Des places réservées à l'université pour les « bacheliers méritants » ?

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Miss Lu, le 30 novembre 2015.

  1. Miss Lu

    Miss Lu
    Expand Collapse
    Des moutons et des nuages, du chocolat et des pandas.

  2. Choucki

    Choucki
    Expand Collapse
    take life by the balls :cretin:

    Je trouverais cela vraiment dommage ... L'université est un lieu où l'on se forme à des métiers mais c'est aussi un lieu de savoir, de connaissance, de culture avec ses défauts mais aussi ses qualités et notamment son ouverture vers les autres disciplines.
    Tout le monde a le droit à la connaissance et au savoir :)
     
    Arrrum, Let_Them_Eat_Cake, Lullabye et 6 autres ont BigUpé ce message.
  3. Moonshade

    Moonshade
    Expand Collapse
    Walking on the Moon

    Les universités débordent, c'est un fait. Du coup, une sélection au mérite me paraît préférable à une sélection par l'argent.
    Mais bon, c'est un pansement, ça.
    A mon avis, il faudrait :
    1) Désacraliser l'enseignement supérieur (non, 80% d'une classe d'âge, même si elle a le bac, n'est pas faite pour aller à l'université).
    2) Faciliter les réorientations durant les études. Ne pas sélectionner à l'entrée, mais en cours de route (Tu es doué pour ce que tu fais ? Tu reste. Tu n'es pas doué/ça ne te plait plus ? Tu ne reste pas, mais voilà ce qu'on te propose et qui pourrait coller).
    3) Mettre en avant l'enseignement à distance, au moins pour les filières qui ne nécessitent pas de manipulation, et pour les cours magistraux dans les autres (évidemment un TP de bio chez soi c'est pas faisable... mais choper un cours sur internet plutôt qu'une place en amphi c'est mieux). Double bonus : on enlève un facteur de discrimination, puisque ceux qui n'habitent pas dans une ville universitaire/ne souhaitent ou ne peuvent pas partir de chez eux pour X raisons ne seraient pas pénalisés. Et on pourrait plus facilement bosser pendant les études.

    En fait, ça manque beaucoup de souplesse tout ça... :hesite:
     
    Arrrum, Siobhàn Salomé, Caféine et 31 autres ont BigUpé ce message.
  4. Nastja

    Nastja
    Expand Collapse
    What would Joan Holloway do?

    L'internat m'a toujours paru une bonne idée. Je pense carrément à des structures ou après les cours on t'aiderait à faire tes devoirs et t'apprendre à étudier (c'est fou mais après deux masters je ne sais même pas vraiment comment "étudier", j'ai pas les reflexes comme relire mes cours, me faire des fiches intelligentes etc.). Et il faudrait que tu puisses rester les weekends à l'internat (celui de mon ancien lycée fermait les weekends).
    Mais bon ça serait plus applicable au lycée je pense.
     
    Mimi Pinkerton a BigUpé ce message
  5. Multicolorielle

    Multicolorielle
    Expand Collapse

    j´ai l´impression que cette mesure, c´est un peu de la poudre aux yeux non?
    en gros, si je lis entre les lignes, j´ai l´impression que le but de cette mesure, ca serait de permettre aux "bacheliers méritants" ayant été refusés dans des filières "d´excellence", par exemple pour cause de discrimination liée à l´origine / milieu social etc, de postuler une seconde fois.
    Mais si de toute facon la filière en question a le droit ensuite d´accepter ou non, et que tout ca se produit alors que leur première sélection a déjà été faite, je ne vois pas pourquoi ils auraient des raisons de revenir sur leur choix ...
    donc j´ai l´impression que c´est un peu faire semblant de vouloir donner une seconde chance...
    :dunno:
    as-tu plus d´informations à ce sujet @Miss Lu ? notamment sur comment cette seconde chance fonctionne concrètement, qui prend la décision à ce moment, et surtout quel était le but politique de cette mesure lorsqu´elle a été adoptée?


    sinon, pour ce qui est de l´étendre à la fac ... je suis plutôt contre aussi, pcq je trouve que c´est continuer à créer un système à deux vitesses, qui promeut la réussite d´une petite partie et enfoncent le reste.
    Fin je veux dire, ca me semble assez illogique tout ca : pourquoi donner encore moins de chance / possibilités à ceux qui galèrent déjà au lycée?!
    on sait très bien que la vie dans l´école, c´est pas (toujours ni partout) la même chose que dans le monde des études sup. Donc pourquoi partir du principe que seuls les "bons" (selon le prisme du baccalauréat) devraient être encouragés?
     
