Le ministre et la députée : guerre des genres à l’Assemblée

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Clemence Bodoc, le 27 janvier 2014.

  1. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
    Expand Collapse
    Rédactrice en chef
    Membre de l'équipe

  2. Myniloly

    Myniloly
    Expand Collapse
    Who's that girl ?

    Je suis choquée par les propos d'Aubert. En fait, pour moi le mot "président" existe toute à fait au féminin, on dit "présidente". Donc pourquoi ne pas l'utiliser ? Ça n'a pas de sens, autant l'appeler "monsieur le président" tant qu'on est. En tout cas je trouve la spontanéité et le flegmatisme de la riposte absolument magistrale. Et le fait que l'autre se sente ridiculisé d'être ainsi féminisé montre bien l'estime douteuse qu'il porte au genre féminin.
     
  3. Clodwiga

    Clodwiga
    Expand Collapse

    Sinon vous êtes au courant qu'en français le masculin a valeur de neutre?

    Quand on dit "madame le ministre", il s'agit d'un titre à valeur neutre, pas d'une essentialisation de la fonction comme masculine. C'est dire "madame la ministre" qui met de bien en évidence que le ministre en question est une femme.
     
  4. Pinceau_

    Pinceau_
    Expand Collapse
    Cherche le divin en toi plutôt que le diable chez les autres.

    Totalement. Lui s'offusque d'être assimilé à une femme, mais les femmes n'ont pas le droit d'être offusquées lorsqu'on les assimile à des hommes. :mur:

    Je trouve super que ce débat soit amené à l'Assemblée Nationale. Pour moi c'est évident que ces règles datent du temps où il était quasi impossible pour une femme d'accéder à de hauts postes. Il serait temps de se mettre à jour... Je ne comprends pas bien pourquoi certains sont contre la féminisation des titres. Enfin LA ministre, LA députée ou LA présidente, c'est quand même pas sorcier à dire, si ?!

    Mais j'attends aussi avec impatience l'évolution de la grammaire française. M'en fous si on doit s'habituer à des termes bizarres comme "illes" ou "ceulles" ou que sais-je, la règle du "masculin l'emporte sur le féminin" me court sérieusement sur le haricot !!!
     
  5. Alnilam

    Alnilam
    Expand Collapse
    La tête en l'air et le cul par terre

    Pour moi c'est pas compliqué ce sera Madame LA ministre, Madame LA présidentE (comment on pourrait avoir à la tête de notre Etat une femme alors qu'on saurait même pas comment la nommer? :stare:) Madame la députéE etc... parce que je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas féminiser les fonctions.

    J'adore la langue française, la respecte et tout le tralala mais quelque fois j'ai bien envie de balancer aux orties toutes ces vielles règles statique qui puent la naphtaline tellement elles ne sont plus à la page (et par la même occasion les personnes qui les font perdurer).

    La pire de toutes ces règles c'est bien celle du masculin/féminin je me rappelle comme d'hier l'une des première fois qu'on l'a apprise à l'école primaire et de cette phrase: "quand il y a du féminin et du masculin c'est TOUJOURS le masculin qui domine!" et je me souviens aussi des ricanements stupides des garçons de la classe parce que ça y est ils se croyaient plus fort que les filles. :facepalm: Bien sûr ça n'était que des réactions de gamins mais pour moi c'est déjà grave parce que je pars du principe que c'est petit détails par petits détails que l'on met des idées dans la tête des gens, là en l’occurrence je me dis qu'à force de répéter aux mecs qu'ils dominent sur ceci et cela et ce même si ce n'est que de la grammaire la limite est pas loin qu'il puisse croire un jour qu'ils dominent tout court! La preuve ils y tiennent à leurs grammaire masculinisante! Comme quoi ça a plus d'impact qu'on ne croit.
     
  6. Claudine_de_Lyon

    Claudine_de_Lyon
    Expand Collapse
    Bébé-entrepreneuz!

    Edit: Ce que je voulais dire surtout, c'est que ce n'est pas avec des lois que l'on va faire changer les mentalités. Ce n'est pas parce que l'on va devoir dire "Madame la Ministre" ou "Madame la Procureure" que le sexisme va disparaître par magie...

    Mélanger le genre des gens et le genre des mots, voilà bien un truc qui me donne des envie de massacres à la tronçonneuse.  :mur:

    En latin il y avait trois genres pour les mots: le neutre, le féminin, le masculin. En français c'est le masculin que l'on utilise pour exprimer le neutre, notamment au pluriel.
    Si on le perçoit autrement c'est à cause d'instits pas futés qui nous on appris cela en disant "c'est le masculin qui l'emporte..." Voilà bien le problème! Pour moi ce n'est pas la règle de grammaire qui est sexiste, mais la façon répugnante dont on nous l'enseigne!

    Exemple type: on dit bien une sentinelle, que cette sentinelle soit un homme ou une femme, on s'en fiche, sentinelle désigne une fonction, un rôle, et non pas une personne! Et bien c'est pareil pour les ministres et les présidents, il s'agit d'une fonction, d'un titre.
    D'ailleurs pendant longtemps "présidente" désignait... La femme d'un président!! Donc en quoi ce mot est-il moins sexiste au final?
    De la même façon les "professeure", "auteure" et "procureure" me font grincer des dents. Ce sont des titres et des métiers, que ces mots désignent, pas des gens. Je me fiche que la personne qui a écrit un livre soit un homme ou une femme, ce n'est pas à ça que l'on juge un livre, quand même??

