Les maladies mentales, un sujet tragiquement tabou aux États-Unis

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Mymy, le 6 octobre 2015.

  1. Mymy

    Mymy
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    Member of ze Rédac', membre actif des Croisé-e-s contre l'invocation de Pierre Desproges, et accessoirement beau foufouillon.
    Membre de l'équipe

    MésangeBleue et Black Phillip ont BigUpé.
  2. Neverland90

    Neverland90
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    C'est intéressant mais je pense que c'est aussi le cas en France, les maladies mentales ne sont pas si bien prises en charge: on manque de personnel, de structures...
     
    adita, Melodrama Chanel, Daredevil. et 1 autre membre ont BigUpé ce message.
  3. KtyKonéko

    KtyKonéko
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    Mon fils est atteint de TOC atypiques,
    et ils sont suffisamment violent pour le bloquer pendant parfois plus d'une heure
    (bloquer au sens propre du terme, dans la position dans laquelle il se trouve quand ça le prend).

    Il a passé 2 ans à nous le cacher, à souffrir seul, sous le nez des ses profs qui n'ont rien vu (mon œil) jusqu'à une crise proche d'une psychose.
    Totalement seuls et démunis face à sa souffrance, (on était à la mi-août) son père et moi avons pris la voiture et avons écumé tous les centres médicaux-psy jusqu'à ce qu'un psychiatre de garde accepte de nous recevoir. Tout d'abord pour se débarrasser de nous (ah, ces parents hyper-anxieux),
    Il nous a écouté, a changé de couleur et a demandé à voir notre fils le jour même...
    il est resté un mois à l'hôpital, "stabilisé". Mais à la sortie, il n'y avait ni diagnostic réel, ni guérison puisque les toc ont repris...
    et encore 6 mois se sont écoulés avant que sa psychiatre ne trouve le bon traitement (les tocs sont un peu moins nombreux et un peu moins longs)

    Cela fait 2 ans que ça dure depuis la crise. Scolarité : impossible, finie. Il a 18 ans, il n'a pas pu passé son bac.
    Et pour le moment, nous luttons contre sa maladie, jour après jour.
    Il est régulièrement suivi (2 fois par semaine avec un psy et de l'art thérapie) dans un hôpital psy de jour.
    Par contre, on ne sait rien. Il n'y a aucune aide pour les aidants.
    Mais si on ne va pas à la pêche aux information...
    Après coup, notre généraliste nous a dit qu'il aurait pu nous aider, nous guider...

    :fleur: Je raconte tout cela pour tous ceux à qui cela pourrait arriver.
    il y a des aides pour nous/vous aider quand la souffrance psychologique devient trop dure à vivre
    n'attendez pas de casser, faites-vous aider.

    allez déjà voir notre bon vieux généraliste
    et puis les CMP, il y en a un dans toutes les grandes villes
    c'est GRATUIT, accessible à tous. Il y des des infirmières/iers spécialisé dans l'écoute, et des psy
    j'y vais moi-même depuis des années, vider mon sac de soucis, et cela m'aide énormément
     
    Illyria, dyspeptique, MésangeBleue et 13 autres ont BigUpé ce message.
  4. Xylo'

    Xylo'
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    Si tous les généraux et amiraux du monde, quelques soient les couleurs et les étoiles, avaient chacun un chat sur les genoux...

    Je ne participe pas souvent sur le forum. Mais cette fois, ça a touché mon petit cœur alors je me suis dit que je devais dire un truc :tears:
    Je suis atteinte d'un trouble mental depuis déjà trop longtemps à mon goût mais j'ai le "bonheur" d'être suivie dans un service hospitalier au top qui est à mon écoute, ne me cache rien sur mon trouble et m'accompagne. Et je sais que j'ai une chance immense d'être tombée dans ce service, un service spécialisé punlique qui a assez de moyen financiers et humain pour accompagner les jeunes adultes malades vers une vie plus stable. Ce n'est pas le cas dans tout les HP de France.
    Le plus dur c'est le regard des autres, les gens qui rigolent en disant d'une personne qu'elle est schizo/bipolaire/malade mentale/psychopathe ou qui stigmatise les personnes touchées par les maladies mentales, comme c'est souvent le cas.
    @KtyKonéko Je te souhaite plein de courage. C'est dur à vivre pour les proches, j'espère que ton fils ira de mieux en mieux :hugs:

    Merci, John. Merci Mad:fleur:
     
    Rhiannonh, MésangeBleue, Black Phillip et 6 autres ont BigUpé ce message.
  5. elisabellissima

    elisabellissima
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    Hold the door!

