L'écriture penchée de Lila-Rose...

Sujet dans 'Forum Ecriture' lancé par Lenehän, le 23 décembre 2010.

  1. Lenehän

    Lenehän
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    Quand je ferme les yeux, des floraisons phosphorescentes apparaissent et se fanent et renaissent comme des feux d'artifice charnus.

    Théme : "La demande en mariage "

    Il était tard.La nuit froide et bleutée était tombée,pleine de petites étoiles dorées.
    Shérazade marchait tranquillement le long de la rue chaleureuse et animée de sa démarche féline,ses longs cheveux noirs et soyeux retombant sur ses épaules.Elle portait une nouvelle et chère robe rouge,des talons vertigineux de la même couleur,et une petite pochette dorée.
    Elle avait rendez vous.Cela,chacun pouvait le voir,et Shérazade se délectait de l'impression qu'elle donnait.Elle avait l'air d'une star de cinéma des années 30. Et l'homme qu'elle devait rejoindre au restaurant était semblable à elle.Félin,un corps longiligne dans un costume hors de prix,on aurait cru voir James Bond.Il était parfait réalisa-t-elle,avec un petit sentiment de contentement.Mais elle aussi.Ils formaient un couple idéal,presque irréel.
    Soudain,un tonnerre d'applaudissement retentit dans le restaurant en face d'elle.Curieuse,elle tourna la tête pour en voir la source.Un homme était à genoux par terre,un sourire d'enfant sur le visage,une bague à la main.La jeune femme assise en face de lui se tenait la main devant la bouche,visiblement partagée entre le rire et les larmes.Puis elle s'exclama,presque en criant : « Oui ! Oui,bien sûr que oui ! » et se jeta à son cou.
    Les passants prés de Shérazade s'arrêtaient pour regarder le couple.Une femme et son mari se regardèrent avec amour,se rappelant sans doute de leurs fiançailles,une petite fille s'était arrêtée,le visage figé en un « o » d'émerveillement. Certains se contentèrent de leur lancer un regard plein de gentillesse puis s'éloignèrent.Ce n'était rien qu'une scène assez téléphonée,finalement.
    Shérazade,elle,était figée sur la chaussée.Elle avait l'impression que quelqu'un avait arraché son cœur pour le jeter sous les roues des voitures.Des larmes coulaient abondamment sur son visage,et de longues trainées de maquillage dégoulinèrent sous ses yeux.
    C'était certes une image assez étrange que cette jeune femme magnifique,à la beauté sculpturale,secouée de sanglots incontrôlables;et c'était elle à présent que les passants observaient curieusement.Mais personne ne s'avança pour lui demander si elle allait bien : elle était bien trop intimidante.
    Dans sa tête,les images se bousculaient.
    On l'avait demandée en mariage,elle aussi;il y avait de cela six mois.Cet homme...Oh!Et son cœur saigna de plus belle en voyant son visage.Cet homme était laid.Qu'il était laid !
    Pourtant,c'était étrange cette attraction qu'il exerçait sur elle,comme si jamais elle ne pourrait se rassasier de lui Elle aimait chaque détail de son visage tordu,son nez trop grand,son sourire un peu de travers,ses yeux noirs et brillants lorsqu'il était heureux.
    Elle avait traversée cette semaine avec lui dans son petit appartement des combles sur une sorte de nuage .Mais lorsqu'il s'était agenouillé au restaurant,elle avait eu peur,elle avait fui.Pourtant,elle l'aimait (elle le comprit à cet instant,ce qu'elle avait refusée de s'avouer pendant des mois).Mais...elle,si belle,promise à un si bel avenir avec un homme beau et riche,épouser un homme qui n'appartenait à aucune de ces catégories ?
    Elle voulut imaginer l'homme avec qui elle avait rendez vous la demander en mariage.Mais toujours,c'était le visage de l'autre qui apparaissait,comme une image obsédante.
    Alors,elle fuit.Mais cette fois dans la bonne direction.Elle courut dans la nuit sombre et noire jusqu'à l'appartement des combles.
    Ce fut lui qui ouvrit.Ses yeux la dévisagèrent en silence,emplis de surprise muette.
    Elle s'agenouilla sur le plancher crasseux,peu soucieuse de sa robe belle et chère;et des larmes coulant à nouveau sur ses joues,dit : « Veux tu m'épouser ? »
    Pour toute réponse,il s'agenouilla face à elle et l'embrassa,
    doucement,tendrement,comme on embrasse un petit animal craintif..
     
  2. Solemnia

    Solemnia
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    Allo maman?Claudy à l'appareil! J'viens de me faire carjacker!

    Oh c'est très joli ! tu écris vraiment bien !
    J'ai eu beaucoup de facilités à m'imaginer la scène !
     
  3. Lenehän

    Lenehän
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    Quand je ferme les yeux, des floraisons phosphorescentes apparaissent et se fanent et renaissent comme des feux d'artifice charnus.

    Merci beaucoup ! Ça me fait vraiment très plaisir ! :d
     
  4. Lenehän

    Lenehän
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    Quand je ferme les yeux, des floraisons phosphorescentes apparaissent et se fanent et renaissent comme des feux d'artifice charnus.