    MésangeBleue, Cornélie, LightBlue et 1 autre membre ont BigUpé ce message.
  6. muzungu

    muzungu
    Expand Collapse
    raised by snakes

    J'ai aussi l'impression que cette mesure est de la poudre aux yeux tant elle ne règle pas le problème de fond. Ok on permet aux 10% d'élèves méritants d'entrer dans l'établissement qu'ils désirent.... mais qui sont ces 10%??
    Des étudiants qui ont eu la possibilité d'avoir une éducation poussée et un environnement propice à une réussite scolaire. Donc des jeunes issus de milieux favorisés en général...qui se trouvent déjà dans ces filières prisées depuis longtemps.
    Je vois pas l'intérêt d'une telle mesure quand on sait que pour vraiment tester le potentiel de chaque élève, il faudrait que chaque élève ait un accès à l'éducation égal, ce qui n'est vraisemblablement pas le cas en 2015.
    Sans parler du mépris des autres formations... On dirait vraiment que cette mesure a été prise pour se donner bonne conscience, en mode "nous???? contribuer au clivage des classes sociales??? mais non regardez ce qu'on a fait!!"
     
    Let_Them_Eat_Cake, Multicolorielle, Sigrid et 3 autres ont BigUpé ce message.
  7. Polypode

    Polypode
    Expand Collapse
    En hibernation

    Favoriser les "bacheliers méritants" c'est aussi empêcher des élèves qui ont eu du mal avec l'enseignement appliqué au lycée à avoir accès aux études secondaires alors qu'ils peuvent très bien s'adapter au système universitaire. (Je ne sais pas si je me fait bien comprendre, mon chômage post-6 ans d'étude me ramolli un peu le cerveau...)
     
  8. Letes Nuv

    Letes Nuv
    Expand Collapse

    Je suis aussi très, très, très sceptique face à cela... Déjà, c'est quoi un "bachelier méritant" ? Un élève qui a obtenu une mention (peu importe laquelle) au bac ? Quelqu'un qui a eu Bien, ou juste ceux qui ont eu une mention Très bien ? Et qu'est-ce qui fait que quelqu'un qui a 16 de moyenne est plus méritant que quelqu'un qui a, mettons, 10 - 11 - 12 de moyenne en passant des heures à travailler ?
    Franchement, c'est encore une mesure qui va favoriser ceux qui viennent de milieux aisés, car si on était tous égaux face à l'éducation, si la formule " je travaille = j'ai de bonnes notes, je fous rien = je me ramasse" était vraie, les travaux de Bourdieu (avec Passeron), Boudon et autres n'existeraient pas.
    L'avantage de la fac, est justement que c'est accessible à tout le monde. Certes, en première année surtout, il y a beaucoup de personnes qui sont là par défaut, mais s'ils sont pas motivés, ils désertent rapidement et ne gênent personne. Mais ça peut aussi permettre de s'intéresser particulièrement à une matière sans en subir d'autres qui nous intéressaient pas du tout à l'école, de découvrir autre chose, etc. Un mec de ma promo quand j'étais en licence de socio s'est retrouvé là complètement par hasard (la preuve : il voulait être conducteur de train en première année) et au final, il a fait ses 3 années de licence et s'est orienté vers l'éducation... Comme quoi !

