Lente décadence

Sujet dans 'Forum Ecriture' lancé par Selinde, le 3 mai 2015.

  1. Selinde

    Selinde
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    Supercalifragilisticexpialidocious

    Coucou,

    J'écris une histoire en ce moment et j'aurais besoin de vos avis !

    Voilà les deux premiers chapitres (le deuxième n'est pas encore fini) :


    CHAPITRE 1​

    La sonnerie du réveil fit un bruit épouvantable ce qui tira Rachel de son sommeil. Elle maugréa et mit fin au vacarme qui la poussait à sortir de son lit. Elle tourna dans son lit, au lieu d'en sortir et se rendormit. Elle se réveilla trente minutes plus tard et sortit brusquement de son nid douillé. Elle s'habilla hâtivement et ne fit pas attention aux vêtements qu'elle revêtit. Ensuite, elle attrapa quelque chose à grignoter, et but un café d'une trait. La trentenaire attrapa son sac, et y fourra sa trousse de maquillage. Elle vérifia qu'il ne lui manquait rien et quitta son appartement. Avec un peu de chance elle ne serait pas en retard à son travail. Mais, cela ne dépendait que du métro.
    Elle alluma une cigarette et marcha hâtivement jusqu'à la station qui était à quelques minutes de chez elle. Elle prit une dernière bouchée de sa cigarette, la jeta par terre et s'engouffra sous terre. Comme tout les jours, le métro était bondé. Les passagers se bousculaient et des SDF quémandaient de l'argent, mais pas un passant ne leur accordait de l'attention, ils sont tous pressés d'aller au travail. Elle non plus, ne les regarde pas, et passe son chemin sans leur montrer un regard. Que peut-elle y faire ? Rien. Elle a un revenue avec lequel elle peine à vivre, elle ne peut pas se permettre de donner de monnaie. Pourtant, elle sait ce que c'est, de devoir compter sur le peu que les gens peuvent nous donner, de les supplier de nous donner quelque chose pour ne pas mourir de faim. Rachel chassa ses pensées de sa tête et courut pour entrer dans une rame. Elle réussit à trouver une place assise et se maquilla tant bien que mal, en essayant de ne pas en mettre partout. Après quarante minutes de trajet, elle arriva enfin à destination. Elle regarda l'heure, sa montre affichait 9h55, avec un peu de chance elle arriverait à son travail avec seulement 5 minutes de retard. Elle se pressa et allongea le pas. Elle réussit à sortir du métro plus rapidement qu'elle ne pensait et arriva devant le restaurant dans lequel elle travaillait. Par chance son patron n'était pas là, et elle trouva une collègue avec qui elle s'entendait bien.
    Le travail quotidien de Rachel constituait à effectuer le service au bar. C'était un boulot assez lassant par moment, mais c'était son gagne-pain. Elle n'avait pas le choix et elle le savait. Si elle arrêtait de travailler, elle aurait les services sociaux sur son dos, et elle avait assez donné avec eux. Donc, même si ce n'était pas le métier dont elle rêvait, elle devait s'y plier. Et puis, le pourboire qu'elle recevait était un avantage qui lui permettait de payer ses cigarettes quand les fins de mois étaient difficiles. En fumant, plus de cinq cigarettes par jour, cela lui revenait cher, et elle ne croulait pas sous l'argent. Mais, elle ne pouvait pas se passer de sa dose de nicotine. Elle fumait depuis bien trop longtemps pour arrêter. De toute façon, elle aimait ça, fumer, sentir la clope à plein nez et se sentir détendu après avoir inhaler quelques bouffées.
    Aujourd'hui, le bar était plutôt calme. Elle n'avait pas eu à courir dans tout les sens, comme elle avait souvent à faire. Elle revenait souvent fatiguée et lasse chez elle. Ses journées étaient si plates, rien ne s'y passaient. Ce n'était pas comme au temps où elle passait ses journées en cavale à essayer de trouver un plan pour se procurer de la drogue, commençant à ressentir les symptômes du manque. Bizarrement, en s'en rappelant, elle ressentit une certaine nostalgie de cette époque là. Ne plus sentir son corps tremblant et transpirant, n'ayant pas reçu sa dose de cocaïne, d'ectasy, de LSD ou d’héroïne, de ressentir, et ensuite un immense soulagement après avoir reçu sa dose, lui manquait.
    Elle chassa ses mauvaises pensées de sa tête et se concentra sur son service. Un groupe de jeunes d'environ vingt ans discutait joyeusement autour d'une table. Ils semblaient heureux, et insouciants, profitant de l'instant présent. Ils avaient commandés des bières et avaient déjà terminé leurs verres. Ils n'allaient pas tarder à commander une nouvelle tournée. Un couple entra, et ils commandèrent une bouteille de vin. Rachel s'empressa de les servir. Ils avaient la trentaine et ne ressemblaient pas encore aux vieux couple aigris au bord de la séparation. Ceux-là, elle ne les aimait pas, ils étaient souvent désagréable avec elle et avec les autres clients. Elle entendit que des clients l'appelait, c'était le groupe de jeune, ils voulaient de nouvelles chopes de bière. Une épaisse fumée se dégageait de ce coin. Ils avaient tous une cigarette à la main. Elle aimerait faire sa maman, et leur dire que c'était dangereux, qu'ils étaient en train de se pourrir la santé, mais au lieu de cela elle se tut. Si elle leur disait cela, ils lui riraient au nez. Surtout, qu'ils avaient sûrement remarqué qu'elle s'accordait quelques poses pour aller fumer, devant le bar. Elle se dirigea ensuite vers un groupe de jeunes femmes, sortant du travail qui discutaient tranquillement de leur journée. C'était les clientes qu'elle préférait. Elle savait qu'elle aurait le droit à un plus gros pourboire et elles étaient toujours très aimables avec Rachel. Des fois, elles discutaient ensemble, pas longtemps, car la serveuse avait toujours du travail qui l'attendait, mais assez pour respirer un peu. Elles payèrent leur boisson et comme elle s'y attendait, elle trouva un généreux pourboire.
    Elle ne vit pas Manon rentrer dans le bar. Elle aperçut cette dernière quand elle lui fit un signe de la main. Elle lui souri et s'approcha d'elle.
    - Comment vas-tu ? Je ne m'attendais pas à te voir, aujourd'hui, dit-elle enthousiaste.
    Elle se rappela de leur rencontre, qui avait eu lieu quelques années plus tôt dans la prison, et plus précisément dans les douches.

