Etudiantes dans le médical, les stages à l?hôpital.

Sujet dans 'Etudes, stage, emplois - Le Monde de l'entreprise' lancé par Sur la canopée, le 13 février 2011.

  1. Sur la canopée

    Sur la canopée
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    Haydée

    Voici un topic spécialement créé pour les stages hospitaliers, que l'on soit étudiante infirmière, en médecine, sage femme, aide soignante ou que sais-je encore!
    Parfois l'intégration est difficile, on vit beaucoup de choses nouvelles et parfois très dures. Je me sens parfois le besoin d'en parler mais il est dur de faire comprendre ce que l'on ressent à des personnes qui ne sont pas dans les mêmes études que nous!

    Viens donc raconter tes peurs, tes joies, tes moments de doutes, tes belles rencontres, etc.
     
  2. Polysemie

    Polysemie
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    Roule une pelle a la vie

    On n'oublie pas les responsables qualité et gestion des risques, ainsi que tous ceux qui sont chargés du managements et du bon déroulement des activités hospitalières... dixit la fille qui vend pas du tout son truc :cretin:

    Chouette topic en tout cas. Où je viendrais surement raconter ma vie hospitalière en avril et en mai, en espérant que l'hôpital où j'ai eu un entretien me dise que je peux y effectuer mon stage. Si j'ai ce stage, je serai en bloc, et m'occuperai en gros du management concernant les opérations, le déroulement. Alors dans ce cas, j'en aurais des choses à dire, moi petite L2 qui doit se risquer à mettre les pieds dans un bloc au milieu d'infirmières et de médecins qui ne comprendront pas du tout ma présence.
     
  3. Sur la canopée

    Sur la canopée
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    Haydée

    Oui oui je n'ai pas cité tous les cursus suceptibles d'offrir des stages à l'hopital, il doit y en avoir beacoup que je ne connais même pas!

    Depuis la semaine dernière je suis en stage au bloc opératoire, mais pour ma première semaine ils m'ont mis en salle de réveil, essentiellement pour que j'apprenne à perfuser. J'ai torturé quelque patients mais dès la 2e garde je me suis sentie plus à l'aise sur le geste et c'est cool.
    Ce qu'il y a de grisant dans ces études c'est le sentiment que j'éprouve quand je réussis un geste, ou tout simplement des mots échangés avec les patients, le fait de les avoir un peu aidé ou écouté. C'est quelque chose de très fort.

    Bon je suis étudiante sage femme alors en première année on nous envoie dans des services qui ne correspondent pas à notre futur métier mais qui sont très formateurs, notamment au niveau des soins infirmiers (que nous devont maîtriser très rapidement) et puis également au niveau relationnel. Je suis très heureuse de pouvoir effectuer ces stages là mais parfois les gens se demandent ce qu'une étudiante sage-femme fait dans un service de chirurgie viscérale par exemple :) Dans l'ensemble ça se passe bien mais c'est quand même un milieu où il faut s'attendre (surtout en tant qu'élève) à passer relativement inaperçue, ou même parfois à se heurter à l'indifférence de certains..

    Dès lundi je suis au bloc même et je dois avouer que j'ai super peur. Peur d'être là alors que je ne connais rien sur rien, peur de me retrouver seule sans personne pour me "guider" et me chaperonner, bref je redoute un peu la semaine qui arrive.
     
  4. Cory

    Cory
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    Femme sage.

    Solal > Super idée de topic ! T'es au bloc gynéco-obst ou général ? Moi j'étais passé au bloc gynéco et j'avais vu des interventions super intéressantes. L'avantage, c'est qu'il y a pas mal d'opérations que tu peux suivre à l'écran donc tu profites de tout ! C'est super que tu puisses déjà bien perfuser, c'est vraiment en pratiquant encore et encore que tu seras à l'aise.

