« Je sortais avec mon violeur » : l'actrice de Little Miss Sunshine raconte son histoire

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Anouk Perry, le 25 avril 2017.

  1. Anouk Perry

    Anouk Perry
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    Membre de l'équipe

    Babitty Lapina a BigUpé ce message
  2. Luzgar

    Luzgar
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    Hey you're beautiful ~

    Bravo à Abigail Breslin (que je connais absolument pas m'enfin voilà) pour user de sa voix pour parler de ça. Ça craint de voir qu'il y a encore des gens qui pensent que les victimes mentent la plupart du temps, ou que le viol conjugal n'existe pas, ou alors que c'est facile de porter plainte.

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  3. Septuna

    Septuna
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    Whow... la claque... c'est la première que je lis un témoignage auquel je peux m'identifier. Du coup ça me refais penser à cette période assez sombre de mon adolescence.
    En effet, ce n'est pas si simple de dénoncer son agresseur, d'en parler. Mon histoire est assez "spéciale". Je n'en parle que très peu car quelque part, j'en ai honte...
    J'avais 16 ans, et j'étais follement amoureuse de mon agresseur. Une soirée un peu trop arrosée a fait le reste, et a emporté ma virginité. J'ai dit "non" sans dire non, j'étais trop ivre pour en découdre physiquement et surtout trop naïve pour comprendre ce qui était en train de se passer.
    Quand c'est arrivé, je me suis dis que c'était normal. J'étais amoureuse de lui, il le savait, il fallait bien en passer par là... C'était la star de l'écurie où je montais à cheval, nos parents étaient très amis, moi j'étais la petite ado pas très bien dans ses baskets. En fait j'avais de la chance qu'il se soit intéressée à moi !
    Il m'a fallu beaucoup de temps pour accepter que je que j'avais vécu était un viol.
    Là où j'ai honte, c'est que j'ai continué à avoir des sentiments pour lui. On a continué à flirter ensemble (il avait une copine, moi j'étais la maîtresse, ça me donnait une espèce d'importance).
    J'en ai parlé que bien plus tard à mon entourage. Certains ne m'ont pas cru, pas prise au sérieux. Mes parents n'ont absolument pas compris l'importance de ce qu'il s'est passé ce soir là. Une amie, une seule, m'a aidée à comprendre et à mettre les vrais mots sur ces actes.
    Ca fait 20 ans que c'est arrivé. J'ai grandi avec, ce fut même une force qui m'a endurcie. Mais je sais qu'au fond de moi mes relations avec les hommes et ma vision du sexe est déformée à cause de cette histoire.
    Tout ça pour dire que oui, c'est extrêmement difficile d'en parler, surtout pour une ado, ou une jeune femme. La peur du "qu'en dira t-on", la pression de l'entourage, la famille... Et la peur d'affronter cela, de faire face.
    Désolée pour le roman, ça m'a fait beaucoup de bien de me confier de manière anonyme.
     
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  4. Kaylie

    Kaylie
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    Tourne en rond avant d'aller dormir.

    Il n'y a pas de quoi avoir honte. Les sentiments, et l'amour en particulier, c'est beaucoup plus compliqué que ce qui tourne autour de sexe, même des viols. Regarde le syndrôme de Stockholm : des femmes qui se font enlever tombent amoureuses de leur ravisseur. En plus, tu ne t'étais même pas rendue compte de ce qui t'était arrivé, et quand bien même, on ne contrôle pas ses sentiments comme ça. Tu as plutôt de quoi être fière, parce que tu es une warrior. Plein de courage ! :jv:
     
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  5. Freehug

    Freehug
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    Œil en goguette

    J'ai de plus en plus de mal à comprendre les gens qui pensent que "non veut dire oui". Ça commence à faire un moment qu'on matraque le plus possible que non c'est non, point. Et que s'il y a doute, c'est simple, il faut demander. Un petit "t'es sûr-e que t'as envie ?", quel que soit le genre du partenaire, ça coûte rien. Et si le partenaire est incapable de répondre de manière cohérente ou de répondre tout court (sommeil, ivresse etc) on ne fait pas.

    Ça m'a pris 4 lignes de l'expliquer. Merde. Et courage à toutes les victimes.
     
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  6. Gazpacho

    Gazpacho
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    Hum.

    @Freehug la confusion vient d'une autre injonction insidieuse qu'on donne aux filles et aux femmes : "ne fais pas trop cochonne". L'exemple le plus frappant est le fait de vouloir attendre avant d'avoir le premier rapport sexuel avec son copain, que les garçons interprètent souvent comme : elle en a envie mais elle me fait attendre pour me montrer que c'est une fille bien.
    Les filles qui ne couchent pas le premier soir par principe sont encore nombreuses. Mais cette notion là, à première vue innocente, renforce indirectement l'idée que les filles qui disent non le font pour la forme, pour pas faire trop salope.
    Et ajoutons à cela les filles timides, tout simplement. Ou mal dans leur peau. Qui ont réellement envie mais qui vont afficher un comportement réticent (peur de montrer leur corps, etc.).

