J'ai testé pour vous... être agent sanitaire en hôpital psychiatrique

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Camila, le 11 septembre 2013.

  1. Camila

    Camila
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    dans les montagnes canadiennes

  2. opheliie-3

    opheliie-3
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    Heureuse, simplement Guest

    Je suis ESI, en 1ere année, j'ai fait une année de PACES et j'ai passé le concours infirmier en parallèle, que j'ai eu donc. J'ai d'abord fait la PACES pour devenir psychiatre, maintenant je fait ESI pour bosser en psy.
    J'ai très envie d'avoir un stage en psy, et j'ai trouvé ton article intéressant. Je me suis beaucoup questionné sur les "troubles psychiques", le regard de la société sur ces patients et c'est ça qui me pousse a vouloir intégrer ce type de service.
    Ton témoignage m'a permis de voir sous un nouvel angle la profession en psychiatrie.  Merci :)
     
  3. Nasty Wasp

    Nasty Wasp
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    Mélange instable

    Un article passionnant. Merci :)
     
  4. Nasty Wasp

    Nasty Wasp
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    Mélange instable

    Elle parle uniquement de sirop à la menthe, pas de médicament. :d

    Globalement je comprends bien ton ressenti, même si je ne suis pas vraiment d'accord. J'ai trouvé ça bien dosé, pour moi elle en dit assez pour faire passer certains messages et nous donner un aperçu de ce métier (et de l'endroit aussi), sans tomber dans le trop plein de détails ou le misérabilisme.

    On voit à quoi ressemble le job dans ce lieu particulier. Parler plus des patients (ce qui aurait aussi été passionnant c'est vrai), ça aurait pour moi dévié du sujet de base.

    Mais je ne suis pas contre plus d'informations, ma curiosité est bien éveillée là. :)
     
  5. paulette_

    paulette_
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    Guest

    Article très intéressant.

    Je comprend la Madz qui aurait peut être aimé en savoir plus, mais en même temps ici l'auteure ne parle pas de choses qu'elles ne maitrisent pas (ce qui n'aurait aucun intérêt).
    Elle nous raconte son quotidien, dans cet endroit que beaucoup imagine comme étant rempli de "fous" (dans le sens qu'ils crient tout le temps, saute sur tout ce qui bouge,... Même s'il doit y en avoir (en période de crise ou autre), les avancées médicales et psychologiques permettent souvent de "calmer" ces personnes.

    Je trouve vraiment cet article intéressant; la vision d'une chose qu'on ne connait que très peu par une personne qui elle-même n'en est que peu proche au final..
     
  6. poppiz

    poppiz
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    mange des chats

    T'as pas tort mais l'auteure peut pas non plus faire un catalogue explicatif de l'hôpital psy:)

    Et puis les patients psy sont vraiment très très differents les uns des autres, plus que dans d'autres services "classiques" je trouve. Personnellement si je devais raconter ce que j'ai vu en HP j'en aurais jamais finis, tous les cas sont différents et les services aussi.
     
  7. LadyHana

    LadyHana
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    Vieille nouvelle

    Article intéressant! C'est cool que Madz propose des papiers de ce type sur des boulots auxquels on ne penserait pas comme ça :happy: Et d'une certaine manière, j'étais aussi surprise de voir que le contact avec les patients est aussi direct! Mais par contre, est-ce qu'on pourrait avoir plus d'information sur le boulot? Genre comment y accéder, s'il y a des conditions particulières, la paie...?
     
  8. Lotakida

    Lotakida
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    Roule une pelle a la vie

    @Cocomilie,si tu veux des détails trash sur la vie des patients en hp je pense que t'es pas sur le bon sujet. L'auteure décrit ce qu'elle voit à on niveau,une ash n'a pas les mêmes informations sur les patients qu'un(e) aid(e) soignant(e) ou un(e) infirmièr(e) et donc ça me semble difficile de dire clairement "mr machin est schizo et madame bidule est bipolaire avec des tentatives d'autolyse".

    Oui les patients en hp ont des troubles lourds,mais s'ils sont en service ouvert (comme cité dans l'article),en général c'est des gens en rupture de traitement qui sont là le temps d'être gérés,vu par les psy et tout le tintouin,ont leur refile leur traitement et ils repartent d'ou ils viennent. Je le sais,j'ai fait un mois de stage en service ouvert en tant qu'aide soignante. Alors oui,ils sont un peu plus "normaux" que ceux en service fermés que t'as peur quand tu rentres. (genre les gens sont dans des cellules avec le lit,lavabo et tout qui est soudé au sol,tu rentres pas dans la cellule et ya des caméras pour surveiller).

