FRED et marie : le spot qui sensibilise à la violence psychologique

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Sophie Riche, le 26 novembre 2013.

  1. Sophie Riche

    Sophie Riche
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    Giddy goat
    Membre de l'équipe

  2. Lalkia

    Lalkia
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    Talk nerdy to me

    Je suis ravie que vous parliez de ce spot de sensibilisation, je l'utilise à chaque présentation/conférence sur le sujet.
    (je suis juriste dans une association d'aides aux victimes  particulièrement les femmes victimes de violences conjugales).
    C'est surtout à l'occasion des formations dispensées aux policiers qu'il a le plus d'impact puisque les violences psychologiques ne laissent pas de traces visibles et sont à distinguer du conflit conjugal.

    Bref, merci de faire un sujet là dessus ! :nerd:
     
    #2 Lalkia, 26 novembre 2013
    Dernière édition: 26 novembre 2013
  3. Moukinette

    Moukinette
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    Il y a vraiment une chose que je pourrais reprocher à ce spot et qui m'a vraiment dérangée : le fait que Marie soit consciente de ce qui se passe, ou en tout cas consciente que ça ne va pas.

    Justement toute la perversité du PN vient du fait que la victime ne se rend pas compte de la tournure que prennent les choses, elle est manipulée et déboussolée par des propos et des attitudes extrêmement contradictoires "mon amour je t'aime" suivi de "tu es une grosse merde, tu as de la chance de m'avoir" - pour caricaturer.

    C'est exactement la raison pour laquelle les victimes peinent à comprendre qu'elles sont en présence d'un PN et encore plus à prendre la décision de s'éloigner de cette personne (qui exerce un pouvoir d'attraction et d'appartenance énorme - "tu es trop faible sans moi, tu n'es rien, tu ne peux pas me quitter ma pauvre bichette").

    Et sans parler de la déresponsabilisation des PN : ils sont "malades", ils n'y peuvent rien, "les pauvres" : ça accentue encore plus le désir de leur pardonner et de leur venir en aide et de "c'est pas grave si tu me traites mal, je sais que tu m'aimes et c'est tout ce qui compte pour moi".

    Bref, des pervers qui exercent une influence énorme en manipulant leur victime, et des victimes, éperdument amoureuses des mots doux et des violons de la personne qu'elles croient connaître, et qui souvent ne parviennent pas à prendre suffisamment de recul pour se débarrasser de cette relation toxique...
     
    Cléo. a BigUpé ce message
  4. Nadja__

    Nadja__
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    Miou.

    J'avais écrit un pavé sur le sujet qui a disparu.

    J'ai vécu ce type de situation pendant quatre ans avec mon premier copain. Les passages des rires aux cris, des "Je t'aime" à "Je pète une porte/une table en hurlant", les phrases terribles du genre "Parfois tu dis des phrases tellement connes qu'on a envie de te tarter" ou "Tu n'as que l'art dans la vie, c'est le seul truc qui t'intéresse", les "J'en ai marre de te voir pleurer, je le supporte plus putain !", c'est une horreur. J'en venais à appréhender son retour à l'appart. Et pourtant j'étais tout à fait consciente de la situation, je cherchais des infos sur les personnes bipolaires et les pervers narcissiques comme si ça allait changer quoique ce soit. La grande difficulté c'est qu'on passe des moments magiques à des moments très durs et que cette petite lueur d'espoir ne disparaît pas. C'était mon premier petit-ami, j'étais folle de lui, on avait passé de très beaux moments. Je pleurais tout le temps, j'étais super fragile et je me suis perdue. J'ai arrêté de faire tout ce que j'aimais. Et pourtant je répliquais, je le provoquais, je répondais doucement, j'ai tout tenté.
    Le pire c'est qu'avec le recul, un an après, j'en viens à demander si je n'exagère pas.
     
    anelom et fruitjoy ont BigUpé.
  5. Mymy

    Mymy
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    Member of ze Rédac', membre actif des Croisé-e-s contre l'invocation de Pierre Desproges, et accessoirement beau foufouillon.
    Membre de l'équipe

    J'ai taillé dans le tas pour que ce soit plus imagé : non, tu n'exagères pas :fleur: ce n'est clairement pas un comportement positif et je ne vois pas comment construire une relation saine là-dessus...
     
    Grumpy a BigUpé ce message
  6. Arrrum

    Arrrum
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    always hungry

    Je me sens toujours désemparée face à ce sujet. J'ai toujours du mal à comprendre comment on peut arriver là. Comment une personne peut-elle accepter qu'on lui manque de respect? Je sais en plus que ça fait victim shaming, ce genre de propos, mais j'ai du mal à comprendre :sad:
    Je crois que je ne supporterais jamais d'être témoin de ce genre de comportement pour un(e) de mes ami(e)s.
     
