Enseignement supérieur : la révolution Mooc

Sujet dans 'L'actu en France' lancé par Denis, le 3 juin 2013.

  1. Denis

    Denis
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    En pleine digestion.
    Membre de l'équipe

    Après le commerce, l'industrie musicale et audio-visuelle, la presse, internet va-t-il bouleverser l'enseignement supérieur ?

    Pour Matthieu Cisel, doctorant à l’École normale supérieure de Cachan, qui écrit une thèse sur le sujet, cela ne fait aucun doute : "Il est clair que des facs vont disparaître. Le modèle économique des Mooc est concurrent : il offre une éducation gratuite et à la carte contre un modèle, certes pas cher en France, mais soumis à beaucoup de paperasses et de contraintes pratiques".

    Les Mooc, "Massive Online Open Course" ou "Cours en ligne ouverts et massifs" sont des cursus numériques, développés par les écoles ou les universités, mis en ligne gratuitement au bénéfice de tous les internautes.

    Ce mouvement de fond, déjà très présent aux Etats-Unis, débarque aujourd'hui en France.

    [ul]
    [li]Centrale Nantes et Telecom Bretagne ont démarré l'année dernière avec le projet ITyPA[/li]
    [li]Centrale Lille a lancé cette année un Mooc certifiant consacré à la gestion de projet.[/li]
    [li]À la rentrée, Polytechnique mettra en ligne un cours d’introduction à la théorie et au calcul de probabilités.[/li]
    [/ul]
    En France, les Mooc sont loin de faire l'unanimité. De nombreux professeurs sont réticents à l'idée de voir leurs cours publiés gratuitement sur le net.

    Les nouveaux cursus ne donnent pas encore lieu à la délivrance d'un diplôme en bonne et due forme mais à l'obtention d'un certificat symbolique.

    Quoi qu'il en soit, les autorités françaises ont conscience qu'elles doivent se bouger sous peine de laisser le champ libre aux universités américaines dont les ambitions, sur ce sujet, sont mondiales.

    Un rapport des assises de l’enseignement supérieur, rendu au gouvernement en décembre 2012, qui parle de "révolution en marche" met en garde contre l’ "erreur historique" que constituerait, pour l'enseignement supérieur français, le fait de rester à l’écart de ce mouvement.
     
    #1 Denis, 3 juin 2013
    Dernière édition: 3 juin 2013
  2. The Woman

    The Woman
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    I am 1895 locked.

    Certes la fac requiert beaucoup de paperasse et donc de patience, mais il n'y a pas que ça.

    L'internet reste tout de même un monde virtuel et pour moi assez solitaire. Il n'y a rien de comparable entre une relation réelle, voire palpable avec les gens et une discussion via écran interposé.

    De plus, sera-t-il possible d'avoir un interlocuteur qualifié pour répondre à nos questions, comme pourrait le faire le prof en cours ?

    Ceci dit, ça peut-être très utile pour ceux qui habitent loin d'une fac ou bien qui ne peuvent pas se déplacer. Mais je reste sceptique pour que ça soit étendu de telle façon que ça éclipse totalement la fac.
     
  3. DestyNova_

    DestyNova_
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    Monde de Merde.

    Moi ce qui me fait rire c'est juste le fait que ma fac et son administration ont l'air de débarquer à peine avec Internet et les e-mails, alors le total en ligne :lol:

    Je trouve qu'en France on est super en retard avec Internet d'une manière générale. Après je trouve que des cours en ligne c'est complètement différent d'un vrai cours.
     
  4. sirop-de-menthe

    sirop-de-menthe
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    Je pense qu'une telle offre éducative serait bien mais peut-être en complément de la fac. Je pense que même à ce niveau d'étude on a besoin des profs qui nous guident, qui nous expliquent des points complexes. Il faudrait à ce moment des cours (types TD) assurés par des professeurs pour peut-être appliquer concrètement des leçons accessibles sur le net.

    De plus, c'est vrai que ça peut couper d'une vie sociale assez riche... En sortant du lycée, l'université fait quand même l'effet d'une bouffée d'oxygène : on rencontre des gens venus d'horizons très diverses. Et, personnellement, tous mes amis proches je les ai rencontrés à la fac ! :)
     
  5. sirop-de-menthe

    sirop-de-menthe
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    Ahah, la fac et son administration : tout un programme !...
     
