J'ai testé pour vous... l'école Freinet

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Lady Dylan, le 24 janvier 2012.

  1. Lady Dylan

    Lady Dylan
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    Hazel Tellington

    Manabird a BigUpé ce message
  2. Lily Love Peacock

    Lily Love Peacock
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    Je suis un héros super.

    Chouette article ! J'aurais moi aussi aimé savoir comment s'est passée la transition avec le collège et un système éducatif totalement différent.
     
  3. Lady Dylan

    Lady Dylan
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    Hazel Tellington

    Effectivement, je n'ai parlé que du primaire, la description étant déjà assez longue. Complétons un peu, donc : le collège et la vie avec les autres.

    Pour ma part, la transition s'est faite en douceur puisque j'ai fait ma sixième dans la classe spéciale enfants précoces d'un collège privé. On y était très protégés, le seul changement ç'a été les notes et les devoirs et il parait que j'aimais bien ça (avoir des bonnes notes, ça aide), même si ça m'a filé un sacré coup de stress (et je n'étais pas habituée à apprendre par coeur). J'ai été plutôt avantagée par rapport aux autres élèves pour l'indépendance, j'avais moins besoin d'être encadrée. Après je suis allée dans mon collège de quartier, et j'ai plus retenu la violence des élèves que des problèmes pédagogiques. Le seul truc, c'est que j'ai plus tendance à parler franchement aux profs et à les remettre en question, donc certains n'ont pas apprécié.

    Pour les autres de mon école, la plupart ont dû bien s'adapter vu qu'ils avaient d'excellentes notes. Mon meilleur ami a commencé à avoir des difficultés parce qu'il est dyslexique, et qu'il aurait eu besoin d'un accompagnement qui continue à être personnalisé, mais je pense qu'il aurait quand même eu ces problèmes s'il avait été dans une école traditionnelle. Donc ça peut paraître assez angéliste, mais non je ne connais personne qui ait eu de grosses difficultés d'adaptation parce qu'il avait été dans une école Freinet.

    Pour la communication avec les autres... sur certains sujets, on sent de grosses différences. Par exemple dans mon école actuelle (journalisme), beaucoup d'élèves travaillent pour les notes, quitte à tricher, quitte à "bachoter" et tout oublier ensuite. Je travaille davantage pour les compétences en elles-mêmes (même si, avouons-le, mon ego aime les bonnes notes). Je n'aime pas trop la compétition, alors que certains professeurs (surtout au lycée) essaient de nous y pousser. Après j'ai eu de grosses difficultés d'intégrations, mais je pense que c'est plus dû à d'autres facteurs puisque ce n'était pas le cas d'anciens camarades de classe plus "conformes".

    Iaoranamoana : des écoles Freinet existent dans des quartiers défavorisés, et elles ont un très bon effet. Je suis justement en train d'écrire un article à ce sujet, je dois rencontrer lundi une de mes anciennes instits qui a ensuite travaillé en ZEP. Je t'enverrai l'article si ça t'intéresse. En attendant, il y a ce blog qui est intéressant, c'est celui d'une directrice d'école Freinet à Bobigny.
     
    Chess Fenrir et Dame Verveine ont BigUpé.
  4. EtrangeHiver

    EtrangeHiver
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    Thesis time !

    Super témoignage, je me demandais si de telles écoles existaient en France, justement. J'aurais vraiment été bien à l'école si j'avais eu accès à cette pédagogie. Je suis "surdouée" et le moule de l'école ne m'allait pas du tout, pas libre, trop contraignant. J'ai perdu beaucoup à cette époque...

    As tu lu "Totto-chan" ? Si non, je te le recommande, ca me fait penser à ton école.
    Totto-chan | Nipp-Hon : Le Japon en papier relié
     
  5. Lily Love Peacock

    Lily Love Peacock
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    Je suis un héros super.