    LA CACHETTE








    Élisabeth était fatiguée. C'était la fin de l'après midi, et la chaleur écrasante qui faisait se trainer tous les habitants du 4. Privet Hill annoncait un orage. Le ciel se faisait un peu gris par moment, cependant que de la sueur perlait de son front et anéantissait toute envie de mouvement en elle. Assise sur un banc dans le luxurieux jardin, elle sentait sa peau bruler.
    Élisabeth n'avait que douze ans, mais son petit visage sérieux rappelait celui des adultes. Elle faisait tout pour écouter les ordres de sa gouvernante, et, aujourd'hui, alors que cette dernière était partie accoucher dans sa petite case, tout le monde lui faisait entièrement confiance pour garder son petit frère Timothy, un petit diablotin de cinq ans. Celui ci était pour l'heure assis en tailleur sur le sol dallé de la terrasse, plongé dans la contemplation d'un grosse araignée noire. C'était surprenant tout ce que Timothy savait à propos des araignées. Elisabeth les trouvait plutôt répugnantes (particulièrement celle ci, qui était affreusement poilue) mais le petit garçon les caressait comme si il s'était agit de chiens.
    A cet instant, l'enfant se leva, soulevant d'une main l'animal et le lui apporta. Elisabeth poussa un cri perçant en apercevant la chose dans la main moite du petit garçon. - « Qu'est ce qui te prend de m'amener ça ! Lâches ça tout de suite ! ».
    Timothy eut une moue déçue. « T'es pas sympa sympa, Liz ». Mais la petite fille, qui n'avait jamais eut pour ambition de se faire admirer de l'arachnophile, ne lui prêta aucune espèce d' attention, et il alla finalement relâcher l'araignée dans la nature. Puis il revint, coiffé d'un chapeau d'aventurier pour enfant qu'il avait dû trouver sur le bord de la terrasse. « Mon nom est Thomas Cokid » l'informa-t-il en mimant le geste du sabre qui déchire l'air. « Vous avez sans doute déjà entendu parler de moi. J'ai parcouru les montagnes et les ravins, les jungles et les déserts, j'ai sauvé la veuve et l'orphelin et combattu les plus grands animaux sauvages... »
    • « Ton nom est Timothy Johnson et tu as cinq ans et demi. » lui rétorqua-t-elle. Elle méprisait l'imagination. Pourquoi prétendre qu'on était quelqu'un que l'on était pas, la logique de tout cela lui échappait.
    Mais le dénommé Thomas Cokid lui jeta un coup d'œil supérieur. - « Servez moi un verre de gin je vous prie. »

    • « Pardon ? »
    • - « Tu es une tenancière de bar au milieu de la jungle. » dit l'enfant. « Et on dit qu'en fait tu te caches sous cette identité parce que en fait tu es une aventurière comme moi, mais t'es recherchée par la police. »
    • « Ah oui ? » Elle était curieuse. « Est ce que je fume des longues cigarettes ? »
    • « Si tu veux »
      Élisabeth s'imagina une seconde en femme élégante et aventurière. Elle portait une
      tunique beige cintrée d'un pantalon marron en peau de bison, fumait des longues cigarettes et avait une longue chevelure bouclée et noire qui lui descendait jusqu'en dessous de la taille. Elle parlait d'une voix trainante et moqueuse et maniait l'ironie à la perfection. Quelle identité passionnante pour une petite fille qui était rejetée des autres enfants parce qu'ils la trouvaient trop terne !
      - « Un gin, s'il vous plaît » demanda Thomas Cokid en s'appuyant sur le buffet.
    • « Tout de suite » dit Etta Aberton en essuyant un verre crasseux puis en posant le chiffon sur son épaule. Dans la fumée des cigarettes qui l'entourait, elle parvenait à peine à voir le visage du client ; de ce qu'elle voyait, il était buriné par le soleil.
    L'homme attrapa le verre et le bu d'un trait. - « Savez à combien de milles s'trouve le village de P'nikidou ? »
    A ce moment, Élisabeth s'arrêta de jouer et eut un fou rire. « Hein ? P'nikidou ? »

    • « Mais ! C'est un village d'indigènes ! » protesta Timothy d'un air vexé.
    Bon. Elle était nouvelle à ce jeu, alors elle ne dit rien.
    «P'nikidou ?! Z'êtes fou ou quoi ? C'est un village de cannibales ! »
    « Ça ne me fait pas peur. »
    Etta haussa un sourcil.
    « Oh, pour vous, les femmes, bien sûr, un rien vous effraie. »
    A cet instant, le porte du bar cliqueta. Un homme au visage effrayant se glissa à l'intérieur, et, plus vite que l'éclair, posa son pistolet sur la tempe de Thomas. « Mon vieil ennemi, grinça celui ci. Comme on se retrouve... ». Il voulut sortir son poignard de sa poche, mais Etta fut plus rapide. D'un coup de revolver, elle mit l'homme à terre.
    D'autres personnes dans le bar s'approchèrent d'elle, visiblement les complices du barbare. Ne prêtant aucune attention à la figure de Thomas Cokid, hébété, elle l'entraina par le bras et ils coururent en dehors de l'endroit par une porte dérobée derrière le comptoir.« Qui êtes vous ? » demanda-t-il lorsque ils furent à l'intérieur.

    • A cet instant, l'orage éclata, chez Elisabeth et Thimoty en même temps que chez Etta et Thomas. Ils se réfugièrent dans la maison et allèrent se cacher derrière le meuble à argenterie. « On dit que, à cause de l'orage il y avait une inondation, et on devait rester ici sans nourriture, et on apprenait à faire connaissance, mais toi tu étais mystérieuse et tu ne voulais rien me dire, et on devait manger des souris pour survivre, mais tu prouvais comme ça ton courage. »
      Ils restèrent plus de quatre heures cachés derrière cette armoire, puis coururent dans le jardin luxurieux , se battant contre des bêtes s auvages. Thimoty/ Thomas faillit mourir de blessures de lions, et Elisabeth / Ella le sauva grâce à un remède de sorcière.
      Plus tard, toute sa vie, Elisabeth se souviendrait de cette fin d'après midi d'été écrasante dans leurs contrées d'Afrique. Ce serait un moment fondateur de sa relation avec son frère, et l'instant où elle avait réalisé qu'être un enfant n'était pas si mal.
     
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