Cyclothymie, groupe de soutien

Sujet dans 'Vie Quotidienne' lancé par DestyNova_, le 17 septembre 2012.

  1. DestyNova_

    DestyNova_
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    Monde de Merde.

    Bonjour,

    J'ai fait une recherche en vain sur madmoizelle pour vérifier s'il n'y avait pas déjà de topics ouverts sur le sujet, dans tous les cas je vous invite à venir en parler ici.

    Alors voilà, après plusieurs années de thérapie, je ne comprenais toujours pas ce que j'avais. Je n'étais pas en dépression, puisque j'ai encore une vie sociale, un travail etc. mais j'avais quand même de grands passages à vide. Et puis parfois j'avais l'impression de m'en sortir, de repartir, de faire table rase, de tourner la page et de commencer un nouveau chapitre. Et puis quelques temps plus tard, hop, retour des "creux", des "down", des pensées suicidaires incessantes, presque "harcelantes", de la colère, de l'impression que tout était raté, foutu, et que ça n'était pas possible de changer. Et à nouveau, une période un peu plus "up" où j'avais l'impression de m'en sortir...
    Je suis retournée voir une psy dans une période fortement down, nous ne nous sommes pas vues pendant un mois à cause des vacances, et puis à la rentrée j'allais mieux. C'est là qu'elle m'a dit que ça ressemblait à une cyclothymie.

    Bon ça n'est peut être pas exactement une cyclothymie (je n'ai pas d'insomnies par exemple), mais la forme générale est la même.
    Je n'ai pas de périodes d'euphorie, mais j'ai des périodes où je vais bien, je suis sociable, je sors, j'entreprends de nouvelles choses, je me remets au sport, j'ai plus confiance en moi et je retrouve de la motivation pour le travail, je prends des décisions etc.
    Et puis à d'autres moments, j'ai des pensées dévalorisantes très très fréquemment, je m'engueule toute seule ou j'engueule des gens (après-coup) dans ma tête, je me mets devant mon travail mais je fixe le papier et mes yeux commencent à être humides, dans ma tête c'est le chaos, je suis nulle, mes pensées suicidaires s'acharnent contre moi, je passe mon temps à lutter contre elles où à trouver une idée pour faire passer ça pour un accident, je me dis que tout ça ne sert à rien, je deviens pas sociable, je m'isole, j'évite mes collègues, je ne rappelle pas mes amis etc.

    L'autre jour, j'ai raté un cours de conduite, j'étais en colère et en urgence en même temps, je suis rentrée chez moi en trombe, larmes aux yeux, j'ai pris un max de médocs, en me disant qu'il valait mieux m'endormir tout le weekend parce que je sentais que je n'allais pas pouvoir gérer un tel état de panique et de désespoir. Et puis pour convaincre la partie "suicidaire" qui hurlait dans mon cerveau, je lui disais qu'une fois stone je trouverais peut-être le courage de me balancer par dessus mon balcon...

    Je ne dis pas ça pour faire paniquer, mais pour expliquer toute la difficulté de vivre un truc pareil, sans contrôle.
    Parce que malgré la lourdeur du truc il faut continuer la vie, pour ne pas inquiéter ses proches tous les deux mois et pour ne pas passer pour une folle qui cherche à attirer l'attention régulièrement auprès des autres.
    C'est un peu comme faire semblant de vivre une vie normale, dans un monde de gens normaux, alors qu'on porte un gilet en bâtons de dynamite dont le déclencheur a un faux-contact, et peut donc tout faire sauter à tout moment.

    Pourtant moi je ne suis pas d'accord avec ça, ce qui m'arrive. J'aimerais vraiment que mon cerveau arrête de me renvoyer sans cesse des messages négatifs, je lutte, parfois je l'engueule presque. J'aimerais être comme les autres, stable, souriante, me sentir un peu abattue de temps en temps et puis hop! me reprendre en main et continuer. Mais c'est beaucoup plus lourd que ça. Il ne suffit pas de se dire "allez j'arrête maintenant" pour que les messages négatifs arrêtent d'affluer en masse dans mon cerveau.
    Si vous êtes un peu dans le même cas je vous propose de venir en discuter ici mais dans un but constructif. Par exemple en recherchant des solutions pour les périodes up ou down, en se fixant des objectifs, en faisant des listes, etc.
    En ne se focalisant pas seulement sur les phases dépressives.
     
