Le harcèlement scolaire aujourd'hui : les profs et surveillants témoignent

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Melissa, le 3 novembre 2016.

  1. Melissa

    Melissa
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  2. Callistar

    Callistar
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    Ces témoignages mettent une seule chose en exergue : la forme de notre système scolaire. Nous avons une école cloisonnée qui se contente de dispenser des savoirs sans former des individus, de futurs citoyens et adultes bien dans leurs baskets. De fait, il n'existe que très peu de proximité entre élèves et équipe pédagogique, ce qui n'invite bien sûr pas du tout au dialogue. C'est ce qui amène à ce sentiment de plus en plus prégnant d'une école de consommation. (pour faire un schéma court)
    J'ai eu le plaisir d'étudier en Scandinavie (c'est aussi valable pour des amis qui ont étudié dans certains pays de culture protestante majoritairement) et je fus très surprise de la relation de proximité entre les élèves et les enseignants. Déjà, le tutoiement est de rigueur. Les enseignants considèrent les élèves comme de futurs adultes qui forgeront la société et aussi, accessoirement, comme de futurs potentiels collègues. De fait, il existe un grand respect et une relation de confiance inexistante chez nous (à l'université, il est aussi commun d'inviter ses professeurs dans les soirées de la classe). Les élèves parlent librement, se confient et les situations délicates sont traitées collectivement, et non pas dans un bureau en catimini avec le/la principal(e), les parents, la victime et les bourreaux. En effet, les cas de harcèlement sont la conséquence d'un dysfonctionnement du groupe : ceux qui agissent, ceux qui se taisent, ceux qui refusent de dire, ceux qui ne stoppent pas etc. Bref, plus qu'une sensibilisation, il s'agit, à mon sens, de refonder notre modèle scolaire (et social tant que nous y sommes, peut-on un peu rêver) et cette refondation, elle passe avant et d'abord par les acteurs de terrain ! Et je leur souhaite bon courage !
     
    ben quoi ?, Starting Line, mélishnek et 12 autres ont BigUpé ce message.
  3. Mlle Esculape

    Mlle Esculape
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    Fais semblant ! [...] Fais semblant d'être un grand chef de guerre. Si tu fais bien semblant, un jour tu verras, t'auras plus besoin !

    Je me sens tellement mal pour celle qui a été accusé de détournement de mineur pour avoir aidé une élève au bord du suicide :sad:

    Quel autre choix avait-elle ? Elle aurait dû laisser son mail comme ça ? Sans rien faire ? Prévenir la hiérarchie en sachant que ça n'aurait sans doute rien donné ? Si cette élève lui a envoyé un appel au secours c'est probablement qu'elle avait confiance en elle, mais sans formation que faire ? A part ce qui lui semblait le plus juste ?

    Les limites du système sont terribles. Je souhaite tellement de courage à tous les profs aux aguets et désireux de faire changer les choses, vous êtes des héros.
     
    Coco.lalie, LadyMarianne, Phéacie et 2 autres ont BigUpé ce message.
  4. maelan2003

    maelan2003
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    Etant enseignante en maternelle, j'ai l'impression d'être le premier maillon de la chaîne contre le harcèlement. J'ai cette année des petites sections. On apprend la solidarité, l'entraide, le consentement (non, on ne fait pas de bisou à un enfant qui n'en veut pas, même si tu trouves ça gentil, il n'a pas envie...). On apprend aussi à régler des conflits par la parole, sans l'adulte lorsque c'est possible, et à en parler aux adultes lorsque le conflit est trop important. Je mets aussi un point d'honneur à féliciter chaque élève et à faire participer les autres enfants aux compliments : on applaudit les réussites de chacun. J'essaie de faire en sorte que personne ne se sente oublié, laissé pour compte, la jalousie rendant parfois les enfants méchants entre eux (celui qui réussit est parfois moqué par exemple). On parle des différences, on combat ensemble les stéréotypes. Ce n'est pas parfait, mais c'est un début. Je pense que si ce travail était fait dans toutes les classes avant le collège, peut-être que le harcèlement se ferait plus rare. Comment agir au collège, quand le mal est déjà fait ? Combattre le harcèlement se fait par l'éducation, dès tout petit. Ce n'est que mon point de vue, mais je pense que chacun a sa part de responsabilité, et pas seulement les collègues en charge d'adolescents.
     
    Phéacie, Coco.lalie, Ahn et 7 autres ont BigUpé ce message.
  5. mélishnek

    mélishnek
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    Tiens. Je ne savait pas qu'il n'y avait pas toujours d'infirmière scolaire dans les établissement privé...je trouve ça grave. étant donné qu'il revient souvent à elle seule de faire de la prévention.
    Car il n'en est pas question dans l'article, mais dans certains endroit les infirmière scolaires peuvent jouer un rôle. C'est parfois elles qui repèrent les élèves qui loupent les cours par ce qu'ils ont "mal au ventre". Vers qui certains vont à la recherche d'une écoute bienveillante. A elles que certain profs et surveillants confient leurs doutes a propos d'élèves en situation de harcèlement pour qu'elles essaye d'en savoir plus.
    Encore faudrait-il en avoir dans tous les établissement et pas seulement un jour par semaine (comme c'était le cas dans mon collège)... Une histoire de finance.
     
    Phéacie a BigUpé ce message
  6. Grumpy

    Grumpy
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    <spoiler> Essai </spoiler>

    @mélishnek je suis tout à fait d'accord avec toi mais ça me fait bizarre que tu mette mal au ventre entre guillemets. Enfant quand j'avais des problèmes cette douleur au ventre c'était pas une excuse pour éviter le problème, c'était réel. C'était comme si on me frappait violemment le ventre ou qu'on me poignardait. Même si c'est somatique j'aime pas qu'on minimise ça: le mal est psychique mais la douleur est physique et incontrôlable. Enfant souvent tu fais même pas le lien consciemment entre cette douleur et tes problèmes. Après oui bien sur il y a des enfants qui évitent consciemment les cours par de petits stratagèmes comme de fausses maladies et c'est ce dont tu voulait parler mais voilà, s'il vous plait tout le monde: Somatiser ce n'est pas mentir aux autres à son avantage, au contraire c'est ton corps qui te dit ce que tu aurais préféré ne pas savoir.
     
    Phéacie a BigUpé ce message
  7. Gytha-Ogg

    Gytha-Ogg
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    Les infirmières scolaires j'ai toujours trouvé ça complétement inutile on te file un médoc et basta pour le reste c'est des fausses psy... En seconde des filles à qui je ne plaisait pas sont allées raconter que j’étais bizarre à l'infirmière (En gros, je lis, je m'en contre fous de mon physique et des mecs) c'est moi qui est du justifier mes bizarrerie auprès de l'infirmière (chouette). Elle était surtout un nid de ragots cette femme, elle racontait tous ce que les étudiants venaient lui raconter.
     
  8. mélishnek

    mélishnek
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    @Grumpy Ce n'était pas pour banaliser la douleur (j'en sais long sur le sujet aussi) mais pour pointer qu'il s'agissait d'une douleur psychosomatique, comme tu as pu le relever. Peut-être mon propos était-il maladroit, excuse moi.
     
  9. Fleur d'oranger*

    Fleur d'oranger*
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    Ouais... il y a aussi les profs qui ferment les yeux alors que ça se passe dans leur classe, devant eux.:mur:
    Mais heureusement que certains essaient de changer les choses :top:
     
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