"Je ne veux pas d'enfant", la lettre ouverte pour le droit à la stérilisation

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Sophie Riche, le 2 avril 2012.

  1. Sophie Riche

    Sophie Riche
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    Giddy goat
    Membre de l'équipe

    Khimeira a BigUpé ce message
  2. Nat-sans-H

    Nat-sans-H
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    36 15 My Life

    A 31 ans moi-même, je sais depuis quelques années déjà que je ne veux pas d'enfants.

    Pourtant, en tant que "nullipare", j'ai du consulter pas moins de 3 gynécos avant de pouvoir me faire poser un bête stérilet. Alors pour la ligature des trompes, j'imagine même pas...

    Une de mes amies a 3 enfants : une grande fille, et des jumelles. Après son dernier accouchement, elle a demandé à son gynéco une ligature des trompes. Réponse du gynéco : "non, mais vous êtes encore jeune, vous pourriez vouloir d'autres enfants, un garçon par exemple. Et puis on ne sait jamais, si vous quittez votre mari et que votre nouveau compagnon veut des enfants ?" (Notez qu'elle est mariée avec le père de ses filles et très heureuse !)
    Quand elle m'a raconté ça, je suis tombée de ma chaise...
     
  3. Caliodë

    Caliodë
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    Oh Yeah !

    Je comprends l'argument du "mais et si tu changes d'avis ?" et ce autant pour les femmes que pour les hommes. C'est le discours que je tiendrais probablement à une personne de mon entourage (de moins de 40 ans ^^) souhaitant faire ça.
    Mais je sais que mon avis n'a pas de raison d'être meilleur que celui d'un(e) autre. Alors si ces femmes veulent se faire opérer, je pense qu'elle en ont le droit, et qu'elles devraient pouvoir le faire.

    Au fond, c'est comme les changement de sexe, l'avortement ou la chirurgie esthétique, tu n'as pas la possibilité de changer d'avis après. A chacun de prendre son choix après grande reflexion.
     
  4. Faith.

    Faith.
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    A perdu la foi.

    Qu'est-ce que ça peut leur faire ? Si la personne est suffisamment renseignée, et qu'elle reste décidée, je vois pas où est le problème.

    Que ce soit l'IVG, la chirurgie, les tatouages, c'est irréversible (ish), si la personne regrette malgré le fait d'avoir été conseillée par des professionnels et avoir eu un délai de réflexion, c'est "son problème" si j'ose dire. Les médecins ne connaissent pas leur patient intimement, y'a aucun problème éthique par rapport au fait de ne pas désirer d'enfants, jamais, et pourtant c'est toujours aussi mal vu.

    Depuis quelques années, je sais que je ne veux pas d'enfants, c'est pas un caprice de gamine, et pourtant PERSONNE ne veut le comprendre. Quand je le dis à mes potes, ils se foutent de ma gueule parce que j'ai pas trouvé le bon, ils essayent de me raisonner blabla. Bah non, j'ai juste envie d'adopter, et certainement pas me balader 9 mois avec un bébé dans le ventre.

    Y'a une phrase qui circule sur le net qui concerne les tatouages mais qui peut être relatif à tout le reste "tattooed people don't care if you're not tattooed".
     
    Khimeira et Odd-Key ont BigUpé.
  5. zoui

    zoui
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    Heureuse, simplement

    Je connaissais déjà ce problème car sachant déjà depuis plusieurs années que je ne voudrai jamais d'enfant, je me suis renseignée sur la stérilisation... Pour le moment je suis sous pilule, depuis plusieurs années maintenant, et j'ai peur de passer toute ma vie à prendre ces comprimés pour ne pas avoir d'enfant...
    Pour l'instant je continue à la prendre sans trop d'appréhension mais d'ici une petite dizaine d'années, je sais que j'aurai à me préoccuper beaucoup plus sérieusement du problème, et je sais d'avance que ce ne sera pas une partie de plaisir.
    Non nous n'avons pas encore gagné le droit de disposer de notre corps
     
  6. Myschka

    Myschka
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    Connasse cynique

    Ah, ben tiens. Justement, on parlait non-désir d'enfants avec une copine récemment.

