Les jeunes diplômés et le monde du travail : un choc culturel ?

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Clemence Bodoc, le 2 juillet 2014.

  1. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
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  2. MookieA

    MookieA
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    HA-HA-HOLIDAY [I]yeee :headbang:[/I]

    Je n'ai fait que des stages pour l'instant... Mais je confirme que le retard informatique peut prendre des dimensions affolantes, pour quelqu'un habituée à passer du temps (sa vie) sur l'ordinateur. Aussi, la manie de développer des centaines de logiciels différents par action au lieu de centraliser ; les codes d'accès à ces mêmes logiciels qui arrivent au compte-goutte ; les formations qui ne prennent pas en compte la réalité du travail de la personne ou qui sont placées au sixième mois de ton CDD de six mois (juste pour dire "mais oui, nous les avons formés !").

    Je pense qu'il y a aussi un fort problème de confiance en soi. Avec une licence en sciences politiques, j'étais persuadée que je ne savais rien faire de concret. Sauf que j'ai fait un stage, et que je me suis rendue compte de plein d'avantages à ma formation... et que la théorie ne reste pas seulement théorie, une fois au travail.
    Et les employeurs/le climat en général n'aident pas à donner confiance...
     
    Lord Griffith a BigUpé ce message
  3. Nour + Nad

    Nour + Nad
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    People stare at me like they’ve never seen a walking goddess

    Bon j'ai pas vraiment beaucoup d'expérience mais le peu que j'ai m'a arrachée de mon petit nuage à coups de griffes drôlement acérées.

    En cabinet d'avocat : je savais qu'il y avait un gouffre entre la pratique et la théorie, surtout en droit, mais à ce point là...Je me suis rendue compte qu'après presque 3 ans à faire du droit, j'étais tout simplement incapable de traiter un problème concret, de manière organisée et suivant une procédure stricte (même dans des matières que j'avais étudiées). Alors ça je connaissais la jurisprudence, je connaissais mon cours par coeur ainsi que la doctrine mais par exemple, en rendez-vous, j'aurais été incapable d'écouter un client, de poser les bonnes questions, de le conseiller. Je savais pas ouvrir un dossier, classer un dossier, me servir des informations fournies pour trouver une solution ou rédiger des conclusions...On m'a appris à analyser, à argumenter, à organiser mes idées, à rédiger, à avoir un raisonnement juridique mais on m'a pas appris à les utiliser. Alors je sais qu'il y a l'école d'avocat qui permet d'acquérir de bons outils pour pratiquer le droit mais tous les juristes praticiens ne sont pas des avocats... il n'y a que les stages, quand on a la chance d'en faire, qui permettent de se former mais voilà, faut en trouver et pouvoir vivre en étant payé avec des cacahuètes. Je trouve ça vraiment révoltant que les facs de droit soient si éloignées de la pratique, qu'il n'y ait pas de pont avec le monde des praticiens du droit (autant dans les enseignements que dans les partenariats de la fac...).
     
    #3 Nour + Nad, 2 juillet 2014
    Dernière édition: 2 juillet 2014
  4. saifu

    saifu
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    J'ai aussi connu le choc de technologie dans une grande entreprise: Stage aux états unis en 2011 dans un centre de recherche d'un grand groupe allemand. Tous les stagiaires sont plus ou moins étudiants en informatique au niveau master donc bien au fait des dernières technologies, qui sont notre outil de travail.
    Eh bien, les ordinateurs étaient sous Windows XP, les mises a jour du réseau prenaient des heures, l'intranet était une jungle, aucun privilège administrateur ( ça veut dire que tu peux rien installer tout seul) . Au début du stage, tous les sites de divertissement mais aussi Gmail étaient bloqués mais un jour, ça a sauté et j'ai pu y accéder jusqu’à la fin du stage (3-4 mois plus tard) et je suis convaincue qu'ils ne l'ont juste pas réalisé.
    C'était un peu de la sécurité a niveau variable, interdiction d'introduire une clé USB personnelle mais accès facile a Internet.
    Cela , plus d'autres exemple de super-rigidité dans cette entreprise, m'ont convaincu de ne plus travailler dans une grande entreprise.
     
    #4 saifu, 2 juillet 2014
    Dernière édition: 2 juillet 2014
    Biousse a BigUpé ce message
  5. Liya

    Liya
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    Chouette article, merci!
    Selon moi, on ne devrait pas reprocher aux universités de donner des connaissances : c'est bien aux entreprises de nous former à leurs postes, pas à nous d'arriver déjà formatés!
    (Et puis, avec un diplôme "Poste X de l'entreprise Y", on risque de pas aller bien loin...)
     
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  6. KrissdeValnor

    KrissdeValnor
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    Je suis assez partagée sur la question, d'un côté je pense que les études supérieures doivent fournir un enseignement théorique, mais pas uniquement. A mon sens elles doivent aussi préparer au monde du travail en général après tout si on fait des études c'est pour trouver un travail.