    @KtyKonéko: bon courage pour ton fils... je ne peux qu'imaginer la souffrance, la colère, mais je te fais un hug:hugs:
    @Xylo' j'te big up, et je suis contente que tu aies trouvé un endroit ou on peut t'écouter, et surtout te faire du bien. Je te hug aussi :calin:
    @Mymy: merci pour ce chouette article. Le terme "maladie mentale" est un terme qui fait peur, et qui est utilisé à tort et à travers, et le retard dans nos pays "développés" est scandaleux. C'est tellement facile de stigmatiser quelqu'un, de le laisser dans sa souffrance et de faire comme si cela n'existait pas... Parfois, les SDF aussi souffrent de troubles mentaux, mais ce n'est pas forcément pour ça qu'ils sont SDF mais sont bien devenus malades à cause de la solitude et le manque de contact humain... je digresse, je digresse, mais cet article m'a vraiment touché...

    HUG GENERAL:cupidon:
     
    MésangeBleue, KtyKonéko, Daredevil. et 1 autre membre ont BigUpé ce message.
  6. Xylo'

    Xylo'
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    Si tous les généraux et amiraux du monde, quelques soient les couleurs et les étoiles, avaient chacun un chat sur les genoux...

    @elisabellissima Ouii! Hug général! :highfive:
    Tu digresses, tu digresses... Mais tu digresse bien. C'est un sujet dont on parle si peu alors qu'il touche une immense partie de la population, donc digressons! Hug :fleur:
     
    Daredevil. et elisabellissima ont BigUpé.
  7. Lunafey

    Lunafey
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    Une communauté qui empêche le dialogue, les points de vues alternatifs et la critique est une communauté malade.

    @elisabellissima Actually, on dénombre un grand nombres de SDF schizophrènes - trouble en grande partie génétique, avec des facteurs déclancheurs qui peuvent êtres environnementaux -, et dans leur cas c'est bien leur maladie (ou du moins l'absence de prise en charge qui a engendré tout un tas de conséquences) qui les a menés à la rue, pas l'inverse. C'est le cas pour d'autres maladies qui se retrouvent chez un gros pourcentages de sans-abris. C'est souvent dans ce sens que ça se passe (maladie -> pas de prise en charge -> rue), et du coup c'est encore plus grave :sad:

    [EDIT] Personnellement, je trouve l'article assez mal écrit... Le ton n'est jamais clair et passe de l'humour au drame sans cesse, plein de citations n'ont pas d'auteurs et on ne sait pas d'où elles sortent, c'est assez dense mais sans structure claire... Je connais bien le sujet de l'article, et pourtant j'étais vraiment perdue par la forme :shifty:
     
    #7 Lunafey, 6 octobre 2015
    Dernière édition: 6 octobre 2015
    Cornélie, Kounette, PeuhL et 6 autres ont BigUpé ce message.
  8. guerredesmiroirs

    guerredesmiroirs
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    C'est vrai que je reregarde les Last week tonight, et je me rends compte que la plupart du temps, John ne brosse que la surface. Mais bien sur, ce n'est pas son boulot, il n'est que comedien, pas journaliste, et il vulgarise par ses blagues, ce qui aide a comprendre mieux avec des phrases plus simples, ce qui aide le spectateur lambda a ne pas decrocher (moi au bout de la 5ieme minute de news, je decroche).
    Sinon, aujourd'hui a l'ecole (dans un "college, ou les eleves ont entre 16 et 23ans), un intervenant est venu nous parler de la bipolarite et autres troubles mentaux (il était bipolaire quand il avait 18ans), et nous parlait de qui aller voir ou appeler en cas de troubles tres fort, comment il a vecu ca, a reussi a s'en sortir... Je trouve ca cool de nous en parler ici (j'habite en Angleterre, je precise, je sais pas si c'est commun dans tout l'UK ou si c'est juste dans mon ecole, ou ils mettent un point d'honneur a se sentir concerne au bien etre des étudiants). Ce serait bien qu'on en parle tres tot, j'ai realise que non, les jeunes ne s'en fichaient pas, vu qu'une fille, apres, a commence a pouvoir parler ouvertement de ses crises d'epilepsie a la classe.
    Mais j'm'egare.
     
    Daredevil. a BigUpé ce message
  9. SaintSaëns

    SaintSaëns
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    All the world's a stage. And all the men and women merely players.

    C'est un sujet touchant, vraiment et pas facile à aborder, autant pour les personnes qui connaissent ces maladies de l'intérieur comme de l'extérieur.

