouve qu'elle ne retranscrit pas la réalité, que quand je me suis déjà dit que je ne voulais pas faire de peine à ma famille ce n'était pas parce que je vivais pour les autres (ce qui a une connotation assez négative, on a toujours plus d'admiration pour les gens indépendants). Et je vois d'ailleurs que toutes les personnes ayant connu le suicide et qui ont lu l'article ressortent avec les mêmes mots à la bouche : "tu ne sais pas ce que c'est, et tu as de la chance". C'est quand même pas une impression hyper positive, non ?
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    Je n'ai pas compris pourquoi tu parles de l'euthanasie ?
     
    Faye Valentine a BigUpé ce message
  10. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
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    Parce que le roman parle d'euthanasie, pas de suicide, justement. Et que le personnage ne va pas chercher l'euthanasie active « parce qu'elle est en dépression », justement. D'où mon « je pense qu'il y a un malentendu ! La dépression et le suicide ne sont pas le sujet de cet article.
     
  11. Imago

    Imago
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    My heart was made for bleeding all over you

    @Clemence Bodoc D'accord, bon, je trouve ça très tiré par les cheveux mais tant pis. Moi je me suis sentie concernée mais finalement je ne devrais pas l'être.
    Je vais peut-être me tourner vers ce livre !
    :v:
     
  12. Castette

    Castette
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    Don't you know, they're talkin' about a revolution

    Merci pour ta réponse @Clemence Bodoc ! Néanmoins en relisant l'article (même à la suite de l'article qui parle vraiment du livre) je me sens encore mal. Ce chapeau ("avoir envie de mourir est le sujet du roman de Sophie Jomain,Quand la nuit devient jour. Incapable de se représenter la volonté d'en finir, Clémence a réfléchi aux détails qui la raccrochent à l'envie de vivre.") laisse vraiment entendre, selon moi, qu'on parle bien du désir de mort dans cet article. Et la transition rapide "elle a le désir de mort, moi je comprends pas, voilà mes bonheurs du quotidien"... Je trouve toujours ça indélicat, et quand je le lis, au regard de tout ce que j'ai traversé, je trouve ça violent. Surtout que ce qui donne la rage de vivre à ceux qui ont envie de mourir, je ne crois pas que ça soit ça. Je pense qu'il faut être en bonne santé, et ne pas avoir besoin de "rage de vivre" (terme très fort je trouve, qui laisse entendre qu'il faut se battre, et que ceux qui ne se battent pas n'ont pas la rage, donc pas la force, donc sont faibles) pour se focaliser sur ces éléments du quotidien. Comme @Imago je n'avais pas du tout pris ça comme des conseils pour aller mieux. C'est le parallèle "je comprends pas, donc je vais dire ce que moi j'aime dans la vie" qui m'a fait mal. Ça donne l'impression que vivre, s'accrocher à la vie, finalement c'est simple.
    Bref, je trouve toute l'introduction de cet article maladroite.
     
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