J'ai testé pour vous... être la fille du patron

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Melissa, le 10 octobre 2014.

  1. Melissa

    Melissa
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  2. Amy-Amy

    Amy-Amy
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    Mélange instable

    Merci, merci, merci pour ce témoignage !!!! Parce que bon, oui, moi aussi je suis la fille... de la patronne !

    Tout comme toi, j'étais au chômage, et ma mère avait besoin d'une secrétaire à mi-temps (dans un premier temps) et comme je suis bonne en orthographe, et que je suis sa fille, elle m'a proposé un poste, que j'ai bien sûr accepté, sans trop hésiter !

    Par contre, contrairement à vous Melissa et Terra Incognita, ça ne se passe pas toujours bien et bizarrement, ce n'est pas avec mes collègues qu'il y a des problèmes, mais avec ma boss directement. Tout comme vous au début, je ne vivais pas trop bien le statut de "La fille de..." mais la plupart des secrétaires, je les connaissais depuis un bout de temps. Pour situer, le secrétariat de ma mère était au rez-de-chaussée de la maison, donc je descendais souvent la voir et sympathiser avec les nanas qui bossaient là, parce qu'elles étaient trop sympas, l'une d'entre elle est même devenue un temps ma confidente... à l'époque, j'étais encore au lycée, donc je lui racontais toutes mes conneries, qu'elle a toujours gardé pour elle (Agathe, je t'aiiiiime !!!!) !!!

    Avec ma mère, on a le même genre de caractère, donc quand ça pète, bah on ne se lance pas des paillettes et des bizous et de l'amour, ça non ! Mes collègues ont déjà assisté à pas mal de scènes (j'ai honte, rien que d'en parler.....), parce que, voyez-vous, il n'y a jamais eu de barrière entre le professionnel et le personnel. Je crois qu'on a essayé, au début, mais c'était trop difficile, et on n'y arriverait plus maintenant... Parce que, l'entreprise de ma mère, même si à la base, elle n'est pas familiale, ça reste "comme à la maison"... Elle nous chouchoute (quand elle est d'humeur), on a déménagé il y a 4 ans, pour intégrer une nouvelle maison dans laquelle on a posé nos bureaux, elle n'a jamais voulu travailler dans des bureaux froids et aseptisés, ça aurait cassé l'ambiance de travail...

    Outre le fait qu'avec ma mère ça ne se passe pas toujours très bien, il y a aussi le côté "Fille de..." et au début, c'était pas facile. J'essayais aussi de ne pas trop la ramener, j'ai toujours tenu à ce que je sois considérée comme les autres (et nous ne sommes pas très nombreuses)... Je pense qu'en 6 ans, j'ai réussi à faire comprendre à mes collègues (qui ne sont plus les mêmes qu'à l'époque de mon arrivée, sauf pour une) que j'étais au même niveau qu'elles, et que, pire encore, quand je faisais une connerie, je me faisais bien plus engueuler qu'elles (parce que ma mère voulait aussi montrer que je n'étais pas chouchoutée)....

    Alors certes, j'ai des avantages, j'en profite un peu (qui ne le ferait pas), mais je ne pense pas tirer sur la corde.... ! Je fais mon boulot comme tout le monde, je respecte mes horaires (j'ai un gros pb de ponctualité depuis toujours, mais je me soigne), j'assume mes erreurs, et je fais parfois plus que les autres, plus d'heures, plus de tâches, plus de responsabilités...

    Et puis, dans l'ensemble, je m'entends bien avec mes collègues. Je sais qu'on ne sera jamais amies, mais je m'en fiche, on se respecte, on ne se juge pas (enfin, je pense), on se marre bien ensemble aussi des fois, et on sait aussi se soutenir dans des moments un peu durs (trop de taf, ou simplement, gros coups de mou personnels)... Même si je sais qu'au fond, je serais toujours "La fille de...", j'ai quand même réussi à prouver que j'avais ma place et que, même si j'ai certains avantages, je me donne d'autant plus dans mon travail pour compenser, ça, elles en ont bien conscience...

    Pour finir, je ne pense pas que je resterais là. Ça fait 6 ans que j'y suis, j'ai fais le tour de mon travail (si si, je vous jure) et j'aspire à autre chose, j'ai des projets pour l'année prochaine, que j'espère concrétiser. Et puis, le plus important, c'est que ma mère est devenue plus souvent une patronne pour moi qu'une maman, que la limite n'est pas claire et que ça finit par peser sur nos relations. Alors je sais qu'un jour, j'arrêterai d'être son employée et redeviendrai uniquement sa fille, et ce jour-là, je me sentirai beaucoup mieux !
     
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