Je suis alcoolique — Témoignage

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Melissa, le 9 février 2015.

  1. Melissa

    Melissa
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    Tante Clara a BigUpé ce message
  2. RomaneRose

    RomaneRose
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    Merci pour ce témoignage, il est super touchant. Plein de courage pour la suite, je te souhaite un tas de bonnes choses, et je t'envoie des ondes positives par milliard :jv::cheer:
     
    Tante Clara a BigUpé ce message
  3. Kanta

    Kanta
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    Témoignage très intéressant et touchant à la fois. C'est tellement effrayant de voir à quel point on est tous vulnérable finalement.
    Ca me rappelle un livre que j'ai découvert quand j'étais en term Boire de Fabienne Swiatly, bien sûr son histoire est différente mais c'est un beau livre simple et émouvant sur l'alcoolisme (enfin ce sont les souvenirs que j'en ai).
     
    Tante Clara a BigUpé ce message
  4. PousseMoussue

    PousseMoussue
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    Better to be a wolf of Odin than a lamb of God

    Ce témoignage fait du bien à lire.
    J'ai été alcoolique (et toxicomane à la même période), et je m'en suis sortie il y a quelques années. Je me dis que c'est assez fou comme cette addiction passe inaperçue, mes enseignants ne m'ont jamais rien dit alors que je sentais l'alcool à des kilomètres et que je faisais régulièrement des "bads" en cours (vu que je mélangeais avec la drogue et les médicaments). Je me souviens que certains de mes amis ont essayé de m'aider à m'en sortir, de manière plus ou moins fructueuse, et à vrai dire je ne sais pas ce qui m'a fait prendre conscience de mon problème. Je ne sais plus.
    Je sais juste que je suis passée du stade de la meuf qui était torchée H24 et qui, si elle ne buvait pas pendant trois jours avait des tremblements et passait ses journées à pleurer, à celui de la nana qui n'a pas forcément besoin de boire pour passer une bonne soirée.

    Merci beaucoup pour ton témoignage, et surtout : :hugs:
     
    Sassegra, yuyunaâ, ChansonMuette et 9 autres ont BigUpé ce message.
  5. Manerin

    Manerin
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    A voir " Le dernier pour la route " de Philippe Godeaut avec la magnifique Mélanie Thierry & François Cluzet.
     
    Tante Clara a BigUpé ce message
  6. Zutail

    Zutail
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    Slow travel de l'Antarctique vers l'Alaska...!

    Ouah.
    Quel beau témoignage.
    Avant tout, un grand merci pour ce partage et surtout un grand bravo pour être sortie de tout ça.

    Je suis très touchée et émue, et heureuse que cette madz aie pu s'en rendre compte aussi "rapidement" .
    Je n'ai moi même pas de souci direct avec l'alcool, mais mon frère a été toxicomane, est aujourd'hui alcoolique, SDF (en ce moment chez moi), et après cure, il a rechuté. C'est très compliqué à gérer, et il n'a pas le même âge que toi (35 ans), et lutte avec cette maladie (et ses dépendances en général) depuis longtemps maintenant. Aujorud'hui il se cache plus rarement, et je ne vais pas raconter sa vie ici, mais en tout cas il va dans une période/dynamique assez positive.

    Alors j'aimerais aussi dire un grand bravo à la maman pour sa réaction.

    Pour en revenir à l'amie de la madz qui a "remarqué que quelque chose n'allait pas", lorsque l'on s'éloigne et s'enterre dans cette maladie, on est tout seul, et souvent, en face, on ne sait pas comment réagir. Et placé dans l'entorage, on ne sait pas si on doit cautionner, interdire, ne rien faire, essayer de secouer. Car seule la personne souffrant de la maladie peut faire quelque chose... Et dès fois quand on réagit, on croit faire au mieux, et on a des attentes car on s'investit, et inévitablement on est déçu.
    De plus, souvent, je crois que lorsqu'on est alcoolique, on s'entoure mal. Et parfois il faut rompre avec ses anciennes relations pour ne pas subir de pression sociale, car dans nos croyances bien ancrées et nos habitudes, c'est bien de boire de l'alcool, et c'est être "faible" que de ne pas boire en soirée...

    Bref, merci encore pour le témoignage.
     
