Ces livres qui m'ont politisée

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Emilie Laystary, le 27 mars 2012.

  1. Emilie Laystary

    Emilie Laystary
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    Journaliste indépendante (VICE magazine, madmoiZelle, RTL, 90bpm, Slate, les Inrocks, Technikart)

    Ce sujet est dédié aux réactions concernant cette actu : Ces livres qui m'ont politisée.

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  2. Peaudouce

    Peaudouce
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    Peau d'ours.

    Waouh, cette sélection <3
     
  3. -Albertine-

    -Albertine-
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    Trop de boulot

    Je vais me pencher sur le 2ème livre !
    Très intéressant, ces perches tendues à la lecture de ce type d'ouvrages ! :chat:
     
  4. Ancien membre

    Ancien membre
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    Guest

    Très belle sélection ! Courte et efficace, nickel. Mais en tant que Madz, on pourrait peut-être politiser un chouilla plus sur les femmes ?...

    A mon humble avis :), des livres -très récents en plus- comme Beauté Fatale, de Mona Chollet, qui traite de la société de consommation et du lien beauté-corps-objet aux femmes est édifiant et mérite une petite place ici !

    L'emprise du genre, d'Ilana Löwy, est une analyse très bien faite des discriminations de genre et ce dans tous les domaines.
    En plus, dans son introduction elle raconte un peu comment elle s'est retrouvée dans le genre; juive, son "faciès" lui a fait connaître pas mal de désagréments.
    Elle a donc creusé, et creusé encore, pourquoi nous sommes jugées différemment selon notre physique; notre métissage ou non, et surtout... Notre sexe.

    Car avant même la "race" d'une personne (certaines personnes ont des origines arabes assez imperceptibles par exemple), ou sa classe sociale, on VOIT une chose: le sexe. C'est la première chose qu'on souhaite identifiable, malheureusement...
    Niveau films, Tomboy et Boys don't crysont aussi très révélateurs et très beaux...
     
  5. Ancien membre

    Ancien membre
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    Guest

    Ah oui et un livre qui semble recouper deux de ta sélection; Mainstream de Frédéric Martel. Il est imposant et un peu compliqué à lire par moments, mais il est assez hallucinant; il parle de la culture de masse (d'où son titre) et comment elle est politisée et utilisée à travers le monde pour servir des idéaux.
    Il démontre par exemple les liens puissants entre le cinéma américain (studios, producteurs) et la politique, voire même les renseignements. Idée qu'on peut recouper aussi dans l'ouvrage de Mona Chollet; elle montre que les films (américains surtout) sont devenus des montres de publicité... A la desserte des femmes, évidemment, pour ce dernier livre.
     
  6. Malaussène

    Malaussène
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    42

    Chouette idée d'article !

    Pour ma part, j'ai été politisée assez tard, enfin, vers 16-17 ans seulement. Même si la lecture assidue de Télérama pendant toute mon enfance n'a peut-être pas été sans incidence sur mon orientation politique (:

    Je comprends ainsi le mot "enfance" comme "avant d'avoir vingt ans" :

    - Le dernier jour d'un condamné, Victor Hugo. Le plus beau plaidoyer que je connaisse contre la peine de mort.

    - La saga des Malaussène (évidemment...) de Pennac : pas ouvertement politique, mais qui m'a ouvert les yeux sur un autre univers que ma banlieue ouest bourgeoise. Un autre regard sur le monde, sur les gens, sur les questions sociales.

    - Le Grand Bond en arrière, Serge Halimi. Qu'il faut que je relise, d'ailleurs. Sur la montée en puissance et l'hégémonie des idées libérales. Je me souviens que je n'étais pas d'accord sur tout, mais qu'il m'avait lui aussi ouvert les yeux sur bien des points, et apporté une cohérence, un schéma explicatif convaincant des mutations que le monde a connu ces dernières décennies.

    Ah si ! Tout de même. Un bouquin qui date vraiment de l'enfance : mon livre d'Histoire de troisième. Ou comment j'ai découvert (oui, je vous l'ai dit, je vivais dans un univers ultra protégé et coupé du réel) les ravages possibles de l'intolérance, de la peur, des crises économiques, de la pauvreté, de l'ignorance, etc. Enfin compris ce que signifiaient réellement les mots nazisme, fascisme, antisémitisme, totalitarisme. Mais aussi ce qu'étaient la Résistance, le mouvement ouvrier, l'Etat-providence.
     
  7. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Je ne m'attendais pas à voir La Société du spectacle sur Mmz. Sa lecture a crée pour moi aussi un virage dans ma conception des enjeux de dominance, mais aussi comme le dit Laystary, sur l'aliénation de l'individu expliquée à différentes échelles (notamment, comment il tend à se perdre en rôle et en usage, en représentation). Les situationnistes s'intéressent beaucoup à cet éloignement de nous-mêmes.

    Il faut savoir que cet essai de Debord doit beaucoup à Marx et à son chapitre du Capital Le caractère fétiche de la marchandise et son secret.