    Ensuite il faut se rendre compte que quand une entreprise prend un nouvel employé, elle fait un pari sur le long terme. Il faut un certain temps à l'employé pour être productif. Cette période est d'autant plus longue et donc le pari plus risqué pour une entreprise qui prend un jeune tout juste diplômé. De plus avec "la crise" les employeurs sont frileux et peuvent se permettre de ne chercher que des candidats avec de l'expérience.

    Ce qui veut pas dire que je défends les patrons, je comprend juste qu'embaucher quelqu'un c'est pas simple surtout pour les petites et moyennes entreprises.

    Pour ce qui est des stages, on peut pas toujours dire que se soit une vraie expérience. C'est tellement variable selon dans quelle entreprise on est, la durée, les taches tous ne se valent pas, certains sont de vraies expériences professionnels et d'autres non.

    Pour parler de ma propre expérience j'ai fait quelques stages pendant mes études, certains ont été génial, d'autres bof et d'autres très nul. Je travaille depuis 2 ans dans mon premier job, j'ai pas eu de difficultés à le trouver vu que j'ai été prise à la fin d'une licence en entreprise dans cette même boite.

    Aujourd'hui si je puis dire je suis passée de l'autre côté et je vois mieux les réalités du monde du travail. Je suis dans une petite boite, on est 5 alors on est tous au courant de tout et je trouve ça super cool, j'aurais détesté être dans un gros groupe.
     
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  7. Apaloosa

    Apaloosa
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    J'ai personnellement été ravie quand on m'a expliqué que mes stages n'étaient "pas de l'expérience"... je sais pas ce que c'est alors à ce niveau, sans doute du bénévolat pour nos pauvres zentreprises pour lesquelles les temps sont si durs...D'ailleurs, juste derrière, on m'annonce qu'il est normal qu'une bac+5 se voit gratifiée d'un simple smic en début de carrière (en vertu de cette non-expérience, donc). La tête que j'ai faite :stare:

    (Mais le mec qui m'a doctement affirmé tout cela était un émissaire du MEDEF, ceci expliquant sans doute cela :lunette:)
     
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  8. MissMachine

    MissMachine
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    "Booze tends to take the edge off. I wanna stay angry."

    Les résultats de ce sondage me surprennent beaucoup, surtout en France, quoi. On est quand même LE pays par excellence des écoles d'ingénieur (donc formation pas trop théorique), des alternances et des stages à tire-larigot... Alors dire que les jeunes n'ont pas assez d'expérience et reçoivent un enseignement trop théorique, je trouve ça un peu fort de café... :hesite:
     
  9. melowyn

    melowyn
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    Welcome to the island of misfit toys

    Si je me base sur mon expérience personnelle, j'ai envie de dire oui et non.

    Non, on est pas bien préparé parce que les connaissance qu'on acquière sont théorique et pas pratique. Pour ma part, pas de grand groupe, mais des collectivités. Mais c'est la même chose. Je connaissais mes cours mais personne ne m'avait jamais vraiment appris à rédiger un marché, passer un bon de commande ou même rédiger un courrier selon les codes en vigeur. Comment je l'ai appris ? en stage et lors de mon premier job (j'ai eu l'immense chance de tomber sur des gens qui m'ont pris sous leurs ailes et m'ont aidés à finir de me former).

    Mais d'un autre côté, cette formation théorique, elle te sert à avoir une culture générale liées à ton domaine, à comprendre les enjeux, faire des liens, parler le même langage. Je m'en suis rendu compte récemment lorsque j'ai du travailler avec des gens qui n'y connaissaient rien du tout. Il a fallut que je reparte à zero pour leur expliquer chaque sigle, chaque lien hiérarchique etc ... des choses que j'avais intégrer tous au long de mes études et qui me servaient tous les jours sans que je m'en rend compte.

    tout ça pour dire que la théorie, c'est pas si caca que ça. Quand au reste, ce sont des codes à intégrer, et je ne pense pas que ça soit des choses qu'on puisse apprendre à l'école. Après comme l'a dit une autre madz, embauché un jeune c'est un par sur le long terme.
     