    Comme l'auteure de la lettre, j'ai 32 ans, et je ne veux pas d'enfants. Ou du moins, je n'en veux pas que j'aurais enfantés moi-même.

    Pourquoi ? bon, déjà, l'instinct maternel, c'est pas quelque chose qui me parle, et à mon âge, a priori c'est pas maintenant que ça va me prendre. Ensuite, il y a beaucoup d'orphelin(e)s partout dans le monde qui ont besoin d'une famille. Idéologiquement, ça me paraît plus juste d'offrir sa chance à un gosse qui est déjà né et qui est mal parti dans la vie.

    Après, mon traitement pour la SEP m'interdit de tomber enceinte tant que j'y serai soumise. Or, décider d'avoir un mouflet, ça impliquerait d'arrêter le traitement, avec un risque qu'à la reprise, il ne fonctionne plus, ou moins bien, ou que je fasse une réaction de rejet. Ensuite ce traitement a des effets secondaires potentiellement mortels, on revient à l'idée qu'il y a déjà suffisamment d'orphelins dans monde comme ça. Accessoirement, si le traitement ne fonctionne plus, je ne serai plus en mesure de m'occuper du dit gamin (ou beaucoup moins bien, passer 50% de son temps à l'hosto j'ai connu, on peut pas dire que ce soit l'idéal).

    Au début c'est sûr, ça m'a pas fait plaisir, parce que ça me fermait une porte, pour reprendre l'expression de l'article. Sauf qu'au fil des années, je me suis aperçue que cette porte, j'avais pas spécialement envie de l'ouvrir.

    Cette lettre me touche parce que, sans aller jusqu'à la stérilisation définitive, je n'ai pas encore trouvé le ou la gynéco qui soit capable de comprendre que je ne veux pas me reproduire.

    J'ai voulu un stérilet, on m'a dit que comme j'étais nullipare, c'était une mauvaise idée et le seul qui a accepté de considérer l'idée a fini par refuser en argumentant que mon col était trop serré (j'ai dû subir trois avortements - j'y reviendrai - j'aimerais qu'on m'explique comment je peux être trop serrée, hein).

    Je prends la pilule en continu pour éviter d'avoir mes règles parce que mêmes les règles artificielles sous pilule sont extrêmement douloureuses pour moi (et que je vois pas l'intérêt de faire semblant d'avoir un corps capable d'enfanter alors que c'est juste un simulacre dû à des hormones de synthèse...perso ça me fait pas sentir plus femme si je les ai ou pas)...et je me fais engueuler parce que je prends "mal" mes comprimés. N'importe quel médecin honnête dira que les règles sous pilule ne servent à rien, mais pourquoi me donner le contrôle sur mon propre corps, hein...

    Résultat, je suis tombée enceinte. Trois fois, dont une sous préservatif (non percé, date de péremption non dépassée), une après déchirement du préservatif et prise de la pilule du lendemain dans l'heure qui a suivi l'accident, et une troisième sous patch contraceptif. Et comme je ne peux pas être enceinte sous traitement, j'ai dû avorter. Avec ce que ça comporte comme culpabilisation de la part des médecins, et comme douleur sur le corps. Super, quoi.

    Si j'avais pu choisir mon mode de contraception en fonction de ce que moi, je voulais, je ne sais pas si je serais passée par tout ça.

    Finalement, plus que le droit à la stérilisation ou le droit de ne pas vouloir d'enfants, le fond du problème réside bien dans le droit à disposer de son corps, et c'est un sujet bien plus vaste, ce que l'auteure de la lettre a très bien résumé dans sa conclusion.
     
  7. Black Mamba

    Black Mamba
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    Meurs, pourriture communiste.

