Dermatillomanie : crever l'abcès et guérir.

Sujet dans 'Forum Beauté' lancé par Virginie, le 10 septembre 2015.

  1. Virginie

    Virginie
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    Étant donné le succès de mon témoignage et de mon article « beauté » sur la dermatillomanie, je me suis dit que ce serait sympa de créer un topic afin de pouvoir discuter librement de cette manie nous qui pourrit la vie.

    Quelles sont vos habitudes de grattage ? Depuis quand savez-vous que vous avez un souci ? Pensez-vous consulter quelqu'un ?

    Je suis sûre qu'on a toute des astuces, ou au moins quelques mots réconfortants, pour s'aider les unes les autres.

    Pour rappel, la dermatillomanie est « un trouble caractérisé par la vérification, le triturage et/ou le grattage répété et excessif de la peau induisant des lésions des tissus. » La personne affectée est généralement atteinte d’une acné légère, mais à cause de ses tendances anxieuses, elle la considère comme plus grave qu’elle ne l’est réellement. Cela se traduit par un grattage répété et incontrôlé de la peau et surtout de la peau du visage.

    Le grattage s’accompagne souvent d’un sentiment de plaisir ou de soulagement. Ces impulsions de grattage (gratter les irrégularités de la peau) ou de triturage (percer la peau pour faire sortir les imperfections) sont des séries de gestes reconnus comme irrationnels par la personne, qui peuvent être répétés de façon ritualisée, non contrôlée et envahissante.

    Dermatillomanie France
    Je suis dermatillomane... mais ça va mieux !
    Je triture sans cesse ma peau : que faire ?
    Journal d'une dermatillo-monstre
     
    Yipyop a BigUpé ce message
  2. Chachachou

    Chachachou
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    Chouette alors !

    Me triturer la peau du visage, je le faisais énormément au collège, le lycée et aussi quand j'ai commencé l'université. Je crois bien que j'ai commencé à l'apparition des premiers boutons sur le visage (Pfff mais pourquoi ils sont venus ! Ils sont moches :tears:) Je les aient donc tripotés comme si ça allait règler le problème. Au final j'avais des rougeurs, et puis des espèces de crevasses sur les joues, des cicatrices, des croûtes... Une horreur :gonk: Je les touchaient surtout quand j'avais les mains innoccupées, par exemple le soir en regardant la télé, en cours quand je n'écrivais pas, surtout le menton et les joues. Je faisais ça avec mes ongles, sans doute bien cracras !

    Avant, je ne me maquillais pas du tout la journée, je ne prenais pas grand soin de ma peau, seulement un coup d'eau le matin et soir avec du savon, pas de crème hydratante, j'ai commencé les produits un peu trop décapants, sans effet, au contraire ça aggravait les rougeurs... Ce que je faisais durant l'enfance (c'est-à-dire pas grand chose) pour avoir une peau potable ne marchait plus.

    Est venu ma deuxième année de fac, j'ai commencé à me maquiller en grande partie grâce aux copines. Le fond de teint ça été une cata pour choisir la teinte, j'avais des démarcations marrons, aïe aïe ! :gonk: Puis j'ai fini par trouvé une BB crème, une claire, qui me correspondait (Je n'ai pas changé depuis) ! :) Je m'étais un peu de poudre par dessus pour cacher la brillance... Le tour était joué. Pourquoi parler maquillage ? En fait, je pense que comme ma peau avait une meilleure apparence avec BB crème + poudre, j'ai arrêté de la toucher. Du moins durant la journée et surtout le matin quand j'avais le teint frais. La toucher, c'était enlever le maquillage et montrer la cata en dessous... Alors j'évitais. Le soir, c'est toujours un peu compliqué avec la peau qui a graissé après une dure journée, ça donne envie de tripoter, mais maintenant j'essaie de me retenir ! Parce que sous la BB crème et la poudre, ma peau s'est nettement améliorée à force de ne plus toucher.

    Maintenant dès que je rentre à la maison c'est nettoyage de peau direct en principe (puis ça fait du bien après la journée). J'utilise une mousse nettoyante pour peau sensible avec un peu d'eau sur un disque démaquillant. Je nettoie, je sèche et je met ensuite une crème bienfaisante pour peaux mixtes à grasses. Nettoyer m'aide aussi à ne pas triturer... Je fais pareil avec les mains, je me surprends parfois à enlever mes petites peaux sur les côtés autour des ongles avec les dents et quand je vais les laver ça va beaucoup mieux !

