Être « adulescent », cet entre-deux trop rarement pris au sérieux

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Miss Lu, le 26 octobre 2015.

  1. Miss Lu

    Miss Lu
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    Des moutons et des nuages, du chocolat et des pandas.

  2. courgette

    courgette
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    Hello !

    Il me semble que s'il est vrai que beaucoup de gens semble attendre la trentaine pour considérer les autres comme des adultes, je retrouve chez pas mal de gens qui se disent adulescents un coté... adolescent !
    "Gueuler" contre une société qui ne nous prend pas en considération et qui a pas compris qu'on n'était pas des enfants, c'est encore un peu se considérer comme un enfant. Il est difficile de réclamer un statut d'adulte quand on n'en est pas un.
    Plus que la société qui le considère comme un adulescent, il me semble que c'est l'adulescent qui se "sent" adulescent.
    J'ai commencé à être traité en adulte quand j'ai commencée à me sentir adulte (et sans avoir l'impression d'avoir modifié mon comportement), car je pense que j'ai commencé à renvoyer une image différente.

    C'est vrai que notre époque fait peur, les études, le début de la vie d'adulte, c'est un autre cap à franchir. Et qu'il y a là un terrain propice à un réel mal-être générationnel.

    Mais je pense qu'il faut commencer (et c'est un long chemin !) par se considérer en adulte, avant de réclamer qu'on nous considère en adulte.

    Voilà, c'est tout, bon courage tout le monde, un jour, on aura le respect de la boulangère et de la dame du secrétariat de la fac (ah non ça c'est pas possible pardonXD).
     
    Glbxt, Siobhàn Salomé, Jauneparapluie et 5 autres ont BigUpé ce message.
  3. Melaniefrnd

    Melaniefrnd
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    Merci merci merci mille fois pour ce post! Pour traverser cette période en ce moment c'est pas si facile et ça fait plaisir de lire ça :taquin:
     
    eloylö a BigUpé ce message
  4. Damsel_

    Damsel_
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    Guest

    Tout à fait ça, à 23 ans mon père m'a quand même sortie : "Tu est comme le poussin qui sort de l’œuf"
    Heeuuu...c'est qui qui à déjà fait 4 années d'études et deux ans de chômage ? Qui s'est séparer après une relation de 4 ans dont 3 ans de vie commune ? Qui sais qui n'a jamais eu de dettes ou de démêlés avec la justice ? Et qui s'est toujours bougé pour mener à bien ses études et fait des petits boulots chaque été depuis ses 18 ans ?

    Voilà, merci pour cet article ! :top:
     
    Hama, eloylö et Bananou ont BigUpé ce message.
  5. ChatRoux

    ChatRoux
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    @courgette Je peux me tromper mais je pense que tu n'as pas tout à fait saisi le message de l'article :
    De ce que je comprend, il ne demande pas à ce que les adultes considèrent les adulescents comme adultes, mais bien comme "adulescents". Il demande de reconnaître cette période, au même titre qu'on reconnait la période de l'enfance et de l'adolescence.
    Actuellement on a en gros enfant>adolescent>adulte et il faudrait rajouter l'étape adulescent entre les deux derniers. Donc oui, on demande de ne plus être considérés comme des ados, car l'adulescent a passé ce cap, mais il n'est pas encore suffisamment intégré dans la société pour être un adulte. Donc cette phase devrait être intégrée dans l'esprit des gens, pour une meilleure entente générationnelle. (Je fais des phrases compliquées oulalah)
     
    Juladebrouille, Manea et Bananou ont BigUpé ce message.
  6. courgette

    courgette
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    Mmh, fort intéressant toussa ! Mais alors :

    -C'est quoi se sentir "adulte" ? Quel jour on à un déclic ? Le jour on on paye ses premiers impôts ? Le jour ou on emménage seul ? Le jour ou on emménage "en couple" ? Ou on fait plus des soirées de ouf mais des apéro dînatoires ? (Vive le tzatziki:nomnom:)
    Finalement, ça nous renvoi tous personnellement à ce qu'est l'image qu'on se fait d'un adulte, c'est un truc assez intime, enfant on se disait tous "quand je serai grand, je...".

