J'ai fait une fausse couche — Témoignage

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Mayaserana, le 22 novembre 2013.

  1. Mayaserana

    Mayaserana
    Expand Collapse
    Si tu savais...

  2. helline

    helline
    Expand Collapse
    Cyan-Tiff-Hic

    J'avoue que je minimise un peu la fausse couche parce que ma maman et ma sœur en ont eu et que elles ont eu des enfants par la suite, et puis dans la famille on parle pas trop de nos sentiments et du coup j'ai jamais réussi à savoir si ça avait été traumatisant pour elles. Mais il y a un mois ma sœur en a de nouveau fait une et son copain n'était pas avec elle, elle avait juste son fils de 2 ans et elle habite loin de chez nous. Elle a du supporter ça toute seule et comme toi les médicaments n'ont pas marché donc ils lui ont fait un curetage.
    Je me sens coupable de pas arriver à lui en parler parce que je sais pas si elle en a besoin ou pas, je ne sais pas comment elle se sent.
     
  3. Cherubin

    Cherubin
    Expand Collapse

    Mais....
    On dirait un cauchemar... Un cauchemar dans lequel tu tiens un bébé mort dans tes bras et une foule autour te demande d'arrêter de faire des caprices, te demande ce qui ne va pas.
    Alors que c'est plutôt évident.
    Je te rassure, ça ne se passe pas comme ça dans tous les hôpitaux.
    Et j'ose espérer que la majorité des personnes comprennent ce que ça veut vraiment dire pour les parents, une fausse couche.

    Bon courage pour la suite.
    Et cette solitude que tu as éprouvée face à l'indifférence des autres montre que tu es quelqu'un de bien: la tristesse parfois est bonne à accueillir, ça veut dire que ton esprit nettoie sainement un événement traumatisant (ou qui peut l'être).

    :fleur:
     
  4. de.w

    de.w
    Expand Collapse
    Mélange instable

    Superbe témoignage, c'est pas facile d'en parler, on ressent une honte parfois. Je suis passée par là moi aussi, mais j'étais seule dans cette épreuve.

    La douleur physique est atroce, mais passe encore. Comme toi, j'ai du passer par la pilule.

    Pendant longtemps j'ai cru que je supportais bien cette épreuve, mais il y a un an, j'ai réalisé que c'était un gros traumatisme psychologique en fait. J'ai eu honte. Honte parce que je ne pourrai probablement pas être maman. Mais je commence à remonter à la surface maintenant.
     
  5. machmalow

    machmalow
    Expand Collapse
    Hey little fighter, things will get brighter.

    edit : en lisant le commentaire du dessus sur le fait de rêver d'être enceinte ... le truc trop CHELOU qui vient justement de m'arriver la nuit dernière et dont je n'avais jamais rêvé auparavant !

    C'est un article très intéressant car au final jamais je ne me suis posée la question de tous les détails "techniques" post-fausse couche ... mais bon dieu ce témoignage est vraiment poignant à lire, ça m'a tout l'air d'être une expérience atroce à vivre, comme il a été dit plusieurs fois physiquement et mentalement. Le seul point positif était visiblement que la jeune femme n'a pas traversé ça toute seule, par contre vive le soutien du corps médical ... qui ne m'étonne qu'à moitié --' .
    Tout ça m'a rappelé d'autres choses comme un couple que je connais vaguement qui eux ont donné naissance à un enfant complètement difforme, qui au final n'a survécu que quelques semaines. Je n'ose même pas imaginer le traumatisme et la douleur que ça doit laisser dans une vie.
    Et puis cela m'a aussi fait penser à l'avortement, comme dans notre pays il est légalisé, on a presque tendance à le banaliser (j'ai l'impression en tout cas). Mais que se passe-t-il le jour où on est physiquement face à ce dilemme ? C'est facile de se dire "dès que ça m'arrive, j'avorte, y a pas moyen que j'ai un gamin là tout de suite". Oui ce n'est qu'un embryon mais pour moi on tue quand même un petit être vivant, dès le moment où il est conçu. J'espère ne jamais avoir à faire ce genre de choix.

    Bref, la vie peut être tout aussi merveilleuse qu'immonde parfois, je soutiens de tout coeur cette madz dans cette épreuve difficile <3.
     
