J'ai découvert que j'étais surdouée à 29 ans — Témoignage

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Melissa, le 11 juillet 2014.

  1. Melissa

    Melissa
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  2. PepperH

    PepperH
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    C'est bien que cette madz ait réussi à mettre des mots sur ses soucis, c'était suffisamment dramatique comme ça...
    Moi ce sont mes profs qui ont suggéré à mes parents de me faire tester vers 12 ans, j'ai pu sauter une classe et sauver (en partie) ma santé mentale, parce que j'ai grandi en me sachant différente, et du coup je pense que j'ai réussi à gommer cette différence en grandissant, puisque j'en avais conscience.
    Pour les psys par contre j'ai eu l'attitude inverse, je me suis toujours sentie obligée de tout leur expliquer de peur qu'ils ne comprennent rien à rien (et ça s'est vérifié, c'était presque toujours le cas.)
    Donc c'est vraiment dommage pour l'auteure de l'article que ça ait mis tant de temps pour elle à se trouver, ça a dû être vraiment dur, et je compatis :)
     
  3. Barbie_Geekette

    Barbie_Geekette
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    Et bien moi c'était à 27 ans !

    Et comme je te comprend...

    Si j'ai toujours été bonne élève on a chez moi toujours insisté pour que je suive le parcours "normal", d'une élève "normale"... Est arrivé le temps des décisions d'orientation scolaire et chez moi le simple fait de faire un choix de scolarité était une source profonde d'angoisse... Ce sentiment de décalage permanent, cette hyper adaptation pour ne pas être trop décalée justement, cette hyper-émotivité, l'hyper-intuition aussi face aux gens et cette fatigue.... Je me suis euthanasiée pendant mes études j'ai fait ce qu'on attendait de moi, après une petite "rebellion" en refusant la prépa et son carcan et 2 ans de fac où je me suis enfoncée à ne rien faire, j'ai intégré Sciences Po en comblant mes parents, j'ai bouclé mes 4 ans d'étude, j'ai même fait un master mais j'étais paumée, lassée...

    Je passe sur mes problèmes de poids...

    J'ai travaillé à droite à gauche et puis un jour j'ai été voir une psy parce qu'on m'y a poussé après un choc affectif... Il a fallu environ 6 mois pour que je débloque quelques éléments, les 6 1ers mois j'ai fait du tourisme clairement à ne lui raconter que ce que je voulais... Et au bout d'un an, je suis arrivée dans son cabinet et sur le bureau il y avait le fameux livre de Jeanne Siaud-Facchin elle m'a lancé "Vous connaissez ? Vous devriez le lire..." Et me voici face à moi même et à une vérité aussi libératrice que difficile à intégrer, comprendre et expliquer... Test de QI, révélation profonde pour moi et en même temps l'impression d'une véritable croix à porter... Car je pense qu'on m'a toujours inculqué que c'était bien d'être intelligente mais ce mot "surdouée" c'est écrasant, il vaut mieux le taire et rentrer dans le moule...

    Alors je conjugue au quotidien, j'ai enfin trouvé ma voie professionnelle avec la certitude que je n'en aurai pas qu'une, j'apprend à lâcher prise parfois grâce à un mari extraordinaire qui me connaît mais tout n'est pas encore gagner et je sais que je lutte encore beaucoup et que je n'ai pas encore laissé tomber ma carapace (même physique) et que j'ai encore beaucoup de mal à en parler même à mes amis proches...