    -C'est quoi un "adulte" d'abord ? C'est la grosse prise de conscience quand t'es ado que "Merde attend, mais un adulte c'est pas un mec tout puissant qui sait quoi faire, c'est juste un connard qui galère, comme tout le monde, mais qui fait genre ! Merde alors ! Et mes parents ils sont pas tout puissants non plus, eux aussi ils galèrent !":eek:. Je crois que "Adulte", en vrai, c'est juste un truc qu'on fait croire aux enfants, comme le Père Noël. (On nous mens. Les iluminati, la ptite souris, comprendre sa fiche de mutuelle:scream:, tout ça, c'est des mythes).

    -Comment traiter un "Adulescent" ? Sans condescendance, mais en prenant en compte son statut de "débutant" ? :hesite:
    Ce serait chouette ! C'est vrai que le terme marque une réalité.

    Perso, je milite pour un TD "Vie réel" à la fac. (Genre chapitre 1 : comprendre les APL, chapitre 2 : tu sais pas ce que tu va faire de ta vie : c'est normal, chapitre 3 : savoir déboucher des chiottes et relancer la chaudière).

    (Moi je crois que j'ai commencée à me sentir adulte quand je m'en suis sorti sur des trucs chiant toutes seules avant d'appeler mes parents. Genre moi VS les chiottes bouchées et que j'ai gagnée:rockon: (sans caca partout:caca:. J'étais tellement fière...).
     
    Alania Malfoy, MilkyCakeOh, Kettricken et 9 autres ont BigUpé ce message.
  7. Acathe

    Acathe
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    Statut.

    Ahah, je me retrouve tellement là dedans ... Et l'illusion d'être adulte, je l'ai eue à maintes reprises. Lorsque je suis partie de chez mes parents en renonçant au passage à toute aide financière. Ou quand j'ai quitté la résidence universitaire pour avoir un vrai appartement que je paye avec mon petit boulot. Ou lorsque j'ai fini mes études et aménagé avec mon copain, avec mes vrais meubles et ma vraie vie.
    Je n'ai pas de boulot stable, mais je bosse. On vit notre vie. Et pourtant je vois bien que lorsque je suis avec des "adultes", je ne suis pas considérée comme telle. Je suis la gamine, cette adulescente entre deux, qui sort vaguement des études et qui ne sait pas ce que c'est la vraie vie. Parfois j'ai l'impression qu'être adulte c'est être chiant et aigri. Si tu es optimiste et que tu fais des blagues sans te prendre au sérieux, t'es qu'un petit étudiant ridicule. Les adultes ne se tournent pas en dérision, ils jouent toute leur vie à paraitre sérieux et donner l'impression que ce qu'ils disent compte.
    C'est épuisant cette condescendance, et le paternalisme qui l'accompagne. Avec un peu de sexisme mêlé aussi il faut dire, parce que je suis qu'une petite nana gentille mais un peu bête aux yeux de certains.

    J'imagine qu'un jour à force d'en avoir marre de toute cette condescendance, moi aussi je me mettrais à me prendre au sérieux et ne plus raconter des conneries, je sais pas. Je sais pas si ca vaut tellement le coup.
     
    Alania Malfoy, Juladebrouille, KrissdeValnor et 3 autres ont BigUpé ce message.
  8. cherrycordia

    cherrycordia
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    Je colle assez bien au stéréotype de l'adulescente, je le vis bien mais je me sens adulte en même temps. Je vis au jour le jour, je suis mes passions et mes impulsions, j'ai encore plein de hobbys "d'enfants" et de naîveté et je suis perçue comme une adulescente justement par mon entourage, quelqu'un de pas "posé et mature, qui vit dans son monde". Comme le dit @Acathe , on dirait qu'être adulte c'est avoir une vie fixe, posée, tracée et être blasée de tout.
    Je me sens adulte parce que je sais qui je suis, que je l'assume, que j'en profite, que je ne cherche plus mon identité ou à coller à un moule. Pour autant je n'ai pas un rythme de vie basique ni d'ambitions standards mariage-enfant-carrière-maison-chien mais je ne m'estime pas moins mature que les autres. Genre comme s'il y avait "un modèle" d'adulte et si tu n'y colles pas, c'est que t'es pas encore "à ce stade". Je suis une adulescente sans en être, je suis tout simplement une adulte. Une adulte avec des rêves et des envies différents des autres adultes.
    Crotte à la fin :vex:
     
