«L’Allemagne va-t-elle encore une fois conduire l’Europe à sa ruine ?»

Sujet dans 'L'actu dans le Monde' lancé par Denis, le 4 juin 2012.

  1. Denis

    Denis
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    Cette question, c'est Joschka Fischer qui la pose dans les colonnes du quotidien suisse Le Temps. Vice-chancelier et ministre des Affaires étrangères de la République fédérale d'Allemagne entre 1998 et 2005, cet homme est l'une des grandes figures de la scène politique outre-Rhin.

    Dans cette tribune, il fustige l'attitude de sa compatriote la chancelière Angela Merkel dont la politique met en danger, selon lui, la construction européenne. Une position partagée aujourd'hui par de nombreux politiciens français et européens qui n'ont pas la possibilité de s'exprimer aussi vertement sans provoquer immédiatement une crise diplomatique.

    Raison de plus pour prendre connaissance de la version intégrale de cette déclaration !


    "La situation de l’Europe est grave, très grave. Qui aurait pu penser que le premier ministre britannique David Cameron appelle les gouvernements de la zone euro à trouver le courage de fonder une union budgétaire (avec un budget commun et une dette publique garantie conjointement)? Cameron a également affirmé que seule une intégration politique plus poussée serait en mesure d’empêcher une disparition de l’euro".

    "Un premier ministre britannique conservateur! La maison européenne est en flammes et Downing Street réclame une réponse résolue et rationnelle des sapeurs-pompiers".

    "Malheureusement, la brigade des sapeurs-pompiers est dirigée par l’Allemagne, avec à sa tête la chancelière Angela Merkel. L’Europe continue donc à tenter d’éteindre l’incendie avec de l’essence – l’austérité imposée par l’Allemagne – avec pour conséquence d’avoir transformé, en à peine trois ans, la crise financière de la zone euro en une crise existentielle européenne."

    "Ne nous faisons pas d’illusions: si l’euro venait à disparaître, l’Union européenne (la plus grande économie mondiale) disparaîtrait également, entraînant une crise économique mondiale d’une ampleur inédite pour la plupart des personnes vivant aujourd’hui. L’Europe est au bord du gouffre et ne manquera pas d’y tomber à moins que l’Allemagne – et la France – ne change de direction" .

    "Les récentes élections en France et en Grèce, les élections municipales en Italie et la poursuite des manifestations en Espagne et en Irlande montrent que l’opinion publique ne croit plus aux strictes mesures d’austérité voulues par l’Allemagne. Le remède «tuer pour guérir» de Merkel est aujourd’hui confronté à la réalité – et à la démocratie".

    "Nous constatons une fois de plus à nos dépens que ce genre d’austérité, appliqué en dépit d’une crise financière majeure, ne conduit qu’à la dépression. Cette idée devrait être de notoriété publique; elle est après tout l’une des grandes leçons des politiques d’austérité du président américain Herbert Hoover et du chancelier allemand Heinrich Brüning de la République de Weimar dans les années 1930. Il semble hélas que l’Allemagne, qui devrait être le premier pays à s’en souvenir, ait oublié cette leçon."

    "En conséquence, le chaos menace en Grèce, tout comme la possibilité de faillites bancaires en Espagne, en Italie et en France – soit une avalanche financière qui ensevelirait l’Europe. Et ensuite? Devrons-nous faire une croix sur ce que plus de deux générations d’Européens ont créé – un énorme investissement dans la mise en place d’institutions qui a débouché sur la plus longue période de paix et de prospérité de l’histoire du continent?"

    "Une chose est sûre: l’abandon de l’euro et l’éclatement de l’Union européenne signifieraient la sortie de l’Europe de la scène mondiale. La politique actuelle de l’Allemagne est encore plus absurde à la lumière des conséquences politiques et économiques qu’elle devrait affronter dans ce cas de figure."

    "Il revient à l’Allemagne et à la France, à Angela Merkel et au président François Hollande, de décider quel sera l’avenir de notre continent. Le salut de l’Europe dépend aujourd’hui d’un changement radical de l’orientation économique de l’Allemagne, et de la position de la France sur l’intégration politique et les réformes structurelles" .