    Rachel était là depuis 9 ans déjà, en principe il ne lui restait plus qu'un an à écoper, avant d'être enfin libre. C'est ce qu'elle avait apprit aujourd'hui. Elle avait également eu vent de l'arrivée d'une nouvelle détenue, une jeune de 17 ans qui avait commit un meurtre. Elle ne put voir la nouvelle que le lendemain matin lors de la douche. Ce n'était pas le moment le plus joyeux ; devoir se mettre nue devant d'autres femmes et se laver le plus vite possible sous de l'eau froide. Quoique qu'ayant l'habitude, elle n'arrivait pas à apprécier ce moment. Au moment, d'entrer dans une douche, elle aperçu la dos d'une fille, qui devait être celui de la nouvelle puisque ses formes ne lui disait rien. Son dos était traversé par des cicatrices de coups de ceinture. Rachel poussa un léger cri, qu'elle atténua en se pinçant la lèvre inférieur. Elle était horrifié, qu'avait-il bien pu lui arriver ? Elle s'approcha de l'inconnu et posa sa main sur son dos.
    - C'est quoi que tu as sur ton dos ? C'est qui, qui t'as fais ça ? dit-elle discrètement.
    Elle ajouta en attrapant une serviette pour cacher son dos :
    - Tu ferais mieux de cacher ça, si tu ne veux pas avoir d'ennuis.
    En effet, beaucoup de filles profitaient des faiblesses des autres pour les enfoncer et se servir d'eux. Il valait mieux se montrer discret vis-à-vis de son histoire en prison.
    La jeune femme poussa un cri quand Rachel posa sa main sur son dos et sembla effrayée. Elle cacha sa poitrine et son sexe avec ses mains. Elle ne put s'empêcher de sourire et de se dire qu'elle s'habituerait vite à ne plus se cacher. La pudicité est quelque chose qu'on oubli très vite en prison. Son interlocutrice saisit la serviette et l'enroula rapidement autour de son corps. Pendant, ce temps les douches se vidaient et rapidement, il ne resta qu'elles deux. Elle balbutia :
    - Pourquoi est-ce que j'aurais des ennuis ?
    Elle ne savait donc rien sur la dureté de la vie carcérale. Rachel se devait de lui dire de se méfier. Elle-même avait était accueilli par une autre prisonnière qui lui avait apprit les rudiments de la vie en prison.
    - Méfie toi de tout le monde, ici. Les gens aiment colporter des rumeurs.
    La jeune fille quitta les douches, confuse. Ensuite, Rachel prit sa douche en profitant d'être seule. Elle n'avait pas beaucoup de moment de solitude et aimait profiter de ceux-ci quand ils se présentaient. Elle savait que bientôt une gardienne surgirait et lui demanderait de quitter les douches. En attendant, elle n'avait qu'à apprécier sentir l'eau tiède couler le long de son corps.