    Perso j'ai beaucoup de mal à parler de ma maladie. Mais c'est surtout par rapport aux réactions des autres.Je suis un traitement médicamenteux mais c'est tout (ce que je déconseille fortement parce que ça à beau aider fissa ça ne fait pas évoluer les choses...). Ma famille à du mal, c'est le truc autour duquel tout le monde tourne et ça me pèse énormément. Entre ma mère qui se dit que ça fait déjà un moment que je prends des médicaments (parce que ça ne le fait pas de prendre des médicaments pour avancer dans la vie!) donc faudrait peut être que j'arrête, et ma sœur qui pense que j'en fait trop, c'est pas tous les jours simples de suivre mon traitement sans culpabiliser.

    Parce que c'est un sujet tellement tabou qu'on se sent parfois pas légitime dans notre maladie. J'ai encore du mal à en parler comme tel. Généralement quand j'ai une crise (dépression ou anxiété) je le dis pas parce que comment "prouver" ma crise après coup ? Je suis plus pâle, plus "maladive" mais ça passe vite alors les gens pensent que j'ai juste eu une baisse de régime ! Ou alors quand je cherche de l'aide (à un CMP ou un BAPU) j'ose pas y aller. Parce que sincèrement, il y a quand même des gens pire que moi non ? Moi ça va, c'est rien du tout par rapport à eux...

    Pourtant je ne veux pas m'en cacher. Mais à chaque fois c'est la même chose : en société c'est mal vu. C'est interprété comme une complainte de la part d'une personne cherchant de l'attention. De ce fait, j'en parle et les gens deviennent gênés, ils comprennent pas, me disent que "c'est dingue parce que ça ne se voit pas! J'aurais jamais cru!" (genre tu veux que je me balade avec une casserole sur la tête, une pancarte dans la main , ou encore mieux une corde autour du cou pour que tu vois que je suis malade ??)

    C'est vraiment complexe parce qu'en société, on s'attend à voir la maladie. Et quand on ne la voit pas, on ne la considère pas comme importante. Elles sont juste le fruit d'un esprit manquant d'attention, cherchant du réconfort, une conséquence d'une enfance maltraitée etc... Les maladies mentales c'est pas de vrai maladie aux yeux de la société. Et cela, je pense, rend plus dur pour le malade d'accepter sa maladie, et ensuite de s'accepter soit même en tant que malade.
     
    Sunflowers, MookieA, Calleigh. et 9 autres ont BigUpé ce message.
  10. Quidâme

    Quidâme
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    Petifion!

    Super article! Je suis contente qu'on parle enfin des maladies mentales et de la stigmatisation faite envers les malades mentaux.
    Je savais que la situation aux Etats-Unis était pire qu'en France mais je n'imaginais pas que c'était à ce point..
    Je peine à expliquer aux gens qui m'entourent qu'une maladie mentale c'est une maladie avant tout et qu'elle ne fait pas du malade, un gros "taré" ou un "psychopathe"; parce qu'après tout la maladie mentale est beaucoup plus dangereuse pour la personne que pour son entourage. J'espère que les mentalités vont changer! Pour ce qui est des Etats-Unis, comme pour tout, ils écrasent les minorités, les séparent de la société, les met en marge... En espérant que leurs mœurs ne traversent pas l'Atlantique.
     
  11. Nozih

    Nozih
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    Je me permets de poster mon premier message sur madmoizelle sur cet article même si je vais parler de personnes autrement malades que ceux cités dans les commentaires voire dans l'article (je ne voit pas vraiment de quelles maladies on parle ici) .

