J'ai testé pour vous... la maraude auprès des sans-abri

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par aniochka, le 18 avril 2012.

  1. aniochka

    aniochka
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    Roule une pelle a la vie

  2. Aamu.

    Aamu.
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    L'Âme d'un dragon

    C'est un des nombreux projets humanitaires qui me viennent à l'esprit, merci du témoignage.
     
  3. Lenumaé

    Lenumaé
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    Musique Addict

    Merci pour cet article. J'imagine qu"en tant que mineure il faut que j'attende ?
     
  4. Palladium

    Palladium
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    Heureuse, simplement.

    J'ai envie d'envoyer 100 000 big up !
    Je suis carrément admirative devant ces bénévoles qui s'occupent des sans-abris !
    Je pense que je suis trop empathique pour faire ce genre de choses, mais j'aimerai vraiment beaucoup !
     
  5. Ineffable

    Ineffable
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    Act like a girl !

    c'est un très beau témoignage, j'ai des amies qui le font ici à Rome mais je ne me sens pas prète à rajouter la barrière de la langue à tout ça. J'ai aidé les restos du coeur avec ma MJC quand j'etais au lycée et je me dis souvent que je pourrais le refaire de ma propre initiative.

    J'ai énormement aimé la phrase que j'ai cité, elle me remet les idées en place, je ne suis pas une sans coeur mais je ne peux pas assumer la faute de tout le monde...
     
  6. caclue

    caclue
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    Si tu savais...

    Etudiante assistante sociale en formation, je bosse depuis le mois de novembre dans l'équipe de rue d'une ville de province. Nous sommes trois, un assistant social et un éducateur spécialisé à aller à la rencontre des personnes sans domicile de la ville. Comme la croix rouge, nous "maraudons", visitons les lieux fréquentés par les personnes (restos du coeur, places et rues populaires, squats...) et nous essayons de re-tisser un lien avec les personnes et de les entraîner dans une dynamique d'insertion.

    Je voudrais réagir car, en tant que future "professionnelle", ma vision est différente de celle des bénévoles.
    Tout d'abord car nous avons des formations qui nous permettent d'appréhender les difficultés des personnes avec plus de billes que des bénévoles qui, bien souvent peu ou pas formés, peuvent être démunis face à certaines situations (je pense aux nombreux refus des personnes d'être accompagnés, aux refus de l'hébergement d'urgence etc). Je voudrais dire à celles et ceux qui sont intéressés par ce genre d'initiatives de se protéger également, la rue est un univers hostile et si on est un peu fragile, on risque de se faire plus de mal qu'autre chose. Je vous conseille de lire des articles ou des bouquins, et plus particulièrement des auteurs comme Chobeaux, Declerck ou Damon. Mais ne vous jetez pas à l'aveuglette dans cette aventure (que perso je trouve passionnante, mais souvent très dure émotionnellement, comme confirmé dans le témoignage).



    Enfin je voudrais réagir à la "culpabilité" évoquée dans l'article. Personnellement, je ne vois pas pourquoi nous devrions nous sentir coupables de quoi que ce soit. Je ne crois pas que ce soit à nous, citoyens, de gérer la "misère" des sans domiciles fixes. Tout d'abord parce que nous ne sommes pas responsables de la mise à la rue des personnes, ensuite parce que c'est à l'Etat d'assumer sa responsabilité.

    Je trouve intéressantes des initiatives comme le 115 du particulier, mais je les trouve très très dangereuses :
    pour les accueillants : le public de la rue est difficile, souvent dépendants à des produits, avec des troubles psychiatriques, c'est très rarement l'image du bon pauvre oublié par la société. Franchement, accueillir certaines personnes c'est se créer des difficultés voire se mettre en danger.
    pour les accueillis : envoyer dormir des personnes chez des inconnus, c'est risqué, on ne sait pas ou ces gens vont, ce qu'ils risquent...
    pour la société : l'Etat cherche, de plus en plus, et notamment en supprimant des moyens dans l'action sociale (spécifiquement dans la réinsertion), de substituer à sa compétence les bons vouloirs des particuliers. Je crois que ça l'arrange beaucoup que les particuliers prennent en charge les SDF, que les associations les accueillent, mais surtout pas des professionnels formés (et donc payés). Les personnes hébergées par des particuliers ne sont plus comptées comme SDF (car elles ne font plus le 115), elles sont nourries par des anonymes, et ça, ça fait de jolies statistiques de réduction de la pauvreté qui vont permettre de fermer des centres, de virer des moyens.
    Le 115 du particulier est une illustration : pour pallier aux manques de l'Etat (qui ferme des centres d'hébergement etc.), ce serait aux citoyens de se mobiliser ? Si je trouve l'initiative louable, je ne suis pas d'accord avec ça, mobilisons nous pour des ouvertures de centres, de dispositifs, mais ne payons pas de notre poche ce que l'Etat doit financer !

    Bref, tout ça pour dire que j'admire le travail des bénévoles, aujourd'hui nous travaillons beaucoup avec eux faute de moyens, mais un bénévole ne remplacera jamais un professionnel, même avec toute la bonne volonté du monde.
    Et non, ne culpabilisez pas de voir des gens à la rue, c'est de la compétence de l'Etat de prendre en charge ces personnes, de leur trouver des logements, de les nourrir, de les soigner. Pas de la notre.


    manuuuuuue : en effet, mineure tu ne pourras pas participer. Mais en attendant, pourquoi ne pas te documenter, lire des bouquins, mater des films, rencontrer bénévoles et professionnels... ? Et quand tu te sentiras prête, tu pourras te lancer !
     
