« Fenêtre sur cour » : mon remake quotidien - Chronique de l'Intranquillité

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Ophelie, le 3 mars 2013.

  1. Ophelie

    Ophelie
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    Monarchiste au crépuscule

  2. Marie Obrigada

    Marie Obrigada
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    en construction...

    De mon ordi, j'ai vu sur la TV des voisins... allumée toute la journée. Ça finit parfois tard dans la nuit avec un porno. (et effectivement je préfèrerais ne pas savoir).

    Je me dis aussi parfois que si je les vois ils doivent me voir aussi...
     
  3. goodwill

    goodwill
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    Heureuse, simplement.

    J'aime beaucoup ce film. ;)

    Tout ça pour dire que ca fait depuis ma naissance que je vis en HLM et que le vis-à-vis est mon quotidien :d Tout le monde sait ce que tout le monde fait (ou presque). Je n'irai pas jusqu'à dire que tout le monde se connait (même si bon, quand on est la fille du gardien, on passe pas inapercue ^^). Mais, au moins, on sait que l'appartement est surveillé. C'est presque une sécurité. On s'inquiète si la petite mamie du 2eme en face n'a pas ouvert ses volets ce matin là, on rit à l'idée de voir le voisin d'en face regarder la même chaine que nous avec quelques secondes de retard, on s'amuse des chats du voisin du 1er sur le rebord de la fenetre, ou bien, on remarque qu'untel a changé ses rideaux...

    Mes voisin d'en face sont souvent à leur fenêtre. Ils savent ce qu'il se passent, et assurent la sécurité de la rue. S'il se passe quoique ce soit, on peut être sur qu'au moins quelqu'un est au courant. ^^ C'est presque comme une famille. Moi j'aime bien et je ne me vois pas vivre dans un coin isolé. :d

    Le seul point négatif, c'est que certaines fois, on a l'impression d'être un peu surexposé (au bout d'un moment, on a envie d'intimité, de pouvoir faire des allées et venues sans qu'on nous scrute du regard l'air de dire "elle va où celle là ?" "ah tiens, elle a été au coiffeur"...) Mais ça passe ^^
     
  4. Ana-F

    Ana-F
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    La première chose qui m'est venue à l'esprit en voyant le titre de l'article, c'est ce poème en prose de Baudelaire, "Les fenêtres". Je le trouve vraiment très beau, et j'ai rarement l'occasion de le partager, donc comme il illustre joliment cet article, voilà :fleur::


    Les Fenêtres​
    [justify]       Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle. Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.
          Par delà des vagues de toits, j’aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j’ai refait l’histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant.
          Si c’eût été un pauvre vieux homme, j’aurais refait la sienne tout aussi aisément.
          Et je me couche, fier d’avoir vécu et souffert dans d’autres que moi-même.
          Peut-être me direz-vous : « Es-tu sûr que cette légende soit la vraie ? » Qu’importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m’a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis ?

    [/justify]
         Charles Baudelaire - Le Spleen de Paris
     
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