    Je suis moi aussi étudiante sage-femme et cette semaine je suis en stage en foetopathologie, c'est le service où l'on effectue les examens et autopsies des foetus morts (fausses couches tardives, morts foetales, interruptions médicales de grossesse...). J'ai déjà vu des foetus morts en salle de naissance, dont un avec une grosse malformation, mais je dois dire que l'idée d'assister aux autopsies ça me retourne un peu le ventre... C'est un stage fait justement pour nous blinder à ce niveau-là, parce qu'en salle de naissance c'est jamais tout rose, il y a parfois des choses vraiment horribles, monstrueuses ou juste terriblement tristes, et il faut savoir accompagner les parents sans montrer de signes négatifs (de dégoût...). Donc c'est bien, et je suis bien consciente de cet interêt. En plus la médecin qui nous prend en charge est passionnée, j'espère que je vais réussir à garder un oeil scientifique et détaché sur tout ça !
     
  5. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Super-idée de topic, j'applaudis des deux mains !

    Techniquement, si tout se passe bien (si j'arrive à démêler ce brrrrrdel d'argent) je ne serai pas à proprement parler dans le médical, mais les stages en clinique ostéopathique ça compte ou pas ? :shifty:
     
  6. Sur la canopée

    Sur la canopée
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    Haydée

    Cory : Justement je suis dans une clinique qui est pratiquement uniquement centrée sur la chirurgie du membre sup et plus particulièrement la main. Moi qui rêvais de voir de la chir thoracique/cardiaque, c'est raté. Et à mon avis je n'aurai plus d'autres occasions..
    Les seules interventions en chir gynéco ce sont des ivg, donc aucune chance de voir des cesariennes ou autres, je suis un peu déçue.

    Courage pour ton stage, ça doit être passionnant mais très dur à vivre.

    Sekhmet : tu es la bienvenue bien sûr!
     
  7. Gringo

    Gringo
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    Regarde du porno en tricotant

    Je suis étudiante en chirurgie dentaire, je serais en clinique sur patient qu'à partir de l'année prochaine, j'espère que ce topic continuera d'être alimenté à ce moment là pour que je puisse vous raconter tout ça.
     
  8. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Je "connais". L'école d'ostéo dans laquelle j'ai été prise propose des sessions de dissections obligatoires, et mes amis ne comprennent pas que cela puisse être intéressant. La seule réaction que j'ai en leur parlant de ça c'est "beeeeeeeeeeeeeeeeeeerk mais tu vas tripoter un moooooort !!!" :facepalm:
     
  9. Dee.

    Dee.
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    A.E.I.O.U.Y

    ça me rapelle la cinquieme ou on devait disséquer la souris et où la moitié des filles s'évanouissaient/ sortaient parcequ'elle aller vomir/ voulaient pas toucher parce que "c'est dégueuuuuuu" :cretin:

    Sinon moi aussi j'espère venir parler sur ce topic cet été!
     
  10. Luschka

    Luschka
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    Dresseuse de loulous, Dynamiteuse d'aqueducs

    Oh ce topic est génial! je sens que je vais squatter :d

    Je suis étudiante en médecine. Ce qui est dur je trouve, c'est d'être toujours volontaire dans les stages, de s'intéresser par soi-même, de poser des questions même si on est timide/qu'on a peur de passer pour une débile, de montrer qu'on en veut, parce que personne ne viendra nous prendre par la main, et les médecins ne nous regarde pas/très peu si on ne vient pas vers eux.

    Sur les remarques de mon dernier stage, il y avait marqué que j'étais discrète en début de stage, pas assez présente. ça me fait vraiment chier qu'on puisse penser de moi que je ne suis pas motivée et que je me désintéresse alors que je suis super enthousiaste et volontaire en réalité.

    Voilà sinon en ce moment je suis en réanimation, c'est passionnant, et hier je suis allée au bloc pour la première fois et en plus j'ai vu un cerveau! :joy:
     
  11. Sur la canopée

    Sur la canopée
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    Haydée

    Mon stage au bloc opératoire est assez difficile..
    Aujourd'hui, mon deuxième jour, j'ai vu 10 IVG à la suite, dont un à 14 semaines d?aménorrhée, avec échographie et tout. Et le chirurgien était très spécial, un humour plus que douteux.. Du coup à la fin j'ai craqué et j'ai éclaté en sanglot, je me sentais tellement tellement mal, c'était horrible.