    "La France devra cautionner une union politique: un gouvernement commun avec un contrôle parlementaire commun de la zone euro. Les gouvernements nationaux de la zone euro agissent déjà de fait comme un gouvernement conjoint pour faire face à la crise. Ce qui est de plus en plus vrai en pratique doit être développé et formalisé" .

    "L’Allemagne devra de son côté accepter une union budgétaire. En fin de compte, cela revient à garantir la survie de la zone euro grâce aux moyens et à la puissance économiques de l’Allemagne: rachat illimité des obligations d’Etat des pays en difficulté par la Banque centrale européenne, européisation des dettes nationales par le biais d’euro-obligations, et des plans de croissance pour éviter une dépression dans la zone euro et encourager un redressement économique."

    "La réaction allemande à un tel programme est facile à imaginer: encore de la dette! Perte de contrôle sur nos actifs! Inflation! Ce n’est pas possible!"

    "Et pourtant, c’est possible: la croissance allemande, tirée par les exportations, repose précisément sur de tels programmes dans les pays émergents et les Etats-Unis. Si la Chine et les Etats-Unis n’avaient pas injecté de l’argent financé par la dette dans leurs économies à partir de 2009, l’économie allemande aurait connu de sérieuses difficultés. Les Allemands, qui ont le plus profité de l’intégration européenne, doivent aujourd’hui se demander s’ils sont prêts à en payer le prix ou s’ils préfèrent qu’elle soit vouée à l’échec."

    "Au-delà d’une unification politique et budgétaire et des mesures de croissance à court terme, les Européens doivent rapidement mettre en œuvre des réformes structurelles visant à rétablir la compétitivité de l’Europe. Chacun de ces piliers est nécessaire pour que l’Europe parvienne à surmonter sa crise existentielle" .

    "Nous, Allemands, comprenons-nous notre responsabilité paneuropéenne? Cela ne semble vraiment pas être le cas. En fait, l’Allemagne a rarement été aussi isolée qu’aujourd’hui. Quasiment personne ne comprend notre politique d’austérité dogmatique, qui va à l’encontre des expériences passées, et nous sommes considérés comme faisant fausse route ou comme étant franchement à contre-courant. Il n’est pas encore trop tard pour changer de direction, mais il ne reste aujourd’hui plus que quelques jours, quelques semaines, ou tout au plus quelques mois, mais pas des années".

    "L’Allemagne s’est détruite elle-même – et l’équilibre européen – deux fois au cours du XXe siècle, mais a su ensuite convaincre l’Occident qu’elle avait tiré les leçons de ses erreurs passées. Ce n’est que de cette manière – reflétée de la façon la plus vive par son adhésion au projet européen – que l’Allemagne a obtenu un consentement à sa réunification. Il serait à la fois tragique et ironique qu’une Allemagne unifiée provoque la ruine, par des moyens pacifiques et les meilleures intentions du monde, de l’ordre européen pour la troisième fois"

    Pensez-vous comme Joschka Fischer que l'Allemagne puisse provoquer une troisième fois en moins de cent ans la ruine du continent européen ? Pensez-vous que vous risquez vraiment de vivre tout prochainement une période aussi difficile que celle qu'ont connue vos grands-parents et arrières-grands-parents ?
     
  2. Denis

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    Sur le même sujet, un article publié par Jacques Attali sur son blog en novembre 2011

