La religion, l'enfant que j'étais... et l'adulte que je suis devenue

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Clemence Bodoc, le 1 septembre 2014.

  1. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
    Expand Collapse
    Rédactrice en chef
    Membre de l'équipe

  2. petitludesbois

    petitludesbois
    Expand Collapse

    J'aurais pu (à peu de choses près) écrire cet article.
    J'ai grandi dans un milieu rural où le christianisme était la norme. Aller au catéchisme c'était acheter la paix sociale avec mes grands parents et ma mère, croyante pratiquante pendant mon enfance.

    J'ai été baptisé à 4 mois, j'ai fait ma première communion parce qu'on me le demandait et parce que tous mes potes (école privée oblige) y étaient. J'ai fait ma communion solennelle parce qu'on me l'a demandé (mais le curé était super drôle donc c'était pas une corvée) et j'ai fait ma confirmation clairement pour ne pas froisser mes grands parents.

    Après ça, j'ai dit à ma mère que je ne voulais plus aller à la messe le dimanche, que je ne croyais pas en dieu. Elle m'a répondu que croire était une chose et qu'aller à la messe était une autre et que jusqu'à mes 18 ans, je les suivrais à la messe.
    Le Noël de mes 18 ans, quand ma mère m'a demandé de me préparer pour la messe de minuit, je lui ai rétorqué que j'avais désormais 18 ans et qu'il n'était pas question qu'on me force à quoi que ce soit.

    J'ai toujours eu conscience de la bêtise de son argument des 18 ans et elle s'en est rendue compte à ce moment là. Elle m'en a longtemps voulu mais maintenant mes grands parents sont décédés et ma mère n'est plus pratiquante (je me suis toujours demandé s'il y a un lien de cause à effet et je ne le saurais peut être jamais). J'envisager de me faire "débaptiser" mais c'est long et ce serait renier complètement toute l'éducation que j'ai reçue alors j'hésite encore...

    Toujours est il que comme MC, ma vie n'aurait pas été la même sans la religion et la personne que je suis non plus.
     
    Sirell a BigUpé ce message
  3. Léona B.

    Léona B.
    Expand Collapse
    Prout prout ... me voilà ! :)

    "Quand le Pape s’est prononcé contre l’usage du préservatif, je suis déjà loin." @marie.charlotte, il y a un petit problème de concordance des temps :happy:

    Pour moi c'est un peu le problème inverse : j'ai été élevée sans religion et sans même vraiment les connaître ou en apprendre les bases, alors que l'idée de la foi m'intéresse beaucoup. J'aurai bien aimé avoir des cours de culture religieuse (pas de catéchisme) comme ils en donnent dans les universités américaines. Il me semble que les religions font partie de la culture au sens large du terme et leur compréhension donne des clés pour comprendre la mentalité des personnes d'une époque ou d'une région du monde qu'on ne connait pas. (Ça me semble indispensable pour faire des histoires d'histoire par exemple)

    Mais je comprends qu'être éduqué à la culpabilité soit difficile, surtout pour un enfant si jeune. Une approche plus tardive et plus mesurée est peut-être bénéfique, mais le bourrage de crâne à cet âge-là ... :stare:

    Par contre, je suis baptisée et je suis allée à la messe quelquefois ... et j'aime bien :ninja:
     
    #3 Léona B., 1 septembre 2014
    Dernière édition: 1 septembre 2014
    Lothiriel et WaveGirl ont BigUpé.
  4. Bousket

    Bousket
    Expand Collapse

    Aaah, l'éducation religieuse, vaste sujet.

    Je suis née dans une famille catholique et bretonne (la précision est importante, car le catholicisme a toujours eu des spécificités en Bretagne). J'ai effectué toute ma scolarité dans des établissements privés sous contrats. J'ai effectué tous mes sacrements. J'ai été enfant de choeur. J'ai fais partie de la Pastorale des Jeunes et suis partie deux fois en pélerinage des jeunes à Lourdes. J'ai accompagné des jeunes dans leur préparation à la profession de foi et confirmation. J'ai été Scoute de France.