  6. (Leslie)

    (Leslie)
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    Mélange instable

    Je trouverais ça pas mal dans le cadre de double cursus.
    Par exemple, j'ai fait une licence de bio, je me retrouve à faire un master d'épidémiologie, ou il y a beaucoup de biostatistiques et c'est assez nouveau pour moi. Et j'avoue que je trouverais ça pas mal de pouvoir suivre mon master principal et en plus de pouvoir valider des matières d'une autre discipline (par exemple des stats)...
    C'est peut être déjà faisable, mais avec les obligations de présence et tout, ça me semblerait faciliter les choses de pouvoir suivre certains cours en ligne.
     
  7. Liya

    Liya
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    Je suis très favorable à la mise en ligne de cours, mais je pense qu'elle doit être accompagné d'un dispositif adapté: sans profs et sans camarades, ça peut être difficile de trouver la motivation de travailler, et de pouvoir poser des questions... On pourrait par exemple désigner un tuteur, ou mettre en relation les étudiants. Mais un suivi coûte cher, donc je doute que ça puisse rester gratuit.
    D'ailleurs, comment sont rémunérés les auteurs des cours mis en ligne?
    Faire disparaître les facs, je n'y crois pas trop : un certificat honorifique est rarement suffisant sur un CV... Par contre, ça pourrait être une excuse pour laisser des territoires sans fac.
    Bref, j'aurais plutôt tendance à y voir une occasion de se faire de la pub et d'attirer plus d'étudiants plutôt qu'une solution alternative à la fac.
     
  8. Foxglove

    Foxglove
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    En sous-marin

    Je trouve que c'est une bonne idée. Cette année en parallèle de mon BTS je voulais continuer ma 2ème année de LEA mais à distance, mais comme je devais me déplacer pour les examens, et qu'ils tombaient pendant mon stage, je ne me suis pas inscrite et je le regrette quand même.

    En plus (désolé si je ne parle que de mon expérience personnelle), je suis de nature assez curieuse, et je me suis toujours dit que j'aimerais lire et apprendre certains cours de droit, d'économie par exemple.

    Du coup c'est cours en ligne et gratuit, nous permettraient je pense de s'ouvrir plus, même si on ne recevrait qu'un certificat à la fin, au moins on pourra dire: "Moi je me suis intéressée à ça"
     
  9. Kasiadanslesetoiles

    Kasiadanslesetoiles
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    Je veux bien arrêté de manger de la viande, mais vous ne me priverez pas de mon fromage.

    Je trouve que c'est une bonne idée, mais surtout comme complément. Parce que c'est bien beau les cours en ligne, mais si on n'y comprend rien, on va pas nous aider derrière. Exemple personnel, en Droit des Contrats administratifs en L3, Je n'ai rien compris du semestre, Je me suis ramassée avec un 4/20, et en Master, avec UN autre profs, j'ai eu 14/20, juste parce qu'il était plus passionné par sa matière et qu'il allait droit au but.

    En plus, comme la majorité des Mad'z FAC + INTERNET, c'est pas compatible pour le moment hein. Déjà que cette année, ils nous ont privé dans notre FAC, des résultats en ligne :moqueur: Et puis au final, beaucoup d'étudiants n'ont pas internet, voire certains sont contre les ordinateurs :mur: Je me dis que rien ne vaut le cours écouté. Après, c'est sûr que si une personne ne se rend pas aux CM, ça revient au même. Et quand on se rend compte que certains profs font les mêmes cours depuis trente ans. Bon.

    Après, ça peut être génial rien que pour se former une culture générale.
     
  10. Denis

    Denis
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    En pleine digestion.
    Membre de l'équipe

  11. Mstern

    Mstern
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    Pour moi, le principe même du mooc est bon. (Je participe actuellement à un mooc sur l'écriture) Mais par contre, je suis persuadée que ça ne fera pas tant d'ombres que ça à l'université.
    Comme le dit la madz précédente, il y a un problème de droits d'auteur et pour moi aussi de gratuité. C'est du travail, un mooc quand même.
    En plus, nous sommes des êtres sociaux, je ne suis pas sûre que nous aurions envie de passer notre vie seuls devant nos écrans... Sinon, ça ferait belle lurette que des cours de soutien, par exemple, se feraient par internet. Or, y'a rien à faire, je me déplace toujours chez mes élèves.
     
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