  9. Chapati

    Chapati
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    Tiens, ça me rappelle le jour de mes dix-huit ans lorsque je marchais sur le trottoir pour me rendre en cours, et que j'essayais de ressentir cette "bifurcation du côté adulte". Je réfléchissais pour identifier ce qui avait changé par rapport à la veille et si physiquement les gens devinaient que j'étais Grande maintenant.
    Je me rappelle avoir conclu que la seule chose "tangible" finalement était que je risquais la prison désormais...
     
    Célestine-Violette, Alania Malfoy, KtyKonéko et 2 autres ont BigUpé ce message.
  10. Cassandrah

    Cassandrah
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    ainsi sois-je

    En lisant l'article ainsi que les commentaires, il me semble que le terme "adulescent" fait partie de la "nouvelle génération" (ce qu'ils nomment X ou Y) qui brise les codes préétablis par la génération précédant, considérés comme "adultes". Les objectifs et les possibilités ne sont plus les mêmes. Par exemple, à l'époque de nos parents, on considérait "réussir" dans la vie, et devenir adulte, le moment déterminé par l'achat de la maison (à crédit) qui préfigurait la fondation de la famille, ce qui est de moins en moins une fin en soi aujourd'hui, à cause du marché de l'emploi, de la propension des "jeunes" à voyager, que de la situation économique actuelle.

    Il me semble que si le concept d'adulescent n'est pas vraiment perçu ou compris par les parents, ou les autres adultes, c'est bien parce qu'il est propre à notre génération, et aux mutations de notre société. Beaucoup assimilent devenir adulte et perdre son optimisme ou sa fantaisie. C'est l'image que certains nous renvoient, pas la réalité. Je pense qu'il faut simplement réinventer ces codes. A la base, devenir adulte est un concept biologique de "majorité' (18 ou 21 ans) qui ouvre de nouveaux droits dans la société. Cela ne peut pas qualifier pas un état d'esprit ou des réalisations personnelles, qui restent relatives et propres à chacun individu. Chacun avance à son rythme.

    Même en ayant 28 ans, je me sens toujours comme une "femme-enfant" : complètement autonome par rapport à mes parents, je construis ma propre vie -est-ce "devenir adulte" ?- mais je garde cette fraîcheur "adulescente". Je ne crois pas qu'être adulte, quelque soit notre sens des responsabilités ou notre statut dans la société (carrière, famille, etc) aille de pair avec austérité, stress, etc. mais que l'on progresse tous, et plus l'on fait du chemin, plus les expériences se multiplient, plus l'on dépasse les épreuves, plus on prend du recul par rapport à l'âge de la vingtaine -voilà pourquoi, pour nos parents, achever ses études, trouver son premier emploi ou logement est "peu", mais par rapport à notre évolution, et notre passé, ce sont de grandes étapes qui nous bouleversent.
     
    Alania Malfoy, Juladebrouille, KtyKonéko et 3 autres ont BigUpé ce message.
  11. Enimo

    Enimo
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    Vous emmerde occasionnellement

    Pour ma part je serais incapable de dire comment on "devient adulte" mais en effet je plussoie le coup de gueule contre les "grands" qui nous considèrent comme immatures et novices de l'existence juste parce qu'ils ont 10, 20, 30 ans de plus que nous.
    Pour la petit histoire, une amie à moi a une sœur âgée d'une vingtaine d'années de plus qu'elle et qui la traite comme une gamine sous prétexte qu'elle n'a pas d'enfants et aime les jeux vidéos... Comme si pour être un adulte reconnu il fallait nécessairement avoir des gosses, que c'était la seule expérience valable dans la vie et qu'après ça t'avais tout vécu =/
     