    Alors merci pour ton témoignage !
     
    luvahlala a BigUpé ce message
  4. tiny cherry tree

    tiny cherry tree
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    D'humeur poétique

    Je me reconnais tellement dans ce témoignage que j'ai l'impression que j'aurais pu l'écrire moi-même.
    Je me demande toujours pourquoi le diagnostique de précocité intellectuelle est si long et si difficile à poser... Tout comme l'auteur j'ai consulté de nombreux psychiatres et psychologues depuis ma plus tendre enfance mais aucun n'a jamais trouvé la cause de mes angoisses. Certains minimisaient totalement le problème. À l'opposé, plus tard, on m'a également posé un diagnostic de maladie mentale très lourd.
    C'est finalement mes parents qui ont compris tous seuls ce dont je souffrais. Je revois encore ma mère presque en train de supplier la psychologue de me faire passer le test... qui bien sûr s'est avéré concluant.
    Tout serait tellement plus simple si les psychiatres et les psychologues étaient mieux renseignés sur le sujet et plus aptes à poser des diagnostics précoces (sans mauvais jeu de mot... :rire:)
    Car je suis persuadée que cela pourrait éviter bien des problèmes dans la suite du développement de l'enfant.
    Ceci dit je trouve que ces derniers temps il y a une tendance inverse qui consiste à poser le diagnostic de précocité de façon pas toujours très justifiée... la faute probablement à une médiatisation croissante du sujet. On dirait que certains parents espèrent presque que leur enfant soit surdoué, si seulement ils savaient la réalité qui se cache derrière ce joli mot édulcoré... :stare:

    J'ai conscience que mon message est un peu contradictoire, mais ce que je veux dire c'est que clairement dans un sens où dans l'autre on se retrouve très souvent avec des problèmes de diagnostic.
    Et puis... après tout ce n'est qu'un mot. Certes on retrouve un fonctionnement cérébral commun chez ces personnes mais elles n'en restent pas moins des individus avec leurs propres traits de caractère et leur propre sensibilité. Ça peut paraître évident mais j'ai parfois pris part à des groupes de discussion où ça ne l'était pas (je tairai le nom de l'association en question).
    Je pense qu'il est important de se construire en ayant conscience de sa particularité (comme je l'ai dit plus haut ça me semble TRÈS important, voir essenciel) mais à côté de ça il ne faut pas se focaliser dessus et ne jamais oublier qu'avant d'être une personne surdouée on est surtout nous-même.

    En tout cas très beau témoignage et je ne peux que féliciter l'auteur d'oser se confier ainsi, je suis sûre que cela viendra en aide aux personnes qui traversent une situation similaire ! :)
     
  5. Fab

    Fab
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    Frisette Chefferie
    Membre de l'équipe

    Merci ! Mymy est en vacs, je la remplace avec l'aide de SPP et MC donc c'est un peu aléatoire, la correction cette semaine :d
     
  6. Volver

    Volver
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    Princesse Consuela Banana Hamac

    C'est un témoignage vraiment intéressant. Il me fait me demander au fond où est la frontière entre la ""normalité"" (guillemets puissance 10) et la surdouance.
    Je me reconnais dans certains traits décrits par l'auteur (hypersensibilité, empathie, le cerveau jamais au repos au point que ça puisse en être épuisant, bons résultats scolaires jusqu'à un certain point, j'ai également baladé le seul psychiatre que j'ai vu lorsque j'étais ado, et aussi un autre truc que l'auteur ne mentionne pas : mémoire à tendance hypermnésique du style je me souviens de plein de petits détails insignifiants de ma vie ou de celle des autres), mais je n'ai jamais été dans la souffrance, ou plutôt je l'ai été mais pas directement à cause de ces traits-là. Je veux dire, j'aurais pu vraiment vivre tranquille je crois si certaines choses ne m'étaient pas arrivées.
    Je ne pense vraiment pas être dans le même cas que l'auteur, donc, mais alors, où est la frontière ? Et y en a-t-il une, en fait ? Est-ce que c'est le test de QI qui permet vraiment de faire la différence ? Si l'on est "simplement" dans une souffrance similaire mais que le test ne révèle rien, est-ce qu'on est du coup seulement "catalogué" dépressif ou bipolaire ?