  7. Altahina

    Altahina
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    Talk nerdy to me! / Militant pour le retour de Théodelinde!! .o/

    @Nadja je compatis vraiment, j'ai connu ça aussi...

    Et quand tu en parles au gens, au final tu te dis "mais c'est pas si grave que ça, je dramatise sûrement tu sais. Il est très sympa. La preuve, il a fais ci, ça et ça pour moi"

    Après qu'il m'ait quitté, il m'a fallu des années pour me dire que non! Les coups que j'ai reçu (physique ou non) n'étaient pas mérité! Pas normaux! Et surtout: pas acceptable! Et même encore maintenant parfois je me dis "nan mais arrête voir d'exagérer! Tu le cherchais/l'as mérité"

    Le pire est de se rendre compte que quelque chose cloche, mais de ne pas arriver à mettre le doigt dessus. Parce que les coups, les disputes et les insultes ont finit par faire partie "intégrante" de la relation de couple. A tel point que quand on fait partie du couple, ça ne nous choque plus, et pire on y trouve des explications (où généralement on finit par se dire que c'est notre faute).

    J'ai parlé comme d'une généralité, parce que je me dis que  je ne suis sûrement pas la seule pour qui ça s'est passé comme ça...

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  8. Zahardonia

    Zahardonia
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    Si tu savais...

    J'ai été en relation pendant 4 ans et demi (dont 10 mois en appart') avec un type exactement comme Fred.

    En fait, si, les victimes des PN s'en rendent compte, mais trop tard, quand le mal est déjà fait et qu'on est "sous son emprise".
    Et il y a aussi les remarques de nos ami-e-s et de notre famille qu'on ne supporte pas, parce qu'on fond de nous on sait qu'ils ont raisons. J'ai énormément culpabilisé parce que j'ai cru pendant longtemps que c'était de ma faute si notre relation ne fonctionnait pas comme je l'avais voulu.

    J'avoue que ce qui m'a permis de sortir de cette relation c'est mon "sale caractère". Je suis une tête brûlée éprise de liberté et de philosophie. Et quand je me suis rendue compte, comme @Nadja , que j’appréhendais le soir quand il rentrait, que je l'encourageais à sortir sans moi pour que je puisse avoir des soirées tranquilles, que je lui mentais plus que je ne lui disais la vérité,... là j'ai réagis. J'ai commencé à sortir de ma coquille et à "l'affronter" ouvertement. Petit à petit. Mais j'ai fini par le quitter.
    Le jour où je suis partie, j'ai eu droit à : « Mais qui va faire la cuisine, maintenant ? »

    Cette phrase a mis un point définitif à tous les regrets que j'avais eu ou avais pu avoir en le quittant.

    Mais le fait est que, quand on quitte se genre de personne, on se sent revive et on comprend tout ce qu'on a perdu pendant tout ce temps et tout ce qu'on aurait jamais eu en restant avec cette personne.
    Je ne sais pas si @Nadja et @Nameo sont d'accord avec moi, mais c'est comme ça que je l'ai vécu. ^_^"
     
  9. Altahina

    Altahina
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    Talk nerdy to me! / Militant pour le retour de Théodelinde!! .o/

    Je trouve pas que ce soit du victim-shaming... C'est juste de l'incompréhension et j'estime qu'on ne peut pas t'en vouloir pour ça^^:)
     Pour moi ce sujet fait partie de ceux que tu ne peux vraiment comprendre si tu ne l'as pas vécu (un peu comme des personnes qui n'arrivent pas a sortir de chez elles, etc) et ce que j'entends le plus souvent c'est justement "mais comment tu as pu accepter de te faire traiter comme ça?"

    Alors si je peux essayer de te donner un début de réponse, je dirais qu'au début tout va bien. Ça se fait petit à petit. C'est vicieux, ça s'infiltre sans qu'on s'en rende vraiment compte. Ça arrive pas souvent, donc on s'en inquiète pas, mais le problème c'est que ça arrive de plus en plus souvent, c'est de plus en plus fort, mais ça s'est "infiltré" et ça nous paraît normal...

    Je sais pas si ça aura pu te donner un élément de compréhension ;)
     
    Cléo. a BigUpé ce message
  10. Altahina

    Altahina
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    Talk nerdy to me! / Militant pour le retour de Théodelinde!! .o/

    @Zahardonia  dans ma situation, c'est lui qui m'a quitté, mais c'est vrai que quand j'ai ouvert les yeux (de longs mois après^^) j'ai réussi à voir la chance que j'avais qu'il m'ait quitté!
    (Personnellement je ne peux pas être d'accord ou non avec toi, parce que c'est la façon dont tu l'as vécu. Y'a pas de bonne ou de mauvaise façon de le vivre n'est-ce pas? ;) ;)

    Edit: pardon pour le double post...
     
