Enquête sur la lesbophobie ordinaire : prenez la parole !

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Clemence Bodoc, le 16 septembre 2014.

  1. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
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    Rédactrice en chef
    Membre de l'équipe

  2. Olimeli

    Olimeli
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    Si tu savais...

    je ne comprends pas bien cette phrase :halp: : En France, l’homophobie est un délit (ce n’est pas « une opinion », quoiqu’en disent certains partisans de la Manif Pour Tous). Ce terme englobe toutes les violences, physiques ou verbales, perpétrées à l’encontre des personnes LGBT.

    une personne peut etre homophobe sans insulter ni frapper un gay ou une lesbienne donc en quoi c est un délit? :confused: attention, je ne dis ps que j'approuve mais je dis que je ne comprend pas, je cherche juste un eclairage la dessus! :lunette:
     
  3. adita

    adita
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    Dans le game en claquettes

    Cette phrase reprends en fait une phrase très célèbre: «Le racisme n’est pas une opinion mais un délit».

    Plus particulièrement c'est le fait de tenir des propos homophobes qui est considéré comme un délit (idem pour ce qui est des agressions à caractère homophobe), il s'agit même d'une circonstance aggravante par rapport à des insultes ou agressions "classiques " (je trouve pas de mots :ninja: ).

    Si tu es homophobe dans ton coin et que tu n'en laisses rien paraître, tu n'enfreins pas la loi et tu ne commets donc pas de délit.
     
  4. Biscottine

    Biscottine
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    ET HOP !

    A Lyon mon meilleur ami s'est fait insulté de "petit PD" comme ça, normal, gratos...
     
  5. Lafastod

    Lafastod
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    Procrastination en cours.

    J'ai été un peu perturbée par ce sondage.
    Ce que je vais dire va sans doute sembler très con, mais j'ai l'impression que certaines phrases/questions/pics sont tellement récurrents que je vois même plus ça comme de la lesbophobie.

    Quand je suis arrivée à la question 9 :

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    Ca m'a fait tout drôle de me retrouver à cocher pratiquement toutes les cases, parce que c'est tellement insidieux que parfois on s'en rend même plus compte.

    Je ne me souviens même plus de la dernière soirée ou j'ai pas vécu d'outing forcé qui a mené à d'inévitables et interminables conversations basées sur "c'est parce que t'as pas trouvé le bon", "moi je suis vachement délicat", "je peux te trouver une fille pour un plan à 3", "ah bah, je te voyais pas gouine" etc etc etc... (Je pense qu'on est pas mal à entendre la même chose.)

    Mais même si c'est chiant, ça devient une habitude et c'est vrai que je ne vois plus trop de lesbophobie là dedans, même si ça me choquait énormément au début. Ca m'a simplement blasée en fait.

    Un des trucs qui continue de me choquer par contre, c'est le "tiens, voilà la lesbo" (ou synonyme hein) quand j'arrive quelque part. C'est comme si ta sexualité primais sur tout le reste, même sur ton prénom, et que tu étais juste une pancarte géante en fait. Ou la caution LGBT du groupe.



    Sinon, c'est pas dans l'article, mais je voulais aussi signaler que la biphobie/transphobie/lesbophobie qui peut être blessante et dont on parle moins, c'est celle qui se joue entre les principaux concernés.

    Ca me gave magistralement quand j'entends un gay insulter un transsexuel, quand j'entends les bi se faire dénigrer par des LGT leur reprochent de ne pas "exister", quand j'entends une lesbienne dire à une autre qu'elle peut pas porter des robes parce que ça n'est "pas normal".
     
    #5 Lafastod, 16 septembre 2014
    Dernière édition: 16 septembre 2014
  6. Seih

    Seih
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    Guest

    La phrase "mariage pour tous ça veut dire que je peux me marier avec mon chien", je l'ai entendu des dizaines de fois et à chaque fois j'avais envie de répondre "merci de ne pas confondre homosexualité et zoophilie, les homosexuels ou bisexuels ne sont pas des animaux, ils sont au même rang que toi, enfoiré". Je trouve ça aberrant qu'en 2014, certaines personnes puissent dire des choses aussi atroces. Chacun est libre d'aimer qui il veut : si une fille aime une fille, si un homme aime un homme, tant qu'ils/elles sont heureux/heureuses c'est le principal après tout, non ?
    Je déteste l'homophobie et les homophobes. Ils mériteraient de recevoir un maximum de critiques ou de réflexion dans la tronche pour comprendre ce que ça fait d'être jugé. Et puis d'ailleurs, pourquoi est-ce qu'on juge que les homos, hein ? Pourquoi est-ce qu'on juge pas les hétéros ? Parce que tant qu'on y est, autant y aller et faire passer tout le monde sur le grill...
     
  7. Louarn

    Louarn
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    Be fucking polite.

    Et quand c'est dans notre famille que les phrases du genre : "c'est la mode d'être gay" ,"mariage pour tous ça veut dire que je peux me marier avec mon chien" "tu n'as jamais rencontrée de vrai mec" on fait quoi ?  (car même l'explication n'abouti a rien a part une dispute)
     
  8. fortyfive

    fortyfive
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    Entendu une fois quand je parlais de ma copine à un ami "mais pourquoi tu préfères les filles, t'es pas moche pourtant"...oui, c'est bien connu si tu "te tournes" vers les filles c'est que t'as épuisé toutes tes options avec les mecs ou que ton physique est trop disgracieux pour leur plaire...et pourtant ce mec était à priori "tolérant". Ou alors "ouais mais ça se voit que t'es bi, t'as les cheveux dans le cou, tu mets des talons". Oui, je suis bi, mais il y a des lesbiennes à talons, faut arrêter de croire que quand t'es lesbienne tu refuses la féminité, c'est même tout le contraire en fait x)
    Sinon en tant que bi forcément ça m'arrive que des gays ou des lesbiennes m'en mettent plein la tronche "nan mais tu peux pas avoir le c.l entre deux chaises" ou "je veux pas sortir avec une nana qui peut me larguer pour un mec"
    Ce genre de commentaires est pire que tout, serrons nous les coudes et aimons nous les uns les autres, bordel
     
  9. Etoile d-araignée

    Etoile d-araignée
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    Je suis la descendante des sorcières qu’on n’a pas réussi à brûler. Nous existons encore.