    Alania Malfoy, pépé le moko, KtyKonéko et 1 autre membre ont BigUpé ce message.
  12. BananaQueen

    BananaQueen
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    Parce que ce sont les reines qui ont le pouvoir

    Pour moi il y a plusieurs choses :

    - la façon dont les aînés nous traitent par rapport à notre âge biologique. Je crois que la condescendance de l'aîné en mode "je suis plus vieux donc je SAIS donc tais-toi petit ignorant" dépasse largement la période "young adult". J'ai déjà vu des mamies de 80 ans traiter comme des gamines des femmes de passé 50 ans, et malgré mes 32 ans bien tassés, et le fait que en ce qui me concerne je me sens adulte depuis bien longtemps (je gagne ma vie et ne demande d'argent à personne depuis 10 ans maintenant, j'ai un travail avec des responsabilités, et surtout dans ma tête je me sens adulte), il y a encore des gens pour me traiter avec paternalisme, comme si je ne connaissais rien à la vie (coucou belle-maman). Je crois que pour certaines personnes, cette façon de valider leur existence par leur âge est un moyen de se rassurer, de se dire qu'ils ne sont pas sur la touche, dans une société qui n'aime que la jeunesse (enfin surtout sur les magazines et à Hollywood, faudrait voir à ce qu'elle bouge pas trop non plus en vrai). La société n'est pas facile avec les aînés, hélas. Pour beaucoup aussi ça ne vient pas d'une intention méchante, qui vise à dévaloriser, mais d'une volonté d'aider. sauf que voilà, le monde n'est plus le même.

    - la place que la société laisse aux jeunes adultes : là je trouve que c'est abominable, passez moi l'expression. Les jeunes adultes ne sont pas bien traités du tout (et je dis ça d'autant plus que je vois ce qui se passe avec mes yeux d'adulte-adulte). L'entrée sur le marché du travail c'est pas la joie. Je ne peux parler que de mon expérience pour ce qui suit, mais je trouve que le contenu des tâches confiées c'est pas la joie non plus (souvenir de lamentations sur nos jobs absurdes avec mes potes), les rémunérations ne sont quand même pas hyper attractives (un salaire moyen d'embauche de 28 700 euros bruts c'est pas non plus le Pérou, d'autant plus que c'est une moyenne), devenir indépendant avec son logement à soi dans les grandes villes c'est pas génial (coucou le studio à Paris qui coûte 3 blindes sauf que maintenant tu n'as plus droit aux APL)... Tout ça avec des fois l'impression qu'il ne faut surtout pas se planter, que chaque décision engage toute la vie... C'est pas pour rien qu'on reconnaît l'existence maintenant d'une crise du quart de vie.

    - un entre-deux qui est souvent un peu comme une sorte de chambre d'attente du démarrage de notre vraie vie, parce que la société continue de rabâcher que la vraie vie c'est le couple, la vie à deux, les mômes, les métiers à plusieurs keuros et des titres qui claquent, mais en même temps, qu'il faut avoir du temps pour soi, avoir un métier créatif et qui a du sens, il faut des responsabilités mais du fun... Ou une suite d'injonctions parfaitement contradictoires qui rendent dingues.

    Du haut de ma vintagerie, perso je me sens adulte, et pas adulte-ado, vraiment adulte, pourtant je n'ai pas d'enfant, je vis avec mon chéri à mi-temps parce que comme je suis de nouveau "étudiante" ben je suis jamais chez moi (l'école est loin de chez moi),j'aurai à la sortie un poste de cadre sup à fortes responsabilités, je bosse dans l'administratif et ça peut paraître ennuyeux mais moi j'adore, et je sais que par la suite ma carrière va être très aléatoire malgré un statut des plus enviables. et pourtant, je suis hyper bien dans ma vie, et pourtant, jamais je ne considérerais qu'une personne de 22 ans a moins d'expérience ou de légitimité à dire des chosesn parce que je crois qu'on apprend à tout âge et de tous les âges.

    Ceci était la minute "plaidoyer pour une vie plus belle mes licornes" :unicorn:
     
    Chapati, Gargouillette, Alania Malfoy et 4 autres ont BigUpé ce message.
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