J’ai aidé une victime de viol à briser le déni — Témoignage

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Une madmoiZelle, le 28 novembre 2014.

  1. Une madmoiZelle

    Une madmoiZelle
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  2. Grumpy

    Grumpy
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    <spoiler> Essai </spoiler>

    C'est affolant de se rendre compte qu'on ne peut rien faire pour les gens qu'on aime. Mais ta Marie va mieux alors c'est pas si pire :neutral: Faut tourner la page.

    Pour ma part j'ai le don de me trouver des amies au passé difficile, et en général quand elles vont pas bien ça me tombe dessus à moi aussi un peu avant ou après. Ça doit être parce qu'on est trop sur la même longueur d'onde...
    Mais je fais attention à me féliciter toujours pour ce que je leur apporte et à ne pas m'en vouloir pour le peu que c'est. On est des Madz mais pas encore des Déesses, on n'est pas omniscientes et nous aussi on a notre barque à mener!
     
    katnissvsw, Peaudouce et Miodvla ont BigUpé ce message.
  3. Tapioca

    Tapioca
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    -

    Ce témoignage m'a donné la chair de poule. Je n'ai jamais été dans ta situation, mais plusieurs de mes cauchemars ont pour sujet l'impuissance face à la souffrance des autres, c'est un sentiment très dur qui prend aux tripes.

    Ce que je retiens c'est que tu ne te pardonnes pas d'avoir été dans le déni. Certes ton amie a souffert, mais elle aurait souffert bien plus si tu n'étais pas intervenue. Tu n'as pas été formée pour reconnaître les "signes" et c'est normal que cela ait mis du temps, et tu n'as pas à t'en vouloir pour ça. Ton amie a pu se reconstruire, et c'est important ! Par ton témoignage tu vas sûrement aider indirectement d'autres madz dans ta situation. J'espère que tu finiras par te pardonner, car ce n'est pas à toi d'en vouloir, mais au violeur !

    Plein de câlins et de pensées pour toi et ton amie :hugs:
     
    Gwenh, JessFin, Peaudouce et 2 autres ont BigUpé ce message.
  4. Ely24

    Ely24
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    Ce témoignage est vraiment poignant, on voit bien que tu tenais vraiment à l'aider et je suis sûre qu'au final tu as réussis. Au moins, elle a su que quelqu'un savait, voulait l'aider. Par contre, je suis un peu "choquée" par la réaction de ta mère avec ses phrases : "Elle t’attire dans son mal. Elle te pollue dans ta tête. J’aime pas du tout cette histoire." ou encore "Si elle avait un cancer, tu ne pourrais rien faire pour la guérir. Tu pourrais l’accompagner, l’écouter mais pas plus : mais son mal ne serait pas contagieux, tu ne prendrais aucun risque." J'ai un peu de mal à comprendre... En quoi son "mal" serait contagieux ? Et le fait de dire "elle te pollue la tête" alors qu'en réalité elle ne dit rien, ne partage pas sa souffrance vu qu'elle est en déni.
    C'est assez violent comme réaction je trouve, si encore elle avait dit que tu devais demandé conseil à un professionnel, j'aurai compris mais là ...
     
    AlNova, yuyunaâ, Gwenh et 3 autres ont BigUpé ce message.
  5. Lilodo

    Lilodo
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    Just me

    Je confirme et plussoie l'avis donné par @puc.
    J'ai vécu le même traumatisme que Marie. Dans les 3 semaines qui ont suivi, j'ai pris une dizaine de kilos. Sur les mois suivants, en plus du stress et des angoisses, je me suis retrouvée couverte de verrues sur les pieds et d'eczéma sur le cuir chevelu. Ni mes parents ni mes amis ni les profs du lycée n'ont su lire les signes comme tu l'as fait avec ton amie.
    Ce que je peux dire, c'est que j'aurais aimé avoir une amie comme toi à ce moment là. Quelqu'un qui m'écoute, lise entre les lignes et comprenne. Tu n'as pas à te sentir coupable d'être passée par une période de déni. Ce n'est pas une situation facile à gérer. Tu as été là pour ton amie et je pense vraiment qu'elle ne t'oubliera jamais.
    On n'oublie jamais la première personne à qui l'on en parle ...
     
    Gwenh, JessFin, Peaudouce et 3 autres ont BigUpé ce message.
  6. Al

    Al
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    Je suis très touchée par ce témoignage. Les viols de mes amies ont bouleversé ma vie.
    Adolescente plusieurs personnes m'ont confié que ça leur était arrivé. Quand j'avais 14 ans je me suis trouvée dans la même situation que cette Madmoizelle, à poser les mots sur le malaise qui rongeait une amie très proche, « tu n'étais pas consentante, c'était un viol ».