    Merci de ne pas citer :fleur:
    (et désolée je ne pourrai pas réagir ce week end mais je lirai les réponses avec attention)
     
    Svenjan a BigUpé ce message
  7. Brifon

    Brifon
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    Energie à revendre

    Ce témoignage fait beaucoup écho en moi, même si je ne pense pas être surdouée.

    J'ai un livre à conseiller, ça s'appelle "Petit livre à l'usage des gens intelligents qui ne se sentent pas très doués" (j'ai oublié l'auteur).
    Personnellement, ça a changé ma vie.

    Je ne pense pas être surdouée, mais disons que j'ai un fonctionnement cérébral "atypique".
    En fait, 70% de la population réfléchit avec son cerveau gauche.
    Les 30% restants ont une intelligence "cerveau droit", intuitive, TRES rapide. J'en fais partie.

    En gros, c'est une intelligence intuitive : on connaît la réponse, mais on sait pas pourquoi. Combien de fois, en maths, je disais "il faut faire une division", et lorsque le prof me demandait pourquoi, j'étais incapable de lui répondre... Et pourtant j'avais juste ! Combien de fois j'ai fini les phrases de mes profs de littérature aussi...
    Je savais où elles voulaient en venir, mais comment je faisais, je n'en savais rien...
    Les gens de ma classe me demandaient comment je faisais, et la seule réponse que j'avais à leur fournir, c'était "je sais pas". Et c'était vrai, je savais pas. Ca m'a valu pas mal d'inimitiés, on me prenait pour une fille froide, arrogante, qui voulait pas partager son savoir. Alors que je ne savais juste pas comment j'avais "deviné" la réponse.

    Les personnes cerveau droit sont en général affublés de ce qu'on appelle une "surrefficience mentale" : un cerveau qui mouline en permanence, sur tout et rien.
    Sur ce sujet, c'est la relaxation (exercices de respiration) qui a permis de calmer la machine.
    Ca plus une hypersensibilité à son environnement, pas facile à vivre donc !
    Personnellement, mon parcours de vie a fait que j'ai du apprendre à refouler cette hypersensibilité (mère dépressive, situation familiale chaotique etc). Ce n'est qu'aujourd'hui, après 4 ans de thérapie avec une sophrologue/relaxologue que j'arrive à accueillir mes émotions, ma grande empathie et mon hypersensibilité. Parce que c'est une force. Une fois qu'on arrive à gérer le flux d'informations, c'est un bonus extraordinaire.
    Voilà un petit lien pour comprendre l'hypersensibilité :
    (ici)

    Faut aussi savoir que l'hypersensibilité, ça plus la surrefficience mentale, ça implique une très bonne hygiène de vie : il faut s'offrir de fréquents moments de repos, de "coupure" sensorielle, sinon il y a surchauffe.

    Je me reconnais tellement dans ce témoignage : faire le caméléon parce qu'on se sent en décalage permanent, fréquenter des personnes plus âgées, prise de poids, soif d'absolu, très grande empathie, hyper "captation" des stimulus sensoriels, besoin de casser la routine...

    L'auteure du témoignage a un sacré cocktail qui font que je comprends tout à fait son vécu. Faut savoir que les enfants qui vivent dans un environnement insécure (parents alcooliques, dépressifs, violents, inceste, etc etc) développent ce qu'on pourrait appeler un 6ème sens (je suis dans ce cas).
    En fait, ces enfants ont pour nécessité absolue de capter au plus vite l'humeur des adultes présents. Dans certaines situations graves (un parent qui bat par exemple), c'est de la survie : plus vite l'enfant sait "à qui il a affaire", plus vite il peut s'adapter et "se blinder". Il développe donc une "sur-empathie", une forme d'hyper vigilance. Un peu comme le zèbre face à la lionne : si la lionne a le souffle régulier, pas de souci. Dès que la respiration de la lionne s'accélère, le zèbre détale. Il a du développer une sur-empathie lui aussi, afin de survivre.
    Donc le cocktail intelligence prodigieuse, sur-empathie suite aux années passées avec des parents dépressifs, non-assistance du système scolaire (je passerais là-dessus tellement ça me met en colère :bomb:) et cette hypersensibilité inhérente à un certain fonctionnement, il y a tous les ingrédients pour que si c'est mal géré, ça se passe très mal (cf. les tentatives de suicides).

