Les mots de _lilou_

  • Initiateur de la discussion AnonymousUser
  • Date de début
A

AnonymousUser

Guest
" Dis moi des mots, ceux qui font frissonner, je veux entendre ta voix, sentir ton souffle au creux de l'oreille, des mots chauds, des mots qu'on ne dit pas tout haut, des mots pour m'essouffler rien qu'à les entendre, des mots qui me vrilleront le ventre quand je me les rappellerai demain matin, au milieu de gens. Dis moi des mots.. "


Et son corps rejoint le mien, chaque parcelle de mon corps est recouverte par le sien, et la pensée débile que c'est mieux d'être la plus petite des deux, parce que la plus petite personne, c'est celle qu'on recouvre toute entière, celle qu'on protège, celle à qui il n'arrivera rien. On est de coté, et je pourrais aussi bien mourir de désir que m'endormir entre ses bras, tellement ce creux là m'appartient. Mon corps le ressent, ce creux est le mien, sa chaleur aussi, et nos tailles se complètent à merveille. Son nez , ses lèvres me chatouillent les lobes, il souffle doucement, et je fonds déjà. Encore une fois. J'attends, parce que le meilleur est à venir, j'attends, les yeux fermés.
Il me dit des mots doux, des mots tendres, des mots d'envie, de désir, et nos corps ondulent lentement. Je sens son envie contre la mienne, et c'est un supplice de résister encore. Ses mots me caressent, il sent mon émoi, et m'achève en m'assurant que les mots ne sont rien comparé aux gestes, aux caresses, qui vont suivre. Je me retiens de le supplier d'arrêter les avec les mots, parce qu'ils me rendent folle, je n'ai plus conscience de rien d'autre que de nos deux chaleurs..

Plus tard, je penserai, les mots ne sont rien, rien, rien du tout.
Comparé à tout cela, ils ne sont rien.


 
A

AnonymousUser

Guest
Mon amour, je t?écris pour te rassurer : le docteur m?a sauvé la vie.
Il m?a trouvé le teint fatigué, les doigts torturés. Mes ongles rongés, mes cernes incurvées, lui ont mis la puce à l?oreille. Il a pris des tours et des détours avant d?oser planter ses yeux bleus acier au fond des miens et de poser sa question. La question. Mon amour, on aurait dit qu?elle le brûlait. C?est drôle, si drôle, je ris en y repensant, pardon, tu ne vas plus rien comprendre si je ris tant et plus. Il m?a demandé si j?avais des problèmes. J?ai souri, et pensé : il y aura un soupçon de lumière au fond de mon regard, ce soupçon suffira a balayer les siens. Mais non, il a été plus loin. Il croit que je suis une camée. Il n?osait pas s?avancer, mon amour. Il a proposé l?alcool, il a suggéré la drogue, s?est repris, a parlé d?un usage doux, envisagé, apeuré, un usage fort. Ca m?a fait mal, tu sais, mon amour. Il a mis le doigt sur ce qui me consume, sur le fait que je sois dépendante, une vraie addict. Ce qui m?a fait si mal, c?est que jamais il ne connaîtra l?objet de mes tourments. Tu sais, mon amour, j?aurais pu lui dire que non, je ne fume pas, ne bois pas à outrance, ne me drogue pas, que mon teint vieilli, mes cheveux abîmés d?avoir été trop souvent tirés par tes doigts emmêlés et mes tremblements viennent d?ailleurs, mais à quoi bon. J?ai hoché la tête, et j?ai dit oui, oui, oui.
C?était terriblement libérateur, la douleur qui m?a prise été salvatrice.
Les convulsions ont commencé, les larmes ont roulé, mais je riais toujours. Et si, prétextant une addictions réprimée, on me débarrassait enfin d?une passion jalousée de tous ? Après tout.. Je suis malade, mon amour. Il faut que l?on me soigne. Je craignais qu?ils ne découvrent le pot aux roses, en signant ce papier qui permet mon internement dans ce centre de désintox?. Comment pourraient-ils ne pas remarquer que mon organisme est sain, que c?est ailleurs que tout débloque, ailleurs que le manque me bouffe, me creuse le corps, le c?ur et l?âme, si l?on en a vraiment une. Je me suis affolée pour rien, mon amour. Ma voisine de chambre, explosée par trop d?héroïne et de cachets est presque plus jolie à regarder que moi. J?ai cru devoir mimer son martyr, affiner mon don de comédienne, mais non. Etre loin de toi a suffi. Mon corps s?est tordu, contracté, je me suis arraché les ongles et des poignées de cheveux, j?ai hurlé qu?on me prenne, qu?on me baise, qu?on me déchire le corps, j?ai supplié qu?on me relâche, j?ai déversé mon manque de toi. Je n?ai rien surjoué, le naturel a suffi. Tu sais, mon amour, le manque physique est d?une violence inouïe, mais il ne dure pas si longtemps. 5 jours ont suffi pour laver mon organisme de toi. Je t?ai vomi, je t?ai chié, de chaque parcelle de mon corps il a fallu t?extraire, j?ai cru en crever cent fois. Mais je suis là, je me tiens, faible, mais éveillée, devant cette lettre que je t?adresse. Mon corps va mieux, même s?il est à reconstruire. Il me reste à soigner mon accoutumance à tes mots, mon assuétude à tes désirs. Mon corps est encore un toxico, et je crois qu?un jour, j?irai aux alcooliques anonymes, fêter chaque jour passé sans toi. Il n?y aura que moi pour savoir que derrière la sentence habituelle : « je n?ai pas touché une goutte d?alcool depuis trois mois, deux semaines et un jour » se cache une autre déviance.
Pardon, mon amour. Je sais tous ces couples heureux de se perdre l?un dans l?autre, de se noyer, éperdus, trempés, dégoulinants de bonheur. Pardon, mon amour, je sais que nous, on aurait été au dessus de la liesse habituelle. Pardon, mon amour, je sais ta perfection, pardonne ma défection. Je t?abandonne, et cours me retrouver. Pardon, mais c?est si bon, mon amour.
 