    - Je voulais te faire une surprise pour fêter nos cinq ans de rencontre.
    Rachel sourit à cette perspective. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas bu un verre avec une amie, ce n'était pas qu'elle n'aimait pas cela, mais elle n'avait pas beaucoup d'amis. Cinq ans après sa sortie de prison, elle avait toujours du mal à se ré-intégrer dans la vie "normale". En même temps, elle avait passé dix ans enfermé, et c'est quelque chose qui laisse des marques.
    - Et bien, tu arrives à temps, j'ai fini mon service. Je vais poser le tablier et je te rejoins.
    Rachel alla poser son tablier, détacha ses cheveux et se remaquilla. Elle avait la mine déconfite, comme après une longue journée de travail. Elle corrigea cela avec du fond de teint, du mascara, et du rouge à lèvres. Voilà, qui est mieux, pensa t-elle. Puis, elle rejoignit son amie qui l'attendait. Elle s'assit en face d'elle, et alluma une cigarette. Tout en inhala sa dose de nicotine, elle lui demanda :
    - Tu deviens quoi ?
    - Je ne deviens pas grand chose à vrai dire. La réinsertion dans la vie active est quelque peu compliqué. Je n'ai toujours pas trouvé de travail et je passe mes soirées à sortir et boire. Je ne touche plus aux drogues, mais quelques fois c'est bien tentant.
    Rachel avait l'impression de s'entendre parler, décidément son amie avait elle aussi des difficultés à se réinsérer. Elle ne sut pas quoi lui répondre. La junkie avait espéré que son amie ai réussi sa vie plus qu'elle ne l'avait, mais visiblement ce n'était pas le cas. La réinsertion après des années de prison était décidément difficile. En même temps, Manon de son jeune âge avait un passé assez lourd qui la torturait. Elle avait été battu par son père, d'où les marques sur son dos et il l'avait totalement abandonné à son sort, la laissant se droguer et se prostituer comme bon lui semblait. Elle se demandait comment un père pouvait être autant cruel avec sa fille. Le sien, ne l'avait pas épargné non plus et elle gardait des séquelles de ces moments douloureux. C'était d'ailleurs, un point commun qui avait rapproché les deux femmes. Elles avaient la chance de se comprendre entre elles et de pouvoir s'entraider. Enfin, c'était surtout Rachel qui aidait Manon, plus que l'inverse. La jeune fille du haut de ses 20 ans, ne pouvait pas beaucoup l'aider. C'est ainsi, que la junkie avait prit un rôle de mère avec sa codétenue. Elle a apprit à la connaître, et sait beaucoup de choses sur elle. La junkie essayera toujours de faire ce qui est en son pouvoir pour l'aider.
    - C'est jamais facile. Tu n'as pas trouvé un job ?
    Rachel avait eu la chance de trouver un travail rapidement après sa sortie de prison ce qui l'avait quelque peu aidé à se ré-intégrer dans la vie en dehors du milieu carcéral. Heureusement, sinon elle ne sait pas ce qu'elle serait devenue. Elle ne connaissait personne à Paris en dehors des drogués et elle n'avait pas envie de traîner avec eux.
    - Non, c'est la merde, répondit Manon en soupirant.
    Les deux amies discutèrent un bon moment en enchaînant plusieurs verres. Elles en avaient bien besoin. Et après, une discussion sur les banalités de la vie elles se mirent à rigoler. Elles se quittèrent pratiquement bourrés et en riant.