    Je ne critique pas toutes ces filles là, parce que tout ça est le résultat du patriarcat. La solution, comme tu dis, c'est éduquer les hommes à s'assurer qu'ils ne forcent pas leur partenaire. Parce que au moins, on ne pourrait plus leur laisser le bénéfice du doute - qui renforce le déni - et on identifierait le viol sur le moment.
     
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  7. Anandryne

    Anandryne
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    You can jerk off to a pizza but you can't eat nudes.

    @Freehug Je rejoins à peu près @Gazpacho là dessus.... Difficile de ne pas tomber sur internet sur des mecs qui se plaignent du "playing hard to get" même si 15 filles leur répondent ensuite que c'est peut être pas "jouer les difficiles" mais simplement ne pas avoir enve pour X ou Y raison.
    Mais non le mythe du "elles disent non mais leur corps dit oui" est putain de pervasif...
     
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  8. 7Tangerine6

    7Tangerine6
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    J'ai lu un article assez sur le sujet : https://abompard.wordpress.com/2017...es-ne-comprennent-pas-le-consentement-sexuel/ s'il est pas exhaustif, j'ai trouvé le point de vue tres intéressant !

    En tout cas, c'est une épreuve terrible, bravo d'en avoir parlé. Rien ne justifie un viol, rien ! Et qu'on en parle ou pas, tous les viols comptent et font de terribles dégâts. J'espère vraiment que les mentalités vont évoluer.
     
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  9. Freehug

    Freehug
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    Œil en goguette

    @Gazpacho , @Anandryne : oui, vous avez raison bien sûr. Il y a aussi un travail d'éducation à effectuer auprès des filles au niveau de l'affirmation de soi et de l'acceptation de son corps.
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    Je sais pas, peut-être que j'évolue dans un milieu privilégié mais autour de moi se retenir le premier soir alors qu'on a envie ou pire, mal considérer une fille qui ne le fait pas, c'est un truc du siècle dernier. Du coup quand je vois passer des commentaires style "gardez une part de mystère" (= ne couchez pas) ou "elle était chaude restau et hop au pieu *insulte sexiste* rhn rhn rhn" (= voilà ce qui arrive quand vous couchez), je suis un peu sur le cul. Et alors quand ça en arrive à justifier un viol, bon. Je checke les offres de vente pour des cabanes isolées dans la forêt, sans Internet ni téléphone.

    Du coup, je campe sur mes positions, quelle que soit les restes de merdasse qu'on a dans le crâne, la timidité du/de la partenaire, si il y a doute, on demande. C'est SIMPLE. Si on ne sait pas ce qui doit faire douter : on demande toujours. (Je vise notamment les guignols du "oui mais si elle a pas dit non..." alors que la victime était en larmes, tétanisée, ivre, etc. Perso j'appelle ça de la mauvaise foi mais bon, admettons que vous soyez réellement des ignorants avec la sensualité d'un vieil emballage de cheeseburger : demandez. DE-MAN-DEZ). Même si ça correspond pas au cliché du mâle viril ou de l'amante insatiable, au pire vous êtes pas obligés de raconter le déroulement de vos sessions sexe au mot près.

    Bon, désolée, je prêche des converties, c'est juste que c'est si simple et si important. Il s'agit d'éviter de violer quand même. Bon, c'est pas magique, je peux imaginer des situations où la personne répond oui alors qu'elle a pas envie (dans le cas d'un chantage affectif par exemple). Mais que des gens soient encore aujourd'hui si nombreux à s'en foutre, ça me retourne, pour un peu j'en redeviendrais révolutionnaire :lol:
     
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  10. Mariche

    Mariche
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  11. Mariche

    Mariche
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    Erreur pour la première réponse...
    J'ai tenu à m'inscrire spécifiquement pour réagir à cet article. Je souhaitais vous dire merci, merci de l'avoir publié. J'ai été agressé sexuellement en 2009 et je suis sorti par la suite avec mon agresseur. Un vrai enfer cet relation. Il me dénigrait tout le temps. Je n'ai pas réussi à comprendre pourquoi je n'avais pas fui ce garçon. Je n'avais pas porté plainte car nos familles se connaissaient et ne voulais pas faire souffrir ma famille comme Abigail. Ça fait du bien de savoir que d'autres personnes ont connu ces situations, cela me réconcilie avec moi-même. Se dire en quelque sorte "je ne suis pas folle".
     
    Anouk Perry et Kaylie ont BigUpé.
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