A

AnonymousUser

Guest
Pour ce thème, j'ai choisi "Antigone" de Jean Anouilh. (adapation de Sophocle)

Je vous mets ici l'extrait qui m'a servi de 'tremplin' :

Ismène :

"Ecoute, j'ai bien réfléchi toute la nuit. Je suis l'aînée, je réfléchis plus que toi. Toi, c'est ce qui te passe par la tête tout de suite, et tant pis si c'est une bêtise. Moi, je suis plus pondérée, je réfléchis."

Antigone :

Il y a des fois où il ne faut pas trop réfléchir.


Dans la peau d'Antigone :



" Parfois, il faut se contenter d'agir, pour réfléchir ensuite, s'il reste du temps. Il te faut vivre, avant toute chose. Je n'ai jamais été autre chose que cette gamine mal coiffée, habillée de ce qui me tombait sous la main, quand toi tu t'enrubannais de fleurs de pacotille, quand tu te poudrais et te coiffais pendant des heures. Et ça te va à ravir, Ismène, tu es lumineuse, non, tu es la lumière, mon point d'orgue, une lueur rassurante dans le noir. Mais tout toi est travaillé, de tes tenues à tes amours. Je ne peux pas, moi. Je ne peux pas me poser et attendre que la vie se passe sans moi. Le soir où Hémon est venu me chercher, je n'étais pas jolie, pas même parée. Je revenais des champs, des brindilles dans les cheveux, la plante de mes pieds noircie par la terre battue. Il a posé les yeux sur moi, après avoir passé la soirée à te faire virvoleter. Il m'a demandé d'être sa femme, dans un sourire, j'ai répondu oui. Une impulsion, une délicieuse folie que je ne regrette pas. J'aurais pu tergiverser, chercher l'erreur que tous ont décelé dans son choix. Me demander pourquoi il a choisi un frêle moineau aux yeux lointains plutôt que se jeter à tes pieds, te suppliant, comme tous les autres. Mais non, j'ai dit oui, oui, oui.