  7. Aleaven

    Aleaven
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    Merci d'avoir eu le courage de rédiger ce témoignage très intéressant et vraiment touchant.
    J'en profite pour poser une question que je me suis posée plusieurs fois sans parvenir à trouver d'explication. Attention ce n'est absolument pas un jugement de ma part ou quoi que ce soit d'offensant, juste une simple question innocente sur un point que j'ai du mal à comprendre malgré les explications données par cet article :innocent:.
    Voilà, je me demande simplement pourquoi l'alcoolisme est une maladie. Dans mon petit esprit peu informé sur cette question, j'ai tendance à assimiler une maladie à un virus ou en tout cas une "anomalie" qui se déclenche dans notre organisme de manière totalement spontanée (par exemple un cancer, un syndrome quelconque ou même juste une grippe). J'ai bien compris que l'alcoolisme provoquait des maladies mais je ne comprends pas pourquoi on dit que c'est une maladie en soi et non pas juste une addiction (à moins qu'une addiction soit considérée comme une maladie? :eh:)
    Voilà, j'espère que l'une d'entre vous pourra éclairer ma lanterne!
    Merci d'avance et merci encore pour ce témoignage!
     
    yuyunaâ a BigUpé ce message
  8. Zutail

    Zutail
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    Slow travel de l'Antarctique vers l'Alaska...!

    Alors je peux t'éclairer Aleaven.

    De ce que m'a expliqué mon frère après sa cure, il y a une dépendance physique qui ne se déclenche pas automatiquement/au même niveau chez toutes les personnes consommant régulièrement de l'alcool, et ça se passe (en termes très simples) comme une réaction chimique au niveau du cerveau qui va déclencher ou non le manque.
    En ça, on n'est pas tous égaux, et cette fragilité se retrouve souvent dans le patrimoine génétique.
    On peut tous devenir alcooliques en abusant régulièrement(et comme je le disais dans mon post au dessus, parfois ne pas vouloir boire est considéré comme une faiblesse) mais chaque corps n'est pas forcément dépendant avec les mêmes doses. Ce genre d'allergie chimique est plus ou moins combiné à une obsession mentale.
     
    Maia Chawwah, Tante Clara, Fanncy et 3 autres ont BigUpé ce message.
  9. Zutail

    Zutail
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    Slow travel de l'Antarctique vers l'Alaska...!

    J'en profite pour ajouter que lorsqu'on est alcoolique, peu importe si on a fait une cure pour en sortir, on l'est à vie.
    La moindre goutte d'alcool peut faire rechuter, qu'elle soit prise de manière orale ou... Cutanée : certains parfums, déodorants...
    Ou même des plats cuisinés avec de l'alcool en infime quantité, genre les crêpes à la chandeleur avec une goutte de rhum ou de bière pour le goût.
     
    shae661, Gadda, mielou35 et 5 autres ont BigUpé ce message.
  10. Aleaven

    Aleaven
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    Merci beaucoup pour ta réponse Zutail! Je vais bien réfléchir à tout ce que tu m'as dit pour être certaine d'avoir bien compris mais en tout cas j'y vois déjà beaucoup plus clair! Je ne savais même pas que certaines personnes étaient plus disposées que d'autres à tomber dans la dépendance; c'est vraiment intéressant.
    Merci encore pour tes explications!
     
    yuyunaâ et Tante Clara ont BigUpé.
  11. Maubie

    Maubie
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    J'aimerais commenter, pour la première fois. Ce que je vais vous dire, vous avouer ici, je ne l'ai jamais fait dans un détail aussi complet, que ce soit à mes amis les plus proches ou à mon amoureux, mais je pense que j'en ai fortement besoin.
    Je ne sais pas comment j'ai ressenti cet article, car il me laisse un goût amer dans la bouche. Je respecte fortement la Madz qui a su surmonter tout ce que peut entrainer l'alcoolisme (la honte, la culpabilité...) et nous faire partager son expérience.
    Mon problème, c'est qu'un de mes parents est alcoolique. J'ai donc subi cette maladie . Car oui, pour répondre à @Aleaven, je considère que l'alcoolisme est une maladie mentale au même titre que l'anorexie (je ne veux ici froisser personne en disant que l'anorexie est une maladie mentale mais je rapporte simplement les paroles d'un médecin interviewé dans le cadre d'un documentaire réalisé par mes soins lorsque j'étais en TL... Bref ce n'est pas le sujet :erf:) C'est quelque chose que l'on se fait subir, on ne veut pas s'avouer que ça nous fait du mal et ça fait du mal à notre entourage.
    Lorsque je vivais encore chez mes parents, je rentrais chaque soir chez moi la peur au ventre en attendant de voir comment allait se passer la soirée. J'attendais le moindre signe, la moindre parole qui pourrait me montrer que mon père, ce soir là, était sorti en cachette pour s'enfiler plusieurs grandes canettes de bières. Mon père n'est pas violent, il ne nous a jamais frappé sous l'emprise de l'alcool. Mais c'est plus parce que ça le rendait triste, énervé, que toute sa haine envers l'Homme ressortait chaque soir lorsqu'il avait bu. Il nous accablait de tous les maux possibles, ressortait chacune de nos erreurs de la journée ou même de notre vie entière... Nos discussions à table étaient donc déprimantes, houleuses et se terminaient dans les larmes.
    J'ai commencé à me rendre compte de son problème en étant assez jeune. Lorsque j'ai grandi, ma mère a vu en moi une confidente, car elle était bien au courant de la maladie de mon père et venait me parler à chaque fois qu'elle trouvait un cadavre de canette bien caché dans le jardin, le lendemain d'une soirée "agitée".