    Avoir des enfants n'est clairement pas dans mes perspectives d'avenir, mais je ne pourrais pas aller jusqu'à cet acte définitif. Car oui même si on est sûr de soi on est jamais à l'abri de changer un jour d'avis, puis me savoir stérile serait un peu difficile psychologiquement.

    Mais par contre, si une personne le veut véritablement je trouve ça dingue que les professionnels de la santé le lui refuse.
     
  8. Akela

    Akela
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    Adooore les sushis

    L'article mis en lien est vraiment intéressant !

    Par contre je ne suis pas du tout étonnée. Pas le moins du monde. Je suis déjà tombée sur 2 médecins (au Canada) qui ont essayé de me faire renoncer à la contraception, donc bon. Un gynéco m'a déjà demandé "quand" je prévoyais d'avoir des enfants. Pas "si", "quand". Ah bon ? Parce que je suis une femme c'est donc requis d'avoir des enfants ?

    Bref. Ce qui me dérange encore plus dans ce que raconte l'auteure de l'article mis en lien, c'est que les médecins lui sortent comme argument "et si on jour vous rencontrez le prince charmant ?" Comme si la seule raison pour laquelle elle ne voulait pas d'enfant était le manque d'homme dans sa vie. Comme si son PROBLÈME, c'était de ne pas avoir d'homme dans sa vie ! Tout le monde sait qu'on est rien sans homme n'est-ce pas ? Et si elle l'a déjà, son prince charmant, hein ? Et les lesbiennes n'ont pas le droit d'avoir d'enfant je suppose, du même coup ?

    Bref. Y'a encore du chemin à faire.
     
  9. Antonia41

    Antonia41
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    Idem, je ne comprends pas, si c'est dans la loi... zut aux médecins quoi ! :evil:
    En plus, je trouve que c'est bien qu'il y ait un délai de 4 mois, car déjà je pense qu'avant de demander une stérilisation, on y a réfléchi pendant un moment. Donc on va chez le médecin en parler, ça se concrétise, ça peut donner à réfléchir donc hop encore un peu de temps pour être sûr(e) de sa décision.

    @Myshka : ton histoire m'a bouleversée :tears: c'est terrible tout ce qui t'es arrivé et reflète tout à fait ce qui se passe à propos du droit à disposer de notre corps, oui encore aujourd'hui des médecins veulent décider à notre place. Je suis catastrophée par ton témoignage qui prouve que tu ne bénéficies d'aucune vraie écoute de tes médecins!
    Je pense alors être chanceuse, j'ai déménagé de nombreuses fois et je ne suis jamais tombée sur un médecin ou un gynéco qui me dise "non, on va faire ce que MOI je dis, c'est mieux".
    Quand j'ai voulu passer de la pilule à l'implant, mon médecin m'a dit qu'elle préférait l'anneau, que c'était mieux, etc... je lui ai expliqué pourquoi je préfèrerais un implant, elle m'a écoutée et voilà j'ai mon implant.
    (d'ailleurs, je n'ai plus mes règles depuis, Myshka as-tu essayé ce moyen de contraception ? (si tu le peux bien-sûr) c'est vrai que ça dépend des femmes, en tout cas peut-être que c'est une nouvelle piste)(en tout cas, courage, j'espère que tu arriveras à faire comprendre et accepter tes désirs!)

    L'article reflète bien la société: apparemment, ça choque moins qu'un homme se fasse stériliser. Ça me rappelle Desperate Housewives, il y a des histoire là-dessus avec Tom et Carlos je crois, mais jamais les scénaristes n'imaginent ça pour leurs femmes. La femme garde ce "pouvoir sacré" d'enfanter, pas touche !
     