  11. SoulSirup

    SoulSirup
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    Mon dieu, cette vidéo a réussi à me faire pleurer. Parce qu'on ne parle pas assez des violences psychologiques faites aux femmes. J'ai reconnu mes parents dans ce film. Ils sont mariés depuis vingt ans, et ça fait vingt ans que ma mère subit cette situation (sans les mots "doux" que l'on voit dans le film mais plutôt des insultes et des objets cassés pour lui faire peur, et sans d'éventuels amis pour l'épauler) sans rien faire. Je viens de partir de chez eux pour faire mes études, mais surtout parce que ça me détruisait de voir ma mère comme ça, et parce que mon père m'effrayait aussi. Peut-être est-ce lâche de ma part, mais c'est devenu insupportable. Ma mère est comme paralysée par cet homme, elle m'appelle souvent, en pleurs, pour me raconter ce qu'il lui fait. Et elle ne fait rien, malgré le fait que je la supplie de le quitter. Dès que je réussis à en parler, on me répond : "Mais il la frappe ? Non ? Bah alors ça va." Non ça ne va pas. Justement, s'il l'avait frappée ne serait-ce qu'une fois je serais allée le dénoncer à la police, et peut-être ma mère serait-elle débarrassée de lui à l'heure qu'il est. Les gens ne comprennent souvent pas que les violences psychologiques sont aussi graves que la violence physique, voire pire. Et c'est horrible de se sentir impuissante face à ce genre de situation.

    Alors, merci pour cet article et pour ce spot, que je vais montrer à ma mère en espérant lui faire prendre conscience de ce qu'il se passe dans son "couple". Je suis sûre que c'est une situation plus courante qu'on ne l'imagine. C'est important d'en parler.
     
    karine_tt et Cléo. ont BigUpé.
  12. Nadja__

    Nadja__
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    Miou.

    Oh que oui !

    Pour ma part, au contraire je n'ai jamais eu de mal à savoir à quel point il est facile de détruire quelqu'un simplement par les mots. Mon père a été victime de harcèlement au travail par son patron et il est tombé en dépression (depuis il a monté sa propre entreprise et la vie est belle). Quand chaque jour quelqu'un appuie sur ce que tu as fait mal (ou ce que lui considère comme mal fait) tu finis par appréhender chaque petit acte, tu t'attardes sur chaque détail.
    Une simple fois j'ai osé envoyer un sms à mon ancien copain pour lui demander quand il comptait rentrer et il m'a fait une scène de folie en me disant que je le fliquais (alors que je suis le degré zéro de la nana qui flique). Si un truc n'était pas rangé alors que l'appart était nickel, il me le faisait remarquer. C'est hyper insidieux et pervers et comme ça a été dit, tout ça est progressif.
    Accessoirement c'était mon premier petit ami et je ne savais pas du tout comme je pourrais vivre ailleurs, payer un loyer, m'occuper de notre chien, tout en étant étudiante. En plus de ce côté vicieux, on finit par lui trouver des excuses : un boulot très dur, une enfance difficile, un addiction au bédo (et finalement il prenait aussi de la coke et des trucs du genre), il avait l'impression que les gens avaient cessé de l'aimer. Et moi j'ai toujours eu une compassion monstre pour les gens, une envie d'aider à la con ...

    Ah et j'oubliais, un autre truc terrible : quand on couchait ensemble et que je jouissais avant lui, il me faisait culpabiliser en me disant que c'était toujours pareil. A l'heure actuel, j'ai toujours ce sentiment de culpabilité quand ça m'arrive (alors que c'est pas du tout un problème pour mon copain). Quand j'ai commencé à coucher avec mon copain actuel j'ai eu de bonnes grosses crises d'angoisses dès qu'il s'approchait de moi. Je n'arrivais plus à respirer. Mes fous rires se terminaient en crises de larmes.
    Et en couple je passe mon temps à m'excuser de tout.

    Comme @Nameo j'étais contente quand il sortait, je me sentais bien. Je me suis sentie comme dans un tourbillon une fois que cette relation s'est terminée (c'est lui qui m'a quittée). J'étais dans l'euphorie des retrouvailles avec moi-même, hyper heureuse et peu de temps après j'ai rencontré mon copain actuel (qui est une crème absolue).
    Le pire c'est que je ne manquais même pas de confiance en moi au début de notre relation, au contraire. Et maintenant je suis blindée, je ne manque pas de confiance en moi, je peux déplacer des montagnes. Je n'ai avoué tout ça en détail à ma mère qu'il y a deux jours.

    Accessoirement j'ai réussi à pardonner à mon ex et il m'arrive de lui reparler (et de lui dire clairement tout ce que je viens de dire ici). Pour l'anecdote, il a vécu une situation similaire ... mais inversée, avec une nana qui l'a traité de cette manière. Si ça c'est pas un retour de karma ...
     
    #12 Nadja__, 26 novembre 2013
    Dernière édition: 26 novembre 2013
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