    Voilà pour ma petite expérience :)
     
    Virginie et Yipyop ont BigUpé.
  3. Yipyop

    Yipyop
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    Virginie j'étais tellement contente quand tu as fait cet article ! J'ai l'impression qu'on en parle plus en ce moment, et avec son entrée dans le DSM (la bible des psy) cette année il va y avoir plus de recherche faites dessus, donc plus de moyens pour la soigner.

    Moi je suis atteinte de ce trouble depuis mes 9 ans, même si elle a pris différentes formes au cours des années. Et je connais l'existence de cette maladie depuis...mes 17 ans. Ça fait de longues années de solitude quand même, à penser que je suis débile et/ou toqué, parce que je n'avais aucun moyen de savoir ce qu'était la dermatillomanie. J'ai toujours été plus focalisé sur mon visage, mais ces dernières années ça s'est répandu sur ma poitrine, mes épaules, parfois même mes jambes, même si en proportion ça n'a rien à voir. A vrai dire jusqu'au lycée je pensais que c'était "bon" pour ma peau, que ça la nettoyait, et que si elle rougissait c'est qu'elle réagissait au nettoyage drastique (oui c'est sur que se raser les plaies c'est drastique hein haha). Bien sûr je trouvais ça relou le temps que je perdais, les courbatures que j'avais à force de rester 3h -littéralement- sur la pointe des pieds pour observer mon miroir, les lendemains où je n'allais pas à l'école à cause de mon visage ensanglanté, mais je me disais "si je le fais encore une fois ce sera bon". Pis peu à peu j'ai fait le lien entre le fait que les parties de mon visage massacré qui prenait plusieurs mois à cicatriser (ou jamais d'ailleurs) correspondait étrangement aux endroits où je m'étais acharné la veille. Alors j'ai commencé à vouloir arrêter de faire ça, et là je me suis rendue compte que je ne pouvais pas. Pire, je me levais sans m'en rendre compte et me souvenais même pas de comment je me retrouvais devant mon miroir à 6h du matin ! C'était des grosses flippes, je me suis dit que j'étais complétement timbré. J'ai commencé à chercher des recettes pour faire des soins cicatrisants, parce que si je devais me faire ça autant limiter les dégâts quand je reprendrai "conscience", et sur beautépure la meuf qui s'occupait du site 'elle est très cool et réponds à tous les coms!) m'a dit que je souffrais certainement de dermatillomanie. Et là c'était la révélation ! Les gens s'imaginent pas à quel point c'est salvateur de pouvoir coller une étiquette à ce qu'on est, contrairement à la croyance populaire. Ca libère beaucoup plus que ça n'enferme.

    Et depuis parcours du combattant pour me soigner:supermad:D'abord toute seule, puis après j'ai craqué j'en ai parlé à quelqu'un, puis après psy+psychiatre. Voilà je n'ai qu'un seul conseil : sérieux si vous sentez que vous lâchez le bout allez voir un psy. Arrêtons avec ses idées reçues, quand on a un rhume on va voir le médecin pour pas que ça se transforme en pneumonie, bah quand on a un TOC on va voir le psy pour pas que ça se transforme en dépression. Et rappel : le suicide est la première cause de mortalité chez les 15/25 ans, avant les accidents de la route, et la grande majorité d'entre eux avaient des problèmes psy. Donc on prends ça au sérieux ! SVP les MadZ, on se dit pas "ça guérira tout seul" si vous voyez que c'est très problématique :pray: A bas le tabou des maladies mentales :sushi:(si les prix vous rebutent,allez en centre médico-social c'est là où j'allais et c'est gratuit !

    C'est grâce à des articles comme celui de Madmoizelle que les filles (ou garçons) atteintes de ce trouble sauront qu'elles sont "malades" bien plus tôt, au lieu de penser qu'elles sont folles, et ça ça me fait plaisir ! Merci virginie :cupidon:

    PS : Si y en a qui veulent que je parle de mon expérience chez le psy, ou qui veulent que je parle des rouages de la dermatillomanie avec tout ce que ça implique comme personnalité obsessive-compulsive etc. ...(étudiante en psy RPZ), n'hésitez pas ! Je vais pas le mettre pour rajouter un roman à un roman mais ça me ferait plaisir d'aider les madZ :highfive:
     
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  4. MadElys

    MadElys
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    On s'motive !

    Coucou les Madz.. Je souffre d'acné excoriée depuis 6 ans, et même si je suis consciente depuis la 1e (soit 2-3 ans après le début des troubles) d'avoir un réel problème je crois que je n'ai appris qu'en terminale que je n'étais pas la seule à être obsédée par ma peau, et que cette obsession portait un nom. Ca m'a fait du bien, comme l'a dit @Yipyop, c'est salvateur, mais ce n'est pas suffisant. On sait que ce trouble ne dépend pas vraiment de nous, et ça rassure de s'entendre dire qu'il faut plutôt se voir comme une victime de sa maladie et non pas comme une traitresse qui à chaque fois se montre faible et craque, encore et toujours. Mais le cercle vicieux est enclenché et il est bien là.. dur dur de trouver un substitut pour se libérer de nos émotions. Je ressens vraiment le grattage comme une catharsis, et pourtant quand je vois le résultat je suis dévastée... du coup ma peau est encore pire qu'avant, du coup je recommence à la tripoter pour me purifier..

