Du parallèle entre la correspondance de presse... et Jack Malone

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par AnonymousUser, le 11 septembre 2009.

  1. AnonymousUser

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  2. Cygnus

    Cygnus
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    Sous-marin

    Ton article plein de précisions donne sérieusement envie de faire ce que tu fais, vraiment:coeur2:. Comment as-tu trouvé ce job? Je trouve ça super. Et puis ta vision des choses me réconcilie avec les "journalistes" qui parfois, retansmettent un évènement à leur sauce, sans objectivité, et plus rarement rapportent et détournent des mots hors contexte ou dérivent legèrement sur quelque chose de plus "costaud" dans le sens trash pour attirer l'oeil et pour faire vendre. Vraiment je te dis chapeau et pour l'article et pour ce que tu fais, tu as l'air de t'éclater dedans. Ca doit être super interessant, le contact avec les gens, les écouter, discuter avec eux, aller au fond des choses, et retransmettre et se sentir utile et puis voir publié ce qu'on a enquêté, je pense que ça doit être une belle récompense personnelle.
     
  3. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Merci Tristana :)

    Alors en réalité, j'ai écrit cet article en juillet. Le journal local pour lequel j'ai bossé avait passé une annonce dans leur canard, mon grand-père me l'avait transmise et j'y ai répondu (absolument tout le monde peut faire ce boulot).
    Exactement ! Mon plus beau papier a été réalisé avec la rencontre d'un jeune homme hors du commun qui en quelques heures m'a finalement appris beaucoup de choses sur la vie. Le papier s'en est ressenti, et quand il m'a recontactée pour me remerciée, ému, là oui je me dis que c'est ça dans ce boulot qui me plaît plus que tout.


    Par contre depuis l'écriture de ce texte, il s'est passé beaucoup de choses parce qu'il s'est avéré que j'ai été exploitée (ce qui n'enlève pas la beauté du métier), et par conséquent j'ai arrêté. Je reviendrai plus tard pour expliquer comment se protéger quand on est correspondant de presse, car il y a énormément d'ABUS ! Je crois que c'est ce que j'ai appris de plus important dans cette expérience là : se protéger, faire valoir ses droits dans le métier. Je reviendrai donc plus tard. Là l'article est bien mignon mais il ne cause pas du principal, hélas...
     
  4. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Par contre j'aurais préféré être informée de la mise en ligne de cet article avant qu'il paraisse (genre : "hop je le mets en ligne demain"), j'aurais au moins ajouté quelques photos.
     
  5. AnonymousUser

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    J'avais écrit un message hier mais j'ai envie de répondre de façon plus structurée :happy:


    Alors oui, déjà je te remerciais Tristana, ça me fait très plaisir ! Et en effet, à chaque fois que j'ai bossé dans la presse écrite locale, la satisfaction était énorme quand la personne sur qui je faisais un papier me rappelait pour me dire que c'était parfait et qu'elle était très contente ; c'est que j'avais su restituer ce qu'il y avait à restituer ! Leur sourire est un très bonne récompense !

    Ce texte reflète ma façon de vivre le métier, mais je pense qu'il y a autant de façons de le vivre et de l'exercer qu'il y a de journalistes. Par le biais de cet article j'ai eu envie de transmettre le plaisir que j'éprouvais pour cette activité là.


    Pour ce qui est des réalités du métier de correspondant local de presse écrite, j'ai envie de faire un petit topo à ce sujet pour celles qui aimeraient y toucher :

    1) le correspondant local de presse écrite (à distinguer du correspondant de presse classique) ne vit pas de sa profession. La somme d'argent qu'il touche pour chaque article est en général légère. Les raisons semblent être les suivantes : n'importe qui peut bosser en tant que correspondant local de presse écrite, il n'y a pas besoin de formation. Cette non-sélection permet de légitimer un retour d'argent et de considération peu élevé. Aussi, en local (villages...), on ne peut pas écrire 100 articles par semaine (je grossis le trait), donc forcément ça ne permet pas de récolter l'équivalent d'un salaire de base (je pense au SMIC).

    Les correspondants locaux de presse écrite sont souvent des retraités ou des personnes qui exercent une autre activité en parallèle, voire qui font ça temporairement. Par contre j'en connais beaucoup qui font juste ça, car leur conjoint-e exerce un métier 'classique' (le couple peut vivre de ce-dernier). Mais ça reste une profession dite 'accessoire'.

    Il faut noter que, allez, les trois-quarts du contenu d'un journal local sont alimentés par... Les correspondants. Ils reviennent bien moins chers que l'unique ou les deux journalistes présents en agence (qui eux font le même boulot, mais qui par contre touchent plus d'argent et sont reconnus par la profession).


    2) Si l'une d'entre vous veut être correspondante de presse, pour essayer ou autre, il y a des choses à savoir :

    - Premièrement, si vous n'avez ni statut ni immatriculation, et que vous ne les transmettez pas au journal, vous travaillerez au noir, c'est-à-dire illégalement. Vous n'existerez pas aux yeux de la loi, donc en cas de pépins, et si votre 'employeur' décide de ne pas vous payer... Vous ne serez pas payées. S'engager dans un contrat de confiance, pourquoi pas, mais c'est à vos risques et périls.

