Le jour où j’ai réalisé que ma vie n’était pas un film

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Clemence Bodoc, le 6 août 2014.

  1. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
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  2. loullo

    loullo
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    Sîdh or Ambar

    Wouhaou!

    Franchement bravo pour cette article, je me reconnais tellement dedans!
    Sauf qu'en plus de vouloir suivre le script parfait! J'avais 10 ans et quelques quand j'ai vu Truman Show, et ce film m'a tellement perturbé toute jeune! Je cherchais les caméras, essayer de trouver les faux décors, ca devenait de la paranoïa... Bon puis j'ai compris que c'était pas la réalité, que les gens qu'on croisent dans la rue ont bien une vie et ne sont pas simplement des figurants, mais n'empêche que cette idée de scénario à suivre, m'a bien pourri la vie... Enfin bref, après avoir fait aussi la scolarité parfaite, les études sérieuses, j'ai dit STOP. Maintenant je fais ce que j'ai envie de faire, certes en faisant aussi face aux contraintes et obligations de la vie, mais je n'ai plus à suivre de tram toute faite! Et ça c'est la libération!

    D'ailleurs j'ai eu des conversations assez intéressantes avec des collègues, qui me demandaient pourquoi dans notre génération, on ne cherchait pas à se stabiliser tout de suite. Quand pour eux le but de la fin de leur étude est de trouver un CDI, de se poser, d'acheter une maison, etc., alors que nous, nous sommes plus à la recherche de "nous même" (quitte à barouder quelques temps), de nos motivations, de ce qui nous anime vraiment...
    Et c'est vrai qu'au niveau des stats, en tout cas en école d'ingé, il y en a de plus en plus qui soit ne recherche pas de travail tout de suite, soit qui décide de se réorienter... C'est un phénomène de génération? Ou bien plus une manière générale de dire que le système est mal foutu? (l'orientation scolaire qui laisse à désirer mais en même temps on nous rappelle toute notre vie de travailler à fond pour faire quelque chose qui nous plait)

    Bref j'ai un peu diverger, mais super article :paillettes:
     
    littlerudy et Mytrn ont BigUpé.
  3. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
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    @All those Pages   Hello ! 

    Par film, j'entends surtout le sentiment de sécurité. Dans un film, tout est "pour de faux". Les morts se relèvent à la fin, on fait semblant d'avoir peur, d'avoir mal, d'être triste. 

    Même quand il m'arrive de rentrer dans le jeu, je n'arrive pas à m'inquiéter pour les personnages : le héros va s'en sortir (il y a si peu de fins tragiques au cinéma quand même, par rapport à la masse des happy ends !) 

    J'avais fini par avoir le même sentiment de sécurité, de prévisible à propos de ma propre vie. Attendre que "quelque chose" intervienne pour me tirer d'une situation. 

    Alors qu'en fait... bah... c'est à moi de réagir, quoi... :troll:

    @Joldottir ah non, vraiment aucun jugement de ma part, promis ! Il n'y a rien de mal à vouloir ou ne pas vouloir un mari deux enfants et un chien. Je ne vois d'ailleurs pas sur quelle échelle de valeur je pourrais hiérarchiser ça ?! 

    Je n'ai pas l'impression d'avoir échappé à un carcan, la voie que j'ai suivie n'était pas mauvaise, elle ne me convenait pas, c'est tout. Elle peut très bien convenir à d'autres (et c'est le cas !) 

    Donc non, vraiment, zéro jugement ! :fleur:
     
    #3 Clemence Bodoc, 6 août 2014
    Dernière édition: 6 août 2014
    Camicamica a BigUpé ce message
  4. mlle_lee

    mlle_lee
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    Cinéfille en puissance

    Merci pour cet article !

    Je pense que nous n'avons clairement pas le même parcours de vie, mais peut-être bien les mêmes façons de penser. Quand j'entends mes proches me répéter "Bah alors, va falloir trouver un Jules..." ou ce genre de trucs, ça me fait chier. Pourquoi je devrais, parce que si j'ai pas d'enfants ou si je me marie tardivement, ça se fait pas ? Quand je répète aux gens que je ne finirais pas ma vie dans ce métier que j'exerce actuellement, on me dit toujours "Ah bon, et tu feras quoi ?" Bah, franchement, j'en sais rien. Le destin, c'est une idée inventée par Hollywood non ?

    Bref, ton article aurait presque pu s'intituler "Le jour où j'ai commencé à réaliser le film de ma vie", parce que finalement, c'est comme ça que je l'imagine moi, ma vie. Je subis pas la caméra, c'est moi qui la tiens (si on file la métaphore)

    Et pour en revenir au magnifique court métrage de Raphaël Descraques, il m'a aussi touché au plus profond, je pense que c'est une histoire de génération, mais c'est exactement ce que je pense sans savoir le dire comme ça. De toute façon, Frenchnerd et cie savent parfaitement mettre les doigts sur les angoisses de notre société actuelle.

    Merci en tout cas, ça m'a fait du bien de lire ça.
     
  5. ptiote_moi

    ptiote_moi
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    C'est exactement mon ressenti du moment !

