Le petit moment de poésie du jour

Sujet dans 'Vie Quotidienne' lancé par AnonymousUser, le 23 octobre 2009.

  1. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Coucou les madmoizelles,
    je me décide à lancer ce topic qui me trotte dans la tête depuis un petit bout de temps.

    Il m'arrive souvent d'être "touchée" par quelque chose sans que je puisse forcément l'expliquer; il n'y a pas raison, c'est juste de la poésie pure, matérialisée comme ça. Des fois c'est une situation, des fois c'est une phrase, des fois c'est une personne. C'est très concret, quoi: ce n'est pas un poème de Rimbaud (enfin si aussi, mais pas là) mais un évènement de la vie quotidienne qui me fait sourire.
    Suis-je bien claire ?
    (non)

    Je me lance avec un exemple pour commencer:
    Mon prof d'allemand aujourd'hui, traduction de "sie waren betrunken":

    "Ils étaient ivres... Oui, ils étaient éméchés, un peu pompette quoi. J'aime bien. Le plus joli que j'ai croisé dans un livre (car j'ai des Lettres, figurez-vous), c'est dans Balzac, La duchesse de Langeais. Je vous le cite: "Je viens de croiser votre cocher, (petite pause) gris comme les Ving-Deux Cantons". On ne sait pas ce que sont ces cantons, pourquoi ils sont vingt-deux, mais c'est beau, beaucoup plus joli qu'un vulgaire "Il est soûl comme un polonais"


    A vous les studios :d
     
  2. p25

    p25
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    La duchesse de Langeais

    OH c'est chez moi!
     
  3. Leopoldinesamère

    Leopoldinesamère
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    Feu Leopoldine.

    Je remonte le sujet! Je pensais justement hier à créer un sujet dans le genre, mais en fait il existe déjà :rotate:
    Ca m'arrive très souvent d'être émue, émerveillée par des petits riens au quotidien. J'ai commencé à vraiment y prêter attention après avoir lu le Combat Ordinaire de Manu Larcenet (Un des personnages tient un "carnet aux petites choses". Je trouve ça merveilleux). Pour moi, ce sont plus souvent des "phénomènes naturels" (de la lumière entre les arbres, certains bruits de pluie, la brume hivernale...) que des situations.

    L'exemple qui m'a le plus marquée, c'est au printemps dernier: de certaines salles du premier étage dans mon lycée, on pouvait voir une pie en train de construire son nid. Je ne compte pas le nombre d'heures de cours que j'ai passées à guetter ses va-et-viens...
     
  4. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    "Et il y aurait une grosse dame qui ne cesse de faire des enfants et de les jeter dans le monde."
     
  5. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    En parcourant le sujet "Les personnages publics qui te plaisent", je suis tombée sur ça, à propos de Christophe Honoré.
    J'ai aimé ces phrases :
    et surtout,
    Je trouve ça très beau la manière dont il parle d'elle, comment il écrit, ses souvenirs et anecdotes et tout ça.
     
  6. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    -Quel charme captieux et délétère l'avait conduit, lui, un artiste, un peintre, un marginal, à rejoindre presque les berges ordinaires de la vie, à s'épuiser dans un travail idiot, à manger et dormir pour reconstituer sottement sa force de travail, à boire des bières, à tenir des conversations vides dans des cafés pleins, à s'approcher des quartiers chauds pour se prouver, peut-être, un soir, qu'il était bien vulgairement un homme ?

    -Hitler n'écoutait pas cette musique, il l'aspirait, il la buvait, il s'y baignait.

    La part de l'autre d'Eric-Emmanuel Schmitt
     
  7. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    "Écoute cette merveille (...). Toute femme enceinte porte deux enfants dans son sein. Mais le plus fort ne tolère pas la présence d'un frère avec lequel il faut tout partager. Il l'étrangle dans le ventre de sa mère, et, l'ayant étranglé, il le mange, puis il vient seul au monde, souillé par ce crime originel, condamné à la solitude et trahi par le stigmate de sa taille monstrueuse. L'humanité est composée d'ogres, des hommes forts, oui, avec des mains d'étrangleur et des dents de cannibale. Et ces ogres ayant par leur fratricide originel déclenché la cascade de violences et de crimes qui s'appellent l'Histoire, errent de par le monde, éperdus de solitudes et de remords. Nous seuls, tu m'entends, nous sommes innocents.
    Nous seuls nous sommes venus au monde la main dans la main, et le sourire fraternel aux lèvres."


    Les météores, Michel Tournier
     
  8. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    Oh j'avais complètement oublié ce topic, je suis contente !

