La fin de vie, un choix intime confisqué par les députés

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Clemence Bodoc, le 13 mars 2015.

  1. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
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  2. bibouille22

    bibouille22
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    Fatiguée par la fabrication d'un mini-nous

    Un sujet qui m'intéresse grandement car je suis infirmière et régulièrement confronté à des patients en fin de vie "étiquetés" soins palliatifs. C'est vrai que pour pourquoi , la prise en charge correspondant aux soins palliatifs est suffisante, j'entends par la, qu'ils sont en effet soulagés de leur douleur et de leur angoisse (car l'angoisse est parfois bien plus importante que la douleur). La sédation profonde existait déjà avant et était déjà autorisée donc pas grand avancement de ce côté, peut être que ça a juste éclairé un peu plus les choses pour certain, elle est notamment pratiqué dans des services de soins palliatifs (mais pas que), en parlant avec le malade avant pour bien entendu avoir son consentement, on lui demande si, lorsque que le cas s'avérera nécessaire (en gros par exemple lors d'une hémorragie intense car , je passe les détails mais certaines tumeurs, par exemple, peuvent explosées d'un coup) il souhaite une sédation profonde (en général c'est oui, personne ne souhaite souffrir), sachant aussi que suivant les cas, elle peut être réversible (il existe une échelle de la sédation).
    Donc oui il existe beaucoup de chose déjà mais en effet, mon avis personnel , cela ne suffit pas. Je suis pour l'euthanasie, avec un encadrement sécurisé, décidé par plusieurs professionnel de santé et sur demande du patient ( et non pas de la famille !!! ). Chacun a le droit de décision sur sa propre vie, ce n'est pas parce que certain sont contre qu'ils doivent imposer cet avis aux autres, si eux ils ne le souhaitent pas pour eux même je respecte ce choix, mais pourquoi le refuser aux autres ? Autres qui n'ont peut être pas les mêmes croyances ou spiritualité, ou même si ils ont des croyances mais souhaitent qd même en bénéficier, ça ne regarde qu'eux. J'espère qu'un jour les mentalités évolueront, et que tous cela soit bien encadré bien sur, et je peux aussi comprend qu'un médecin ne souhaite pas faire d’injection 'finale", mais soyons honnête, un médecin ne fera que la prescrire car l'acte reviendra toujours à l'infirmière...

    Et pour ce qui est de ton voisin, tu ne peux pas savoir (sauf si tu as discuté avec eux) si ils voudraient d'une euthanasie ou si les choses leur conviennent comme ça, comme dit plus haut, chacun son ressenti et ses choix face à la fin de vie et surtout a notre propre fin de vie, nous n'avons pas a décidé pour les autres.
    Désolé pour le pavé et les redites, j'écris sur le coup de l'émotion ^^
     
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  3. Lothiriel

    Lothiriel
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    Guest

    @Clemence Bodoc j'ai du mal à comprendre ton paragraphe sur "Laïcité et Conscience(s)": (dis-moi si je me trompe :fleur:) il me semble que tu fais un amalgame entre "Manif' pour tous" et religion. Les personnes de la Manif' pour tous ne sont pas forcément portées à imposer une société non laïque, et des personnes ayant des convictions religieuses (dont je fais partie) n'ont pas forcément les mêmes opinions que la Manif' pour tous.
    Je ne comprends pas ce qui est choquant: ce sont des députés, c'est leur rôle, quelques soient leurs affiliations politiques/leurs convictions religieuses ou autres. Ils ont été élus au suffrage universel, et ils votent donc en fonction de ce qu'ils pensent.

    Concernant mon point de vue sur l'euthanasie, je reposte:
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    Je pense que l'euthanasie/le suicide assisté seraient une médicalisation extrême de la mort.
     
    Umakie, Samburu, lafillelabas et 9 autres ont BigUpé ce message.
  4. _Plume

    _Plume
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    Dommage que cet article soit aussi orienté :neutral: Et non, on ne s'oppose pas forcément à l'euthanasie pour des raisons religieuses :neutral:
     
    PlumeRouge, Mabel., Interlude. et 10 autres ont BigUpé ce message.
  5. AgatheK

    AgatheK
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    La fin de vie, un problème épineux...
    Pour moi, le plus gros problème, ce n'est pas la loi, ni les médecins. C'est la famille, et cette idée que "la vie c'est sacré" (ça vaut pour les croyants, mais aussi pour les non-croyants)
    Si je devais finir en légume ou atteinte d'une maladie incurable qui me fait souffrir, je préfèrerai mourir tout de suite. Quand j'ai tenté d'en discuter avec mes parents, ma mère s'est aussitôt mis à hurler, et mon père m'a fait les gros yeux. Ça m'a fait mal de réaliser qu'ils ne respecteraient pas ma propre volonté. Je sais que mon compagnon, lui, la respecterai, parce que nous avons la même vision. Mais j'ose pas imaginer le bordel que ça serait entre lui et ma famille...
    Donc oui, sérieusement, une loi qui laisse le choix au premier concerné, ça n'est pas juste "un luxe". C'est indispensable.
     