    Je le conçois, tout ceci peut faire peur ^^ Non, rien d'extrémiste là-dedans, pas de Manifs pour Tous ou autres. Bien au contraire.
    Je ne regrette pas cette éducation religieuse. Justement parce qu'elle n'était pas uniquement religieuse. Elle m'a donné une culture générale que je n'aurais certainement pas eu. Et j'ai toujours eu ce sentiment d'être poussée à faire le Bien (la religion étant médiatrice): il fallait être gentils les uns envers les autres, on faisait régulièrement des actions caritatives...D'ailleurs, je pense que si je me suis orientée vers le social, c'est en partie parce que j'ai reçu cette éducation.

    Jusqu'au collège, je suis le mouvement, je ne me pose pas de questions, ça me paraît normal.
    En 5e, septembre 2001, je découvre l'islamisme, les talibans, la burqa...Mon esprit s'éveille: comment est-ce qu'une religion peut prôner ce genre de choses? Alors, je commence à chercher des réponses et à m'intéresser à l'Islam.
    Je continue à avancer dans mes activités "cathos" parce qu'on est entre amis, qu'on rigole bien et qu'on fait des trucs cools.

    La rupture arrive vers 15 ans. Je vois le film "Kingdom of Heaven" qui est un électrochoc. Je prends pleinement conscience qu'on nous diabolise l'Islam alors que nous n'avons pas été mieux par le Passé. Je commence à analyser tout ce qui est dit à la messe et ça ne me plaît pas du tout. Je comprends pas l'injustice du monde; les guerres de religion (il est sacrément démago Dieu!)...
    Je m'éloigne complètement de la religion. Je crois que pour mes parents (ma mère en fait), ça lui fait bizarre de voir que je refuse ce qu'elle nous a transmis. C'est le moment de ma crise existentielle.

    En Term, le lycée organise un voyage solidaire au Sénégal. 90% de musulmans, 5% de chrétiens et 5% d'animistes. Je me rends compte que ce n'est pas la foi que je rejette, mais le dogme. Oui, je suis croyante, mais je refuse d'être attachée à une religion. Je me suis sentie aussi sereine dans le silence de la basilique qu'au moment de l'appel à la prière.
    Ce voyage me réconcilie avec ma foi.

    A présent, je suis totalement sereine sur ma foi. Oui, je crois. Mais pas en un Dieu universel qui apporterait la Paix sur Terre. Plutôt en un Dieu individuel, une sorte d'ange gardien qui me permet de me sentir moins seule. Je prie, lorsqu'en j'en ressens le besoin. N'importe où, n'importe quand. Et surtout pour mes proches (la prière égoïste est, semble-t-il, peu entendue). Si je ressens le besoin d'effectuer un rituel, je me rends dans une église. Pas par conviction catholique, mais parce que c'est l'éducation qui m'a été donnée. Et parce que c'est quand même beaucoup plus simple de trouver une église en France...
    Mais je suis Bretonne, et j'ai aussi d'autres croyances plus "païennes". Je ne colle pas au dogme, je crois et ça me suffit :)


    "Les bouddhistes avaient raison, les hindous avaient raison, les Indiens d'Amérique avaient raison, les musulmans avaient raison, les juifs avaient raison. [...] il fallait faire un choix. J'ai choisi l'Eglise catholique parce que j'ai été élevé en son sein et que mon enfance était imprégnée de ses mystères. Si j'étais né juif, j'aurais choisi le judaïsme. Dieu est le même, bien qu'il ait mille noms; mais il en faut choisir un pour s'adresser à Lui." Paulo Coelho, Sur le bord de la rivière Piedra
     
    #4 Bousket, 1 septembre 2014
    Dernière édition: 1 septembre 2014
    Floriliane, Juub, Sirell et 2 autres ont BigUpé ce message.
  5. Mymy

    Mymy
    Expand Collapse
    Member of ze Rédac', membre actif des Croisé-e-s contre l'invocation de Pierre Desproges, et accessoirement beau foufouillon.
    Membre de l'équipe

    J'ai corrigé merci :fleur:
     
  6. Léona B.

    Léona B.
    Expand Collapse
    Prout prout ... me voilà ! :)

    Même en tant qu'athée/areligieuse, je suis totalement d'accord avec toi : le dogme est à mon avis bien plus gênant que la foi.

