Le Front National veut-il créer un « ordre des journalistes », et pour quoi faire ?

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Esther, le 3 mai 2017.

  1. Esther

    Esther
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    Mélange instable
    Membre de l'équipe

    Tante Clara a BigUpé ce message
  2. Nyxi

    Nyxi
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    Je ne veux pas parler de la proposition du FN (s'il y en a une au final concernant un ordre des journaliste).

    Avant de lire cette "news" (sur un autre support) je croyais qu'il existait déjà un "ordre des journalistes" ou du moins quelque chose d'équivalent à l'ordre des médecins ou psycho etc. Et je suis très surprise d'apprendre que ça n'existe pas et en même temps, ça m'explique beaucoup de chose. Pour moi, l'existence d'un organisme du genre renforce la déontologie des journalistes dont certains font franchement défaut, d'où la pullulation des fake news. Quand on voit le pouvoir d'influence des média, laisser tranquille des journalistes qui relaient des fausses information (sciemment parce que ça sert leur "cause/idéaux" ou par flemme de prendre le temps de vérifier) ça me chagrine beaucoup...
     
  3. Locke

    Locke
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    If one wolf's alive, the sheeps are never safe.

    Il n'existe pas d'ordre des psychologues en France.

    Ensuite, je trouve le reste de ton commentaire extrêmement incomplet.
    Quand Marine Le Pen parle de créer un ordre des journalistes alors qu'elle-même tape sur les médias et la presse, que ses proches agressent, insultent, menacent les journalistes, qu'ils refusent l'accréditation à certains journalistes sous prétexte qu'ils ne leur plaisent pas, ça n'est pas une volonté de proposer quelque chose d'autre qu'un contrôle, voire même une censure, de médias qui l'égratignent en montrant les dessous de ses sourires et de sa tentative de normalisation de ses idées, de ses propositions et de ses positions.
    Ensuite, l'ordre d'une profession ne doit pas se faire par un gouvernement en place, c'est à la profession de prendre cette décision et de mettre cela en place. Il peut potentiellement y avoir une collaboration avec le gouvernement (disons le ministère le plus à même de travailler sur cette problématique) de façon à ce que cet ordre soit reconnu par l'état et légitimé, mais cela s'arrête là.
    Qu'une femme qui se présente aux élections présidentielles annonce qu'elle veut créer un ordre des journalistes, ça n'est jamais qu'une menace de museler la presse, alors que cette dernière est supposée être indépendante (des pouvoirs d'état en tout cas, puisque l'indépendance peut poser question dans le cas de certains journaux qui appartiennent à de grands groupes, je parle notamment de iTélé qui a beaucoup manifesté il n'y a pas si longtemps que cela pour justement défendre leur indépendance. Il n'y a rien de positif qui puisse être tiré d'une telle proposition et de la mise en place de ce qui ne serait qu'un moyen de contrôler les médias (peut-on parler de propagande ? Ma foi...).

    Ensuite, critiquer les médias, c'est très bien, je trouve cela très cohérent, très rassurant, et cela montre qu'il y'a un esprit critique. Par contre, se laisser monter la tête en épingle comme le font beaucoup de français (d'américains, également) qui quasiment sur les ordres des politiques (que les médias critiquent, c'est leur RÔLE, qu'on le veuille ou pas, et quand je parle de critique, je ne dis pas qu'ils sont là pour les défendre, je dis qu'ils sont là pour équilibrer/nuancer le débat) c'est franchement dangereux et très problématique. J'ai du mal à comprendre comment on peut reprendre le terme de "fake news" alors que le terme a été utilisé dans un premier temps par Donald Trump qui se défendait d'accusations de la part des médias américains sur des choses qui pourtant étaient vraies. Du coup, ça dit quoi, sinon qu'on tire sur l'ambulance et qu'on accepte de s'en prendre à une institution qui est garante de notre liberté d'expression mais aussi et surtout, d'information.

    On reproche aux médias de trop en dire, de ne pas assez en dire, de dévoiler, de ne pas dévoiler, on leur reproche d'être conciliants ou d'être trop contre, on leur reproche de sourire, de serrer une main, d'avoir des opinions... Mais franchement, est-ce qu'on peut aussi penser à utiliser nos cerveaux, aussi, plutôt qu'attendre que l'info arrive telle qu'on la veut ? Allons la chercher, croisons les informations, prenons un peu de temps pour cela !

    Critiquer les médias, donc, ne pas être toujours d'accord avec eux, oui, mais être contre les médias, clairement, non, ça n'est inacceptable et indéfendable (je sais que tu ne dis pas ça, je développe mon point de vue). Aujourd'hui, il est l'heure d'être plus critiques, de se demander pourquoi les médias sont ce qu'ils sont aujourd'hui (ils font partie d'une logique consumériste, ils sont à l'image de notre société, imparfaits et à remettre en question), et de se montrer plus actifs, plus proactifs, même, parce que c'est aussi aux citoyens de s'intéresser plutôt que d'attendre bêtement que l'info leur tombe dessus (ou plutôt que de préférer être dans le déni, aussi, c'est le cas de beaucoup).
     
