Cinq lettres anonymes jamais envoyées, mais publiées ici

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Mymy, le 15 novembre 2017.

  1. Mymy

    Mymy
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    Member of ze Rédac', membre actif des Croisé-e-s contre l'invocation de Pierre Desproges, et accessoirement beau foufouillon.
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  2. JB Oscard

    JB Oscard
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    Je souhaite porter sur le monde un regard sans haine.

    Superbes lettres. Elles m'ont beaucoup touchées et certaines m'ont mis les larmes aux yeux. Quand j'étais petite, adorant écrire, à chaque Noël j'écrivais un poème ou un texte pour mes parents. Puis j'ai arrêté. Aujourd'hui régulièrement (tous les ans environ) j'écris une lettre à mon copain. Elles changent, la vie change. C'est tellement différent de poser les mots par écrit et de pouvoir réfléchir à chacun.
    Mais ces lettres n'étaient pas vraiment anonymes. Dans ma vie il y a pour l'instant trois lettres que j'ai écrite et que je rangerai dans la case lettre anonyme :
    - une lettre ouverte à tous les citoyens au sujet de l'Arctique,
    - Une lettre à Oscar Wilde,
    - Une lettre à la moi de 2084.
    Peut-être oserait en envoyer une à Bayard !

    Merci de me donner envie d'écrire d'autres lettres :-)
    Qui sait si un jour je n'en écrirai pas une à Madmoizelle !
     
    Jumimosa et Ellanaaa ont BigUpé.
  3. Mline_Roud

    Mline_Roud
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    Très chouette article !
    Je ne me suis pas du tout sentie voyeuse ou quoi que ce soit en les lisant alors que c'était ma crainte en lisant le titre...
    Ce sont des petits fragments d'histoires, de relations et ça met du baume au coeur :loveeyes:
     
    zazouyeah et Ellanaaa ont BigUpé.
  4. Loupit

    Loupit
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    Demain je dors, promis...

    C'est à quelle adresse qu'il faut écrire ?
     
  5. sssllm

    sssllm
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    Ca me fait penser au "Waiting Wall" qui avait été installé quelques temps comme une exposition à la gare de Brighton. Même principe En fait, sauf que les "lettres" s'affichaient sur un énorme panneau de gare. C'était aussi possible de retrouver tout ça sur internet, et c'est aujourd'hui encore le cas (cf lien). Quand j'étais pas très bien dans ma vie je passais des heures entières à lire ce panneau qui change régulièrement et à chialer comme une grosse pourrie. Surtout que les photos (de Brighton) utilisées En fond sur le site ajoutent comme une atmosphère bien mélancolique ! http://www.thewaitingwall.com/thewall
     
    Ellanaaa a BigUpé ce message
  6. Madthilde

    Madthilde
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    Schtroumpfette contrachiante

    Vous m'avez fait pleurer.
    C'est malin :crying:
     
    Ellanaaa a BigUpé ce message
  7. marie3009

    marie3009
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    Ohlala, l'émotion. Ça fait tellement de bien de coucher les mots sur papier...j'ai commencé à faire ça après le décès d'un des piliers de ma vie, lui écrire des lettres puis les brûler...le pouvoir des mots. Je vous envoie plein de câlins les madz:cupidon:.
     
    Ellanaaa a BigUpé ce message
  8. Mullipa

    Mullipa
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    Ceux qui pensent que c'est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient

    Je fais ça régulièrement, j'écris dans un carnet des lettres à mes moi d'avant, à des gens que j'aime ou des gens croisés, plutôt que de raconter des évènements "à personne", et c'est super agréable :)
     
    Lanfear a BigUpé ce message
  9. Lanfear

    Lanfear
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    @Mullipa MAIS OUI ! :halp::halp:
    Meilleure idée.
    Ca fait longtemps que je voulais écrire sur les gens. Et j'ai un cahier sur lequel je fais des points sur moi à un moment T quand j'ai l'impression d'avoir des trucs à dire, mais ça me paraissait pas optimal dedans. Et puis faire juste des portraits, j'étais pas sûre d'en fait plus que deux. Mais écrire des lettres, c'est GE-NIAL :top:

    /part écrire.
     