    j'ai le bonheur de travailler dans une MSMM (maison de santé pour maladie mentale) auprès de très grands autistes (pour la plupart) . beaucoup sont violents physiquement, particulièrement anxieux et toqués voire attachés à leur lit (oui cela peut paraître choquant mais c'est malheureusement vital pour eux) .
    la grande tristesse dans ce lieu en particulier est de connaître le passé des gens dont on s'occupe car tous n'ont bien sûr pas été comme cela toute leur vie . par exemple je vais parler d'une dame que j'appellerai P. . P était une petite fille légèrement différente des autres, elle parlait mal, bégayait, ne marchait pas correctement, mangeait salement et était beaucoup trop dans la lune . mais elle allait à l'école ! elle faisait ses devoirs et même si cela était un peu long elle finissait par comprendre ce dont on lui parlait .malheureusement les personnes de son entourage lui faisait subir de nombreux sévices pour la "punir" de ce qu'elle n'arrivait pas à faire ou à comprendre . plusieurs hommes on profité se sa "simplicité" et de sa peur grandissante de l'autre . au fil de sa vie P s'est de plus en plus renfermée pour vivre si je peux dire dans sa tête dans un monde qu'elle seule peut comprendre . et elle a fini chez nous vers 30ans . elle qui a été à l'école et pouvait écrire ne parle plus que du sol de sa chambre et de prendre un bain . toute la journée . mais maintenant parfois elle chante avec nous des comptines apprises plus jeune surement et elle souris souvent . tout cela pour dire que l'extérieur rend bien souvent beaucoup plus malade que la maladie elle même . P n'est qu'un exemple bien sûr, d'autres n'ont pas eu plus de chance qu'elle, certains travaillait même avant d'atterrir chez nous, là où le voisin de chambre ne fait que crier de sa journée sans dire un seul mot, où une autre marmonne 24/24 sans rien comprendre de ce qu'on lui dit, et celui qui joue avec tout ce qui sort de son corps (je vous épargne les détails) .
    mais ce qu'il faut voir au delà de tout ce qui peut paraître dérangeant voire bestial dans leur comportement c'est leur côté humain qui a été négligé pour beaucoup toute leur vie . ils s'attachent à nous qui les accompagnons au quotidien (et bien sûr nous aussi même nous ne devrions pas, comment résiste t on à quelqu'un qui ne touche ni ne regarde jamais personne dans les yeux, et qui ce jour là veut vous faire un câlin) . Beaucoup rient souvent et sourient quand on fait un geste qui leur plaît, que ce soit un sourire , une chatouille ou qu'on leur donne une pâtisserie qu'ils aiment . Certains s'améliorent et évoluent bien et peuvent partir de chez nous pour une autre MSMM avec plus de liberté et d'activités possibles . mais je m'égare encore plus ...

    Le but de mon commentaire était de rappeler que le pire ennemi de la maladie mentale est l'être humain, non pas celui qui la subit mais celui qui la voit et ne la comprend pas . il y a des structures qui aident, mais bien trop peu évidement, car souvent comme il a déjà été dit, ce n'est pas un accompagnement ponctuel qui arrange tout, c'est l'accompagnement de tous les jours , médicamenteux ou pas, mais surtout humain qui peut véritablement soigner (quand c'est possible) .
    et autre intention de ma part, juste rappeler qu'il n'y a pas que les malades que l'on voit dans la rue ou aux infos (schizophrènes bipolaires ...) ! il y a ceux qui sont oubliés et cachés de tous qui font peur, qui "dégoûtent" (je cite) et qui ne devraient en fait pas exister ou du moins ne jamais se montrer car "ce ne sont plus des humains" (cite toujours) . j'invite toute personne y étant un peu sensible à se renseigner et aider à ouvrir les yeux autant sur les maladies "légères" que sur ces grands malades que personne ne veut connaître et dont beaucoup ignorent même l'existence .

    désolée de ce long pavé, en espérant que certaines le liront .
     
    Perth, Calleigh., Kettricken et 9 autres ont BigUpé ce message.
  12. PtitePlume

    PtitePlume
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    Je déplore le "défi" d'intégrer les malades mentaux dans la société aujourd’hui, tant l'image qu'ils renvoient est pleine de clichés négatifs, tant l'ignorance de la maladie est grande pour ceux qui voient ça de l’extérieur.

    J'évolue dans une structure de jour où je côtoie des schizophrènes, bipolaire et autres malades. Jamais je ne me dis le matin en arrivant, aujourd’hui je vais échanger avec telle pathologie, et rarement on évoque la maladie des uns ou des autres. Parce qu'en fait une fois les présentations faites, entre nous on voit au delà de ça. L'individu tout simplement.

    C'est le dehors qui nous semble hostile. Parce que les gens ne savent pas, ne veulent pas voir et entendre qu'en 2015 des malades puissent évoluer quasi normalement au sein de la population. Je parle surtout pour les Schizophrènes qui traînent sur leur dos,en plus de la maladie, tout le ramassis de bêtises relayé part les média ces dernières années. Qu'on se le dise,un malade Schizophrène est dangereux surtout pour lui même, et dès lors qu'il n'est pas en rupture de traitement il peut évoluer, faire son petit bonhomme de chemin et prétendre à une vie "normale", sans constituer un danger pour qui que ce soit.

    La peur est humaine, la bêtise aussi, malheureusement... Alors qu'il suffirait que les gens soient un tout petit peu plus informés, plus ouverts. Pour quelqu’un qui lutte contre la maladie, c'est énorme de se sentir "légitime", d'exister...
     
    Calleigh., Kounette, Black Phillip et 6 autres ont BigUpé ce message.
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