    Je continue à vivre avec beaucoup de doute par rapport à cela : est-ce que j'ai réagi correctement, est-ce que j'ai été là quand il fallait, avec les bons mots, les bonnes actions, et sur le long terme ? Est-ce que je pouvais faire mieux, ou plus pour elles ? J'ai aussi longtemps culpabilisé d'avoir souffert « par ricochet » de ces viols.

    L'omerta sur les violences sexuelles est telle qu'il est difficile de trouver des conseils pour soutenir au mieux nos proches. Mon expérience rejoint aussi celle de la Madmoizelle : il est très compliqué de trouver des points d’appui, des conseils concrets pour agir au mieux.
    Beaucoup de personnes préfère faire l'autruche, y compris parmi les professionnels de l'enseignement et de la santé :facepalm: ( j'ai des anecdotes catastrophiques concernant des professeurs, infirmières scolaires, psychologues et psychiatres ...).

    En tant que proche de victimes j'ai été « lâchée dans le vide »: il était hors de question que je ferme les yeux sur ce qui était arrivé à mes amies, mais je ne pouvais pas non plus trouver de soutiens institutionnel pour m'aider à y faire face... bonjour le sentiment d’impuissance ! Après avoir été là, à l'écoute change beaucoup de choses (ce n'est pas moi qui le dit, ce sont mes copines:)).

    Plein de courage et plein de câlins à toutes celles et ceux qui sont confrontés au m***dier des violences sexuelles! On s'en sort!<3:hugs:
     
    katnissvsw, Peaudouce, Songi songi et 1 autre membre ont BigUpé ce message.
  7. Lilodo

    Lilodo
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    Just me

    Surtout qu'en ce moment entre les témoignages et les articles en appui, je trouve qu'il y a pas mal d'articles et témoignages sur le sujet qui sont mis en ligne.
    Et même si cela était fait par une personne proche de toi, en qui tu avais confiance, si tu n'étais pas consentante avec ton ex petit ami, cela reste un viol et fais de toi une victime certes. Mais si tu ne veux pas être qualifiée en tant que tel, ne te force pas :) Fais au mieux pour toi :) Courage :fleur:
     
  8. Cici22

    Cici22
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    J'ai moi-même été victime d'agression physique à caractère sexuel (même si ce n'est pas allé jusqu'au viol). Juste après que ce soit arrivé, j'étais tellement déboussolée que je suis allée à mon cours de danse, car je savais que j'y retrouverai mon amie, et que j'avais besoin d'une présence. Elle n'a pas vraiment voulu comprendre sur l'instant quand je lui ai lâché la chose, puis comme j'allais très mal (malaise), elle a fini par en saisir l'importance. Elle s'est mise à pleurer puis à me dire sèchement que je devais aller à la police ou qu'au moins je devais accepter qu'elle me raccompagne chez moi. Donc je me suis retrouvée, encore sous le choc de mon agression ayant eu lieu une heure plus tôt, à d'une part limite la consoler, lui dire que ça allait, et d'autre part me défendre puisqu'elle me "grondait". Oui on en était un peu rendu-là à ce moment précis. Cette confusion des rôles m'a fait mal. Mais soit, personne n'est parfait, je n'avais pas attendre de réaction idéale, et sur l'instant je n'étais pas à même de comprendre ce qui se jouait, tout cela, je le dis dans une analyse après coup. Mais j'avoue qu'un simple accueil de ma détresse, le simple fait d'être là, d'avoir des gestes et de mots "doux" m'auraient suffit. Les jours qui ont suivi, elle m'a envoyé un ou deux textos, mais jamais pour me demander clairement si j'allais bien par rapport à cette mésaventure. Je ne sais pas si c'était de la gêne, je crois qu'elle voulait se protéger, que ce qui m'était arrivée lui faisait trop peur. Mais moi, ça m'a fait souffrir, je n'étais pas contagieuse. Je suis une personne forte de nature, et je ne demandais pas grand chose, juste une présence, un soutien et la reconnaissance de ce qui m'était arrivé. Le simple fait de me demander si j'allais bien, si j'avais besoin de quelque chose, de parler ne serait-ce, m'aurait suffi (et même si j'aurais pu répondre à ces question que ça allait, que je n'avais besoin de rien). L'idée est simplement de poser la question pour montrer que l'on se soucie de nous. Je m'en suis sortie en en parlant à quelqu'un d'autre qui a simplement pris le temps de recueillir ma parole et de me partager son expérience. Ca a été salvateur et je ne remercierai jamais assez cette personne. Peut-être pense-t-elle qu'elle n'a pas fait grand chose avec nos deux discussions, mais c'est tout ce qu'il me fallait. Les gens pensent que les victimes attendent d'eux qu'ils agissent en Dieux, mais non, c'est se voiler la face et se trouver une excuse pour ne pas agir. Dire que c'est trop, que ça va au-delà de ses limites, et ne pas être en mesure d'être soutenant.