    Merci pour ces précisions !
    Je ne comprends pas comment les écoles, collèges et lycées "classiques" peuvent prétendre vouloir apporter la même éducation et les mêmes connaissances à tous, en utilisant une méthode unique. C'est impossible.

    Ce système fonctionne pour de nombreuses personnes, il suffit d'être entouré à la maison, d'être assez docile pour rester dans le droit chemin et que tout se passe bien.

    J'ai l'exemple de deux de mes frères et moi. Mon grand frère est surdoué. Il a sauté une classe, tout se passait extrêment bien en primaire, au collège aussi et ce avec très peu de travail. Au lycée ça s'est compliqué un peu car les profs attendaient d'autres efforts de sa part. Le problème, c'est qu'il n'a jamais appris à travailler. Il a toujours eu des bonnes notes, donc les profs ne se sont jamais préoccupés de son cas. Il a fini par arrêter ses études car le moule qu'on lui imposait ne lui convenait et ne lui correspondait absolument pas. Il s'est retrouvé en total décalage avec l'absurdité méthodologique de ce qui lui était demandé et qui ne mettait en aucun cas en valeur ses compétences et ses connaissances.

    Histoire similaire pour mon petit frère mais qui lui avait de grosses difficultés d'apprentissage. Il a su parler tard, il a donc su lire et écrire tard. Il est aussi un peu en décalage avec la réalité et n'a pas suvi le même processus de sociabilisation qu'un enfant "normal". Il ne souffre pour autant d'aucun handicap et n'a ainsi droit à aucune aide particulière. En primaire, dans des classes surchargées, il a accumulé les difficultés et le retard. Au collège, il a été en classse SEGPA, où étaient mélangés les élèves ayant des problèmes de comportement et les élèves ayant des difficultés d'apprentissage. Il s'est fait bouffer par des élèves agités et violents et a fini par développer une phobie scolaire. (pourquoi ne pas faire deux classes séparées ? les problèmes à régler nécessitent des approches complètement différentes)

    Moi, à côté de ça, j'ai toujours bien fait mes devoirs, j'ai toujours eu de bonnes notes, écouté mes professeurs et continue mon chemin dans ce système scolaire imparfait mais dans lequel je me fonds sans problème.

    Le système classique est destructeur. Les classes sont surchargées, les professeurs sont débordés et il est impossible d'accorder assez d'attention aux élèves qui en ont besoin. On suit les meilleurs et les autres n'ont qu'à se raccrocher au wagon comme ils le peuvent.

    Le système Freinet redonne un peu d'espoir mais est encore trop peu connu. Et je pense que le nombre de place y est limité, non ?
     
  6. Lizett'

    Lizett'
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    Mélange instable

    Est ce que ces écoles sont les mêmes / ou quelque chose qui ressemble aux écoles Steiner?
    J'ai des amis qui étaient en école Steiner jusqu'au début de la terminale, et ils ont rejoint mon lycée pour ladite terminale, parce qu'ils voulaient se réinsérer dans le système "normal" pour pouvoir passer le bac et faire des études supérieures, et cetera. Et j'ai trouvé que c'était des gens très intéressants, avec une culture générale de malade, qui s'intéressaient à la politique, l'actualité, avaient une créativité débridée (pour les révisions du bac, ils ont composé des chansons avec le contenu des cours parce que ils apprenaient mieux comme ça). D'un autre côté, ils ont eu des difficultés d'adaptation, pour se mettre à prendre des notes à tout vitesse de ce que disaient les profs, pour recracher en DS nos cours d'éco ou de philo... En gros, c'étaient des gens super intelligents, mais ils galèraient niveau notes, parce que ils rentraient pas dans le "carcan" scolaire.


    Moi, petite, j'aurais aimé être dans ce type d'école, parce que j'étais un peu précoce (je crois pas que j'étais plus intelligente que le reste, mais j'étais éveillée, vive et je m'intéressai à tout), et je finissais toujours mes exos avant tout le monde, du coup mon prof de CE1 m'avait acheté un livre de 300 pages avec des exos de maths, et quand j'avais fini mon travail je devais faire des exercices du livre ^^
     
  7. Venom

    Venom
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    plus j'ai mal, plus j'progresse.