    CHAPITRE 2
    Quinze ans sans toucher à la drogue, il fallait bien qu'un jour Rachel soit tentée. Elle avait passé une mauvaise journée et avait reçu les foudres de ses collègues. Depuis quelques temps, elle n'était pas bien et passait le plus clair de son temps à déprimer. Des souvenirs de son passé venaient la hanter. L'ancienne détenue n'arrivait pas à se débarrasser des flash-back et vivait constamment avec. Il pouvait se passer de longues périodes sans qu'elle n'en ai, puis soudainement, sans aucune raison cela revenait. Des fois c'était des images de son enfance difficile, d'autres fois de sa longue descente en enfer avec les drogues durs. Héroïne, LSD, cocaïne, elle avait tout essayé. Son corps en avait souffert, surtout lorsqu'elle a arrêté à cause de son arrestation. Heureusement, elle n'a plus de symptômes de manque maintenant. Depuis sa sortie de prison, elle n'avait rien prit, elle c'était contenté de l'alcool de temps en temps et de consommation plus ou moins excessive de cigarettes. Elle savait tout de même où se procurer de la drogue dans la ville. Depuis une semaine cette idée la taraudait, et elle avait de plus en plus envie d'en reprendre. En sortant du travail elle avait donc décidé de s'aventurer dans le coin. Elle prit sa voiture et se gara non loin du fleuve. Plusieurs groupes de jeunes traînaient là, ils avaient tous l'air en piteux état. Elle se dirigea vers l'un d'eux.
    - Hey toi ! Tu veux quoi ?, demanda le jeune homme.
    Rachel décida de ne pas passer par quatre chemins et demanda :
    - Je cherche du cannabis.
    Le jeune homme lui ria au nez. Il ne semblait pas vouloir lui en fournir. Il devait se méfier, ayant peur de se faire attraper par la police.
    - J'en ai pas, dit-il en ricanant.
    Elle savait qu'il en avait, ça puait la drogue à plein nez. Elle n'était pas dupe. Elle savait aussi comment amadouer les vendeurs de drogue. Certes, cela faisait plus de quinze ans qu'elle n'avait pas traîné dans le milieu de la drogue, mais elle avait de très bon souvenirs de cette période là, et les choses ne devaient pas avoir beaucoup changé. Elle sortit des billets de son sac et lui tendit. Il avait compris, il les prit et lui tendit un sachet de cannabis.
    - Merci, dit-elle.
    Elle se roula un joint et commença à fumer. Elle se sentit partir, cela faisait tellement de bien. Elle était en train de tirer une autre latte, quand soudain elle vit quelqu'un se diriger vers eux.
    Les dealers avaient filé en voyant la personne approcher. Cela ne devait pas être quelqu'un de fréquentable. Mais au lieu, de s'enfuir, Rachel resta de marbre et continua à fumer. Après tout, elle avait bien le droit de fumer un joint tranquillement. On n'allait pas la ré-enfermer en prison pour cela. Elle observa l'inconnu s'approcher. La silhouette qui se dessina n'était autre que celle de Eric. Le flic qui l'avait enfermé en taule, il y a quelques années de cela. Elle ne l'appréciait pas tellement et aurait préféré ne pas le croiser. Il allait, une nouvelle fois profiter de la situation pour se servir d'elle comme un pion. Elle se demandait, si un jour ce connard la laisserait tranquille. Mais, elle ne voulait pas se bercer d'illusions et savait pertinemment qu'il ne la lâcherait pas. N'empêche, qu'elle avait vraiment pas de chance de le croiser. Quel était le pourcentage de probabilité qu'elle le croise ? Pas beaucoup, c'est certain.