    Si on veut désencombrer les universités, je pense qu'il faudrait déjà mieux parler des filières considérées comme moins prestigieuses et arrêtés ce trip "ça c'est quelque chose qui te mènera loin, cette filière, ce sont les losers, ce sont des glandeurs". C'est édifiant, en troisième année, un prof nous a dit "si vous venez d'un milieu populaire, vous êtes en ascension sociale. Par contre, si vous venez d'un milieu aisé, je vous suis désolé de vous le dire, mais vous êtes des ratés" (eh oui, mais c'est vrai, la sociologie n'est pas la discipline la mieux considérée au monde). Et combien de fois on m'a dit "Mais, c'est pour quoi faire ??" quand je disais que j'étais en licence de socio ! (Inutile de dire que je n'ai jamais subi les problèmes de fac bondés, en socio, il y a l'embarras du choix en matière de places en amphi durant les cours). Et je me souviens encore de comment mon prof d'enquête s'est battu pour nous dire que non, nos 3 ans d'études ne servaient pas à rien ! La sociologie est une filière pas franchement connue (du moins ce qu'on y fait), et c'est pas les quelques sociologues que l'on voit dans les médias qui ressemblent presque à des illuminés qui font faire la lumière dessus... Alors que c'est une filière où on apprend plein de choses très intéressantes, et même si j'ai arrêté la sociologie, je ne regrette absolument pas ces trois années assez enrichissantes. Et je doute franchement que la sociologie soit un cas isolé, on a une réputation de glandeur (ceux qui disent ça n'ont jamais eu à retranscrire entièrement des entretiens, -entre autres- c'est pas possible), contrairement à d'autres filières plus plébiscités.
    Bref, qu'on mette toutes les filières universitaires sur un pied d'égalité sur tous les point, ce seraient déjà un bon début à mon avis.
     
  9. nka

    nka
    Expand Collapse
    I have OKD - obsessive knitting disorder

    J'avoue ne pas trop savoir quoi en penser. Je suis en IUT, et je croyais que c'était "sélectif" (sans non plus être ultra exigeant) et depuis que j'y suis je trouve que ça ne l'est pas. Avoir son bac et paraître motivé à l'entretien est suffisant pour être accepté ; avoir un patron pour l'alternance (et le bac) suffit pour être pris en version alternance.
    Dans ma classe (en alt) nous ne sommes pas nombreux, le premier jour le prof responsable de notre formation nous dit que nous sommes très très bons si nous sommes là. J'y croyais. Concrètement certains sont là car maman ou papa est dans l'entreprise où ils sont. D'autres ont eu leur bac mais sans avoir "excellé".
    Parmis ceux-là certains ne savent même pas faire des divisions euclidiennes MALGRÉ que le prof ait ré expliqué, ainsi que d'autres choses de niveau collège... Et c'est agaçant en cours. Pourtant on prend du temps pour leur ré expliquer. mais ils ne fournissent aucun effort personnel (et c'est ça qui me dérange) J'ai l'impression que mon enseignement stagne par leur faute. Mais d'un autre côté il y en a un qui a eu son bac au rattrapage et est très bon en cours, il y en a un autre qui a des difficultés mais veut progresser, on reste ensemble après les cours par exemple il est là (et le mérite je trouve) pourtant il ne devait pas avoir un dossier béton.
    Faire des petits tests que les bases des mathématiques (car on en utilise beaucoup) simplification de fraction, utilisation des puissances, ... aurait été une solution ? je n'en suis même pas sûre...

    Après je n'imagine même pas pour la version pas alternance de mon DUT, en amphi, beaucoup plus de personnes pas impliquées, ça doit être beaucoup plus dure pour suivre.

    Bref j'ai pas de solutions, j'espère que ça ne pénalisera personne ! C'est déjà pas facile la vie d'adulte, si on a envie de faire des études mais qu'on est pas pris là où on veut (pas le niveau, manque de places, formation trop loin du domicile mais pas la possibilité d'être logé plus près...) je sais que c'est dure !
    Courage à tout le monde qui galère.
    :fleur:
     