    Le cinquième suicide européen

    L’Allemagne et la France se sont trouvées à quatre reprises en un siècle, chacune à son tour, en situation de pouvoir, par des décisions absurdes, ou honteuses, transformer l’Europe en un champ de ruine. Et elles l’ont fait. En 1914, toutes les deux ont participé à l’engrenage qui a conduit à la première guerre mondiale. En 1919, c’est la France, qui a pris la mauvaise décision en exigeant de l’Allemagne qu’elle paie le prix de la guerre. En 1933, c’est l’Allemagne qui a pris le mauvais chemin en choisissant Hitler comme chancelier . En 1936, c’est la France qui commit l’erreur de laisser le Führer réoccuper la Ruhr, ouvrant la voie à la deuxième tragédie siècle. A chaque fois, une autre décision était possible, qui aurait fait du vingtième siècle un temps d’abondance.
    Aujourd’hui, c’est de nouveau au tour de ’Allemagne de tenir dans sa main l’arme du suicide collectif du continent le plus avancé du monde : Si elle refuse d’accepter le chemin étroit qui passe par le rachat par la BCE des obligations arrivées à maturité, suivi de l’émission d’une dette souveraine européenne, remboursée par deux points de tva européenne et d’une réforme des traités permettant de mieux contrôler les laxismes des uns et les égoïsmes des autres, la catastrophe aura lieu.
    Pour que Berlin ne soit pas, une fois de plus, responsable d’un suicide européen, l’Allemagne doit sortir de trois illusions :
    1. Elle n’est pas le bon élève de l’Union, qui refuse de payer pour les erreurs des autres. Sa dette publique est de 82% du PIB, pratiquement égale à la dette française ; dix de ses banques, toutes publiques, qui fournissent 20% des crédits au secteur non financier allemand, sont en tres mauvaises situation. Sa consommation d’énergie dépendra de plus en plus du gaz russe, qui représente 37% de ses importations. Sa démographie est catastrophique au point que , en 2060, il y aura moins d’Allemands que de Français et que 44% de la population allemande aura plus de 65 ans contre seulement 35% en France, ce qui rendra particulièrement difficile le remboursement de la dette publique allemande. Enfin l’avenir de l’industrie allemande n’est pas si prometteur qu’elle le croit : selon une récente étude anglaise, sur les 100 entreprises les plus innovantes du monde, 11 sont françaises et seulement 4 sont allemandes.
    2. Elle est le premier bénéficiaire de l’Union européenne , qui a financé en partie sa réunification, et lui a permis de gagner près de 15 points de parts de marché à l’intérieur de la zone euro et de devenir le premier pays exportateur de produits agroalimentaires en recrutant du personnel venu de l’Est de l’Europe au tarif de ces pays, ce que la France ne veut et ne peut faire.
    3. Elle a tout à perdre à sortir de la zone euro, qui ruinerait son système bancaire et lui couterait, selon une étude suisse, de 20 à 25% de son PIB la première année et la moitié chacune des années suivantes.
    4. Elle croit à tort qu’un soutien provisoire de la BCE à la liquidité des banques et des Etats européens entrainerait une inflation massive, qui ruinera ses vieux, majoritaires , alors qu’il ne peut y avoir d’inflation massive quand le chômage est aussi élevé et quand la financiarisation de l’économie freine la transmission de la monnaie vers l’économie réelle.
    Lueur d’espoir : à lire les toutes dernières déclarations de la Chancelière, et le programme de son parti approuvé le 15 novembre, (souhaitant une évolution vers un fédéralisme européen, et laissant entendre qu’elle pourrait accepter de faire de la Banque centrale Européenne le garant de dernier recours) il semble que l’Allemagne se prépare à reconnaitre ces évidences. Il appartient maintenant à la France de la prendre au mot. Tout est encore possible.
     
  3. Gandalf

    Gandalf
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    Fly you fools !

    Quand je lis l'article de Monsieur Attali, je suis fâchée.

    D'une, le point Godwin me saoule, mais d'une force... l'Allemagne a beaucoup payé pour les erreurs passé, et le dernier paiement "indemnité de 2de guerre mondiale" était en 2010. Maintenant, ils aimeraient bien qu'on leur lâche la grappe avec ça, merci.

    De plus avec le fameux taux d'endettement à 82%, faut quand même pas oublier qu'on vient de se prendre une grosse crise financière sur le coin du nez, on a tous bien morflé, et oui, forcément, la dette augmente en Allemagne (qui peut elle se permettre de la financer, et elle continue à emprunter à pas (trop) cher)... sans compter que le déficit public, lui, est resté à 3.3%, soit un score très honorable si on compare aux autres pays européens (7% en France).

