je n'arrive pas faire mon deuil

Sujet dans 'Blabla Général' lancé par persepolis, le 5 avril 2017.

  1. persepolis

    persepolis
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    Salut à toute,
    Je sais pas vraiment si c'est le bon forum pour écrire ça, mais j'ai personne à qui confier ma situation alors je tente ma chance...

    Celles qui n'ont pas le courage de lire, zappez jusqu'à la partie en rouge ;)


    Ma grand mère est décédée il y a exactement 1 semaine. C'est elle qui m'a élevé. Elle était stricte et sévère avec moi, pas très affective ni démonstrative et même si je lui en voulais pour ça pendant mon adolescence, ces dernières années je ne lui en voulais plus du tout.

    Ce jour là je suis sortie, chose rare ces derniers temps je préférais rester à ses cotés.. elle s'est effondrée, direction l'hôpital, c'est un AVC.
    Elle y est restée deux semaines, un jour l'interne m'appelle de bon matin parce quelle "va mal" et une fois arrivée (15 min) il se trouve qu'ils l'ont déjà débranchée, je ne m'y attendais absolument pas en entrant dans sa chambre. Il était 9h, mes proches sont arrivés à 12h, j'ai énormément pleuré, durant tout ce temps je me suis sentie seule comme jamais cela ne m'étais arrivée. J'ai du prévenir tout les membres de ma famille 1 par 1. J'ai vu la douleur sur leur visage, les larmes.

    Elle a été enterrée deux jours plus tard. Je suis de confession musulmane et les funérailles ont duré 3 jours officiellement, mais 1 semaine tant il y avait de monde qui la connaissait, je précise parce que tout ce monde et ces préparatifs pour les accueillir nous ont empêché, ma famille et moi, de nous morfondre, nous étions très occupé et j'étais très angoissée car ma plus grande peur était de voir mes proches s'effondrer alors je n'ai jamais pleuré devant eux, je voulais les soutenir à chaque seconde.


    Le problème est que maintenant 1 semaine plus tard, je ne réalise pas qu'elle soit décédée. Je n'arrive plus pleurer tant j'ai cette idée irrationelle qu'elle n'est pas vraiment morte, mon cerveau est persuadé qu'elle va revenir, elle qui avait l'habitude de partir de longs mois en vacances. Je suis certaine qu'elle va revenir, j'ai une boule dans la gorge parce que je n'arrive plus pleurer. J'ai l'impression d'être dans le déni. Je vais au cimetière mais je n'imagine pas son corps, je ne vois que de la pierre alors que je l'ai vu dans son cercueil : l'image me hantais les premières nuits tant son visage ne ressemblait pas à celui qu'elle avait de son vivant. J'étais face à elle mais ce n'est pas elle que je voyais.

    D'autre part je suis extrêmement en colère après elle, en colère comme si elle nous avait quitté de son plein gré, abandonné, en colère parce que malgré mon jeune âge personne ne m'a soutenu dans cette épreuve, j'ai assisté à son dernier souffle, je suis restée de longues heures seule, ça a été ma première rencontre avec la mort et j'aimerai que quelqu'un se rende compte de l'expérience traumatisante que cela a été pour moi. Je suis en colère après tout et tout le monde, aucune envie d'être gentille ou polie, seulement extrêmement agressive.

    Aussi, j'ai complètement zappé de ma mémoire tout le déroulement de mon arrivée à l'hôpital, la réaction de mes proches, la peine et la douleur, comme si j'avais perdu la mémoire.




    Merci énormément à celles qui auront le courage de lire jusqu'ici, passez une belle journée et prenez soin de vous <3
     
    ParasitA, Biousse, Pau La et 4 autres ont BigUpé ce message.
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  2. Neythli

    Neythli
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    Bisous

    Je suis vraiment désolée pour ce qu’il t’arrive . J’ai perdu ma grand-mère au mois de mars, je sais donc la douleur que ça représente ... j’espere Que depuis avril tu vas un peu mieux, ce genre de claques qu’on se prend nous marque à tout jamais, nous fait vieillir prématurément... le deuil passe par plusieurs phases (j’avais lu un article dessus), et la colère , l’anéantissement en font partie. Peu à peu on réalise et on s’apaise , même si la douleur reste . Le temps fera son effet et calmera un peu ta peine même si elle restera au fond de toi. Repense aux bons moments , aux souvenirs... et encore une fois courage
     
    Auburn a BigUpé ce message
  3. adita

    adita
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    Dans le game en claquettes

    Auburn a BigUpé ce message
  4. GoldLion

    GoldLion
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    Hello,
    C’est que mon expérience, donc Ça vaut ce que ça vaut...
    Une semaine, c’est si peu, il faut te laisser le temps, et ne pas te dire que tes réactions sont anormales, tant que tu arrives encore à ressentir quelque chose.
    Une semaine après la mort de ma sœur, je crois que je ne m’en souviens même plus. Tout était flou, le temps a commencé à passer différemment à partir de cette époque. Ça fait un peu plus d’un an et demi maintenant, et je ne comprend toujours pas qu’elle n’est plus là, et pourquoi. Et je me souviens très difficilement des jours, ou des mois après son enterrement.
    C’etait loin d’etre la première fois que j’etais face à la mort, au corps sans vie de personnes que j’aimais, jamais autant sans doutes, tout ça pour dire que première fois ou non, ta réaction est légitime. La mort change les traits, rien ne nous prépare à ça. Aucun enseignement hors médecine, aucun film ou série ne montre un corps sans vie tél qu’il est en réalité. Ça peut être un choc terrible, je comprend ce que tu ressens. Mais ce qu’elle était est bien plus que cette dernière image, moi j’essaie de me souvenir d’eux lorsqu’ils souriaient quand ces images me hantent.
    Tu as le droit d’etre en colère, c’est legitime, ou d’etre perdue, effrayée, vide, mais aussi heureuse, surprise, confiante... ça reviendra.
    Le déni on en sort quand on est prêt à encaisser je pense. La colère sert à tenir, c’est toujours utile tant qu’elle ne détruit pas tout ce qui est autour.
    Sans cette rage je crois que je serais en miettes, personnellement.
    Faut se laisser le temps. Et ne pas avoir honte de sa peine, elle est légitime... ce qui est complexe c’est que on vit avec nos souvenirs, dans un temps qui s’est arrêté, au milieu de gens pour qui tout continue. Alors ils compatissent avec toute la candeur de ceux qui ont encore étés épargnés. Si ils deviennent trop énervant on peut leur dire, mais aussi se dire que cette innocence qu’on perd avec ceux qu’on aime est une chance, dont on a bénéficié un jour et dans laquels ces gens vivent encore. Ils ne comprennent pas, et tant mieux pour eux... seulement on peut leur dire quand ils brisent ce qui reste de notre patience ou de notre cœur.
    Bon courage à vous.
     
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