    Eric avait passé une longue journée, pas de tout repos. Il lui restait une heure de service et après il pourrait se reposer, mais en attendant il devait patrouiller à travers les rues de la ville à la recherche de personne à arrêter. C'est au volant de sa voiture de fonction et avec son binôme de travail qu'il reçut un appel du standard lui demandant de se rendre dans un quartier de Paris regorgeant de dealers puisqu'un groupe de vendeurs de drogues recherché avait été repéré. Dommage, il avait espéré passer le reste de son service tranquille, mais cela n'allait pas être le cas, une arrestation de cette ampleur n'était jamais de tout repos. Il alluma le gyrophare et fila à toute vitesse vers le lieu du délie. Heureusement, le trafic était fluide et le policier ne mit pas beaucoup de temps à arriver. Il se gara pas très loin du groupe qui commençait à se disperser. Il attrapa son pistolet et sortit de sa voiture suivit de son compagnon.
    - Police ! cria t-il à l'adresse des délinquants.
    Il se dirigea en direction d'un petit groupe de jeunes qui tentait de s'enfuir, mais qui avait été bloqué par une autre voiture de police qui venait d'arriver en sens inverse. Il se précipita vers une jeune femme brune aux cheveux courts. Il lui attacha les mains avec des menottes et la coucha sur le sol, face contre terre, son pistolet braqué sur son crâne. Elle tenta de se débattre, en vain. Le policier avait une poigne de fer et avait l'habitude des arrestations où les coupables tentaient de lui échapper.
    - Salopard, marmonna la dealeuse.
    Eric ne se sentit nullement attaqué par son insulte et l'ignora. Soudain, dans un moment d'inattention du policier la jeune femme se retourna et lui donna un coup dans son sexe. Il hurla et pesta. Il se releva tant bien que mal et lui courut après. Il l'attrapa par derrière et la plaqua au sol violemment. Il fouilla vivement dans ses poches et trouva plusieurs grammes de cocaïne. Il les glissa dans sa poche et la força à marcher en direction de sa voiture où son compagnon l'attendait.
    - On fait moins sa maligne maintenant, dit-il à l'adresse de sa prisonnière.
    Eric poussa la jeune femme à l'arrière de la voiture. Il n'avait pas pu la voir de plus près et c'est à ce moment là qu'il l'observa. Elle était plutôt mignonne, c'était tout à fait le genre de fille avec qui il pouvait flirter. Il se méprit à s'imaginer faire l'amour avec elle. Cela eut pour conséquence de l’exciter, or ce n'était ni le lieu ni le moment pour se laisser aller à ce genre de pensées. Il se concentra de nouveau sur son travail, claqua la portière et reprit le volant de sa voiture. Il mit en route le gyrophare et se dirigea à toute vitesse vers le poste de police pour en avoir finit au plus vite avec elle.