    Je ne peux pas m'empêcher de m'en vouloir.. je hais l'acné, et j'en ai réellement souffert à trois reprises, dont une en classe de 1e qui m'a fait plonger dans une sorte de dépression (je l'ai vraiment ressentie comme telle mais je n'ai pas été diagnostiquée dépressive, tout simplement car je n'avais pas vraiment consulté). Mais aujourd'hui, grâce à un traitement hormonal adapté (seule chose efficace pour ma part), je n'ai plus vraiment d'acné. Enfin, ce qui me tue, c'est que je n'en aurais plus si je ne me focalisais pas là-dessus. Et ce soir j'ai envie de pleurer, car ça fait une semaine que je ressemble à rien, et que j'ai la boule au ventre au réveil avant de découvrir mon visage dans le miroir... ça a bouffé ma vie d'adolescente, et aujourd'hui les répercussions sont encore énormes, j'ai du mal à construire mon identité de jeune adulte, et de me voir comme une femme, d'assumer mon corps, ma sexualité etc.

    Je commence bientôt une psychothérapie j'espère de tout coeur que ça sera efficace. J'avais déjà essayé de voir une psychiatre mais elle ne comprenait pas du tout du tout mon problème et elle me frustrait plus qu'elle ne m'aidait. J'ai vraiment envie de me débarrasser de cette merde, une bonne fois pour toutes !
     
  5. Virginie

    Virginie
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    Si tu es à Paris, ou pas trop loin, je te recommande d'aller faire un tour sur ce site. La nana qui a monté ça est psychologue spécialisée dans les problèmes comportementaux. Elle est très bien.
    Je t'envoie plein de force et de courage !
     
  6. MadElys

    MadElys
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    On s'motive !

    @Virginie Merci à toi ! J'étais déjà tombée sur ce site dans le cadre de mes recherches et en effet il est complet. Je suis sur Paris en ce moment mais uniquement pour cette année scolaire. J'irais peut-être faire un tour sur place mais les tarifs me rebutent. Pour l'instant j'ai la chance de ne rien payer grâce à un centre public, et quand on est étudiant c'est très appréciable ! Si les résultats sont là j'aurais tout gagné, dans le cas échéant je me tournerais certainement vers ce centre qui semble vraiment au taquet sur la question.
     
  7. Babylon3

    Babylon3
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    Racontage de vie, merci d'en parler. :fleur:

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  8. Morgane--

    Morgane--
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    Helloooo,

    Je souffre de dermatillomania depuis mes 13-14 ans et j'en ai 22 aujourd'hui. J'ai appris vers mes 16 ans que je n'étais pas seule a faire face à cette maladie. Je pensais être "folle", surtout qu'a l'époque j'avais droit a beaucoup de réflexions venant de mes parents et parfois des réflexions TRES dures pour me faire "réagir" alors que c'était moi qui souffrait de cette maladie, pas eux. Mais peut être avaient-ils honte de moi... Toute la famille était au courant et en parlait parfois pendant les repas de famille "Oh mais tu as vu comme tu n'es pas jolie avec ça? Pourquoi tu fais ça?". Sans compter les réflexions de mon père "tu veux juste pas te controler". Quand j'ai fait des recherches sur internet et que j'ai osé leur en parler, ils m'ont envoyer bouler. (ce qui me fait voir que mes parents ont toujours ignoré mes souffrances intérieur, préférant peut-être la jeune fille souriante et "cool" que je suis en façade, plus simple a gérer forcément). Ma mère n'a intégré que récemment que ça pouvait être du a de l'anxiété. Et encore elle ne le voit pas encore comme un Toc.
    J'ai pas vraiment d'astuce. Ma dermatillomania a quelques peu diminué comme mon acné d'ailleurs.Donc pour moi c'est un bon fond de teint. Apres j'arrive encore a sortir sans maquillage. J'essaye de faire attention sans non plus m'empecher de passer devant le miroir car j'ai remarqué que quand je prêtais trop attention a ce toc, il s'aggravait et me rendait encore plus anxieuse que je ne le suis déja. Sinon a une époque, je couvrais mon miroir d'un grand foulard. c'était assez efficace.

    Bon courage les copines :)
     
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