    Par contre je me suis bien rattrapée à la fin de la garde, j'ai assisté un chirurgien canon, c'était les urgences de la main, à chaque fois je l'habillais, je lui préparais son matos et je lui servais ce qu'il demandait pendant les interventions. A la fin il m'a dit que je me débrouillais bien pour une première année, que c'était super. Ça m'a mis un peu de baume au coeur.

    Ce qui n'empêche que j'ai pris un coup aujourd'hui, à mon avis je vais mettre du temps à m'en remettre.
     
  12. ~Heather~

    ~Heather~
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    Moi, moche et méchante

    Vraiment chouette idée de topic.

    Je suis étudiante en médecine et le seul stage que j'ai fait reste mon stage de fin de P1 (qui date d'un an et demi déjà) aux urgences (6 jours aux "vraies" urgences, 3 jours dans un service à côté appelé UHCD [Unité d'Hospitalisation de Courte Durée]). J'ai pu voir énormément de patients, de pathologies différents : en ça, j'ai vraiment adoré ce stage (et ça m'a conforté dans l'idée d'être médecin aux urgences plus tard). Par contre, c'était très compliqué pour moi de "suivre" : les journées sont longues (12 heures), les patients défilent vite dans les box (ce qui fait que j'allais à l'endroit où on me demandait d'aller, je faisais ce qu'on me demandait sans trop savoir pourquoi le patient était là), l'organisation est assez complexe. J'étais chaperonnée par un aide soignant (pendant 3 jours) et une infirmière (6 jours). De ce stage, je garde en mémoire :


    _ 1er jour : j'arrive à 8h30, comme marqué sur ma feuille de la scolarité. L'IDE commence à me réprimander quand elle me voit arriver : j'aurais du être là depuis 1h. Je lui montre ma feuille pour lui prouver ma bonne fois : on en arrive à la conclusion que l'administration de la fac de médecine pue du cul.

    _ la première minute : je m'adosse à ce que je crois être une porte à 2 battants condamnée quand BAAAM : j'étais en fait contre la chambre d'isolement où une patiente pas vraiment commode me regarde d'un sale œil à travers la vitre. Brrr

    _ toujours le 1er jour, un petit vieux bien méchant qui me dit : "mais elle sert à rien celle là" (en me désignant). Effectivement, j'en bavais pour trouver à qui demander tel ou tel renseignement (notamment : ai je le droit de donner de l'eau à tel patient) ainsi que le matos.

    _ dans ce stage, j'ai surtout appris à me placer pour ne pas gêner le passage

    _ je me suis sentie un peu débile quand je suis arrivée le 2e jour le ventre bien rempli alors qu'en fait, on avait le petit dej

    _ repas de midi assez tristounes car les inf sont avec les inf, les ASH sont entre elles, les AS pareil, les externes même combat, les médecins et les internes aussi

    _ j'ai passé le permis brancard

    _ j'ai vu une infirmière faire des attelles plâtrées, un interne apprendre à un externe comment recoudre une paupière, un 3e année en médecine faire des points de suture, ce même étudiant qui m'a montré les réflexes neurologiques avec un marteau à réflexes, un accidenté de la voie publique moto qui a perdu son majeur (ont ils réussi à recoudre, je ne sais pas), un externe puis un interne en baver pour faire une ponction lombaire, les effets délirants du kalinox, des suicidants, des SDF, des alcooliques qui se mettent à pisser sur le personnel soignant, le protocole pour les perfusions sanguines