    Lord Griffith a BigUpé ce message
  10. LaBelleAuBois

    LaBelleAuBois
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    Arrivée dans ma boîte (un journal religieux dans une toute petite structure) sans autre diplôme que mon bac, j'ai autant déchanté que remercié mon patron. Déchanté car au départ, sous le nom de "secrétaire polyvalente", mon boulot se résumait surtout à porter des cartons pleins de journaux (donc très lourd) et préparer le café. Les journées étaient peu remplies et Facebook était mon meilleur ami. Jusqu'à ce que mon patron me prenne par la main et me propose de devenir secrétaire de rédaction, avec formation à la clé. Une super opportunité que je me suis empressée de saisir. J'ai donc appris un métier et j'ai appris à me responsabiliser et à m'affirmer (pas facile de tenir tête à des bénévoles de 40-70 ans quand on en a 20 et qu'on est salarié…).
    Mais j'ai aussi compris la difficulté pour un jeune de travailler en entreprise. En dehors des formations et diplômes qui préparent plus ou moins au monde de l'entreprise, il y a aussi l'écart générationnel. À l'heure où je vous parle, il n'y a toujours pas de site internet allié à notre journal et nous n'avons pas de régie publicitaire. Pas facile donc d'amener de nouveaux lecteurs plus jeunes par le biais d'internet et d'engranger un peu plus d'argent. Pas facile non plus de travailler dans un journal où la majeur partie des lecteurs a l'âge de mes grands-parents. Pas facile non plus de bosser avec des gens de l'âge de mes parents, que ça soit niveau relationnel ou professionnel. Et travailler avec des gens qui ne partagent pas sa vision du monde et qui estiment que "on a toujours fait comme ça donc pas de raison de changer", croyez-moi, ce n'est pas évident.
    Pour ce qui concerne les diplômes, je crois que le problème vient d'avant. C'est-à-dire que dès le lycée, on nous demande de choisir une orientation, mais sans parler métier et conditions de travail. On nous parle uniquement de filières, de cursus, d'université et d'écoles. Hormis le stage obligatoire en troisième, et pour certains quelques jobs d'été, nous n'avons aucune idée de ce que veut dire "travailler". Si des stages étaient obligatoires au lycée, si des professionnels venaient nous parler de leur métier, si on nous expliquait les tenants et les aboutissants de ce que veut dire être salarié (conditions de travail, salaires, droits et devoirs, abus, syndicats, pointeuse…), je pense que déjà nous serions mieux préparés à ce qui nous attend après nos diplômes. Et je pense que le gouvernement devrait aussi encourager les entreprises à recruter honnêtement des "petits jeunes". Nous avons autant à apprendre des "vieux de la vieille" qu'eux de nous.
    Sur ce roman, mesdmoiZelles, je vous salue bien bas!
     
    Lord Griffith a BigUpé ce message
  11. bouledegomme

    bouledegomme
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    Chieuse

    Comme je suis d'accord! Merci!

    Parce que moi ça fait des mois que je galère pour trouver un travail.
    Je n'ai pas assez d'expérience apparemment,(J'ai fait une école privée de 3 ans, 3 stages dont un en Angleterre) mais comment voulez-vous que j'ai les 3 ans mini d'expériences (comme indiqué dans les annonces "junior") si en fait personne ne m'embauche?
    (Pardon ce sont les mois de souffrance qui parlent)
    Je ne comprends pas.
    Comment ces mêmes personnes qui recrutent ont commencé?

    Désolé mais c'est un sujet sensible pour moi :tears:
     
  12. Calipo

    Calipo
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    Je suis un peu dans la même situation... J'ai un job mais je voudrais bien changer, sauf que je suis dans le trou maudit entre "0 expérience" et "pas assez d'expérience"...

    Pour les personnes qui recrutent, c'est simple:
    * dans les grands groupes, ils recrutent "à la Française", c'est à dire que tu dégages si:
    - pas la bonne école/fac, pas les bons stages
    - pas EXACTEMENT le profil recherché (t'avise pas de déborder, ça passera pas!)
    - des expériences "trop dispersées", "pas cohérentes avec votre parcours"
    - si un autre candidat au même niveau peut être pistonné ou poussé par son réseau et pas toi
    - tu te ramasses à la question "3 défauts - 3 qualités"

    * Dans les petites et moyennes entreprises (le gros des troupes, il faut quand même le souligner), on recrute comme on peut, c'est parfois moins académique que dans les grosses structures, parfois plus au feeling aussi, mais très souvent avec les mêmes freins:
    - on a pas toujours la trésorerie pour payer quelqu'un qui mettra des mois à être opérationnel, donc on cherche plutôt quelqu'un qui est déjà formé et qu'on a pas besoin de tenir par la main (ou pas trop).
    - on a pas les moyens d'embaucher une pomme pourrie, donc on joue la carte sécurité au maximum. Si Peugeot se retrouve avec un salarié nul, ça va pas mettre en péril le groupe. Dans une petite structure, un salarié poids mort rends très vite les choses difficiles, surtout que se séparer d'un salarié c'est quand même la croix et la bannière. Donc on prend pas de risque, et c'est les jeunes qui trinquent (à tord ou à raison).

    Après c'est les grosses généralités que j'ai pu voir de part mon boulot actuel et mes expériences perso, chaque cas est unique évidemment.

    Le pire dans tout ça c'est que ça fait des années qu'on dit que la fac n'est pas assez pro, mais que rien ne bouge!!!
     
    #12 Calipo, 2 juillet 2014
    Dernière édition: 2 juillet 2014
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