    Il est effectivement possible que l'Allemagne ait poussé un peu trop loin la politique d'austérité (je pense en particulier aux salaires gelés, Harz IV et aux mini-jobs et autres mesures sensées "aider" l'emploi et qui garde les travailleurs non-qualifiés-ou-pas-trop dans une précarité assez atroce, sans compter que là bas l'intérim est juste super-mal vu et super-mal payé !!!). 6.5 millions de travailleurs sont des "travailleurs pauvres" car vivant avec moins de 10€ brut de l'heure. Le pouvoir d'achat aurait baissé de 4.7% en 10 ans. Je crois que la notion de salaire minimum commence d'ailleurs à fair son chemin au sein des dirigeants, Angela Merckel a envisagé l'idée (si ça baisse encore plus, ça risque d'être vraiment la cata niveau social, et c'est déjà pas jojo).

    Mais dire "Haaaan, l'Allemagne elle dit qu'elle fait bien, mais en fait non, c'est une grosse menteuse !!", ça va pas faire des masses avancer le schmilblick. Surtout que chez nous, on fait bien pareil (croire que c'est nous les meilleurs)...

    J'ajouterais que dire que l'éclatement de la zone euro serait une catastrophe pour l'Allemagne, OK, c'est clair, mais que les autres pays ne s'en tireraient pas mieux. On est tous dans le même bateau Monsieur Attali.

    C'est un peu des idées jetées au hasard, mais quand même pour finir, au sujet des eurobonds : Angela n'est pas complètement contre l'idée. Par contre, elle est totalement opposé à des eurobonds dans le contexte actuel, où certains pays ne font visiblement pas suffisamment (en tout cas à ses yeux) pour juguler la catastrophe économique. Ils veulent un cadre très (ou tout du moins plus) réglementé.

    C'est pour ça que l’Espagne, actuellement, refuse l'aide européenne ; si l’État accepte cette aide, l'Espagne se retrouvera "sous tutelle" comme la Grèce. L'état espagnol souhaite que l'aide soit versée directement aux banques, sans passer par ses caisses, ceci pour garder son indépendance vis-à-vis de la BCE, Mario et Angela. (en tout cas, moi je le vois comme ça)

    Alors OK, ça fait un peu "Je contrôle tout et tu fermes ta gueule", comme plan. D'un autre côté : ils ont assumé leurs pénalités de guerre, ils ont redressé la RDA après la réunification, je peux comprendre que ça les saoule de remettre la main à la poche.

    Alors oui, c'est pas très corporate niveau européen. Mais je ne peux pas m'empêcher de me dire que si c'était à nous de financer alors qu'on se serre la ceinture, même avec certains retours positifs, on ferait bien la tronche aussi avant de raquer. ^^

    Désolée pour le pâté...
     
  4. Denis

    Denis
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    UE : Merkel prête au "big-bang" (Le Monde)

    Extrait :
    La chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré, jeudi 7 juin au matin, qu'elle souhaitait travailler à une "union politique" en Europe, quitte à accepter l'idée d'une Europe à deux vitesses si certains pays bloquent.

    "Nous avons besoin de plus d'Europe (...), d'une union budgétaire (...), et nous avons besoin avant tout d'une union politique. Nous devons, pas à pas, abandonner des compétences à l'Europe", a-t-elle déclaré à ARD-Morgenmagazin. Mais "nous ne devons pas rester immobiles, parce que l'un ou l'autre (pays) ne veut pas encore suivre", a-t-elle ajouté.