    ~>Avoir un statut et une immatriculation suggère que le journal vous déclare, que vous vous déclariez, et par là même que vous soyez protégées, vous pouvez faire valoir vos droits (même si la loi protège assez mal les correspondants, c'est largement mieux que rien) ! De cette façon, si votre revenu atteint 15% et plus du plafond annuel de Sécurité Sociale de l'année en cours (ce qui est rare quand on le fait pour le fun) vous devrez payer des cotisations de façon trimestrielle à différents pourcentages (ex, 5,40% de ce que vous touchez) pour les Allocations familiales et d'autres organismes. Vous aurez un numéro de sécu, et vous pourrez commencer à toucher un peu de thune pour votre retraite.


    /!\ Attention, le correspondant local de presse écrite ne peut PAS avoir de contrat de travail.

    - Quels statuts existent pour cette profession ? Celui de travailleur indépendant, et celui d'auto-entrepreneur (depuis janvier 2009). L'activité du correspondant de presse locale est considérée comme une profession libérale et elle est rattachée à l'Ursaff (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales - leur principale mission est la collecte des cotisations salariales et patronales destinées à financer le régime général de la Sécurité sociale).

    Le statut de travailleur indépendant est compliqué et lourd, et il faut cotiser (filer de la thune) même quand on a pas de revenu, mais il ne vous concerne pas. Par contre le statut d'auto-entrepreneur (qui comprend la profession 'Correspondant local de presse écrite'), qui se fait rapidement et en toute simplicité (le portail officiel ici). Il permet d'avoir l'immatriculation sacrée et de travailler en toute légalité. Vous devenez une micro-entreprise vous-même, et vous déclarer tous les trois mois vos activités. Si durant les trois mois vous n'avez rien fait, et donc rien touché, vous ne payerez rien.
     
  6. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    3) En pratique :
    Quand vous avez votre immatriculation (= le numéro SIRET, c'est pareil), ce que je vous recommande c'est de réaliser un papier en vous mettant au préalable d'accord avec l'agence sur les conditions de travail et la rémunération ; ce papier doit comprendre le prix du remboursement des frais de déplacement, le mode de rémunération, la hauteur de rémunération, la date d'échéance de paiement que vous faîtes bien en double et signé (les deux) par les deux partis. Les choses doivent être claires dès le début.

    Ensuite, comment ça se passe ? Eh bien vous faîtes votre boulot sur un mois, si c'est décidé comme ça. Durant cette période il faut noter tous le kilométrage effectué. A la fin du mois, il faut faire une note de frais qui récapitule le parcours fait en bagnole (pour être remboursé), les articles publiés, les photos publiées, avec en haut de la note de frais un bref récapitulatif de la façon dont vous devez être payée etc. (bref tout ce qu'il y avait dans le papier que vous avez fait signer). Et bien sûr il faut insérer son numéro SIRET sur la note de frais ! Pareil, faîtes-le en deux exemplaires, transmettez-le à l'agence, le deuxième exemplaire devra vous être retourné signé et daté. Vous déclarez vos activités de votre côté, et hop le tour est joué !

    (attention : certains journaux ne payent que les articles PUBLIES et non pas REDIGES, mettez-vous d'accord là-dessus aussi dès le début pour ne pas vous faire avoir).


    * Plaquette Ursaff sur le correspondant local de presse écrite
    * Association Interdépartementale des correspondants de presse (très bonne source d'informations sur les droits et recours des correspondants !)
     
  7. AnonymousUser

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    Merci :)

    En fait le boulot que je fais pour la correspondance de presse est exactement le même que quand je suis à un poste de journaliste.

    J'ai fait ça un mois cet été, mais je suis étudiante. C'était pour faire mon expérience, et gagner de l'argent de poche.
     
  8. AnonymousUser

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    Tu as l'air passionnée par ce que tu fais Je suis Léo, ça donne envie !
     
  9. mulan-2

    mulan-2
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    Ton article est très bien fait, tout comme les précisions que tu ajoutes.
    J'aimerai beaucoup travailler dans le journalisme. Et je pense qu'être correspondant de presse est une bonne manière de commencer, ou du moins de voir ce que c'est que d'aller à la recherche des informations, rédiger un article... :)
     
  10. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Charleston : oui, faut dire que c'est une chance d'exercer ce métier, quand c'est fait dans de bonnes conditions de travail ! Le contact avec les gens en local, c'est génial, ils ont tous quelque chose à m'apprendre.

    mùlán : merci. Tout à fait ! A condition d'avoir fait des stages en entreprises avant, pour savoir faire le boulot du journaliste. Le correspondant de presse ne reçoit aucun ordre, et personne n'est là pour l'aider, il est complètement autonome : autant dire qu'on ne devient pas caissière de supermarché si on a pas vu les autres faire et si on a pas reçu une formation concrète. C'est pareil pour le journalisme ! Et pour apprendre, il faut pratiquer avec des journalistes rôdés. Avant de faire ce job j'ai fait deux stages dans la presse écrite durant lesquels j'ai suivi des journalistes, ils m'ont expliqué tout de A à Z ou presque, je les ai observés, ils m'ont fait faire des trucs, j'ai tout appris comme ça. On ne s'improvise pas journaliste, en gros. Tout réside dans l'expérience avec les gens qui pratiquent déjà. Il faut de bons mentors. J'encourage tout le monde à faire des stages et à pratiquer dans un cadre où l'on est accompagné et éduqué. (privilégiez les petites agences, ils ont tellement de boulot qu'ils vous feront faire le même job qu'un journaliste et qu'ils vous considèreront comme tel, alors qu'en grandes agences vous ne ferez que servir le café).
     
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