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Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Louise Pétrouchka, le 2 novembre 2016.

  1. Louise Pétrouchka

    Louise Pétrouchka
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    Permettez que je fasse ici ce que l'on fit le jour où l'on vous fit.
    Membre de l'équipe

    #1 Louise Pétrouchka, 2 novembre 2016
    Dernière édition: 7 novembre 2016
  2. daisytd93

    daisytd93
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    Bonjour à tous, merci pour ce podcast, très bien mené et très instructif! =)

    Alors, j'ai une petite expérience personnelle de l'associabilité. Elle a été un puits sans fond de souffrance et de questionnement de mon adolescence, soit 14 à 18 ans. J'ai passé des journées sans parler, et des nuits difficiles à me demander ce qui n'allait pas chez moi, mes parents étaient inquiets de mon manque d'amis, j'ai été la seule terminale à répondre dans une disserte de philo et au sujet du conflit par le conflit intérieur. Très heureusement, j'ai eu la chance d'avoir une grande fratrie qui m'occupait suffisamment. Puis, j'ai connu plusieurs groupes d'amis, qui ont été bienveillants, tenant à toujours m'inclure malgré ma quasi invisibilité. Ils ne laissaient personne derrière, et si vous êtes un jeune, faisant partie d'un groupe, veillez à cela, pck ça change la vie des gens. J'ai aussi fait des efforts quotidiens, de mon côté, pour suivre le mouvement, et laborieusement percer les mystères de la sociabilité, et de la normalité. Je vous passe les détails, mais tout est résumé par la persévérance et l'essai. Comme je ne voulais pas être une fraude, je me suis faite forte et utile avant tout. Comme je ne voulais pas être seule, je me suis faite une culture, une conversation, une gestuelle. Comme je voulais être acceptée, j'ai participé, j'ai rigolé des autres, et j'ai rigolé de moi-même. Et parce que je crois, que j'ai persévéré avec bon coeur, j'ai fini par me sentir à l'aise, et je conserve ces amitiés depuis, tandis que faire de nouvelles rencontres est devenu un plaisir. Les années passant, on garde contact, mais on trie, on se permet de choisir ceux que l'on préfère, par forcément les plus populaires, mais les rares avec qui on est vraiment à l'aise. On se sent aimé, pck on rencontre le soutien 24/7 au bout du fil, au moindre problème. On est respecté, pck les gens écoutent votre opinion, et parfois sollicitent votre conseil. Et c'est cela, pour moi, la réussite sociale.

    J'ai donc cette théorie sur la solitude que j'aimerais partager. Ce n'est qu'une approche possible parmi tant d'autres. Comme il a été dit dans le podcast, l'homme est un animal social. L'union fait la force. Les forces plutôt, physique, intellectuelle, morale aussi puisque la peur de la désaprobation collective nous pousse à réviser nos décisions. Personne ne peut espérer découvrir la vérité seul. Et voilà, la vie est plus marrante à plusieurs. Dans ce monde hostile, le besoin instinctif de sociabilité que l'on a est donc tout autant légitime maintenant qu'à l'aube de notre espèce. Et comme toutes les choses qui méritent d'être faites, elle mérite d'être bien faite.

    Cependant, on se heurte ici au paradoxe de la sociabilité : comment s'adapter aux autres, sans se perdre soi-même?

    La réponse est simple, en théorie : je peux tout céder, sauf certains éléments essentiels qui sont le noyau dur de mon identité. On y trouve des valeurs, une hiérarchisation de ces valeurs, des passions, des habitudes… tout ce que vous voulez, et qui est l'oeuvre cérébrale. Vous remarquerez que nous sommes les seuls en mesure de définir ce noyau dur, et que c'est donc notre responsabilité. Une position claire sur notre identité est donc la condition cachée d'une sociabilité saine, puisque chacun pourra entrer en contact avec l'autre en connaissance de la limite de nuisance, et veiller à ne pas la dépasser. Ainsi, je suis convaincue qu'il existe une distance idéale, un peu comme les molécules d'un gaz dans un volume donné, qui se débrouillent pour occuper harmonieusement tout l'espace : toutes les molécules prennent alors une place égale. Si les humains pouvaient interagir de la même façon, en essayant de se positionner de façon complémentaire dans le groupe, pour que tout le monde ait une place à peu près égale, sans chercher constamment à empiéter sur l'identité des autres, ou au contraire à se déprécier et céder de sa propre identité, ce serait mieux bien sûr.

    Ensuite, on peut rentrer dans le développement personnel, et tout. Sur l'amour des autres, et tout. Mais en résumé, je dirais que les gens ont besoin que vous soyez autonome, à la fois physiquement, et mentalement. C'est une chose d'être en bonne santé, de pouvoir assurer sa subsistance, le gîte et le couvert quotidiens, mais c'est une autre chose d'atteindre la continence d'esprit qui nous permet d'être en paix, dans la galère et la solitude. L'absence d'une telle auto-suffisance mentale, de capacités comme la confiance en soi, le calme, le self-contrôle, conduit à blesser autrui. Il me semble de notre devoir de protéger les autres de nous-mêmes, ou en tout cas de prendre la responsabilité de ses propres actions, et de tendre toujours vers le mieux. Personne n'est parfait, bien sûr, et les proches sont aussi là pour vous couvrir quand les choses vous échappent. Chacun trouvera les objectifs et les outils qui lui permettront d'atteindre une telle satisfaction intérieure.