    Et il existe aussi une forme de spiritualité chez les non-croyants : même si je ne formule jamais de prière à haute voix ou même dans ma tête, j'ai le sentiment que certaines de mes pensées se dirigent vers une chose qui est plus grande que moi et qui m'apaise et me donne de la force. Je n'ai pas le sentiment d'avoir besoin de "m'adresser" à cette chose, ces moments de spiritualité viennent naturellement à moi (certes, rarement quand je mange un BigMac avec mes potes pour éponger mes bières :yawn:).

    (Et je suis aussi Bretonne ! :rockon:)
     
    Sirell a BigUpé ce message
  7. Lucidite77

    Lucidite77
    Expand Collapse
    Je me cherche encore

    J'ai demandé moi-même, de ma propre volonté, à me faire baptiser. Mais ce n'était pas par foi religieuse. J'avais sept ans. Et j'ai découvert à cet âge-là que mon frère a été baptisé étant bébé et pas moi.
    Je ne comprenais pas ces histoires de religion (et encore moins de croyance). Tout ce que je voyais, c'était... du favoritisme. Pourquoi mon frère et pas moi? En plus il avait une jolie médaille de baptême... et pas moi. Il avait même un "parrain" et une "marraine"! Je n'ai pas compris à quoi ils servaient quand j'étais enfant, mais ça me semblait chouette.
    Mes parents n'ont pas su m'expliquer pourquoi ils ne m'ont pas baptisé, encore moins m'expliquer que se faire baptiser juste pour être comme mon frère, c'était purement et simplement un caprice futile, que le baptême ça n'est pas à la légère... Fin bref, ils m'ont mise au catéchisme et j'ai été baptisée. J'étais toute contente dans ma jolie robe blanche, d'avoir des cadeaux, un bon repas, de voir des gens que j'aime...
    Aujourd'hui, je regrette de m'être fait baptiser juste pour une connerie.
    Je ne suis pas athée, pour autant je ne partage pas les croyances (foutredieu, encore moins les dogmes d'ailleurs) des religions monothéistes. Je crois en un dieu, mais ce dieu ne correspond pas à celui de la chrétienté, de l'islam etc... Bref c'est complexe, difficile à expliquer et ce n'est pas le sujet.
    J'ai eu la chance d'avoir un grand-père ayant l'âme d'un scientifique, niant l'existence de dieux quelconques, et une grand-mère croyante mais plus pratiquante et (bonheur) ouverte. Du coup la religion était absente de notre famille (en fait j'ai appris que mon frère avait été baptisé "pour faire plaisir à mon arrière-grand-mère, et que celle-ci étant morte peu après que je sois née, mes parents et grands-parents n'ont pas jugé "utile" de me faire baptiser).
     
  8. Bousket

    Bousket
    Expand Collapse



    Figure-toi que lorsque je bois une bière, je jette toujours les dernières gouttes par terre. C'est pas juste une habitude, j'ai l'impression de rendre à la Terre ce qu'elle m'a donné (merci pour la bière!).
    A une certaine époque, j'aurais eu droit au bûcher pour ça ^^
     
    Sirell et Léona B. ont BigUpé.
  9. Léona B.

    Léona B.
    Expand Collapse
    Prout prout ... me voilà ! :)

    Certains de mes potes te mettraient encore sur un bûcher :yawn: (y'en a pour qui la bière c'est sacré !)

    Mais je penserai à ça, la prochaine fois je ferai peut-être une petite libation :P Le problème c'est que j'ai été élevée par une mère détestant le gaspillage ... moi-même je préfère manger un truc pas terrible plutôt que de le jeter, ou me contenter du plat qu'on me donne dans un restau même si le serveur s'est trompé. L'idée qu'il finisse à la poubelle par ma faute me fait trop de peine :crying:
     
    Lothiriel a BigUpé ce message
  10. Bousket

    Bousket
    Expand Collapse

    Ca n'est que 2-3 gouttes, faut pas déconner non plus. Pour moi aussi la bière est sacrée :P (et je te rejoins totalement sur le gaspillage!)
     