Ne me demande pas de changer ça, je n'y parviendrai pas. Arrondir les angles, sourire, comprendre et accepter, ça n'existe pas dans mon Monde. Tu me parles de comprendre les grands de ce Monde, pourquoi le ferais-je ? Admettre qu'ils ont des choix à faire, des décisions à prendre, je le peux. Mais je n'ai pas leur prétention, pas leurs attentes, pas leur vilain espoir de réussite pour me salir. Je n'ai pas à comprendre, à m'abîmer yeux ou le coeur avec leurs bassesses. Je comprendrai plus tard, et si j'en ai la chance, jamais.

Je sais, tu as peur pour moi. C'est une drôle de choix que je m'apprête à faire là. Je connais tes opinions, mais femme ou pas, je me réserve le droit de mourir comme un homme, dressée, fière, pour une idée. Je ne te demande ni de comprendre, ni de pardonner, mais d'accepter le fait que je ne pourrai plus jamais me regarder dans une glace si je vis de lâcheté."
 
A

AnonymousUser

Guest
Yana : j'ai pris l'option facile... ;)




Assis là, j’ai franchement l’air d’un trouffion.



Franchement. Ne cherchez pas à me rassurer, ne prenez pas l’air sévère pour me conter ce que ma pose possède d’artistique. Foutaises. J’ai l’air d’un vrai blaireau, les burnes à l’air. Mon air inspiré ne rattrape rien, croyez-moi.



Figé.


Glacé l’hiver, le froid mordant, esquintant ce qu’il reste en moi d’humain.


Incandescent l’été, la chaleur m’oppressant, faisant fondre les fientes des pigeons moqueurs, les chewing-gums, oublis volontaires des enfants. Ricanements.


Figé.



Constant, stable, ineffable, je fais office de valeur sûre, d’homme idéal.


Je n’irai jamais nulle part, je n’ai d’autre liberté que celle de penser, madame, vous n’aurez qu’à l’oublier, m’installer dans votre salon, je serai votre roi, le roi des cons. Je resterai, songeur, devant vos envies, vos caprices, vos futilités.



Vous serez libre de croire que certains soirs c’est à vos atours que je rêve.


Je suis condamné à espérer me ternir dans un intérieur meublé sans goût mais sans assauts météorologiques, sans catastrophes naturelles, sans gosses cruels.



Comprenez… Les siècles ont passé, je m’effrite, ne tarderai plus à m’émietter pour de bon.


Je voudrais seulement qu’on m’époussette, qu’on me lustre, retrouver la flamme, la stature qui en imposait tant. Si vous m’emportez, madame, peut-être je vous narrerai l’histoire du jour où l’on me changea en pierre.



Ah, idiot de penseur que je suis.
 
A

AnonymousUser

Guest


Si demain, je me réveillais homme, hôte d’un corps musclé, visiteur d’un visage où s’épanouirait une barbe de trois jours mal disciplinée, je ne me donnerais la peine de rien.

Ni celle de faire l’effort d’être un bon gars, ni celle d’être correct, pas même celle de faire semblant. Etre moi serait bien suffisant, et tant pis, si pas tant mieux, pour ce que je briserais au passage. Cœurs, objets, membres, estimes, après tout… Depuis que le monde est monde, les hommes font la loi et personne ne s’indigne. Ou si peu. Qu’ils grognent, après tout, mes poings serviraient de rappel à l’ordre. Qu’elles montent au créneau, on les tournerait au ridicule, on les appellerait les nouvelles chiennes. On oublierait ce que leur garde a eu d’utile, on ne s’en rappelle plus déjà, on fait comme si, ça arrange le peuple, et moi, je trouverais un avantage aux railleries dont elles feraient l’objet, je me ferais mousser de leur défaite neuve et déjà dépassée.

Je trouverais même des idiotes pour me donner raison, ces femmes qu’on dit fortes et qui clament n’avoir besoin de personne, assurant que le féminisme est mort et qu’il faut en brûler les restes. Elles finissent bien vite sous un joug ou l’autre, mais quelle importance. Elles se croient affranchies, grand bien leur fasse, en un sens, elles me donneront le droit de leur chier sur le coin de la tronche. Pourquoi s’en plaindre, à quoi bon s’en étonner ? Tout tourne de travers, ça ne pourra que me plaire. Je serais du né du bon coté.