  6. salsifi

    salsifi
    Expand Collapse
    Guest

    Ce témoignage m'a beaucoup ému et me donne envie de t'envoyer plein de paroles et de câlins de réconfort :calin:

    Je sais bien qu'on minimise cette épreuve, ça n'en reste pas moins hyper douloureux lorsqu'on est concerné. Et deux mois de grossesse, c'est suffisamment long pour s'être imaginé tellement de choses avec des paillettes dans les yeux...

    Alors bien sur, c'est moins "grave" que de perdre son bébé à huit mois de grossesse, bien sur c'est moins grave que de perdre son bébé après sa naissance, bien sur c'est moins grave que la faim dans le monde... mais peu importe, je peux imaginer la douleur psychologique. Jamais je ne me permettrai de minimiser ce genre de choses...

    Je te souhaite plein de courage pour la suite (et plein de belles choses à venir)
     
  7. LilKitsune

    LilKitsune
    Expand Collapse

    Je ne peux que compatir à ta peine :sad:
    Les médecins ont tendance à oublier que derrière les problèmes de santé il y a un humain qui souffre, dans sa chair et dans sa tête. Des calins <3

    Edit: et non, c'est pas moins grave. Pour elle, c'est pas moins grave.
     
  8. Marcelline P.

    Marcelline P.
    Expand Collapse
    Aérodynamique comme une madeleine.

    @machmalow Je pense que la grosse différence avec l'avortement (ce qui rend aussi ce témoignage tellement triste) c'est que là, elle voulait vraiment cet enfant, il était attendu, tout était préparé. Je ne pense pas que l'avortement puisse être comparable : il peut y avoir un "regret" de l'enfant, mais pas un "deuil" aussi intense que celui qu'elle a pu faire.

    En tout cas, merci pour ce témoignage, je compatis vraiment...:tears: ça m'a tellement remuée ! Surtout que j'ai moi-même un corps assez fragile, j'ose à peine imaginer la douleur physique (qui, en plus, s'additionne à la douleur psychologique...) ; même si je ne veux pas d'enfant pour l'instant, et que je suis loin d'éprouver la même chose à la même intensité, je ne peux que te faire un gros câlin virtuel :jv:

    Quant au corps médical, c'est vrai qu'ils se mettent parfois tellement à distance de ce qui arrive aux patients que ça en devient déshumanisant et déprimant...

    Et on n'en parle pas assez non plus. Y'a même pas de cellules psy pour ce genre de trauma dans les hôpitaux ?
     
  9. Bloody Jack

    Bloody Jack
    Expand Collapse
    En lutte permanente.

    Ma mâchoire s'est décrochée en lisant la réaction des médecins. Et en même temps je ne suis pas si étonnée que ça. Le corps médical en France, c'est la roulette russe. Et vraiment tu n'as pas eu de chance.

    Pour moi ce que tu as vécu, c'est un double traumatisme : la perte de ton bébé dans sa globalité, de la nouvelle qui allait avec, la souffrance physique couplée avec la souffrance psychologique... Tout ça c'est un traumatisme et pas des moindres.

    Et l'absence de prise en charge des médecins, qui ne t'ont pas écouté, pas soutenu, qui ont minimisé ta douleur, t'ont laissé souffrir pendant plusieurs semaines (je suis pas gynéco m'enfin il me semble qu'on aurait pu te proposer l'aspiration plus tôt,  histoire que tu ne souffres pas gratuitement, sans compter la douleur psychologique qui doit être immense). Je trouve hallucinant également que personne ne t'ai (apparement) conseillé de voir un psy pour arriver à surmonter tout ça. Tout ça c'est un second traumatisme. Quand les personnes sensées t'encadrer avec bienveillance sont tout sauf bienveillant, C'EST UN TRAUMATISME.

    Donc il est normal dans ta situation que tu sois déboussolée, abbattue, triste, en colère. C'est bien la moindre des choses. Je trouve extrêmement courageux de ta part de venir témoigner ici, avec autant de franchise sur un sujet aussi tabou que celui-ci. Un grand merci à toi!