    -- Hier soir à la gare Saint-Lazare, un homme qui courait en poussant à côté de lui son vélo repliable dont les pédales tournaient dans le vide. C'était à la fois complètement absurde et très poétique, il m'a fasciné.
     
  9. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Depuis quelques temps des cygnes ont élu domiciles dans le canal près de chez moi,et à chaque fois que je passe par la je ne peux pas m'empecher de les regarder avec fascination, je ne sais pas il y a une certaine pureté et noblesse chez eux que je ne pourrais pas decrire,j'ai l'impression qu'un simple cygne rend n'importe quel lieu magique.
     
  10. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    moi aussi. (et je serais capable de guetter une pie en train de faire son nid et l'observer quotidiennement).

    Je crois que c'est extrêmement difficile à retranscrire, à traduire - à part via l'écriture, l'incohérence des mots, la poésie. A vivre, c'est un monde enchanté.
     
  11. Amarcord

    Amarcord
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    Stiamo sbagliando tutti !

    Génial ce sujet !

    Cet été, en Crète, deux "paysages" m'ont énormément touchée, chacun par ce qu'il avait de Grand, et d'exaltant. L'un était la vue d'une falaise abrupte qui se dressait, immense, au bord d'une mer d'un bleu pur et profond. Et comme si j'étais soumise à une espèce de puissance tellurique ou je ne sais quoi, je me sentais comme irrésistiblement attirée par la falaise, je voulais à tout prix m'en approcher alors que notre bus touristique allait partir d'un instant à l'autre.

    Une autre fois, c'était aussi à la plage, mais pas au bord de la mer de Libye cette fois-ci. Ca faisait un moment que je me baignais et je ne m'étais pas rendu compte que le drapeau était passé au rouge. Les vagues devenaient énormes, et je m'amusais à résister au courant, je voyais l'écume se briser devant et tout autour de moi et c'était magnifique. On me criait de revenir mais là aussi, j'étais comme attirée par le large...

    Plus récemment :

    Il y a une dizaine de jours, un jeune étudiant donnant son sandwich à un SDF, et ce dernier qui accepte l'offre avec gratitude. Cet événement m'a émue car jusqu'à maintenant j'ai toujours été témoin de gens se faisant jeter par les SDF, la plupart ne réclamant que des sous pour aller s'acheter des clopes ou pour aller picoler.

    Ce matin, quelques minces flocons de neige tombaient alors qu'il y avait du soleil ; j'avais jamais vu ça et c'était très apaisant. Puis ce soir, en rentrant chez moi avec mon copain ; nous longions les quais, le ciel était dégagé, la lune était pleine, et une fine couche de neige s'était déposée sur le toit des voitures. J'avais les images et les paroles d'un film encore tout frais dans ma tête et ça m'emplissait à la fois d'une douce joie et d'une mélancolie profonde.
     
  12. AnonymousUser

    AnonymousUser
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    Guest

    "Putain, j?vois ici les hommes les plus forts et les plus intelligents que j?aie jamais vu. J?vois tout ce potentiel, et j?le vois gâché. J?vois une génération entière qui travaille à des pompes à essences, qui fait le service dans des restos, qui est esclave d?un petit chef dans un bureau. La pub nous fait courir après des voitures et des fringues, on fait des boulots qu?on déteste pour se payer des merdes qui nous servent à rien. On est les enfants oubliés de l?histoire mes amis, on n?a pas de but ni de vraie place ; on n?a pas de grande guerre, pas de grande dépression. Notre grande guerre est spirituelle, notre grande dépression, c?est nos vies. La télévision nous a appris à croire qu?un jour on serait tous des millionnaires, des dieux du cinéma ou des rock stars, mais c?est FAUX. Et nous apprenons lentement cette vérité. On en a vraiment, vraiment, plein le cul."

    "Si vous lisez ceci, alors cet avertissement est pour vous. Chaque mot que vous lisez de ce texte inutile est une autre seconde perdue dans votre vie. N?avez-vous rien d?autre à faire ? Votre vie est-elle si vide que, honnêtement, vous ne puissiez penser à une meilleure manière de passer ces moments ? Ou êtes-vous si impressionné par l?autorité que vous donnez votre respect et vouez votre foi à tous ceux qui s?en réclament ? Lisez-vous tout ce que vous êtes supposés lire ? Pensez-vous tout ce que vous êtes supposés penser ? Achetez-vous ce que l?on vous dit d?acheter ? Sortez de votre appartement. Allez à la rencontre du sexe opposé. Arrêtez le shopping excessif et la masturbation. Quittez votre travail. Commencez à vous battre. Prouvez que vous êtes en vie. Si vous ne revendiquez pas votre humanité, vous deviendrez une statistique. Vous êtes prévenu..."


    Tyler
     
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