Ca sera tout pour ma gueule, pour une fois. Rien ne m’arrêtera, pas même un mal aux seins en fin de mois, ou une douleur lancinante aux ovaires pour me mettre à l’envers. Mes hormones ne prendront plus en otage mes émotions, le seul risque restera celui d’une testostérone débordant dans la face d’un emmerdeur, plus celui des larmes intempestives, des colères légères qu’un souffle repousse, et de ces détails qui font perdre tout crédit aux femmes. J’aurai le monde à mes pieds, et je lui cracherai dessus.

Quant aux femmes, et bien les femmes… J’en ferai ce que je veux.
Je débaucherais les précieuses, composerais le code secret, un je t’aime, elles ouvrent les cuisses, un projet, il n’y a même plus à être pressant, elles t’attendent à demi-nue dans le salon.
Je tremperais aussi dans les faciles qui n’ont que faire de rien, ça m’amuserait moins, mais ça aurait le mérite de me vider les couilles. Un bon compromis entre fatigue et solitude, et l’indéniable petit plus : elles ne rêvent jamais de rester jusqu’à l’aube. L’affaire bouclée, elles se tirent vite fait, on n’a pas à penser au taxi et ce sont même elles qui amènent les capotes. La nouvelle vague des féministes 2.0 plus transparentes que jamais. Je ne referais pas le monde, j’en profiterais tel qu’il est. Tout pour ma gueule, j’ai dit.
Je garderais le meilleur pour la fin et profiterais sans vergogne de celles qui se veulent libérées la nuit mais n’assument pas au petit matin, c’est d’elles que je me régalerais le plus. On les retourne dans toutes les positions, elles te sucent avant de te donner leur prénom, elles te présentent leur cul, elles ne disent non à rien et oui aux choses que tu n’oserais pas proposer à une actrice de x, ou à une pute, mais le plus drôle, ça reste le matin, quand elles te préparent le café et te somment de ne rien révéler de leur coté sulfureux, parce que tu vois, là où je bosse, ils ne comprendraient pas. J’en aurais rien à foutre de leurs problèmes, j’assumerais mieux que bien, et je raconterais tout aux potes, et les potes, ben… Ils en feraient ce qu’ils veulent de mes frasques, hein.

Je raconte ça aux copines et elles me trouvent cruelles. Je leur en parle des étoiles dans les mirettes et ça les choque. La version de moi en mec leur fait horreur, et pourtant, leurs mecs, ex’s et pères ne sont pas loin de cette image. A croire que mes lèvres leur paraissent trop délicates pour être le berceau de tels plaisirs,et que mon visage doux ne peut réellement esquisser de tels projets sans qu’on me rappelle ma condition de mignonne petite chose. Soit telle et tais-toi.

Pourtant, je vous assure, le matin où je me réveille homme, je me lève, me trouve un coin pour pisser la queue à l’air, et haut les cœurs.
 
A

AnonymousUser

Guest

Je ne prononce plus ton prénom tout haut depuis des années, si rarement nous sommes amenés à nous croiser, je me cache de toi, serre plus fort la main qui me tient, m?accroche misérablement aux yeux d?un interlocuteur ou l?autre, manque un battement et prie autant pour que tu me voies autant que pour que tu ne me voies pas.
La sensation est violente, douloureuse. Mes jambes font mine de flageoler avant de se souvenir qu?elles n?ont plus besoin de toi pour avancer.
En un éclair, tout me revient.
Les regards brûlants et ceux qui glacent.
L?absence de demi-mesure, le manque de nuances, le tout-au-rien dont tu manies si bien les codes.
L?angoisse de n?être pas assez, et celle que tu sois (de) trop est toujours aussi oppressante.
Je me sens enfant quand tu m?approches, c?est aussi déstabilisant que merveilleux, c?est un secret de rien qui semble pourtant vicieux aux yeux des autres.
Quand on clôt une histoire, il y a l?obligation en plus des preuves matérielles, de faire disparaître jusqu?à la dernière trace d?émotion. Pour cela et d?autres choses encore, je hais te rencontrer si je ne suis pas seule. Accompagnée, je sais qu?on s?interrogera sur mes joues rougies, mon regard ailleurs et ma voix moins assurée. Seule, je conserve intact le souvenir de l?instant un peu plus longtemps.
Entourée, je ressens l?obligation d?une justification, et celle étrange d?avoir à culpabiliser pour une rêverie.