    Lsophieful a BigUpé ce message
  2. Yael Lev

    Yael Lev
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    Oh, je pensais que c'était quasi-inconnu ce genre de troubles de la part du commun des mortels :d. Mais je vois que je ne suis pas seule. Ça fait plaisir. (ou pas, fin c'est pas la joie d'avoir ça, mais on se sent moins seule)

    Je vais pas épiloguer aujourd'hui mais je n'ai pas été vraiment diagnostiquée encore. Je suis pas encore "cataloguer" entre bipolaire ou cyclothymie.

    Sinon, j'ai des périodes d'euphories, et des périodes down.

    @sabrinalafraise, globalement, tu résumes bien ma vie. Avec quelques points qui diffèrent, que je posterai peut être après.
     
  3. Croque-Creviss

    Croque-Creviss
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    Oh, tu résume très bien ce que je vis sabrinalafraise. Il y a des jours où tout va bien, où j'ai envie de faire un tas de trucs (et où je les fais), où je me dis que mes problèmes quotidients ne sont pas si graves. Bon c'est léger mais je suis au moins "normale" à ces moments-là. Je me dis que j'ai pas à me laisser abattre, j'ai confiance en moi, je repense aux phases où j'ai été pas bien précédemment et je me dis que ce n'était rien. Et puis voilà que quelques jours (ou moins d'ailleurs) plus tard je n'ai absolument envie de rien faire, je réfléchie à une façon de mourir même si je sais que je n'aurais pas le courage de me suicider, c'est souvent des soirées que je passe à écouter des chansons déprimantes en pleurant, sans véritable raison. Tout d'un coup des gens ou des périodes de ma vie me manquent, mais vraiment, je ressens ça comme si c'était atroce...
    Dans ces moments-là par contre quand je pense aux périodes où je me suis sentie "forte" j'arrive même pas à relativiser, je me demande comment j'ai fait pour être aussi optimiste. Du coup, pour chercher des solutions, bin j'ai pas tellement d'idées...

    Par contre je devine un peu d'où ça vient. C'est ma famille qui est extrêmement nocive pour moi. C'est vrai qu'avant que ma mamie me téléphone tout à l'heure, ça allait nettement mieux, et juste après le coup de téléphone je me suis sentie extrêmement mal. Je les évite au maximum et ça va un peu moins souvent mal qu'avant, mais enfin il ne doit pas y avoir que ça...
    J'ai l'impression enfaite que je sais pas être heureuse. J'ai l'impression que c'est naturel pour les gens autour de moi, mais que pour moi ça l'est pas. C'est un peu bizarre, comme si je devais apprendre des choses naturelles...
     
  4. DestyNova_

    DestyNova_
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    Monde de Merde.

    Yael Lev et @Croque-crevisse
    Et vous voyez un psy ou vous prenez un traitement?
    J'ai un peu du mal à savoir quoi faire contre tout ça. J'ai lu que quand ça n'allait pas bien il fallait s'éloigner des ambiances où l'émotion peut être trop forte, mais c'est tout ce que je peux donner comme conseils : /
     
  5. Croque-Creviss

    Croque-Creviss
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    sabrinalafraise non je ne suis pas de traitement et je ne vois pas de psy. J'en voyais un l'année dernière mais à ce moment-là je n'étais pas vraiment capable de comprendre que je fonctionnais par périodes "de hauts et de bas", j'étais même plutôt "tout le temps" pas bien ducoup après avoir coupé les ponts avec ma famille, ça allait bien, donc j'ai dit à mon psychologue que c'était plus tellement la peine que je vienne le voir. Mais maintenant j'essaye plutôt de comprendre par moi-même même si j'ai encore du mal...
    Eviter les émotions c'est-à-dire autant les positives que les négatives ? Parce que c'est vrai que quand je me sens plutôt bien c'est plutôt neutre enfait, je suis jamais du coté heureuse.
     
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