    Remarque,pas besoin de bosser dans un hp pour se rendre compte que certaines personnes qu'on peut croiser dans la rue sont pas toutes seules dans leur tête.
     
  9. Somethingiswrong

    Somethingiswrong
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    Ce témoignage est vraiment très intéressant!
    Sans vouloir offenser, je trouve ce que savoir un peu plus sur les patients est dérangeant. Je pense qu'il s'agit un peu de "voyeurisme", de curiosité un peu malsaine. L'intérêt de cet article est de montrer un point de vue à la fois intérieur et extérieur de l'hôpital psychiatrique. En effet, l'auteure est une agent, elle ne partage pas réellement de travail avec les patients mais passe son quotidien dans le même milieu qu'eux. Elle essaie surtout de nous montrer que les patients sont tout d'abord des personnes, qui sont ou ont été malades et briser peut être un peu les préjugés qu'on a pu avoir dessus.
    Et puis, je trouve ça vraiment enrichissant d'avoir un avis d'une agent! Il ne s'agit pas celui d'un psychiatre/psychologue, ni d'un ancien malade, ni d'une infirmière spécialisée mais une personne qui pourrait travailler dans "n'importe quel" lieu.

    Parcontre j'aimerais savoir pour @Ophéliie qui voulait devenir psychiatre, pourquoi n'as tu pas continué psychiatrie? (c'est mon rêve)
     
  10. PtitePlume

    PtitePlume
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    La réalité brute tu sais, il vaut mieux la laisser aux journaux, il savent très bien la mettre en lumière...

    Maintenant laisse moi t'expliquer le jour où tu arrives dans ce genre de services (ce qui peut arriver à absolument, absolument tout le monde)... Tu prends d'abord connaissance des lieux. Tu appréhendes. Tu as peur, c'est humain. Ensuite tu comprends, tu comprends que la vision de l'exterieur, on s'en fou. Tu es seulement un "fracassé de la vie" parmis d'autres "fracassés". Pas de "fous" et de "normaux", des gens malades, plus ou moins en phase avec la réalité, mais en grande souffrance, comme toi.

    Et là, truc impensable, tu t'adaptes. Tu vois des personnes et non des cas. Tu t'en fou de leur histoire, d'ailleur tu comprends vite que poser trop de questions c'est indécent. Et tous les ptis détails prennent leur importance. Des détails aussi anodins qu'un verre de sirop offert par une ash dans ce monde cadré en permanence.

    Je pourrais te raconter le glauque mais franchement ce n'est pas ce que j'ai retenu de mes quelques mois passés la bas. Pourtant tu n'imagine pas ce qu'on peut y voir. Je retiens le chat à qui j'avais le droit de faire des calins les soirs de blues, ce messieur muet qui m'a parlé un jour tout d'un coup, cette dame qui me donnait des carambars quand je pleurais trop. Les plus agés qui prennaient soin des plus jeune dans cet "jungle". Des échanges riches parmi le moins riche. Ces gens qui sont surtout dangereux pour eux même que la presse dépeint automatiquement comme dangereux pour la société. L'histoire de ces personnes, on la laisse au psy, avant, pendant et après.

     Pour le reste il faut le vivre, des détails glauques on en a des tonnes dans la têtes quand on sort de là, mais curieusement ce  n'est pas ce qui reste ; ) et je peux te dire que ce quotidien, les agents sanitaires y sont confrontés autant que les soignants, sinon plus ; ) c'est leur quotidien aussi ...
     
    #10 PtitePlume, 12 septembre 2013
    Dernière édition par un modérateur: 12 septembre 2013
  11. Illithia

    Illithia
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    Oh, la publication de cet article tombe à pic. Je viens de finir de bosser (un mois, job d'été) en tant qu'ASH en Établissement d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD, une maison de retraite quoi).

    J'étais principalement en psycho-gériatrie, et j'ai vraiment adoré travailler au près de ce public. Même si en tant qu'ASH au bio nettoyage les contacts avec les résidents sont malheureusement très minces et surtout très courts... Vue le nombre de chambre à faire, difficile de passer du temps avec les personnes, même si certaines aimeraient bien que l'on reste pour discuter.