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  6. bibouille22

    bibouille22
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    Fatiguée par la fabrication d'un mini-nous

    Quid de ceux qui ne relève pas de soins palliatifs ? Comme vincent humbert, tous ce qui est scaphandre du papillon , etc qui ne peuvent pas être soulagés par des anti douleurs et autres soins palliatifs (ils ne sont pas en fin de vie ! ) ?
    La formation médicale d'aujourd'hui devrait aussi vous apprendre a gérer les fins de vies, a accepter que parfois on ne peut plus rien faire, accepter aussi les soins palliatifs, car malgré la loi , certain on encore du mal avec ça !
    Lors de ta formation médicale, tu seras plus souvent confronté à la mort et à des échecs plutôt qu'a des vies sauvées maleureusement
    Et légaliser l'euthanasie, ne veut pas dire légaliser le meurtre ! Tout doit être décidé par plusieurs personnes, comme les RCP où on décide si on continue ou non la chimiothérapie pour tel personne, ou si on greffe ou pas cette personne, par exemple. Ca reste dans la même veine, ya des décisions a prendre pour la suite de la vie ou pour la décision d'un arrêt de traitement entraînant la mort, qui ne sont pas prise par une seule personne, donc pareil pour l'euthanasie. Je pense a des cas où on a arrêter l'acharnement thérapeutique, cette personne n'était maintenue en vie que par une perfusion hydratation, qui a été arrêter, et elle a mis plusieurs jours a mourir; est ce mieux ?

    Après chacun son opinion bien sur, j'ai toujours trouvé ça intéressant à débattre ^^
     
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  7. ploufplouftagada

    ploufplouftagada
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    tsoin-tsoin

    161 députés présents sur 577 pour un sujet aussi important... En fait ce sont eux qui pourrissent les statistiques d'absentéisme du secteur public !

    Et dire qu'il y avait une consultation citoyenne qui avait été lancée en ligne sur ce sujet, si c'est pour ne pas en tenir compte il ne fallait pas se donner autant de mal...
     
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  8. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
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    Membre de l'équipe

    Merci pr vos commentaires ! :fleur: (je vais répondre de manière assez brève car j'ai les poignets cassés, et que mon logiciel de reconnaissance vocale n'est pas parfait, haha !)

    Oui, cet article est orienté. Je réagis parce que nous étions en attente d'un rapport du comité consultatif national d'éthique, qui devait permettre l'élaboration d'une loi sur la fin de vie. Or en lisant le rapport, qui tient pourtant compte des principales objections à la légalisation de l'euthanasie en France, je garde le sentiment que nos représentants politiques n'ont pas cherché à ouvrir un débat sur la question de la fin de vie, mais plutôt à s'arrêter à un consensus mou, qui se trouve être finalement une simple précision des dispositions déjà existantes (ce que tu expliques très bien @bibouille22 :fleur: )

    pour te répondre @Lothiriel : je n'insinue évidemment pas que religion et manif pour tous sont la même chose ! Je m'insurge simplement que les mêmes dirigeants politiques qui s'emploient à glorifier la laïcité depuis plusieurs semaines offrent une place aussi importante aux convictions religieuses dans un débat de société ; je m'insurge contre le fait que le président de la république et le gouvernement nous ont dit attendre le rapport du comité consultatif national d'éthique avant de légiférer sur cette question, pour au final laisser le lobby de la manif pour tous avoir le dernier mot à l'Assemblée nationale.

    Les convictions religieuses ne sont pas un problème : chacun est libre de faire selon sa conscience. Légaliser l'euthanasie n'oblige personne à y avoir recours, et il est important évidemment que la loi encadre son recours, afin qu'il ne puisse pas être abusif. Le problème est qu'à l'heure actuelle ce recours est un privilège, par un droit !

    Je n'ai aucun problème avec les gens qui ont des convictions religieuses, je les respecte. J'estime avoir le droit au même respect pour ma part. A ce titre, je trouve insupportable que les convictions religieuses (ou plus précisément, leur interprétation par une minorité) de certains dictent la loi qui s'impose à moi.