    Dans la catégorie critique de la société industrialisée et aliénation liée au travail et à la marchandise, il y a aussi le court - et loufouque essai de Paul Lafargue, datant de 1880, Le droit à la paresse. (disponible ici : Les classiques des sciences sociales: Paul Lafargue, Le droit à la paresse. Réfutation du droit au travail de 1848. (1883))

    J'ajoute dans le même genre, le Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations, de Raoul Vaneigem, autre pilier du situationnisme, disponible en libre lecture ici : Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations
    Une lecture vivifiante, loin de tout nihilisme, qui vise à identifier les structures dominantes, et qui avance des propositions, des pistes de réflexion pour se réapproprier son imaginaire, sa force créatrice, etc.
    Vaneigem a écrit en faveur de la totale liberté d'expression (Rien n'est sacré, tout peut se dire), et en faveur de la gratuité et de l'autogestion (De la grève sauvage à l'autogestion généralisée : De la grève sauvage à l'autogestion généralisée - Raoul Vaneigem | libcom.org)

    Pour ma part, j'ai beaucoup appris sur la géopolitique actuelle grâce à No logo et La stratégie du choc de Naomi Klein; aux séries Comprendre le pouvoir, qui sont des entretiens avec Noam Chomsky.

    Bonnes lectures à vous !
     
  8. Business Class

    Business Class
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    I am very busy.

    Je suis allée voir au cinéma Les nouveaux chiens de garde, en partie par rapport à mes études, et je l'ai trouvé vraiment très intéressant, il a remis pas mal de choses en perspective dans ma tête.
    Le premier ouvrage m'intéresse beaucoup, je l'achèterai probablement une fois mes concours finis.
     
  9. Gat.

    Gat.
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    Tree hugger

    Je pense que si je devais ne citer qu'un auteur m'ayant façonnée ... ce serait Kant.
    Il m'a donné un idéal moral. La critique de la raison pratique a eu une forte influence sur ma manière d'agir envers autrui, de réfléchir à mes actions et à leurs conséquences. Grâce à cette lecture j'ai commencé à m'intéresser à la philosophie morale, au karma et à me poser une foule de questions éthiques.
    Et sur le plan spirituel, Kant m'a aussi forcée à remettre en question mes certitudes d'athée scientiste. Avant de le lire j'étais convaincue que la science a réponse à tout et que les concepts tels que l'âme, l'esprit et Dieu n'étaient que des inventions grotesques. Depuis, je ne crois toujours pas en DIeu mais je suis persuadée que la science ne pourra sans doute jamais tout expliquer, parce que la vie est merveilleusement trop complexe.
    (Nota Bene : Je n'ai absolument pas lu Les critiques de la raison pure et pratique dans leur intégralité, je ne veux pas paraître plus intelligente et plus cultivée que je ne suis ;) mais les passages que j'ai lu et étudié ont suffit à chambouler mes idées préconçues)
     
  10. Lieve

    Lieve
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    Pour moi ce serait Castoriadis et ses "Carrefours du labyrinthe". Ils m'ont plus aidé à façonner ma pensée, même si ça a bien évolué depuis, que politisé à proprement parler car j'ai l'impression que la politisation s'est faite progressivement avant par des trucs plus accessibles (musique, copains, journaux, manifs...), mais en tout cas ils ont été très importants à une époque pour moi.
     
  11. Lady Dylan

    Lady Dylan
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    Hazel Tellington

    Waw, tu as lu tous les bouquins que je voudrais lire (bon, au moins quatre).

    Je rajouterai pour ma part : King Kong Théorie, de Virginie Despentes. Lu à 15 ans, ce n'est pas le truc le plus profond à propos du féminisme (pro-sexe) mais c'est une très bonne introduction.
     
  12. TinkLady

    TinkLady
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    L'Eloge de la Folie d'Erasme... je crois que j'avais un grain bien avant de l'avoir lu, mais ça m'a rassuré sur le fait que c'est normal et même très bien!
    Education Européenne (tout est dans le titre) de Romain Gary. La Saga des Malaussène effectivement, Matin Brun, ce minuscule bouquin de 5 pages peut-être.

    Great Expectations, Manhattan Transfer, pas mal de Shakespeare, Brothers and Keepers de Wideman (celui-là quelle claque!)... ou comment faire des études de Langes et des Lettres vous amène à ouvrir des livres géniaux.

    Le dernier jour d'un condamné et les Misérables.
    Mythologies de Barthes, Histoire de l'Art de Gombrich, La Bible ... le genre de bouquins que j'ai peiné à lire, mais je devais le faire!
    Et pour finir, je trouve que mon éducation n'aurait pas été complète sans Peter Pan, A la Croisée des Mondes et récemment The Hunger Games...
    ... D'aucuns me diront que c'est pas franchement politique tout ça. Non, c'est vrai, ces livres c'est juste toute ma vie... à part ça, c'est pas politique! =)
     
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