    - Tu me suis ou quoi ?, dit-elle sèchement.
    Il n'avait que cela à faire, pister les gens. Sa vie sociale devait être inexistante. A part son boulot de flic, il ne devait pas avoir grand chose dans sa vie. En même temps, qui avait envie de traîner avec un type aussi insupportable ? Personne. Dès qu'elle avait comprit ce qu'il attendait d'elle, elle l'avait classé dans la catégorie "gros con emmerdeur". C'était vraiment le genre de type qui profitait des faiblesses des autres pour avenir à ses fins. La junkie se demandait si il avait un cœur.
    Au lieu, d'arrêter de fumer, elle continua et inhala une nouvelle bouffée de fumée et la rejeta par la bouche en direction du policier. Elle avait conscience de jouer avec le feu, et de le provoquer, mais c'était le but. Elle avait envie qu'il comprenne qu'elle ne se laissait pas si facilement marcher sur les pieds. Les emmerdeurs de ce genre méritaient bien de recevoir de la fumée dans leur gueule. Pour encore plus enfoncer la situation, elle cracha à ses pieds.
    - Tu veux quoi ?, dit-elle d'un ton hautain.
    C'était deux murs qui s'affrontaient. Un qui venait chercher les ennuis et l'autre qui jouait l’arrogant et ne voulait pas se laisser marcher sur les pieds. La soirée promettait d'être pleine de rebondissements. Rachel trouvait un certain plaisir à chercher le flic. Elle en tirait une certaine satisfaction. Elle était patiente, et elle avait toute la nuit pour jouer avec le feu. De plus, elle venait de prendre une sacré dose de cannabis, qui ferait effet une heure ou deux, le temps de se débarrasser d'Eric. Elle se sentit envahi d'une légère euphorie, accompagnée d'un sentiment d'apaisement et d'une envie spontanée de rire dû à la drogue. Elle savourait intensément chaque bouchées. Il ne lui restait plus grand chose à fumer, tant pis elle continuerait avec une clope et de l'alcool. Elle se mit à rêver, s'imaginant dans son appartement avec une bouteille de bière à la main et une clope dans l'autre. Ce n'est pas une alcoolique, mais elle aime bien ressentir ce plaisir d'être quelqu'un d'autre et de se laisser aller en buvant quelques verres. Un peu, comme ce qu'elle ressentait actuellement avec le cannabis. Elle revint à la réalité, quand l'imbécile de flic reprit la parole.
    - Rien, je te surveille, dit-il sarcastiquement en lui adressant un clin d’œil.
    La junkie ne comprit pas tout à fait ses intentions. Elle était sur ses gardes. Elle termina son joint et le jeta aux pieds d'Eric. Elle s'approcha de lui, et tout en écrasant le reste de ce qui avait été sa source de salut durant quelques minutes, elle se pencha vers lui et murmura :
    - J'aimerais te voir mort, avoir le plaisir de te voir à terre, agoniser, complètement soumis à moi et me supplier de te laisser en vie, dit-elle en laissant échapper un sourire.
    Elle imagina les différentes techniques de tortures qu'elle pourrait utiliser pour rendre sa mort plus lente et douloureuse. Elle laissa ses pensées vagabonder entre les fouets, qu'elle pourrait utiliser pour lui infliger des marques indélébiles ; les cigarettes qu'elles pourraient écraser sur son corps ; les membres qu'elle pourrait lui arracher. Elle interrompit ses pensées, ne voulant pas se laisser aller à des désirs et des pulsions trop sadiques.
    Après quelques minutes de silence, elle ria sarcastiquement. Puis, elle se dirigea vers sa voiture. Elle laissait toujours traîner une bouteille d'alcool entre ses sièges. Elle attrapa une bouteille de whisky à moitié pleine entre les sièges et retourna voir le policier. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle faisait cela, mais sa conscience le lui avait dicté. Même si elle méprisait cette homme au plus haut point, il lui inspirait une certaine pitié. Elle lui tendit la bouteille.
    - A la tienne, dit-elle en extirpant une cigarette de sa poche et en attrapant son briquet tant bien que mal.
