Je suis féministe et parfois, je me déteste

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Une madmoiZelle, le 23 juin 2014.

  1. Une madmoiZelle

    Une madmoiZelle
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  2. EmmaJa

    EmmaJa
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    Je comprend bien ton point de vue puisque moi même je me suis pas vraiment rendue compte que j'était féministe tout de suite, j'ai commencé par lire des articles, des livres et autres.
    Puis c'est surtout une remarque de mon père qui m'a fait réaliser ma position, en parlant il m'a demandé ce que je ne supportait pas, je n'ai pas su répondre et  il m'a dit que ce que je ne supporte pas c'était le sexisme et c'est vrai.
    J'ai toujours eu des propos assez enflammé, parfois ça passe auprès des gens, d'autres fois non comme à mon oral de LV2.
    J'avais une notion sur la place de la femme, je n'ai pas dit clairement mon point de vue même si il était suggéré et quand l'examinateur à posé LA question (l'égalité des sexes) j'ai du me contenir, c'était un homme qui paraissait plutôt fermé donc j'ai pas tenté le diable mais j'en avais vraiment envie. Je me suis contenté de parler des inégalités dans d'autres pays.
     
  3. Pollok

    Pollok
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    C'est vraiment fou à quel point je me reconnais dans cet article. Ce féminisme qui parait par être évident, un jour, tellement sa construction est progressive. De même, je suis le genre de personnes qui, comme toi, se passionnent pour une chose de manière vraiment intense durant un laps de temps et puis, voilà.
    Il est également vrai qu'il est beaucoup plus facile d'en parler à ses "nouveaux" amis. Même, c'est l'occasion de les sensibiliser: à table, je me lance dans des argumentations. Certaines de mes très anciennes amies considèrent mon féminisme comme une passade, un truc comme cela qui me prend mais qui va très surement partir. Alors que je parlais, justement, de prostitution à table avec une de mes nouvelles potes, une de mes très ancienne amie m'a balancé-quand elle a compris de quoi on parlait- :"quoi, t'es encore sur ça?".
    Le pire, c'est quand même l'amiE qui te balance que "de toute façon le féminisme c'est fini, ça ne se sert plus à rien". :mur:Alors, pour ces filles là je passe pour une sorte d'extrémiste misandre et intolérante alors que pas du tout.
    Pour conclure, c'est parfois fatiguant de toujours devoir batailler devant le sexisme alors que l'on voudrait juste passer une bonne soirée. Après, je me refuse de m'éloigner de certains amis juste parce que nous sommes d'opinions divergentes. Et puis, il y a toujours l'espoir de les convaincre. Expliciter le slut shaming et pourquoi c'est mal c'est toujours cela de fait. Alors peut-être que cela n'aura aucune conséquence mais peut-être que comme cela, le message se propagera. Aussi, envoyer les gens sur des articles sur Madmoizelle c'est une bonne solution.
    Sinon, Merci pour ce témoignage qui me fait me sentir beaucoup moins seule.:paillettes:
     
  4. Briquette Insectiforme

    Briquette Insectiforme
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    A enfin fini de lire Polyeucte, doit étudier Dom Juan.

    Chère MadmoiZelle qui est féministe et qui se déteste, tiens bon !

    Je suis féministe et je ne me déteste plus. J'ai commencé, comme toi, par m'énerver contre des remarques sexistes, et par être déprimée des journées entières pour quelque chose de sexiste, d'homophobe ou de raciste.
    Ces "premiers pas" dans le féminisme ont été très durs, j'avais l'impression d'être la seule informée. Mais c'est faux ! Pense au nombre de personnes qui ont écrit sur le sujet, aux gens qui s'y engagent de plus en plus.