    _ j'ai fait des prises de sang sur des cas faciles. J'ai insisté pour qu'on m'apprenne à en faire, même si ça me stressais à chaque fois que devais passer d'un tube à un autre. Mais y a un système qui a changé ma vie : l'aiguille, suivie d'un tube souple et très fin (pis y a comme 2 ailes de papillon dessus) pour arriver au système en plastique fait pour accueillir les tubes (si qqn sait de quoi je parle, merci de me dire le nom de cette chose).
    Sinon, j'ai pris des constantes. J'ai donné ma main à des patients qu'avaient peur ou mal (je me souviens d'un qui m'a broyer les doigts tellement il avait mal). Et les ECG sont devenus mes meilleurs amis, pour le plus grand plaisir des externes blasés

    _ j'ai raté plusieurs prises de sang. Et j'ai torturé un pauvre néerlandais en ratant ma prise de sang et mes premiers (et derniers) gaz du sang sur lui.
    J'ai eu un grand moment de solitude en prenant la tension d'une patiente assez corpulente. J'ai essayé de prendre sa tension avec un brassard normal -_- . La pauvre, je lui ai fait mal. Pour ma défense, je ne savais pas qu'il existait d'autres tailles de brassards.

    _ l'aide soignant qui croit me choquer en parlant de cul : je surenchéris dans le langage crû et on se marre comme des débiles

    _ je n'ai pas vu le super geste d'intubation du chef de service sur une patiente qui était en très mauvais état. Tout le monde à vu cette prouesse. Sauf la couillonne qui essayait de faire marcher cette putain de machine à laver les urinoirs. Moi.

    _ à l'UHCD, j'ai donné le repas de midi à une patiente sénile. Elle n'arrêtait pas de dire "feuh feuh feuh". Irritant au possible. "Feuh feuh feuh". Ne rien montrer, on reste pro."Feuh feuh feuh". Putain c'est long (en effet, je ne suis absolument pas productive : j'ai mis une heure avec elle)."Feuh feuh feuh" J'en peux pluuus faites que quelque chose, quelqu'un me libère et.... "Feuh feuh Vous êtes patiente mademoiselle" :oo: => :) J'ai affiché un big smile pour toute la journée

    _ des fois, y avait rien à faire, aucun patient et tout. Une après midi, on m'a fait visiter le centre d'appel du SAMU. Pis les hélicoptères (celui de la Côte d'Or et celui de l'Yonne). Je me suis marrée avec les 2 pilotes car chacun essayait de me convaincre que SON hélico était le meilleur.

    _ un autre jour, j'ai donné le repas à un mec souffrant de troubles psychaitriques. J'étais un peu choquée car il était attaché. Les mains, la ceinture abdominale et les pieds. Comme d'habitude, j'étais absolument pas productive (je n'ai donné le repas qu'à lui). Il a été agressif parfois, la conversation a été assez surréaliste. Sauf quand on a abordé la musique : j'ai senti que j'avais réellement eu un échange avec lui :)

    _ la semaine ou j'ai fait 3 journées de 12 h de suite : ça m'a cassée

    _ Y a une autre patiente qui m'a marquée. Extrêmement sale : du vert au niveau du dos, des saletés solides entre les doigts de pieds. Ouch.

    _ le dernier jour : à midi, quelqu'un a mis les tables en ronde. Fini les espèce de clans par niveau d'études, j'ai même droit à quelques mots de la part du chef de service. Puis tout le monde vient me féliciter pour mon gâteau aux carambars.

    _ la dernière heure : encore un accidenté de la voie publique moto. En très mauvais état. Autour de lui, l'infirmière et 2 médecins confirmés, puis autour, une couronne de personnel médical prêts au cas où, encore autour d'autres médecins, puis les internes, puis les externes puis moi. Un interne essaie de me vulgariser tout le système sous lequel est le patient : une machine qui fait le massage cardiaque automatiquement, une autre qui propulse des perfusions de sang rapidement. Ce moment était impressionnant.

    _ la dernière minute : je remonte donner les clés de mon casier à l'IDE. Je passe devant la salle des urgences vitales. Le motard est mort.
     
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