    Et finalement ça révèle quoi tout ça? Que visiblement le genre des personnes prime sur tout le reste! On devrait s'en fiche qu'un président ou un ministre soit un homme ou une femme, ça ne devrait pas avoir d'importance! Vouloir à tout pris insister sur le genre de la personne en question, n'est-ce-pas une façon de vouloir la montrer du doigt?? A travers ça je vois une volonté de mettre les gens dans des cases genrées, et je ne vois pas en quoi c'est bien...
     
    #6 Claudine_de_Lyon, 27 janvier 2014
    Dernière édition: 27 janvier 2014
  7. amok

    amok
    Expand Collapse
    Moral au beau fixe Guest

    Ah tout à fait d'accord. Je trouve qu'il est plus respectable de se faire appeler "le ministre" que "la ministre" en tant que femme. C'est une fonction: cela m'énerverait, personnellement, que mon genre ait quelque chose à faire dans tout ça.

    Ma mère est médecin et on dit "le docteur X vous a prescrit ceci cela" et tout le monde s'en contrecarre de savoir si elle se sent femme ou non, dans ce cas de figure-là.

    C'est enterrer une distinction homme/femme que de l'inscrire dans la terminologie; hors dans une fonction professionnelle, thanks god, il n'y en a pas.

    voilà, voilà :) Après je veux bien en discuter, si vous le voulez.
     
  8. Claudine_de_Lyon

    Claudine_de_Lyon
    Expand Collapse
    Bébé-entrepreneuz!

    Je suis à 100% d'accord. Je trouve que c'est mélanger sphère privée et sphère professionnelle. Pourquoi vouloir à tout prix insister sur le fait que tel ou tel ministre a un pénis ou un vagin??
     
  9. Hermiax

    Hermiax
    Expand Collapse
    Rap is like scissors. It always loses to rock.

    On entend dire par certains que le Canada est à la traîne. Mauvaise couverture téléphonique, pas de forfaits cellulaires illimités, internet cher et limité, que les billets ressemblent à des billets de Monopoly, que les années 80 sont arrivées en 90...bref!

    Mais en attendant, ici on dit «Madame LA présidentE», «Madame LA ministre», «MESDAMES, messieurs les députés», «DocteurE Anna X» etc.

    Ça ne m'a jamais choqué que le masculin l'emporte sur le féminin, je ne l'ai jamais vécu comme un rabaissement ou autre. Par contre, j'ai toujours eu mal aux oreilles en entendant «Madame le président». C'est peut-être considéré comme correct niveau français, mais c'est très moche.
     
  10. Clodwiga

    Clodwiga
    Expand Collapse


    Tout comme ça ne te gène pas d'avoir une lecture réduite, anachronique et dogmatiquement orientée d'une langue complexe ?

    Ce n'est pas la faute du français si les militants ne veulent pas comprendre que les mots ont plusieurs sens, plusieurs valeurs et que c'est une richesse.

    On peut considérer que les académiciens sont des vieux croutons, mais ils sont là parcequ'ils ont théoriquement une approche complète, subtile, analytique et historique de la langue.
     
  11. Badaboom

    Badaboom
    Expand Collapse

    Je suis bien d'accord avec vous mais hélas, ces usages sont parfois entretenus par les femmes elles-mêmes.
    Par exemple, je connais des magistrates qui veulent qu'on les appelle "Madame le Président" et non "Madame la Présidente".
    Alors forcément ce n'est pas ce qui va aider à faire changer les habitudes.
     
  12. MookieA

    MookieA
    Expand Collapse
    HA-HA-HOLIDAY [I]yeee :headbang:[/I]

    L'un des articles en lien (x) répond plutôt bien à ton argument, je trouve :

    "L’Académie française parle, quant à elle, de contresens linguistique. Selon les immmortels le masculin constitue en français le genre "non marqué" et peut, de ce fait, désigner indifféremment les hommes et les femmes. En revanche, le féminin est appelé le genre "marqué". Or, la marque est privative. Ainsi, lorsque je dis "directeur", je peux comprendre qu’il s’agit d’un homme ou d’une femme, alors que si je dis "directrice", l’homme n’est plus concerné. Par conséquent, à la différence du genre non marqué, le genre marqué appliqué aux êtres animés institue une ségrégation entre les deux sexes."

    Je comprends que l'on n'ait pas envie que son genre définisse sa place dans une profession (encore plus quand c'est un métier peu accessibles pour les femmes au départ). Mais en se retranchant derrière le masculin, l'on reste dans l'idée que c'est un métier masculin.
    Dans le même article, plus haut, il y a la mention de métiers au genre marqué, entre chef d'entreprise (masculin) et secrétaire (féminin) dans la suite des représentations sexistes. Ou le fait que la règle de proximité a été abandonnée pour "le masculin domine toujours". La grammaire n'est pas innocente, c'est une construction sociale, et je ne vois pas pourquoi elle ne serait pas adaptée aux changements de la société comme d'autres constructions sociales. :)
     
Chargement...