    Par contre, je tenais vraiment à dire quelque chose à l'auteure de l'article (à part tout mon blabla ci-dessus :shifty:) : c'est que ce cocktail de traits de caractère, c'est une force immense. Tout ça, bien apprivoisé, ça va être un truc du feu de Dieu quand tu seras psy. Ca sera une force immense. La contre-partie, c'est qu'il faudra apprendre à bien se protéger face à la négativité que vont irradier les patients (la visualisation est très efficace pour ça). Faut pas prendre ton intelligence et ton hypersensibilité comme des boulets, ça n'en sont pas. Tu as juste un fonctionnement dit atypique (et sans être surdouée je suis à peu près dans le même cas), et ni le système scolaire ni les entreprises ne sont adaptées à un acabit comme le tien. En tant que psychologue tu vas te régaler, ce que tu avais considéré comme des boulets jusque-là vont se révéler des outils formidables, de véritables dons !
    Tu vas cartonner j'en suis sûre ;)

    PS : mon Dieu j'ai écris tout ça :yawn: merci à celles qui auront le courage de tout lire !
     
  8. Wallflowwer

    Wallflowwer
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    J'ai un ami qui a été diagnostiqué jeune (un peu avant l'entrée au lycée) surdoué. Il a mis beaucoup de temps à me l'avouer et j'ai été surprise de son sérieux au moment de me l'annoncer, je le voyais très ému, comme si ça changeait énormément de choses...
    Il a peu d'amis et est quelqu'un de "très prenant", je sais pas trop comment le définir... II a aussi une tendance à la déprime.
    On s'est disputé il y a peu parce que j'avais le sentiment qu'il m'étouffait, moi qui aime bien avoir mon propre espace de temps en temps, un peu genre loup solitaire.
    Quand je vois la description que fait cette mad sur les valeurs de l'amitié, je le retrouve tout à fait, cette loyauté, cette attente d'un même investissement de la part de l'autre... Je pense pas pouvoir supporter ça, personnellement et du coup je me demande comment réagir face à cela. C'est peut etre un peu brouillon, mais je sais pas comment agir avec lui, j'ai l'impression que le moindre reproche va le faire tomber en dépression, d'autant plus que si on ne se voit plus, il ne voit personne. Je lui ai proposé d'aller voir un psy, pour avoir qqn à qui parler parce qu'il me dit que c'est son gros problème, il a besoin d'avoir toujours quelqu'un pour parler, pour échanger, pour s'inquiéter de sa journée...
    Je sais que je peux paraître égoiste, mais je ne marche absolument pas à l'affect comme lui le fait et c'est qch qui me pèse énormément.
    Si vous avez des conseils, je veux bien les entendre :-)
     
  9. Mariemba

    Mariemba
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    C'est juste incroyable.

    TOUT COMME TOI !
    Sauf que ça a commencé à s'effondrer quand j'ai raté médecine. Trop de pression, trop de pensées, impossible de se concentrer. J'ai fait pas mal de séjours en psychiatrie, plusieurs tentatives de suicide ( une grâce à un homme également ), j'ai du voir aussi une bonne dizaine de psychiatres différents et on m'a également diagnostiquée bipolaire, à tord. ( Il faut dire que c'est vraiment une pathologie fourre tout -_-" )

    Pareil, j'ai rencontré une psychiatre qui change et a changé ma vie. J'ai arrêté les médicaments et je me suis mise aux fleurs de Bach, sous le conseil d'une autre spécialiste qui ma beaucoup aidée : une kinésiologue. Substances bien moins nocives que tous ces psychotropes, anxiolytiques et autres pilules de toutes les couleurs aux effets anesthésiants.