    Et puis pour ce qui est de tes amis ... Mes amis les plus bornés et sexistes, je m'en suis éloignée par la force des choses à force de disputes. Il reste les amis "moyens", ceux que j'adorent mais qui font souvent du slut shaming par exemple sur les filles qu'ils et elles n'aiment pas : je leur rappelle que ce n'est pas ça qui fait qu'ils ne les aiment pas, et petit à petit ils en font un tout petit peu moins. C'est un travail à long terme en fait, donc ça ne vaut pas le coup de plomber tes journées.

    En tout cas, garde courage ! :fleur:
     
    Mordred a BigUpé ce message
  5. Elizabeth_vigee

    Elizabeth_vigee
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    Le plus difficile à vivre dans le féminisme je pense, c'est de tout voir à travers ce prisme. Je suis en train de regarder "Jacky au royaume des filles", qui démontre toute l'absurdité du machisme. Ce film a beau être plutôt bien fait (je trouve), je vois quand même quelques imperfections.
    Ne parlons même pas du film "La vie d'Adèle" hein !

    Et je pense que même mon copain, pourtant très ouvert, très attentif aux autres, très tolérant, ne comprend pas pourquoi tout me hérisse.

    Mais ce que je regrette le plus, c'est d'avoir assimilé beaucoup de choses, mais d'être incapable d'expliquer à mon père comment il a certainement été machiste / sexiste dans sa vie perso et pro... par ex. Je regrette de ne pas avoir suffisamment de répondant malgré mes lectures.

    En revanche, je remercie énormément les militantes sur Twitter qui m'ont vachement aidé (Marlard, Crêpe Georgette... et j'en passe)
     
  6. Elodyc

    Elodyc
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    Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais cet article me met mal à l'aise.

    Pour moi, c'est un "problème de riche". Estimons nous heureuses d'avoir cette ouverture d'esprit !!

    Je n'irais pas jusqu'à agresser quelqu'un qui dit à un pote qu'il a "une écriture de fille" mais je fais attention à mes propos et je fais remarquer aux autres lorsque quelque chose me choque mais jamais, JAMAIS, je ne m'en voudrai de penser comme je le fais.
    Nous avons la chance de vivre dans un pays où nous avons accès à des sources d'informations qui alimentent notre pensée, la chance de pouvoir l'exprimer. N'en faisons pas un fardeau, de grâce !
     
  7. Nehli

    Nehli
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    Ultimate Ronfleuse

    C'est marrant, je me suis demandé il n'y pas longtemps, si c'était pas "mieux" quand je me posais pas toutes ces questions sur le féminisme. C'est pareil, maintenant que je suis "éduquée" au(x) problème(s) (merci Madmoizelle), je ne peux pas m'empêcher de tout voir à travers ce "prisme", et de me hérisser facilement pour la moindre remarque. (Ex : la mère de mon copain qui lui dit d'aller se couper les cheveux parce que les cheveux longs c'est pour les filles). C'est pas dramatique, mais ça me gave, et je suis obligée de me contenir.

    Au début du moins, maintenant j'arrive à dire en douceur  ce que j'ai envie de dire, parce que mon copain me soutient (c'était pas le cas au début  : bizarrement il comprenait plutôt bien les problèmes que je lui expliquais, mais dès que j'employais le mot "féministe" il prenait la mouche.), et que je commence à retenir quelques arguments / façon de mettre le nez des gens dans leur caca. (Y a rien de plus "électrochoc" que de montrer l'absurdité des propos, du moins, ça marche bien avec l'entourage proche je trouve).

    Enfin c'est clair que maintenant, dès que je vois une publicité sur des produits ménagers j'ai envie de vomir de rage -_-. Le mieux (ironie) c'est quand je tombe sur un article sur un site de jeux vidéo qui tente de parler de sexisme et que je regarde les commentaires. (jv.com la semaine dernière pour ne pas le citer aha.).

    J'ai tellement envie de prendre le lance-flamme. Non j'déconne j'suis pas violente. Enfin. Seulement dans mon imagination. :unicorn:
     
  8. Aalia

    Aalia
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    la vieille

    Nous les féministes nous vivons dans un monde en guerre, tandis que les autres, avec des œillères, vivent dans un monde en paix.
     