  10. Justinesmn

    Justinesmn
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    Ah bah tiens ! Je viens de finir un paper sur la contraception au Etats-Unis, et bien là bas, la stérilisation à but contraceptif c'est le deuxième moyen de contraception des femmes : 27% des femmes utilisant un contraceptif ont choisi la stérilisation, et apparemment c'est assez courant chez les anglo-saxons. Et c'est encore plus courant pour les femmes de plus de 35 ans, les femmes qui n'ont pas fait d'études secondaires et les femmes issues des minorités ethniques.

    Et c'est encore plus étonnant dans un pays où il est possible pour un praticien de refuser de prescrire la pilule à une femme si ça contredit ses croyances religieuses, où vendre la pilule du lendemain à des filles de moins de 17ans est illégal, et où les républicains montent au créneau quand Obama veut obliger les assurances affiliées à des églises à couvrir les frais de contraception en disant "c'est pas une question de droit de la femme, c'est une question de religion, et on fera tout pour que la contraception ne soit pas remboursée", YOUPI ! mais par contre, stérilisons nos femmes, là on est op !

    les standards éthiques changent tellement d'un pays à l'autre !
     
  11. Myschka

    Myschka
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    Connasse cynique

    Après un énième changement de gynéco (qui ne m'a toujours pas convaincue, elle s'est contentée de me donner une pilule plus forte alors que je lui expliquais que je supportais déjà pas bien la mienne..."oui mais comme vous êtes super fertile, on ne va pas prendre de risque". Ah, d'accoooord.).

    Bref, j'ai pensé à l'implant, oui. Il faut juste que je trouve le ou la gynéco qui ne voudra pas m'imposer la pilule et qui ne me dira pas que comme j'ai la trentaine, je vais forcément vouloir des enfants (et donc, ne pas choisir un moyen de contraception sur le long terme comme l'implant ou le stérilet hormonal, ce qui pourtant serait l'idéal).

    C'est terrible cette dictature parce qu'en dehors des médecins, personne dans mon entourage, et surtout pas ma famille, ne me met la pression sur la question des gosses.

    (bon, sinon, ça va hein, je suis pas Cosette non plus :) j'ai juste la lose avec les toubibs mais c'est plus relou que vraiment triste)
     
  12. noiram

    noiram
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    Fuck it all!

    Ca me tue....
    Je ne veux pas d'enfants.
    Mais un jour, peut etre, oui je changerai d'avis, je ne sais pas et je ne peux pas savoir.
    Tout ce que je sais c'est que je suis visceralement dégoutée par la grossesse, une vraie phobique.
    L'idée qu'un etre vivant grandisse en moi pendant des mois m'ecoeure, voir mon corps déformé... J'en ai marre d'etre sous pilule, une solution provisoire n'est pas adaptée a un choix définitif et ferme.

    Bref! je pense depuis plusieurs moi a la stérilisation, si je veux un enfant, je l'adopterai.
    Comme cela a déja été dit, je prefere offrir sa chance a un enfant qui n'en a pas eu a la naissance.

    J'y reflechis sérieusement, mais je sais que le jour ou je me déciderai, à meme pas 24 ans, je vais me bouffer des portes.
    Je suis étudiante en médecine, et j'espere pouvoir rencontrer des gynecos qui pourront m'orienter.
    Mais je trouve ca plus que révoltant que ce soit un DROIT pour nous, et que pourtant on ne puisse y accéder sans se battre.

    Mais sachez les filles , que comme pour l'IVG, le médecin peut refuser de pratiquer l'acte, mais il est normalement légalement obligé de vous ré orienter vers un praticien qui le ferait.

    Sinon pour faire du bien au moral, pour savoir qu'il y a des gynecos qui nous écoutent, lisez, si ce n'est fait, le livre de Martin Winckler Le choeur des femmes
    je vous laisse un des articles de son blog
    http://martinwinckler.com/article.php3?id_article=830&var_recherche=ligature+des+trompe
    Cette société ou ne peut pas choisir pour soi meme, de ne pas avoir d'enfant, ou de mourir quand on ne veut plus vivre me fatigue!!
     
    Khimeira a BigUpé ce message
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