    La psycho-gériatrie est un service fermé aussi, par des portes avec codes d'accès. Les résidents sont libres dans l'unité, mais ne peuvent en sortir sans être accompagnés. La plupart sont atteint de la maladie d'Alzheimer.
    Mon premier jour à été... étrange. Je me suis demandée où j'avais bien pû mettre les pieds. Entre la dame que je retrouve couchée par terre, sous son lit face contre terre et qui ne répond pas lorsque je lui demande si ça va ("oh mais non ahah c'est normal, elle aime bien se coucher comme ça, demandes lui de se relever" qu'elle m'a dit l'aide soignante quand j'ai accourue vers elle un peu paniquée) ou celui, avec la couche qui déborde qui propose à l'aide soignante venu le changer d'aller "faire un petit tour dans une chambre juste tous les deux, aller viens on s'en fout on le dira pas".

    Et puis je m'y suis attachée à ces résidents. Quand j'avais quelques minutes, je discutais avec eux, ou je les regardais. Parfois, certains m'ont serré mon petit cœur. Comme cette dame, à qui je nettoie la chambre, pleine de miettes et de graines jusqu'à ce que j'aperçoive la mangeoire à oiseau sur le rebord de sa fenêtre, et qu'elle me dise d'une toute petite voix "nourrir les oiseaux, c'est la seule chose de bien ici".
    Ou alors celui qui me demandait quand est-ce que sa femme (en réalité décédé) allait venir pour le ramener chez eux.

    Certains m'ont fait rire, comme celui qui le matin fait le loup garou en arpentant le couloir et en grognant "GGGGRRRRRRRR" puis s'arrête en faisant "AAAAOUUUUUUUUU".
    Ou celle qui enfonce un bout de bois dans la serrure de sa salle de bain, et à qui je demande gentiment "mais qu'est ce que vous faites madame Machin ?" et qui me répond en m'engueulant "Bha si j'le savais, j'vous le dirai !

    Mon expérience est pleine d'anecdote comme ça. Certaines tristes, certaines drôles, et certaines drôles et tristes à la fois.

    La blague préféré des ASH avec qui je travaillais était de dire "bon, avec tout le caca qu'on touche, on devrait jouer au loto".
    Au début je rentrais dans certains endroits en bloquant ma respiration, et j'évitais de regarder ce que je nettoyais. Et puis on finit par s'y habituer. Et par en rire. Comme le jour où en rentrant du boulot j'ai dit à mon mec "Après plusieurs semaines d'observation et d'analyse, j'ai enfin compris comment ils faisaient pour ne JAMAIS faire caca au milieu. C'est simple : quand tu deviens vieux tu as l'anus qui se décentre. C'est la seule explication".

    Bref, j'ai vraiment apprécié travailler avec ce public, à tel point que je pense axé mon travail de recherche universitaire dessus. En revanche le boulot au bio nettoyage, comme dit dans l'article est répétitif, fatiguant et physique. Et effectivement, les produits utilisés pour le nettoyage des sols et des surfaces sont ultra agressifs, malgré les gants... Direction le médecin qui après quelques jours m'a prescrit une crème aux corticoïdes au vue des cloques rouges que j'avais...
     
    #11 Illithia, 12 septembre 2013
    Dernière édition: 12 septembre 2013
  12. PetitePatate

    PetitePatate
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    Ces insomnies vont finir par me tuer...

    Témoignage très intéressant.
    Travaillant moi aussi dans le milieu hospitalier en tant qu'animatrice pour enfants dans les hôpitaux de Paris en tant que vacataire depuis bientôt deux ans, je comprends que certaines manquent de détails et d'approfondissement quant à ce que ça fait vraiment de bosser dans un tel milieu. Mais en fait, tu travailles avec des individus et tu oublies rapidement le cadre pour ne retenir que les personnes.
    La plupart de mes amis me demandent comment je fais pour passer toutes mes vacances dans cet environnement, comment je supporte de voir tout ces enfants malade, les voir mourir aussi. En fait, c'est simple, quand tu travailles dans le milieu hospitalier sans être directement infirmière ou médecin, tu oublies la maladie. Surtout dans mon cas, où mon rôle d'animatrice est justement de leur faire oublier l'hôpital.

    D'ailleurs, j'ai commencé à écrire un article sur mon expérience cet été. Mon job et mon vécu étant très différent de celui de Camila, cela vous intéresserait-il de le lire ?
     
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