    MésangeBleue et Somebody else ont BigUpé.
  10. Manhole

    Manhole
    Expand Collapse

    La fac c'est tellement trop tard...
    Le lycée aussi d'ailleurs malheureusement.
    Le collège ? Peut-être, et encore... On ne peut pas combler toutes les lacunes... Pas dans le système actuel.
    Le primaire ? J'en sais rien, comme on dit souvent on a un peu l'habitude de "taper" sur ceux qui avaient les élèves avant nous.
    Dans les premiers commentaires on parlait d'internat au lycée, je suis complètement pour, mais dès le collège ! Un élève qui arrive en 6e avec des grosses lacunes en lecture, écriture, calcul... ne pourra sans doute pas atteindre le lycée. Et pour certains de ces élèves, ce qui leur faut c'est un vrai cadre. Et des trucs qui semblent normal à tout le monde mais : à manger, de la lumière, du chauffage... Et non, aujourd'hui en France tout ces enfants n'ont pas ça quand ils rentrent chez eux. Ce n'est pas une majorité, loin de là bien sûr. Alors une mesure pour la fac... Mais le mal est déjà fait depuis tellement longtemps pour certains !
     
    Katastroph et azalea77 ont BigUpé.
  11. Eros Thanatos

    Eros Thanatos
    Expand Collapse
    Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie

    Je suis complètement opposée à cette mesure pour différentes raisons dont certaines ont déjà été mentionnées.

    1) L'un des principes de la fac c'est d'être accessible à tou-te-s. Pourquoi déroger à cette règle?
    2) La fac est parfois un choix de secours pour les personnes n'ayant pas été acceptées dans d'autres filières via Postbac pour éviter de passer une année à rien glander et quand même apprendre des choses. S'il n'y a même plus de solution roue de secours, certain-e-s risquent de se retrouver le bec dans l'eau.
    3) Ce n'est pas parce qu'on galère au lycée qu'on galèrera en fac. L'enseignement y est très différent, l'un peut être adapté à la manière de fonctionner d'une personne mais pas l'autre.
    4) Les résultats du bac ne sont pas nécessairement représentatifs du niveau d'un-e élève. Pour donner un exemple, dans ma classe de 1ère L, nous étions 4 ou 5 têtes de classe à avoir minimum 14 de moyenne à l'année (avec une prof très avare en points) et nous avons toutes eu entre 9 et 12 à l'épreuve du bac alors beaucoup de gens avec des notes assez moyennes dans l'année se sont tapés de 15 ou des 16. Une seule épreuve, à un moment donné ne peut pas être représentative du niveau global de quelqu'un-e.
    5) On sait très bien que les conditions de vie de quelqu'un-e et sa classe sociale ont un rôle à jouer concernant les résultats scolaires. Tout le monde n'a pas accès à la même aide aux devoirs, aux mêmes conditions de travail ou aux mêmes quantités d'activités culturelles.
    6) Les notes ne font pas tout le mérite, il y a aussi les efforts fournis. Je parle en connaissance de cause, ma neuroatypie m'ayant permis d'excellents résultats scolaires avec une quantité de travail proche de zéro.
    7) Il est difficile d'avoir une idée précise du contenu d'une filière avant d'avoir pu y accéder. Parfois on se fait de fausses idées à ce sujet, et tester la chose est le meilleur moyen de savoir si ça nous plait réellement ou non. Il peut y avoir de véritables révélations comme de profondes désillusions.
     
    #11 Eros Thanatos, 30 novembre 2015
    Dernière édition: 1 décembre 2015
    Caféine, Let_Them_Eat_Cake, Xylo' et 11 autres ont BigUpé ce message.
  12. CrystalEnki

    CrystalEnki
    Expand Collapse

    Le vrai gros problème de l'enseignement supérieur en France c'est le nombre limité de place en BTS et IUT. Plein d’élèves ne sont pas pris dans la filière où ils espéraient aller faute de place et se rabattent sur une année d'université pour ne pas rien faire pendant un an. Alors forcement les facs sont engorgés avec un énorme taux d'échec pour certaines filières.

    Ça fait des années que le ministère de l'éducation gesticule pour régler le problème des facs mais aussi longtemps que l'accès aux BTS et IUT sera aussi drastique et limité, la situation des universités n'avancera pas d'un pouce.
     
    Xotiiik a BigUpé ce message
Chargement...