    Eric hésita avant de lui rendre la bouteille. Il n'était donc pas très courageux. Dommage, cela aurait pu détendre un peu l'atmosphère. Il faut croire, qu'il se tenait sur ses gardes et se méfiait d'elle. Elle se demandait bien de quoi il pouvait bien avoir peur venant d'elle. C'était plus lui le dominant dans l'histoire et elle la dominée que l'inverse. Elle sourit à cette idée en ayant d'autres pensées.
    - Je bosse encore, répliqua t-il sèchement.
    Il ne lui restait plus beaucoup de temps avant d'avoir finit son service, mais il n'était pas idiot au point de se laisser soûler par une ancienne détenue. Il savait que bien trop de ses collèges s'étaient fait avoir en se buvant. Il préférait prendre sur lui et se contenter d’enchaîner les cigarettes. Il en alluma une autre et inspira une grande bouffée. Rachel l'imita et alluma sa cigarette, elle rejeta la fumée en direction de l'eau, et non pas dans celle du policier. Elle avait décidé de jouer la gentille, maintenant et d'essayer de voir ce qui se cachait derrière cet homme d'apparence si stupide. Elle prit une gorgée de whisky qu'elle savoura. Les saveurs se mélangeait dans sa bouche et c'est ce qu'elle aimait, sentir le cannabis, l'alcool et la cigarette à plein nez.
    Eric était typiquement le genre de type qui se camouflaient derrière ses apparences de gros dur, alors qu'en fait il était tout simplement torturé par ses démons. Rachel était forte pour détecter ce genre de choses, elle se plaisait à analyser les personnes de fond en combles. Elle en prenait même un certain plaisir. Elle aimait encore plus essayer de déchiffrer ce que cachait les autres, sa curiosité la poussait à beaucoup de choses et pouvait lui attirer des ennuis. Elle en avait déjà testé les frais, en se retrouvant embarqué dans des histoires qu'elle aurait pu éviter. Elle chassa ses pensées de sa tête ne souhaitant pas se souvenir de ces moments pénibles.
    Le policier était en train de faire le zouave en répliquant à son amer remarque. Son ton de rigolade laissa place à une réplique beaucoup plus sèche qui surprit l'ancienne détenue.
    - Tu n'es qu'une junkie Rachel, pas une tueuse en série, arrête de rêver.
    Elle ne sut comment réagir et se sentit terriblement agacé par son interlocuteur qui se jouait très bien d'elle. Elle se sentit soudain comme un pantin, ne pouvant rien contrôler.
    - Être une junkie me suffit amplement. J'ai pas envie de tuer des pauvres gens qui n'ont rien demandé. Je suis personne pour décider de la mort de quelqu'un. J'ai un minimum d'empathie contrairement à toi.
    Elle se cacha bien d'avouer qu'elle aimerait bien tuer une personne ; son père. Il avait détruit sa vie, ainsi que celle de sa mère. C'était un foutu connard qui ne savait pas contenir ses pulsions sexuels. Elle ne lui pardonnerait jamais ce qu'il avait fait. Et puis, qui sait, sûrement qu'il s'était attaqué à d'autres personnes. Personne ne l'a mit en prison, il court toujours en liberté alors qu'il aurait sa place au bout d'une corde. Elle ne savait pas pourquoi elle ne l'avait toujours pas tué.
    - Je te préviens que si tu vomis, je te tiendrais pas les cheveux, menaça-t-il faussement, avant de balancer un peu de cendre et d'écraser son mégot sur la poutre en bois.
    - Je vomirais pas j'ai l'habitude, dit-elle en ricanant.
    Elle buvait souvent, au point de se réveiller le lendemain sans n'avoir aucun souvenir de sa soirée. Ce n'est certainement pas une gorgée de whisky qui allait la mettre mal.
    - Et puis je suis pas assez bête pour boire des litres devant un flic, ajouta t-elle en finissant sa cigarette qu'elle jeta dans l'eau du fleuve.
     
  2. Christouille

    Christouille
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    "Si tu cherches encore cette personne qui va changer ta vie, regarde-toi dans le miroir."

    Bonjour,

    Souhaites-tu toujours un avis sur tes deux premiers chapitres ? Ce projet est-il toujours d'actualité ?

    Si oui je veux bien me coller à la lecture la semaine prochaine ;)

    Si non... Et bien bonne continuation tout de même !
     
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