    L'euthanasie est un problème juridique, un problème médical, un problème étique, un problème moral, et pour certains un problème religieux. Nous n'avons pas eu un débat de société permettant d'aborder les questions éthiques et morales ; seule la religion aura été écoutée... Et pourquoi pas ! Je m'étonne simplement (euphémisme) d'un tel égard, alors que la sacro-sainte laïcité est érigée au rang de pilier des valeurs républicaines depuis les attentats de janvier…

    Mais puisque j'ai écrit un article orienté, je vais préciser ma conviction intime sur le sujet : je suis pour que nous ayons un débat de société, et je regrette profondément que les députés aient choisi de voter un compromis que je ne peux m'empêcher de juger comme étant lâche...

    Vos réactions vos commentaires m'intéressent ! Je viendrai lire avec attention ! :fleur: <3
     
    Anouk-Nouk, loxlady, bibouille22 et 8 autres ont BigUpé ce message.
  9. Azeleen

    Azeleen
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    Avaleuse de livres

    Le reproche ici ne va pas à ces députés, qui comme tu le fais remarquer font leur boulot, mais aux députés censés soutenir la lois (notamment, donc, les socialistes qui vont de pair avec Mr. Hollande, qui promettait un projet de loi à ce sujet) et ont été plus qu'absents... Comme l'a dit @ploufplouftagada, seuls 161 députés étaient présents (sur 577). Eux aussi, c'est leur travail, et quelque soit le sujet traité, c'est une honte que si peu de personnes soient présentes; mais alors pour débattre d'un projet de loi promis il y a 3 ans, c'est pire qu'une honte... je n'ai pas de mots. Qu'on soit pour ou contre, en tant que représentant de l'opinion publique, c'est un devoir de se présenter pour la soutenir ! 406 absents pour 161 présents, je me sens trahie. Et il est frustrant de penser que certains se permettent un absentéisme monstrueux parce que la majorité leur est acquise, laissant une minorité prendre le dessus sur les décisions; la minorité en question étant à l'opposé de la majorité que les Français ont élu, nous ne sommes pas représentés dans cette décision. Le résultat aurait peut-être été le même, mais il aurait été le notre, à tous, si tous les députés de tous bord avaient voté.

    Personnellement, je me sens trahie, trahie par une majorité élue. Comme le souligne l'auteur, les députés votants n'étaient peut-être pas représentatifs, peut-être pas la majorité... mais "ils étaient présents et ont voté, EUX". Contrairement à certains, voilà comment il faut le comprendre.

    (Tout ça pour te dire ça, en fait, désolée... , l'émotion, tout ça...)
     
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  10. ploufplouftagada

    ploufplouftagada
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    tsoin-tsoin

    Je ne partage pas du tout ton point de vue sur l'euthanasie, et surtout concernant le passage que j'ai cité, je pense que le trip de "faire son bilan" nécessite peut-être une certaine croyance ou au moins une forme de spiritualité. Quand on est fermement athée (comme moi), ça n'a absolument aucun sens et aucune espèce d'importance : la mort c'est la fin, point. Peu importe la conclusion du bilan, il fallait y penser avant !

    (D'où l'intérêt de faire des bilans - et des actions correctives si bilan désastreux - régulièrement de son vivant : YOLO !)

    PS : Bon rétablissement @Clemence Bodoc :fleur:
     
    BeeWilde, WaxDolly, Oyuna et 9 autres ont BigUpé ce message.
  11. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
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    Rédactrice en chef
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    On ne peut plus d'accord avec toi ! :clap::clap::clap::clap::clap::clap::clap:
     
  12. Lothiriel

    Lothiriel
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    @bibouille22 je ne suis absolument pas pour l'acharnement thérapeutique! Je fais la distinction entre le fait d'arrêter un traitement "abusif" chez une personne et le remplacer par une sédation profonde (ce pour quoi je suis pour!) et le fait d'euthanasier une personne. Dans le premier cas, la mort vient naturellement, alors que dans l'autre, elle a été intentionnellement provoquée. Et cela se rapproche beaucoup trop pour moi du suicide voire du meurtre.

    @Clemence Bodoc merci pour ta réponse :fleur: effectivement, j'ai mal compris cette phrase, et je m'en excuse. L'interprétation de @Azeleen me semble plus juste, et sur ce point je suis donc d'accord avec vous deux.

    @ploufplouftagada effectivement, mon discours est forcément influencé par mes croyances (comme tout le monde!). Mais je ne pense pas qu'il faille faire un bilan seulement au moment de sa mort.
     
    Clemence Bodoc et Buinneán ont BigUpé.
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