    Angela Merkel veut gagner du temps (Le Point)

    Extrait :
    "L'idée de la chancelière est qu'il ne faut rien céder avant les élections législatives en Grèce" du 17 juin, estime Thomas Fricke, chef économiste du Financial Times Deutschland. "Elle ne veut surtout pas envoyer le signal que les partis extrêmes dans ce pays ont raison de faire pression sur Berlin" pour obtenir des aménagements du plan de rigueur de la Grèce. Mais il se dit confiant : la chancelière finira par agir. "On ne sait pas ce qu'elle est prête à faire, mais, quand la catastrophe approchera, elle infléchira sa position au dernier moment comme elle l'a fait en mai 2010, quand, voyant arriver l'implosion du système, elle a soutenu l'idée d'une aide à la Grèce", assure-t-il.
     
  5. Denis

    Denis
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    La Une de The Economist cette semaine : "S'il vous plait, Mme Merkel, on peut mettre le moteur en marche ?"


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  6. louna69

    louna69
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    For the watch.

    Je suis vraiment atterrée et terrifiée quand je vois la situation de l'Europe et ce qui risque d'arriver. Mais plus que cela, ce qui me rend triste, c'est de voir la résurgence des nationalismes, du "chacun chez soi et tout le monde sera content", des égoïsmes de chacun. D'un côté, les uns ne veulent pas payer pour les autres (c'est compréhensible) et pensent à quitter purement et simplement la zone euro, avant que le bateau ne coule, et de l'autre côté les autres en ont marre que les uns leur imposent leurs réformes et leurs conditions toujours plus dures alors que la situation empire de plus en plus et veulent quitter la zone euro (c'est aussi compréhensible). Peu importe ce qui arrivera aux autres, tant que moi je ne coule pas, tout ira bien.

    Il est bien beau l'idéal d'une Europe solidaire et unie, on y croit tant que tout ira bien. Comment peut-on penser une seule seconde que la disparition de l'euro, ou même simplement quitter la zone euro est une solution souhaitable, quand les premiers clients des grosses économies européennes sont les autres pays européens? Quel intérêt de voir ses principaux clients faire banqueroute, si c'est pour qu'ensuite on coule nous-même? Comment peut-on croire qu'avec de l'austérité toujours plus dure ça ira bien, quand les pays en difficulté qui l'appliquent sont en récession constante (et qu'on ne me ressorte plus l'exemple de l'Allemagne qui a souffert comme jamais pour devenir finalement la première économie européenne, la situation économique était bien autre au début des années 2000)? Comment épargner quoi que ce soit quand il n'y a pas de rentrées d'argent dans les caisses? Et surtout, quand est-ce qu'on s'intéresse aux peuples? Je veux bien que les Grecs soient les champions de la fraude fiscale, qu'ils n'ont que ce qu'ils méritent, qu'ils ne veulent rien payer et attendent qu'on les sauvent, mais pourquoi on ne fait pas quelque chose au lieu de rester les bras ballants à pester? Pourquoi ne pas mettre en place la proposition de Sarkozy, ou Hollande, ou je sais plus qui (ils se sont tellement chamaillés sur la paternité de l'idée que je ne sais plus), qui faisaient payer aux évadés fiscaux l'économie qu'ils faisaient en allant ailleurs? Vu l'urgence de la chose, je pense que ce ne serait pas si impossible que ça de nouer les accords nécessaires avec les pays hôtes concernés.

    Je ne sais pas si je suis une illuminée de croire que l'union fait la force, que l'explosion de l'euro conduirait à la ruine de l'Europe, la première économie mondiale, que les pays européens tout seuls ne tiendraient pas longtemps face aux grosses économies des pays émergents, qu'on fonce droit dans le mur à être obsédés par l'austérité sans penser une seule seconde à redonner un peu de compétitivité (et je ne pense pas que cela passe par le piétinement des acquis sociaux et une baisse indécente des charges patronales). Je ne sais que penser de la situation; je prie pour que les Européens reviennent à la raison, oui l'Europe est une bonne chose pour chacun d'entre nous, non ce n'est pas une catastrophe de renoncer à un peu de notre souveraineté, si cela permet d'avoir une Europe plus forte que jamais. On peut s'en sortir; il faut simplement avoir le courage de se lancer dans la voie du fédéralisme et de a solidarité, même si ça fait mal.
     
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