    Sur la forme, tous les conseils phares ont été donnés durant le podcast, mais généralement, ça commence par vaincre sa timidité, aka la peur d'être jugé. Et là encore, je pense que des peurs archaïques persistent sur ce jugement, et sclérosent les comportements. La peur sous-tend un danger. Aucune peur ne peut être laissée de côté, pour grandir à son compte, au risque de passer à côté d'un authentique danger, ou de s'habituer à ce niveau de stress jusqu'à ce qu'elle n'ait plus aucune utilité d'auto-protection. Celle d'être jugée est viscérale, car elle présente un danger mortel : on peut vous tuer pour vos différences. Je ne plaisante pas, vous avez tous conscience que même dans nos états de droits, la violence est prégnante, et il y'a des quartiers où fit in est une question de survie. Dans ce cas, je pense légitime d'être particulièrement vigilent sur l'opinion du groupe. Un niveau en-dessous, dans un milieu plus sécure : on peut être exclu pour notre différence. Le danger est déjà bien plus négociable. Dans ce cas, c'est à vous de juger quel impact cette exclusion aura sur votre qualité de vie. S'il s'agit du seul groupe dans votre campagne, on peut comprendre que l'intégration soit plus ou moins nécessaire. Et encore. Mais enfin, s'il y a plein d'autres groupes alentour, il n'est pas nécessaire de rentrer à tout prix dans celui-ci. Et enfin, notre peur du jugement est liée à ce dernier élément : on a peur qu'ils aient raison. Et oui, il est si désagréable d'être prise pour la salope ou le bouche-trou de service, parce qu'on craint que ce ne soit vrai. Et là, la peur n'a plus sa place, il est nécessaire d'affronter la critique, si elle est fondée l'utiliser à bon escient pour avancer, et si elle est non fondée s'en détacher. Oui, tout simplement, s'en détacher. A partir du moment où on a connu cette libération de l'empire du jugement, tout en arrêtant de juger les autres comme il a été dit dans le podcast, et plutôt de rentrer dans un état contemplatif beaucoup plus reposant, on peut commencer à manoeuvre plus sérieusement.

    Et en ultime partie, je dirais que fruit de mon expérience, je vis selon la doctrine qu'être avec les autres n'est pas une fin en soi. Pour moi, il s'agit d'une aide, et d'un indiquateur à l'accomplissement d'une tâche plus large : être quelqu'un de bien. Avoir une conduite honorable, avoir fait de son mieux ac les moyens du moment pour préserver les autres. Parce qu'on ne peut pas contrôler les autres, ou la réaction se produisant à leur contact, mais on peut se contrôler soi-même. La compagnie, le respect, et puis l'amour que vous rencontrerez seront des conséquences collatérales de cette attitude. Et leur entretien demandera que vous mainteniez cette qualité individuelle. Vraiment, il vaut mieux être seul que mal accompagné. Maintenant, ne pas être seul est le droit de toute personne, la solitude devrait être un choix, et non pas une option par défaut. C'est pourquoi ce podcast m'a semblé important, afin de permettre à d'autres adolescents, qui sont aussi misérables dans ce désir social que je l'étais moi-même, de prendre conscience de la responsabilité qu'ils ont, et donc du pouvoir qu'elle implique, sur leur propre bien-être. Il serait bien que les gens réalisent le pouvoir qu'ils ont sur eux-mêmes, et que littéralement, on peut devenir qui on veut. Si vous voulez devenir social, demain, décidez-vous vraiment, lancez vous dans cette expérience, et progressez mentalement et comportementalement jusqu'au niveau désiré. Le comportement est aussi un sport, où la pratique, les courbatures et la sueurs, jouent un rôle clef. Ce n'est pas un don. J'espère que l'article, et ce commentaire les aideront à faire la paix, et de progresser dans leur quête épique de de l'autre, et d'eux-mêmes ^^
     
  3. Ayami-Moto

    Ayami-Moto
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    C'est peut-être un peu con à dire, mais j'ai l'impression que ces conseils ne marchent que pour des gens qui sont dans la norme, du coup ça m'a pas franchement aidé... ^^; Je n'aime pas les séries, j'aime pas les soirées (surtout parce que j'aime ni l'alcool, ni fumer ça aide pas), j'aime pas discuter de sujet banal et je suis incapable d'aborder quelqu'un car tout à fait incapable de trouver une chose à dire au-delà du "salutçava". En plus je trouve faux de dire que si on bitch pas sur les autres, les autres le feront pas, rien n'empêche quelqu'un de cracher dans ton dos si t'as le malheur d'être un peu bizarre et ça je le dis d'expérience pour avoir chopé des conversations pas très sympa sur ma gueule. Ce qui évidemment n'est pas très encourageant à aller vers les autres car au bout d'un moment tu comprends que t'es vraiment différante de la norme et qu'ils vont pas te comprendre, bonjour l'anxiété social...
     
    Dysnomia a BigUpé ce message
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