Je ne parle de toi à personne -sauf pour dire, salir, trahir, te réduisant à une insulte, une bassesse- et même si je le souhaitais, personne ne serait à même de m?entendre. On m?écoute, parfois, on me lit, mais on ne m?entend pas.

Mes mots sur le papier, mes phrases derrière un clavier, mes tours et détours touchent la corde sensible, on s?y reconnaît, on s?y pleure, on s?y sourit, on s?y rappelle et déjà ils ne nous appartiennent plus. Ce que j?écris de toi sert à panser les blessures d?autres que moi, ne me permettant pas de rouvrir les miennes.

Je ne te raconte plus tout haut, j?ai cessé d?un coup l?instant où j?ai compris que d?autres pensent savoir mieux que moi où ranger nos manquements, ce qui m?a éveillée à la vie, mes souvenirs et la déchirure invisible.
Si je nous déguise, on m?accorde tout crédit. Nous ne paraissons vrais que lorsque je nous fausse.
Sitôt j?avoue notre adolescence, sitôt nous disparaissons.
C?est blanc ou noir, l?amour sensé n?avoir pas d?âge ne se vit qu?entre vingt et cinquante ans.
L?amour à la sortie de l?enfance, l?amour à peine sensuel, n?a pas voix au chapitre. Nous raconter, c?est nous annuler.

C?est douloureux, parfois. Pas tant de savoir qu?ils ne comprennent pas, tu sais, t?avoir comme petit secret honteux, comme souvenir auquel je suis la seule à croire encore a son charme, me savoir l?unique à trembler devant cette fiole presque vide de parfum volé dans une petite boutique pour m?impressionner est assez délicieux, ce qui est difficile c?est d?avoir à t?écrire en secret, toi qui m?a donné le goût d?écrire en m?empruntant celui de vivre. C?est par toi que j?ai commencé, tu es devenu un sujet intarissable, une facilité, un rêve éveillé, un cauchemar finalement oublié.

Avoir eu quinze ans et avoir aimé plus intensément que beaucoup de femmes de trente ans n?existe pas.
Tu n?as droit à aucune place, ni celle du premier amour ?pour cela, il aurait fallu que tu me fasses l?amour-, ni celle de l?amour d?enfance ?je n?aurais pas souffert, sinon-, encore moins celle d?histoire passionnelle ? le plaisir charnel, toujours-, nous n?étions qu?un mirage.
Ne proteste pas, ils savent, nous avions quatorze et quinze ans, nous n?obtiendrons jamais gain de cause contre cet argument, ce sont eux qui détiennent les secrets de notre aventure.

Que tout cela soit faux, que tu aies été celui qui m?a ouvert les yeux, littéralement, que sept ans plus tard je ne souhaite plus te compter dans ma vie, tout en t?estimant tellement, que chacun de tes regards sur moi soit un souvenir doux-amer, que j?ai grandi grâce à toi, que tu m?aies offert la clé de l?écriture, et permis de m?observer dans des yeux amoureux ne les intéresse pas, que tu aies été le premier pas vers la connaissance de soi, que tu aies porté le premier coup ne les intéresse pas.
Que nous ayons vécu n?a aucun poids.

Nous avions quatorze et quinze ans,
Nous ne nous aimions donc pas.
C?est aussi simple que cela.

 
A

AnonymousUser

Guest
L?escapade.