    Cette psy m'a également faite lire le bouquin "Trop intelligent pour être heureux " et pareil, je m'y suis identifiée. Elle m'a également proposée de faire le test. Le soucis est que j'étais encore sous traitement à cette époque, mes résultats étaient hétérogènes, mais la spécialiste en a déduit que j'étais bien une " zèbre ". ( Ce mot " surdoué " est limite stigmatisant, les gens se limitent aux plus basiques stéréotypes et raccourcis quand ils l'utilisent. )

    Pour moi, ce qui a été étrange avec ce diagnostique c'est qu'il a suscité chez moi plus de questions que de réponses. " Si tu es surdouée pourquoi tu t'es foirée en médecine ? Et pourquoi tu n'es pas devenu percussionniste solo au philharmonique de Londres ? "

    Ce qui est vraiment positif pour toi, chère auteur de ce ô combien intéressant et réconfortant article, c'est que ce diagnostique t'a clairement redonné confiance en toi. Tu as repris des études, tu as été rassurée sur ta santé mentale. Alors que pour moi ça a nourris mes regrets et mon incompréhension sur mes échecs du passé. J'avais en main un jeu plus que correct par rapport à la majorité, mais les émotions, le pathos, ont rendues toutes ces cartes bonnes à jeter pour la plupart.

    Bref, voici un aperçu de mon ressenti à propos de tout ça. Merci pour ce bel article, vraiment. J'aurai aimé en lire un comme ça il y a cinq ans.
     
  10. yannicke

    yannicke
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    :fleur: Ma surempathie et moi sommes très heureuses de la fin de cet article.

    Chez nous (Belgique) on dit HP, haut potentiel. J'ai trois cousins diagnostiqués et mes deux frères le sont sans doute. J'aurais aussi pu écrire ton témoignage, mot pour mot jusqu'aux antidépresseurs à 17 ans, et après un peu differemment (anorexie, angoisses fortes, hyperactivité, etc).
    J'ai encore glané qques clés dans ton témoignage, donc merci :) (en quête du bonheur absolu, c'est tout moi ça). 
    Ce qui est drôle c'est que ma surempathie a pas du tout été considérée comme un symptome, encore moins positif, par ma famille. C'est un poids mais aussi une aide, c'est très bizarre et encombrant. Je pourrais écrire un article là-dessus aha ! :d (et sur la manipulation des psys hrr hrr).

    Perso,mon meilleur ami est surement aussi HP et m'a filé un jour un bouquin "pour que je le comprenne mieux". Je lui ai rendu un peu dédaigneusement en lui disant que chacun pourrait se reconnaître dedans, qu'à ce compte-là moi aussi j'étais HP, et il m'a répondu "ben pourquoi tu penses que je te l'ai donné?".
    ça m'est resté dans un coin de la tête mais pas plus que ça. Je me disais que face à la brillance froide de mon frère, je n'étais surement pas HP. C'est l'an passé que mon psy (plus de 7 ans de cabinet au compteur béïbéï) me l'a dit en face, mais je n'étais tjs pas convaincue. Puis ma mère me l'a dit; on parlait de mon enfance et elle m'a parlé du fait que j'étais la coqueluche de la plupart de leurs amis. Je préférais trainer avec les adultes qu'avec leurs enfants de mon âge. J'étais une gosse "très bizarre et intéressante" :) Et là tout a fait sens, toutes mes bizarreries. Mais heureusement ça n'a pas fait plus que ça. Je crois que j'étais prête à l'entendre parce que j'étais enfin arrivée à ne plus vouloir être exceptionnelle, ce qui était un fardeau dont je n'arrivais pas à me débarrasser. Je voulais être paisible, dans la moyenne, je commençais enfin à trouver ma place et à accepter mon mode de fonctionnement. Le seul problème, c'est que j'ai une croyance énorme en l'être humain. Je déteste entendre "les gens ...."(sont cons/veulent du pain et des jeux/etc). Je pense par exemple qu'on nous désapprend à discuter, argumenter, vouloir agir en et pour la communauté. Et chaque fois qu'on me renvoie que je suis différente (ce qui paradoxalement m'arrive plus mtnt que je n'ai plus besoin de sortir du lot), y'a une sale voix qui me dit "et si c'était vrai? Si vous n'étiez qu'une fraction à ne pas vouloir du pain et des jeux?". Brrr.
    Attention, phrase hippie-ssime mais qui me paraît très adaptée; bonne continuation vers l'harmonie madz ! :)
    Merci encore pour ce témoignage.
     