  11. lise1313

    lise1313
    Expand Collapse

    Ici la paix des famille tien caremment de l'equilibrisme. Mon mari as été élévé comme Marie-Caroline , sa mère faisais le catéchisme il allais ches les scouts d'europe bref éducation catho. Il as cessé de croire a l"adolescence et n'a depuis remis les pied a l'église que pour les grande cérémonies familliales . Moi j'ai été élevée par mon père, athée. Mais tellement athée , tellement dans la détestation de toute trace de religiosité que son athéisme et pour moi un dogme . Je suis agnostique depuis l'adolescence . Bref les enfants ne sont pas baptisés au grand Dam de ma belle mère mais on la laisse leur expliquer sa foi . Mon ainé a failli aller au catéchisme sur sa demande . Mon père a failli en pleurer quand il as vendu la mèche et as passé les 6 mois suivant a me harceler de liens sur l'inquisition et les curés pédophiles . Finalement mon grand a préférer continué son sport qui etait a la même heure que le cathé . Bref on est toujours sur la corde raide. Si mon mari mourrais avant sa mère je la laisserais l'enterrer religieusement parce que c'est important pour elle et que lui s'en fout. Mais franchement Ils me soulent tous avec leur manque de tolerance
     
    Black Phillip a BigUpé ce message
  12. LouiseC.

    LouiseC.
    Expand Collapse
    Liberté Égalité Beyoncé

    Je me retrouve pas mal dans ce témoignage. J'ai été obligée d'aller à la messe tous les dimanches de ma naissance à mon adolescence, vers l'âge de 12-13 ans j'ai dit à mes parents (cathos croyants-pratiquants vieille France et compagnie) que je ne voulais plus y aller, c'est à peu près à la même époque que j'ai voulu arrêter le scoutisme aussi (parce que oui j'ai aussi fait partie des scouts d'Europe ((la branche + radicale que les scouts de France.)) Ça s'est mal passé, pour mes parents ce n'était même pas envisageable que moi je ne sois pas croyante. Et puis j'ai tellement insisté qu'ils ont fini par abandonner l'idée de me forcer chaque semaine. Honnêtement je pense qu'à l'époque je me suis d'abord détournée de la religion parce que à cet âge là je pensais qu'être catho ça craignait, que c'était la honte. J'ai voulu faire ma rebelle.

    Mais maintenant que je suis une jeune adulte, et que je respecte tous les croyants, de toutes les religions, je suis athée pour de bon, et pas par honte de la religion, mais parce que je n'ai pas la foi. Je n'ai pas été aussi "touchée" par les enseignements religieux que l'auteure de l'article, mais on m'a tellement forcée à aller à la messe, à aller aux scouts, à aller au cathé, à faire mes sacrements, etc, que j'assimile la religion à une contrainte. Si ça se trouve, si on m'avait laissé le choix j'aurais peut-être eu un rapport plus "détendu" avec la religion. Je pense que le fait qu'on m'oblige à être catho, du moins en apparence, n'a eu que l'effet inverse.

    Je sais que quand j'aurai des enfants, je leur laisserai le choix de leur religion, ou de leur athéisme. Je leur expliquerai les choses, et que le plus important c'est d'être quelqu'un de bien, de faire le bien autour de soi, pas pour plaire à un Dieu, mais pour soi et pour les autres. Je connais des gens religieux qui ont des comportements pires que les athés. Ils trouvent qu'aller à la messe est important, mais dans la vie de tous les jours ils font le contraire de ce que Jésus a enseigné. J'ai l'impression, sans vouloir paraître prétentieuse, d'être plus aimante, pacifiste et respectueuse que certains croyants de mon entourage...
    Mais je n'ai aucun problème avec les religions en tant que telles, ce qui me dérange vraiment c'est le clergé. Je ne trouve pas normal que certaines personnes soient censées représenter Dieu sur terre (même si je ne crois pas en lui), et vivent un peu au crochet des fidèles. Ayant été à l'école primaire et au collège dans des établissements privés et cathos, ayant été scout et ayant les parents que j'ai, j'ai fréquenté pas mal de moines et de prêtres à une époque (oui dit comme ça c'est bizarre haha), et ils me mettaient quasiment tous assez mal à l'aise. Je sais pas pourquoi.

    Bref le résultat de cette enfance ultra-catho c'est que je suis à présent athée, bisexuelle et j'ai des plans-culs. Bravo le veau. :zizi:

    (Désolée pour le pavé racontage de vie :fleur: )
     
    #12 LouiseC., 1 septembre 2014
    Dernière édition: 1 septembre 2014
Chargement...