    Tout ça pour te dire que malgré ton impuissance, tu as été présente, tu as fait preuve d'attention et de sensibilité et tu as noté ce changement chez elle. Lui demander à plusieurs reprises ce qui lui était arrivé est déjà beaucoup, c'était une façon de la raccrocher le temps de quelques secondes à la réalité, à l'humain. Alors, la où d'autres n'en ont que faire de se remettre en question, persuadés qu'ils n'ont pas les moyens d'aider l'autre, et de se contenter de ce constat pour justifier leur inaction, toi tu as poussé un peu plus loin, tu as osé (oui, parce qu'on en est malheureusement rendu là aujourd'hui). Tu as essayé des choses, et c'est énorme. Crois-moi, c'est énorme. Merci pour elle. Je regrette simplement que tu en aies été affectée au point que cela atteigne ton propre bien-être psychologique. Tu n'es pas surhumaine, mais tu es déjà bien plus humaine que beaucoup. Bref, je ne peux que te souhaiter une vie lumineuse !:hugs::fleur:
     
    Lupka, katnissvsw, Peaudouce et 7 autres ont BigUpé ce message.
  9. Leeena

    Leeena
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    Bloup

    Bonjour à toutes !
    J'ai besoin d'un conseil par rapport à ce sujet, et je suis un peu perdue.
    Il y a quelques années une de mes amies a été victime de ce que je considère comme un viol. Elle m'en avait parlé à quelques mois après les faits, mais n'avait jamais utilisé le terme de viol. Elle en avait déjà parlé à ses parents parce qu'aux moments des faits, elle n'avait pas trouvé d'autres personnes avec qui en parler. Je sais que cette histoire l'a choquée sur le moment, mais elle ne m'en a jamais reparlé depuis. Je pense qu'à ces yeux, elle n'a jamais considéré ça comme un viol. Aujourd'hui elle va bien, mais c'est une fille qui a très peu confiance en elle et qui a souvent besoin de quelqu'un pour la rassurer. En lisant tous ces témoignages je me demande si elle a réussi à réellement oublier cette histoire et j'ai peur de lui en reparler de peur de raviver un mauvais souvenir .. Qu'en pensez vous ?
     
    yuyunaâ a BigUpé ce message
  10. Romilly

    Romilly
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    Süße Sopran

    Tout d'abord on n'oublie jamais un viol ou une agression sexuelle. On apprend à vivre avec, on apprend à supporter la douleur, on apprend à se reconstruire autour du traumatisme, mais on n'oublie jamais.
    Tu peux lui demander comment elle va, et en tant qu'amie lui dire que si elle a besoin de parler de ce qui s'est passé il y a des années, tu peux être cette oreille-là. Attention! Ne le fais que si tu es sûre de supporter. Ce n'est pas une honte ou un crime de ne pas supporter. Ecouter une victime, ça peut être très lourd à porter. Trop lourd. Si tu n'as pas les épaules, penses à TOI d'abord. Des fois il faut être égoïste. Mais si ça t'inquiète vraiment, ce que je comprends, tu peux lui rappeler discrètement ce qui s'est passé et essayer de voir si elle a vu un professionnel.
    Si elle a "oublié" et que tu lui rappelles de mauvais souvenirs, c'est que sa coquille de protection volera un jour ou l'autre en éclat. Autant qu'elle soit avec quelqu'un de confiance quand ça arrivera. Mais franchement, je dirai ne fais ça que si tu es une vraie amie, pas juste une bonne copine. Pour parler de ce genre de chose, il faut une confiance bien supérieure à celle de la bonne copine :)
     
    yuyunaâ, JessFin, Lilodo et 1 autre membre ont BigUpé ce message.
  11. Leeena

    Leeena
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    Bloup

    Merci pour ta réponse Romilly :) Cette amie vient souvent me voir quand elle a des problèmes. Et le fait qu'elle ait très peu confiance en elle fait qu'elle a souvent besoin de soutien dans tout ce qu'elle entreprend. Je pense que le jour où sa coquille cassera, elle viendra sûrement me voir, c'est pour ça que je me suis dit que je devais peut être lui en reparler.
     
  12. Jukeuh

    Jukeuh
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    Tombe amoureuse de personnages fictifs.

    Très bon article à mon sens, c'est vraiment bien de pouvoir lire ton point de vue et ton expérience, chère Madmoizelle, car on en entend que trop peu parler. Et une approche du déni que l'on voit peu souvent abordée aussi. :fleur: Et merde au déni !

    Oui, 100% d'accord, on l'oublie jamais, sauf quand on est dans le déni, justement.
     
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