    L'addiction de mon père a eu plus de conséquences sur moi que je ne l'aurais jamais imaginé. Pendant longtemps, j'ai détesté boire de l'alcool, faisant alors des crises d'angoisses à chaque fois que je prenais l'apéro, que ce soit avec mes parents ou lors de soirées avec les potes. Un sentiment d’oppression surgissait, j'étais alors obligée de m'allonger pour ne pas risquer faire un malaise ou tout rendre sur la table. Lorsque c'était en soirée, lors des sorties dans les bars ou les boîtes, je me retrouvais à trembler comme une feuille et, lorsque j'avais un peu trop bu, je terminais la soirée en crise de larme. A cause de ces manifestations assez... visibles, j'ai du avouer le problème de mon père à mes copines car il fallait que j'en parle. Mais, dès que je l'avoue à quelqu'un, son regard envers mon père change, il ne le voit plus que comme un "alcoolique", un pauvre homme. Et je déteste ça, je me sens complètement coupable car mon père est un homme merveilleux, qui se trimbale tellement de casseroles qu'il cherche à oublier dans l'alcool qu'on ne peut pas simplement le voir comme un alcoolique.
    J'ai aussi longtemps eu un regard très critique envers les gens que je connaissais qui buvaient beaucoup, mais je ne pouvais pas m'en empêcher. Plusieurs amitiés ont cassé à cause de ça, mais c'est comme ça, je trouve ça tellement idiot d'être obligé de boire pour s'amuser, pour se détendre que je le fais ressentir aux gens.

    Aujourd'hui, j'ai pris mon envol, je n'habite plus avec mes parents et je n'ai plus peur de prendre une bière un soir au bar ou tranquillement devant la télé avec mon copain. J'ai réussi à dépasser cette angoisse. Je ne deviendrais pas comme mon père (même si on dit que l'alcoolisme est héréditaire, en cela que l'on recopie le schéma dans lequel on a été élevé), mais je sais que dès que quelqu'un en qui j'ai une profonde affection prendra l'habitude de boire un verre tous les soirs, mon regard envers lui changera obligatoirement. J'aurais peur pour lui, pour son entourage car les dégâts causés sont inconsidérables, que ce soit sur la propre santé du buveur, et sur ses relations avec les autres. J'aime mon père, mais je ne peux pas m'empêcher de craindre chacun de ses verres de vin et je ressens même du "dégout" lorsqu'il a des marques d'affection envers moi. Je fais au mieux pour ne pas lui montrer, pour ne pas le blesser d'avantage, mais c'est très dur...

    Bref, pour résumer ce long commentaire, j'aimerais dire aux gens que l'alcool (ou toutes autres drogues dures/douces) n'est vraiment pas une solution, que ça ne fait qu'aggraver les choses. Mais dire ça ne suffira jamais à empêcher tous les jeunes de sortir s'enivrer pour se donner un semblant de confiance, alors que c'est tout l'inverse.
     
    yuyunaâ, ChansonMuette, just_in_case et 12 autres ont BigUpé ce message.
  12. Myka

    Myka
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    Moving to the right direction...

    Article vraiment touchant, que j'ai lu avec attention. Quel courage de venir parler de ça ici, d'avoir la volonté de partager avec les autres.
    Merci.
     
    Tante Clara a BigUpé ce message
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