    Cela dit, tout cela est très récent, ces choses-là demandent du temps pour s'en remettre, mais j'en suis sûre tu t'en remettras. Je te souhaite beaucoup de bonheur et de bonnes expériences pour la suite. Merci encore pour ce témoignage. :fleur:
     
  10. salsifi

    salsifi
    Expand Collapse
    Guest

    Je me suis sans doute mal exprimée, mais mon idée était justement de dire que la hiérarchisation ne servait à rien, que les gens qui répondent "oui mais il y a pire" sont à côté de la plaque, ce qui compte au moment T pour une personne, c'est ce qu'elle ressent, sa souffrance est réelle, peu importe le reste...
     
  11. Galaadina

    Galaadina
    Expand Collapse

    Je suis désolée qu'au-delà de ta triste expérience, tu sois tombée sur des professionnels peu sensibles...

    Essaie (facile à dire) d'être indulgente vis-à-vis de tes proches qui te semblent distants : vu de l'autre côté, c'est très dur de savoir comme se positionner. Une bonne copine a fait une fausse couche tout récemment, à 3 mois et quelques de grossesse. Elle avait son petit ventre, avait vu son bébé lors de sa première écho, avec déjà tête, jambes, bras, elle était immensément heureuse et d'un coup... "Madame, le coeur de votre bébé s'est arrêté. Il est mort Madame." J'en ai pleuré pour elle, mais je ne savais que lui dire, j'avais peur que lui imposer mon réconfort, ma présence, moi maman d'un fils ayant "marché" du premier coup et enceinte d'un deuxième enfant également conçu en "one shot", lui soit trop pénible, presque déplacé. J'espère qu'elle ne pense pas que je m'en fous, que je n'ai pas eu mal, et continue d'avoir mal, pour elle.

    Lors de ma première grossesse, vers 1 mois de grossesse, j'ai ressenti de très violentes douleurs dans le bas ventre. J'arrivais à peine à marcher. J'ai pris un rendez-vous en urgence chez une gynéco que j'étais initialement censée voir une semaine plus tard. Elle m'a reçu... comme une chienne. M'engueulant d'avoir avancé le rendez-vous. M'auscultant sans précaution, me faisant très mal alors que je douillais déjà affreusement. Prétendant que mon dernier taux de hcg (hormone de grossesse) était trop faible, que je faisais une fausse couche et que "si tout le monde devait débouler en criant urgence pour ça, franchement, ça serait n'importe quoi". Elle m'a pris un dépassement d'honoraire (véridique) pour être venue en urgence avant notre rendez-vous prévu. J'étais tellement malheureuse et abasourdie que je n'ai même pas réagi. Puis elle m'a dit d'aller passer une écho aux urgences gynéco, "au cas où vous feriez une grossesse extra-utérine".
    Je suis allée comme un zombie à la clinique, qui n'a pas décelé de fausse couche mais m'a demandé de revenir une semaine plus tard pour voir l'évolution. Une semaine immonde, persuadée d'être en train de perdre mon bébé.
    Bébé qui a aujourd'hui 2 ans 1/2...
    Avec le recul, j'ai pensé à la manière monstrueuse dont m'avais reçu cette gynécologue. Pour moi, la fin a été heureuse, mais peut être a-t-elle déjà réservé le même accueil à des pauvres femmes qui au final ont vraiment perdu leur bébé. Je n'ose imaginer leur détresse.

    Certaines personnes ont du mal à comprendre... Pour eux, à un mois ou deux, le bébé n'en est pas un, c'est "un amas de cellule". Ils perdent de vue toute la projection mentale qui se construit quand on voit la ligne rose sur son test. Qu'on rentre dans la joie de se dire "nous allons être parents". Et que d'un coup, tout se brise...

    Plein de pensées à la Madmoizelle qui a écrit l'article et je te souhaite plein de chances pour une future grossesse.
     
  12. tarangol

    tarangol
    Expand Collapse
    c'est pas parce qu'on est une madame qu'on arrête d'être une madmoizelle Guest

    Je me rends compte en lisant ce témoignage que si je "savais" théoriquement comment se passait une fausse couche, en fait j'étais loin de me rendre compte de ce que c'est. Les "grosses règles" c'est une belle connerie à raconter qui ne prépare pas du tout à ce qu'une femme va vivre. C'est tellement dommage que le personnel des hôpitaux ne soit pas plus former à encadrer la détresse morale dans ces cas.

    C'est courageux de témoigner et c'est utile. Merci.
     
Chargement...