    Ah, l'histoire de ma vie! Je vais apporter ma petite contribution :')
    J'ai passé ma primaire dans une école Freinet. On était environ 45 élèves pour deux instituteurs: au rez de chaussée, il y avait grande section/CP/CE1 dans une même pièce, et idem à l'étage pour CE2/CM1/CM2.

    Je me rappelle que tous les matins à 8h30 on faisait une grande assemblée générale:yawn: on planifiait la journée, on écoutait la radio.. Après chacun retournait dans son coin et la matinée était partagée entre un cours avec l'un des deux instituteurs, et ensuite on faisait notre "Plan de travail". C'était une liste d'exercices à faire et à rendre sur notre "Cahier du jour" qui était ramassé et corrigé tous les soirs. On avait pas de notes mais des "Très bien";"Bien";"Juste";"Vu". (entre élèves, on comptait le nombre de très bien à la fin de chaque cahier et on faisait un concours.. :facepalm:).

    L'après-midi, on se réunissait d'abord pour le "Quoi de neuf?", c'est à dire que chacun, en gros, racontait sa vie. Que son petit frère avait vomi sur le chien, que sa maman attendait un bébé, quels cadeaux il avait reçu à noël (on pouvait aussi les apporter).

    Après, on faisait des "ateliers": tous les vendredis soirs, les élèves proposaient des ateliers: travaux manuels, jeux de sociétés... C'était nous qui choisissions quoi. Les travaux manuels étaient trop cools, on faisait des poneys en 3D, des peintures sur galets.. bref :')
    Un après-midi par semaine, on devait également travailler sur nos "enquêtes". On avait aussi le droit de les faire à deux, ou d'embaucher quelqu'un pour montrer les images pendant la présentation. On pouvait aussi faire des sketches, des mises en scènes.. c'était ultra libre quand j'y repense.
    On avait aussi EPS.. enfin on faisait jamais des sports normaux. Nous on jouait aux "crocodiles sur la butte"; aux "assassins voleurs" (jeu de rôle qui ressemble au loup garou"), à la balle au prisonnier, à l'épervier, au loup.. On faisait jamais d'endurance, de sports type volley, hand... (j'ai compris ma douleur en arrivant au collège!)

    On avait aussi un "tableau de responsabilités". Des élèves s'occupaient de nettoyer les pinceaux, de trier les feutres, de tailler les crayons, de noter les absents sur le registre d'appel, de remplir les pots de peinture, de ranger le matériel de sport..
    Le truc que je ne supportais pas, par contre, c'était le cahier de "Suggestions/critiques". Ok, c'est démocratique, mais on aurait pu l'appeler "cahier de délation".. On le lisait régulièrement devant tout le monde, et c'était souvent du style "William mange ses crottes de nez", ou "Jimmy est gros" :facepalm:

    Et on faisait des tas de sorties, et ateliers avec des intervenants: aider les grenouilles à traverser la route (...:yawn:), des arts du cirque, des cours de relaxation, imaginer les décors d'une pièce de théâtre, construire une mare pédagogique, faire des directs en émission de radio..

    Je dois dire que si cette méthode a convenu à Lady Dylan et à d'autres comme moi, ça ne convenait pas à d'autres élèves, qui étaient qualifiés de médiocres (dans le sens moyen, je précise), et qui se sont révélés excellents au collège. C'est comme avec la méthode classique finalement, ça ne convient pas à tout le monde. De plus cela inquiétait beaucoup de parents, et pas mal de mes petits camarades sont partis dans le privé.
    Mais bon, personnellement j'ai plutôt apprécié mes années primaire, et je m'en suis toujours très bien sortie par la suite. Après mes parents ont toujours vérifié mon travail en primaire, ça doit jouer aussi.