    #3 Locke, 3 mai 2017
    Dernière édition: 3 mai 2017
    PousseMoussue, just_in_case, Souuuuu et 5 autres ont BigUpé ce message.
  4. Nyxi

    Nyxi
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    Autant pour moi, j'ai confondu avec le code de déontologie.
     
    lafillelabas, Tante Clara et Locke ont BigUpé ce message.
  5. Locke

    Locke
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    If one wolf's alive, the sheeps are never safe.

    Oui, ça nous en avons un, mais il n'a pas de valeur légale, contrairement au code de déontologie des médecins, par exemple.
     
    Liza Radley et Tante Clara ont BigUpé.
  6. Nyxi

    Nyxi
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    Je sais bien (j'étais à la fac y'a dix ans et il y avait un espoir qu'il gagne un statu légal officiel, je suis un peu triste que ce ne soit toujours pas le cas), néanmoins il existe et il a un "poids", il me semble, assez important auprès des psychologues (disons que les psy que j'ai pu côtoyer en tant que stagiaire, amie et patiente y ont tous fait référence à un moment ou à un autre). Je ne sais pas du tout si un tel code de déontologie existe pour les journalistes, si c'est le cas, il prend souvent cher dans sa g*****
     
    lafillelabas et Locke ont BigUpé.
  7. Locke

    Locke
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    If one wolf's alive, the sheeps are never safe.

    Ah bah en tant que psychologue je peux en dire quelque chose, et je regrette qu'il n'ait pas de poids légal (mais ça fait partie de notre travail de légitimisation et de crédibilité dans cet pays, je pense). Concernant les journalistes, malheureusement, je crois que ce qu'on en perçoit le plus facilement (disons sur les chaines mainstream), je pense que ce ne sont pas forcément les plus irréprochables qu'on voit le plus, même si je trouve qu'il y'a un mieux en ce moment (notamment Elise Lucet qui fait un gros travail très louable).
     
  8. yuyunaâ

    yuyunaâ
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    Ja, genau

    Wow je trouve ça carrément flippant. Parce que museler les médias (ce que le FN fait déjà, ils empêchent certains journalistes comme ceux du Quotidien ou du Monde d'assister à leurs meetings) c'est quand même un truc de dictature. (Après je ne sais pas si d'autres partis font ça, mais j'ai rien entendu de tel).
     
    just_in_case et Locke ont BigUpé.
  9. Nyxi

    Nyxi
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    @Locke Je complète ma réponse parce que je viens juste de voir ton édit de ton premier commentaire. J'ai précisé en début de message que je ne parle pas de la proposition du FN (parce que des fausses info ou des relais d'étude pourrie de biais, y'en a pas que par le FN, on en trouve partout y compris ici), je parle de l'absence d'ordre des journalistes en elle-même, indépendamment de la campagne électorale. Je pensais qu'il en existait un, comme pour les médecins ou du moins un code de déontologie de la profession à la profession. Un ordre de pair à pair qui se chargerait de vérifier/taper sur les doigts quand une faute professionnelle est avérée. L'exemple qui me vient spontanément se serait un.e journaliste qui a sa carte de journaliste (quelque soit le support) qui transmet une information fausse (d'où l'utilisation du terme fake news que j'ai vu reprise dans un sens bien plus générale que Trump) et/ou incomplète qui induit en erreur, par exemple un article qui donnerait en lien des sites anti-ivg sans donner ceux du gouvernement (j'aurais bien envie de dire même s'il donne ceux du gouvernement). Dans mon esprit (utopiste peut-être sur le coup), ça obligerait les journalistes qui relaient des études scientifiques de le faire bien, sans tronquer voire carrément retourner la conclusion de l'étude ou relayer un résultat d'étude mais en en précisant les biais qui la rendent moyennement généralisable. Ca pourrait aussi permettre justement aux auteurs de ces études dévoyées (ou à ceux qui ont décelé les biais) de porter réclamation/plainte pour qu'un correctif soit fait et que la bonne info soit transmise.

    Je suis d'accord avec toi sur le fait qu'il faut aussi aller chercher l'info, qu'il faut être critique mais c'est pas donner à tous le monde, c'est pas un réflexe inné. Moi je l'ai parce que je me suis tapé 4 ans de método expérimentale (dans une fac de psycho trèèèèèèèès branchée expérimentation), et que c'est devenu un réflexe d'aller chercher les biais, la petite bête, l'autocritique mais avant d'avoir ces cours.... ben heureusement que j'avais un esprit de contradiction au summum qui me faisait pas tout gober d'un coup mais c'était pas top non plus. Il faudrait éduquer à la critique dès le primaire (et à la communication aussi, mais c'est un autre débat) parce que c'est pas inné de pas faire confiance à l'autorité (cf l'article sur la soumission à l'autorité).
     
    lafillelabas et Locke ont BigUpé.
  10. lafillelabas

    lafillelabas
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    Juste pour rebondir là dessus; Mediapart est tout aussi partisan que les autres medias. On a tous tendance à sauter sur les erreurs/biais qui challengent notre vision du monde et à fermer les yeux sur les autres.

    Il n'y a pas de journaux neutres, factuels, dans aucun biais. Réguler la presse, ça reviendrait juste à l'interdire.
     
    Liza Radley a BigUpé ce message
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