  11. yannicke

    yannicke
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    ouh je suis désolée pour le pavé !
    et coté pratique: la sophrologie, le dessin et la danse m'ont beaucoup aidée :)
     
  12. Gwen Paine

    Gwen Paine
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    Bon soyons clair, que je sois surdouée ou pas, c'est pas la question qui me tracasse.
    Concrètement j'ai passé un test de QI à 12 ans, avec une psychologue au ras des pâquerettes de la profession. Bref, je ne suis pas surdouée d'après son test mais parce que je suis trop nulle en vision dans l'espace. Par contre sur son test, en culture G, à 12 ans, j'en faisais 20.

    Bref le test de QI m'a fait marrer à l'époque. Je ne dis pas qu'il est inutile mais en l'occurence, entre les mains de psy totalement nul(le)s...

    Après à 9 ans, j'ai baladé ma première psy parce qu'elle voulait que je dessine et que j'aimais pas. Elle me contrarié alors je lui dessinais des trucs que je voyais à la télé. Elle en a déduit que j'avais assisté à un meurtre en live. Ma mère était dépitée de voir que j'avais raison, ça servait à rien le psy.

    Après pour me fondre dans le moules, j'ai volontairement réduit mes capacités intellectuelles. Je ne sais pas comment j'ai procédé, mais à partir de la 6e j'ai simplement arrêté d'étudier tout court. Je veux dire : je ne lisais plus aucun bouquin de culture G ou autre hormis les livres obligatoires (j'adore lire), je faisais exprès de pas retenir des trucs. Et j'essayais au max de ne pas trop me faire remarquer en classe, en bon ou en mauvais. Ca a été crescendo, au point que le bac, on me l'a donné (10.2 de moyenne avec 5 en philo en L ... no comment, l'idée même me dégoûte, ce diplôme ne sert à rien).

    Bref, échec scolaire en gros, la fac a été un calvaire. Je ne suis pas surdouée je ne pense pas, mais je suis sûrement entre deux. Je le sais, je l'ai toujours su. Je ne m'en fous pas, ça n’a pas été facile à gérer, plus de 10 ans de dépression depuis le primaire, environ mes 8-9 ans, peut-être avant.

    A 20 ans, je suis allée voir une psychothérapeute (encore différent des psychologues). Elle a soigné en partie ma dépression. On n’a jamais abordé le sujet de la surdouance. D’autres problèmes étaient présents.

    Ce témoignage fait cependant écho, je me reconnais par certains aspects, pas mal d’ailleurs. Le parcours a été différent cependant.

    Mais la question ne me taraude plus depuis le test de QI. Je sais que je m’en fiche de savoir surtout ajourd’hui : j’ai trouvé ma place auprès de mon conjoint, les relations sociales sont pas toujours évidentes mais il est très bon pour me mettre à l’aise. J’ai trouvé aussi ce que je veux faire de ma vie. Ca prendra le temps mais je finirais par faire la formation que je désire pour faire le métier que je désire.

    Merci en tout cas pour ce témoignage, ça me fait un bien fou de lire ce genre de textes malgré ma réponse quelque peu acide, je dois bien avouer.
     
    Yoow a BigUpé ce message
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