    Mullipa a BigUpé ce message
  10. Mullipa

    Mullipa
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    Ceux qui pensent que c'est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient

    @Lanfear C'est un super format je trouve, ça te permet de t'exprimer auprès de gens quand tu n'oses pas leur parler directement (ou que tu sais que ça ne sert à rien car ils ne t'écouteront pas), mais ça te permet aussi, une fois que tu l'as écrit, d'affiner ta pensée, de te dire "non, en fait c'est pas vraiment ça que je pense" ou "ce terme ne représente pas exactement mon ressenti" et le jour ou tu en parles vraiment, tu sais un peu mieux où tu en es. Et quand tu les relis plus tard, tu vois comment tu as avancé :)

    Je me lance, je publie la mienne :

    Maman,

    Tu ne liras probablement jamais cette lettre, mais j’ai besoin de te l’écrire. Ceci résume bien notre relation je trouve, les besoins que j’attendais que tu combles, j’ai dû m’en débrouiller. Tu n’as pas de place dans ma vie parce que tu ne l’as jamais prise. Tu n’as jamais vraiment joué avec moi. Tu n’as jamais écouté ni été là quand j’avais mal au cœur ou à l’esprit. Certes, pas par méchanceté, ni par mépris, ni par désinvolture, tu as ta propre histoire qui t’a éloigné de toi, de ce que tu es réellement, et aujourd’hui tu n’es plus capable de tout ça, plus capable de revenir en arrière. Je ne t’en veux pas Maman, j’ai beaucoup de peine pour toi et pour ce que tu as du vivre, mais j’ai mal parce qu’on m’a privé de toi. La personne que j’ai face à moi aujourd’hui n’est liée à moi que par le sang, une moitié de gènes, un nez qui bouge quand il parle. Plus par des émotions.

    Je ne suis plus une petite fille, Maman. Je n’ai plus besoin et je n’ai plus envie que tu me nourisses, que tu décores mon intérieur à ma place, que tu te permettes de parler à mes amis et collègues comme tu parlerais à la maîtresse ou aux parents de mes copains de classe. Tu t’imposes dans ma vie sans me demander ce que je veux, ce dont j’ai envie, ce dont j’ai besoin. Et j’aimerais que cela cesse. Mais je ne pourrais jamais te le dire tout ça. Tu as déjà vécu ça avec ta propre mère, tu ne pourrais pas supporter d’endosser son rôle à ton tour.

    Sais-tu ce dont j’aurais eu besoin, Maman ? J’aurais voulu qu’on parle ensemble. Que tu m’apprennes à cuisiner. Que tu m’apprennes à me maquiller, plutôt que simplement me dire ce qui te paraissait vulgaire. Que tu me consoles de mes premiers chagrins d’amour, de mes chagrins d’amitié. Je voudrais pouvoir te parler de mes peurs sans sentir la tienne. Je voudrais pouvoir te dire que je souffre du trouble dysphorique prémenstruel (TDPM, pour les intimes) qui me fait croire que je n'ai plus envie de vivre, quelques jours par mois. Je voudrais qu’on puisse se parler de ce que l’on est, de nos doutes, de la vie dans l’absolu, qu’on ne se contente pas de se donner les nouvelles du front. Du fond, plutôt que de la forme. Mais tout ça je ne l’aurais jamais. Alors je m’éloigne de toi, irrémédiablement. Je ne le veux pas, mais rien ne m’attache plus à toi que de la théorie d’amour maternel qui voudrait nous faire croire qu’une mère aime naturellement ses enfants de la meilleure façon qui soit. Et que donc il ne faut pas s’en détacher. Tu es la première à savoir que c’est faux, n’est-ce pas ?

    Je renonce à toi Maman, je ne veux plus attendre cet idéal maternel que je n’aurais jamais. Je veux apprendre à le combler seule, parce que je n’aurais pas le choix. Je te souhaite plus que tout d’être heureuse un jour. Et je te le promets, je le serai aussi.
     
    Loupit, OxsanaBCN et Lanfear ont BigUpé ce message.