    Je l'ai rempli. Mais j'avais pas capté qu'on pouvait mettre plusieurs réponses à la question 9) :halp:

    Sinon, j’espère vraiment qu'il n'y aurait pas que le public LGTB+ qui remplira ce questionnaire, mais que des hétéros auront aussi la démarche de dénoncer cette homophobie quotidienne, ecoeurante, qui est latente au détour de chaque conversation.
     
  10. kapesní-kapesníky

    kapesní-kapesníky
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    Gniaéééi

    J'ai fait mon "comming out" bisexuel il y a seulement quelques mois.
    Je n'ai jamais eu l'occassion d'avoir de relation sexuelle avec une fille, mais je sais que je les aime autant que les garçons. Et pourtant la question la plus récurente que j'entends est : "mais si tu n'as jamais couché avec une fille, comme tu sais que tu aimes ça ?! Tu ne peux pas dire avant d'avoir testé, que tu es bisexuelle! " Cette question et cette phrase me choquent, ça signifirai donc que je ne peux pas savoir ce que j'aime, comme si je n'avais jamais su que j'aimais les garçons avant d'avoir "testé".

    Ensuite, une des filles avec qui j'ai eu un rencard un jour, m'a dit que si j'aimais les garçons c'est que je n'avais pas trouvé la bonne fille. Elle me regardait d'ailleurs avec presque du dégoût quand je lui parlais de garçons.
    Comme quoi l'hétérophobie existe aussi à priori... Et elle aussi scandaleuse que l'homophobie à mes yeux.
     
  11. PousseMoussue

    PousseMoussue
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    Better to be a wolf of Odin than a lamb of God

    Je vois que je ne suis pas la seule...
    Quand j'étais avec mon exe (je suis bisexuelle à très forte préférence pour les filles, ce qui suscite une très grosse incompréhension de la part de beaucoup de gens, allez savoir pourquoi) on a finit par ne même plus se tenir par le bras ou la main dans la rue tellement on en avais ras le cul de se faire accoster par des gens qui voulaient :
    _ Nous insulter.
    _ Nous proposer des plans à trois.
    _ Comprendre pourquoi, parce que franchement "vous êtes bonnes, vous pourriez vous trouver un mec sans problèmes !"
    _ Faire des bruits de bouches dégueulasses sur notre passage.
    _ Nous poser des questions sur notre vie sexuelle.

    J'avais l'impression qu'aux yeux du monde notre couple n'était pas un "vrai" couple.
    Parce qu'il n'y avait pas de pénis ? Parce qu'on était "bonnes" et que par conséquent c'était impossible qu'on puisse se "contenter" d'une femme ? Parce que certains mecs étaient tout simplement frustrés dans leur "virilité" de comprendre qu'ils n'étaient pas indispensables ?
    J'ai jamais su expliquer tout ça.

    Donc petit à petit j'ai cessé d'assumer "au grand jour" ma sexualité. J'essayais de dévier le sujet la conversation s'orientait vers le sexe avec les gens que je ne connaissais pas.
    Le pire dans tout ça ? Tout mes proches ont toujours été très ouverts à ce sujet et n'ont jamais eu de propos déplacés, jamais. En revanche les gens que je ne connaissais pas (ou peu) se montraient soit violents, soit méprisants, soit carrément intrusifs.

    Y'a un gros problème avec l'homosexualité lesbienne aujourd'hui. En effet on cumule deux choses : la misogynie et l'homophobie.

    On refuse de considérer les couples lesbiens comme des couples à part entière (sinon comment expliquer les questions intrusives -"Ca veut dire que t'es toujours vierge ?"/"Mais vous faites comment au lit ?"- et la négation perpétuelle de l’existence de ces couples -"T'as pas encore rencontré le bon."/"C'est sans doute parce que t'es pas tombée sur un mec assez bon au pieu."- ?) et cela devient à la longue vraiment, vraiment blasant, pesant, angoissant.

    Je ne pouvais même pas parler de ma copine en ces termes. Au bout d'un moment je suis devenue hargneuse face à ce sujet qui finissait toujours par se clore sur un "Je t'emmerde, vas foutre ton nez ailleurs que dans mon pieu je te demande pas ce qu'il se passe dans le tien moi." ou une autre formule toute aussi courtoise.

    Bref un ras-le-bol général.
    Je remercie Madmoizelle d'avoir ouvert ce sujet en tout cas, mais ça me désole de voir que d'autres vivent exactement, perpétuellement les mêmes choses que ce que j'ai pu vivre et que je vis toujours lorsque j'assume ma bisexualité :sad:.
     
  12. Lafastod

    Lafastod
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    Procrastination en cours.

    @PousseMoussue Je suis mais TELLEMENT d'accord avec toi.
    C'est comme la question "Mais qui fait l'homme du coup" ?

    Ca fait très "sans pénis, point de salut". Ce qui est profondément insupportable.
     
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