    Sur le fil a BigUpé ce message
  7. misscata62

    misscata62
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    Stressée à mort

    Etant moi même bénévole à la Croix Rouge je souhaite ajouter que les maraudes à Paris sont visiblement différentes de celles d'autres villes
    Personnellement je les fais à Reims, où on tourne d'Octobre à Mars.
    Concernant les propositions d'hébergement, nous n'avons que très très rarement la possibilité de proposer des places en hébergement, car ils sont tous blindés et il n'y a pas de place!
    Voila, sinon en effet, c'est riche de rencontres très intéressantes avec les personnes en rupture! Et la frustration de ne pas pouvoir faire plus est toujours présente!
    Pour terminer, s'il vous plait, pour les personnes dans la rue, en effet on ne peut pas donner de l'argent tout le temps et à tout le monde!Mais rien qu'un regard et un bonjour... c'est important! et c'est ce qui leur manque vraiment!
     
  8. sayurisaya

    sayurisaya
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    GameuZ en puissance

    Super article ! Je pense que c'est important que l'on fasse découvrir ce type de bénévolat aux gens car peu en sont informés ou peu y pensent d'eux même.

    L'article m'a donné envie de me renseigner, merci pour ces références littéraires, je vais regarder ça de plus près afin de ne pas y aller à l'aveuglette comme tu dis!
     
  9. Caliodë

    Caliodë
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    Oh Yeah !

    Merci beuacoup pour cet article. Mais tu piques ma curiosité, c'est quoi le 115 des particuliers ?
     
  10. Autrouche

    Autrouche
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    Mon sujet de TPE était justement sur les SDF, et c'était vraiment un sujet intéressant. J'ai lu les livres de Damon et Declerck entre autres et j'avais pu faire une sorte d'interview sur un jeune que je connaissais qui avait pu sortir de la galère.

    J'avais parlé de cette sans-abri qui habitait dans mon quartier Denise, la SDF aux 70 000

    Une des choses qui m'avait le plus choquée, c'était les mobiliers anti SDF genre ca http://http://chez-sophie.hautetfort.com/media/00/01/315280159.jpg, ou comme les sièges très espacés dans le métro, finalement personne ne s'en doute (ou alors j'étais trop jeune et naïve pour comprendre) mais c'est malheureusement bien pour éviter que les SDF ne s'y posent, et ce genre de trucs on en retrouve partout !

    Ah oui et aussi un des problèmes qui me vient à l'esprit, c'est le fait que beaucoup de SDF refusent d'être hébergés dans des centres parce qu'ils ont des chiens (ou autres animaux) et que ces bêtes ne sont pas acceptées dans ces centres (il me semble que seul 1 centre est habilité pour recevoir des animaux). Et comment voulez vous que des sans abri abandonnent les seules êtres qui ont de l'importance à leurs yeux ?
    Et bien sure tous les centres ou presque se trouvent à la périphérie de Paris, loin de tout et non dans Paris même (genre on les chasse puisque personne ne veut d'eux à côté de chez soi), je pense au centre de Nanterre. En plus de la saleté et des vols, les SDF préfèrent carrément passer la nuit dehors.

    Et pour finir, si je dis pas de bêtises il y a 200 000 sans abri en France, alors qu'il n'y en aurait que 1 000 en Angleterre (corrigez moi si je me trompe, je n'ai plus les chiffres en tête), mais quoiqu'il en soit la différence est énorme et l'aide de la France est donc TRES mal organisée.

    Ps : je voudrai rajouter que très peu de sans abri arrive à se sortir de cette situation et certains, malgré toutes les aides proposées ne veulent pas se faire aider et n'ont plus de contact avec leur famille et leurs amis.
     
  11. Angeluna

    Angeluna
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    GameuZ en puissance

    J'admire les personnes comme toi.

    Je sais pertinemment que je serai incapable de le faire car je suis trop sensible et que je risquerai de ne pas tenir le coup.

    Courage à vous
     
  12. SallyVonHolle

    SallyVonHolle
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    Psychedelic Mind

    Oui, et puis j'ai lu sur internet qu'il n'y en aurait que 500...non mais grosse blague. Depuis les mesures d'austérité, le nombre de SDF au Royaume-Uni a explosé. De plus, on en compte 40 000 rien que dans Londres !
    La différence avec la France, c'est qu'au Royaume-Uni, surtout à Londres, on chasse les SDF des villes. Les SDF "londoniens" sont juste "invisibles", car ils sont cachés, ce qui pour moi ne relève pas trop non plus d'une politique généreuse. Ils sont verbalisés s'ils dorment dans le métro, ou d'autres lieux publics. N'oublions pas que Londres est une ville ultra surveillée, qui est recouverte de caméras de surveillance, d'où la difficulté pour des personnes précaires de passer inaperçues dans un centre-ville.
    Alors même si la France a un taux supérieur de SDF et a beaucoup à apprendre de ses voisins, ne croyons pas non plus que c'est plus beau ailleurs.

    Edit: de plus, les SDF ne sont pas un groupe identifiable facilement quantifiable. Il y a de nombreuses personnes qui ont un travail, mais plus de maison, ou qui logent chez des connaissances, ou encore dans des hôtels. Ce sont des SDF aussi, sauf qu'ils ne connaitront peut-être pas l'expérience de la rue.

    Et sinon, je voudrais féliciter et montrer toute mon admiration à ces bénévoles qui font ces maraudes. Je ne connaissais pas bien ce type d'actions avant de lire un article sur ces rondes dans un journal local l'an dernier. Je réfléchis pas mal car j'aimerai m'impliquer dans une association/organisation de ce type, mais étant très sensible, je sais que cela demandera avant tout un gros travail sur moi-même...
     
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