    J'ai suivi la voie dite "normale": bac S, fac de sciences (j'aime mais sans plus), master (car avec un bac+5 tu auras un bon boulot de cadre), chômage, CDI (aka le graal), appart en couple et.........paf licenciement à l'amiable (si si ça existe! surtout quand ta chef est un chef tyrannique...bref!) ! Et là ça fait 2 mois que je réfléchis à ce que je veux vraiment faire, moi...

    Je m'aperçois que j'ai eu plein d'occasions avant pour me poser des questions sur ce que je voulais faire de ma vie mais que, par facilité certainement, j'ai suivi ce qu'on me conseillait. J'ai suivi le script.
    "Le journalisme? c'est dur comme métier.
    Une fac d'histoire mais pour quoi faire?
    Intermittent du spectacle? c'est pas ça qui t'apportera de la stabilité
    Faire le tour du monde ? quand tu gagneras au loto !
    Faire de la permaculture ? c'est bien un truc d'écolo bobo marginaux"

    Maintenant que je suis face à moi-même, que je dois décider de ce que je veux faire de ma life, je me dis que c'était vachement plus simple quand tout était déjà écrit dans le script !
     
  6. Destiel Mok´

    Destiel Mok´
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    "-You can fly? -I'm a bird Poh..."

    Je viens personnellement de bruler le script.
    J'ai rarement eu aussi peur. Mais à 27 ans il était temps.
     
    apacha a BigUpé ce message
  7. ptiote_moi

    ptiote_moi
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    J'en ai 28 :) Je m'aperçois que beaucoup de mes amis ont la même prise de conscience au même moment. Problème générationnel ?!

    Burn the script !
     
  8. Marie Obrigada

    Marie Obrigada
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    en construction...

    Peut-être. Mais je pense aussi que c'est lié au rallongement des études. Tout pendant qu'on est étudiant, on valide son année et on continue, puis vienne les difficultés à trouver un emploi et/ou les désillusions de la vie professionnelle qui amènent à tout repenser, à éventuellement changer de projets et de métiers, etc.
     
  9. Gringo

    Gringo
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    Regarde du porno en tricotant

    Bon ben je crois que j'en suis à ce stade là et ça fait trop du bien!

    Plus de mec, je change de boulot (j'espère que mon entretien s'est bien passé!), je vais surement repartir en colocation (je rêve d'une grande colocation avec plein de monde).

    Et là tout ce que j'ai envie c'est de faire tout ce que je n'ai pas pu faire pendant les études pour des raisons sans fondements: aller apprendre l'anglais dans un pays anglophone, partir loin, ne pas réfléchir à plus loin que l'année prochaine (et encore l'année prochaine c'est trop loin, je ne réfléchis que jusqu'en décembre)
     
    littlerudy a BigUpé ce message
  10. Destiel Mok´

    Destiel Mok´
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    "-You can fly? -I'm a bird Poh..."

    A ben moi on est tous dedans!
    Sauf que le script je l'ai écris moi même quand je me suis mise "dans cette vie la" car j'étais fière d'avoir réussi. Mais je regrette de ne pas avoir agis plus tot. Il est un peu tard pour moi et je ne sais pas par ou commencer.
     
  11. Elyon_64

    Elyon_64
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    Whatever works

    Très bel article, je m'y retrouve tout a fait.

    Même si c'est de plus en plus fréquent (je pense) ce n'est pas toujours évident de sortir des sentiers battus, et de ne pas être jugé pour ça.

    (racontage de vie /on)
    Je ne veux pas d'enfants, j'aime beaucoup voyager et je ne vois pas m’éterniser dans une ville, donc acheter une maison/appart n'est pas du tout dans les top des aspirations de ma vie, et ne parlons pas de ma vie sentimentale qui est on ne peut plus instable.

    Du coup, j'ai le droit a beaucoup de "tu verras tu changeras d'avis", ou des entremetteurs ou légers regards en mode "awww, la pauvre" quand je dis que je suis célibataire (et que je suis heureuse de mon statut :P ), et toute sorte de commentaire sur la vie "nomade" qui m'attire, comme si j’étais une sale gosse qui avait besoin de se prendre une grosse claque pour revenir a la réalité.

    C'est pas méchant, ça ne vient heureusement pas de tout le monde, mais c'est casse c*uilles !

    (racontage de vie /off)

    Tout ça pour dire que c'est difficile de remettre en question ses choix de vie et ses envies, surtout quand elles diffèrent du modèle traditionnel (qui n'est pas plus mal qu'un autre hein :) ), bravo a la madmoizelle en tout cas !
     
  12. ptiote_moi

    ptiote_moi
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    Je crois que le problème est plutôt d'avoir le courage de faire de ta vie ce dont tu as envie (que ce soit un boulot planplan, un boulot hors norme, un boulot que tu kiffes tellement que tu fais que ça ou pas de boulot du tout!) et que tu ne suives pas le script qu'on a écrit pour toi mais que tu l'écrives toi-même.

    Le pétage de plomb de la trentaine arrive surtout car c'est le 1er bilan de ta vie "bon qu'est-ce que j'ai fait? qu'est-ce que j'ai raté? je suis heureuse ou pas? qu'est-ce que je veux faire?". Et c'est là que tu vois si veux faire une suite à ton film ou t'écrire un spin off :)
     
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