     
  8. Balkis

    Balkis
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    Je ne connaissais pas, et je me dis que ça m'aurait peut être aider. Mais bon je dois dire que pour moi la pédagogie actuelle dans les établissements publiques aujourd'hui est déplorable, que les jeunes sont stigmatisés par leurs professeurs... Pour ma part la 3ème et le lycée m'ont vraiment bourrée de soucis surtout avec l'autorité, et un peu comme une mad qui parlait de son ami, je suis incapable de travailler parce que j'ai toujours été très douée mais une année où le niveau à été baissé m'a fait perdre certain un rythme. La 3ème était horrible.
    Je ne sais pas si ce serait si compliqué de revoir l'éducation en fin de compte. C'est juste un autre angle de vue.
    Mais bon c'est vrai qu'on est dans un pays où le FN menace ... Alors c'est pas demain la veille que l'éducation va devenir compréhensive et adaptée aux multiples personnalités.
     
  9. Laurichou

    Laurichou
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    Besoin de rien. Envie de seske.

    Eh mais ce ne serait pas un équivalent à l'école Montessori? Le concept éducatif s'en rapproche vachement en tous cas!!
     
  10. Marie Obrigada

    Marie Obrigada
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    en construction...

    Certaines des choses dont tu parles ce font aussi dans les écoles traditionnelles (en tout cas j'ai essayé de le faire l'an dernier et je l'ai vu chez des collègues).

    Je trouve ça très intéressant. J'aimerais bien voir comment ça se passe concrètement sur le terrain et le travail de préparation des profs car quand j'étais prof j'ai bien essayé de m'adapter à chaque élève (on nous le demande) et j'ai laissé de liberté à mes élèves car c'est mon tempérament. Au final, je me suis fait débordée et renvoyée.
     
    Shurto et lolo13cle ont BigUpé.
  11. SallyVonHolle

    SallyVonHolle
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    Psychedelic Mind


    Même question ! Je gardais à une période les enfants de mes voisins, qui étaient suisses, et qui avaient fait leur maternelle et début de primaire en Montessori...Il me semble que c'est à peu près la même chose non ?! En tout cas ils n'ont pas eu trop de mal à s'intégrer dans leurs classes "traditionnelles" (le petit garçon était juste un peu turbulent car très vif et avec une réflexion très pointue, qui lui faisait finir ses travaux plus tôt que les autres, c'était un peu le clown de la classe, mais super brillant), et je n'ai jamais eu aucun problème pour les mettre au travail, ils aimaient faire leurs devoirs, le travail bien fini, se creuser les méninges etc, et je ne me suis jamais autant éclatée niveau jeux !
     
  12. Myniloly

    Myniloly
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    Who's that girl ?

    Très chouette article ! Vraiment bien écrit en plus =)
    Pour ma part, j'ai aussi fait mes études de primaire (et maternelle) dans une école alternative. Ma mère y était enseignante, elle en est aujourd'hui directrice. La différence près c'est que la mienne était publique...Donc ma mère doit faire face à beaucoup de contraintes, pour énormément de gens, enseigner sans notes c'est impossible >< J'avais aussi les conseils de coopérative, et tout un tas de trucs chouettes qu'on ne trouve pas forcément dans les autres écoles primaires. L'ennui c'est qu'en sortant, les gens avaient beaucoup trop d'à-priori sur nous. Plusieurs professeurs se sont amusés à nous rabaisser, moi et mes camarades : j'avais d'excellentes notes, mais l'un de mes amis se débrouillait beaucoup moins bien. Je me souviens avoir vu ma prof de français de 5em brailler "mais qu'est-ce qu'on vous a appris dans cette école ?!" Pauvre arriérée va. Mais je suis vraiment contente d'avoir étudié dans cette école parce que ça m'a ouvert l'esprit, et je suis aussi très fière qu'aujourd'hui encore ma mère se batte contre le système classique.
     
    PetiteMénade et petitegazelle ont BigUpé.
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