  9. Luce_fierce

    Luce_fierce
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    Si tu savais...

    Cette article tombe à pic, je réfléchissais à ça hier soir. Je me suis rendue compte que mes convictions féministe on pris pas mal de place dans ma vie que je n'est plus aucun sang froid. Avant je baissais les yeux et traçait ma route quand je me faisait aborder dans la rue et maintenant cela me met tellement en colère que je n'arrive plus à faire semblant, je m'énerve systématiquement, mon majeur a beaucoup travaillé ses derniers temps ^^ je ne trouve pas que ce soit bien parce que ce n'est pas ma réaction haineuse qui les feras prendre conscience de leurs erreurs et je risque un jour de m'en prendre une mais je n'arrive vraiment plus à encaissé.
     
  10. mazlle

    mazlle
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    Guest

    Moi aussi je suis féministe et je me déteste.

    Mais pour les raisons inverses. Quand j'entends un pote dire quelque chose de sexiste je vais souvent me taire et m'énerver intérieurement (à part quand ce sont mes meilleures amies mais ça arrive très rarement). J'ai énormément de mal à exprimer mes idées, surtout dans un groupe. J'ai peur du regard des autres et de passer pour le cliché de la féminazi hystérique. Je vous admire pour avoir le courage de dire ce que vous pensez et faire réfléchir la personne.

    Je me déteste plus parce que je suis timide que féministe en fait. :red:
     
    e-canard a BigUpé ce message
  11. EllieM

    EllieM
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    patates !!!!!

    Pour ma part, je n'ai compris l'ampleur du problème (l'ignorance d'une grande partie de la population face au féminisme) que très récemment lors d'une conversation surréaliste avec mon père. (Par la même occasion j'ai compris que j'étais féministe mais ça c'est une autre histoire).

    Avec acharnement (sans être agressive) j'ai tenté pendant une bonne quarantaine de minutes avec un argumentaire que je trouvais en béton armé, j'ai détaillé en quoi les féministes n'étaient pas pour la plupart des membres actifs des Femens mais des êtres dotés de calmes (qui sont révoltés aussi) mais qui ne tentent pas d'asservir les hommes pour mettre les femmes au sommet du monde. Et j'ai également tenté d'expliquer (avec un calme olympien) en quoi malgré les évolutions indéniables des progrès restent à faire pour améliorer la condition des femmes autant que celle des hommes d'ailleurs, qui eux aussi sont victimes de pressions de la société.

    Je n'ai compris qu'à la fin de mon monologue que je m'adressais à un mur, qui m'entendais, certes, mais qui ne m'écoutais absolument pas ... 40 minutes pour à la fin entendre mon père me dire que les féministes ne sont que des hystériques qui veulent dominer le monde et que toute façon c'est plus comme avant, les temps ont changés les féministes n'ont plus lieu d'exister "et de toute façon je m'en fou" ...

    Je me suis alors sentie toute petite et désemparée (déjà parce qu'avoir passé quarante minutes pour un résultat aussi minable c'est un peu rageant quand même) et ensuite parce que je savais que ça n'était pas uniquement mon père qui parlait mais des milliers personnes "qui s'en foutent" ...

    Tout ce pour dire que je comprends vraiment ton désarroi, je l'ai vécu il n'y a pas si longtemps que ça et que c'est vraiment difficile de ne pas devenir agressive face à des personne qui non seulement ne comprennent pas mais ne veulent pas comprendre ...
     
  12. mewo

    mewo
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    Etat larvaire

    Sauf que peut-être "ce mec" a été violé et peut-être que "cette fille" a violé. On en parle beaucoup moins mais ça arrive également.

    Je suis pour le mouvement féministe, pour l'égalité des sexes et pour le retrait des clichés à la con. Mais ce que tu dis là est justement un cliché. Tous les hommes ne sont pas des violeurs. Évitons de partir dans l'excès inverse, cela revient à se rendre sexiste aussi.
     
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