Petite, j?avais un rêve très simple : me retrouver enfermée toute une nuit dans un lieu communément accessible le jour, mais clôt la nuit. Enfant, je jetais mon dévolu sur les magasins de jouets, mais curieusement, pas sur les magasins de bonbons. Plus tard, ce sont les bibliothèques et grandes surfaces qui m?ont le plus attirée. Avant d?envisager me retrouver bloquée dans un H&M sur 5 étages, la lubie m?était passée. Fort heureusement.

Ce que je n?avais absolument pas prévu lors de ma petite escapade, c?est que l?une de mes amies réussirait à me convaincre de revenir à ces rêveries passées. Elle trouvait ça? rigolo. Et ça m?a suffi. Nous avons attendu l?heure de fermeture du magasin, mi-amusées mi-inquiètes, les gardes allaient forcément nous remarquer, cet énorme centre commercial n?en manquant pas. Nous nous étions dissimulées, comme des gosses qui jouent à cache-cache. Les toilettes sentaient trop mauvais et on ne se sentait pas d?avoir à justifier un délit par un autre si on venait à se faire prendre, alors, on s?est cachées, le plus discrètement possible, dans une grande armoire. Il aurait sans doute été plus malin d?attendre dix neuf heures pour nous y calfeutrer, mais le risque de nous faire prendre l?emportait sur notre besoin de confort. Trois heures ont passé, nous avions mal partout, envie de pisser et besoin de bouger nos muscles endoloris. Lorsque que nous avons été certaines de la fermeture du magasin, nous nous sommes extirpées de notre cachot. Il faisait sombre, tout paraissait démesurément grand et il planait une étrange inquiétude. Tremblantes de frousse, croiser nos regards respectifs nous a rappelé le ridicule de la situation. Il n?y avait aucune raison qu?un zombie assoiffé de chair humaine ne débarque soudainement, qu?un fou furieux ne se pointe un crochet de boucherie ou une tronçonneuse à la main, qu?un loup garou ne nous dévore. Le seul risque réel que nous faisions exprès de reléguer au fond de notre esprit était celui de se faire repérer par la sécurité. Dans notre empressement à faire des conneries, nous avions omis ce petit détail. Ni l?une ni l?autre n?avions la moindre idée des conséquences si jamais?

Il était 21h30 et nous avions une longue nuit devant nous. Et un programme chargé ! A commencer par la nourriture. Ou les fringues. Ou les livres. Les maroquiniers. Les chaussures. J?en avais le tournis. Premier arrêt, une célèbre enseigne, productrice de macarons bons à se damner. Nous avons préparé le plus merveilleux des paniers à Pic Nic, nous jurant de ne pas l?oublier en sortant. Et en emmenant l?un ou l?autre dans nos poches, aussi.
Comprenez-nous? Nous n?étions absolument pas là pour faire le coup du siècle. Nous rêvions seulement d?une orgie de sucreries, d?une ou deux jolies paires de chaussures, de l?un ou l?autre sac et d?une bonne bouteille. Rien de si terrible?

Sauf qu?il est terriblement difficile de s?arrêter une fois lancées. Moi qui voulait me limiter à une robe un peu plus seyante, une peu plus chère, un peu plus tape à l??il, je me retrouvais sans pouvoir me l?expliquer avec 4 modèles différents sur le dos. Et sept ensembles de lingeries par en dessous. Deux shorts et trois jupes pour me couvrir les jambes. Le plus curieux était sans doute de pouvoir encore marcher après ça. Ma copine ne se privait pas moins, et je lui chipais son idée : dérober un magnifique sac over-size et le remplir d?une multitude de plus petits, sur le modèle des matriochka. Et comme ils sentaient le cuir? Je ne pouvais plus résister.
Nous nous sommes laissées aller à ce shopping inédit jusqu?à minuit, avant de nous faire une descente au coin des vins et des spécialités du terroir. Ca a été?mirifique, sublime, tant pour le palais que pour les sens. Le vin aussi était merveilleux. Surtout pour nous qui n?avons jamais tenu l?alcool.

Je n?ai aucune idée de la façon dont les choses ont bien pu s?enchaîner, parce que passé le doux goût du foie gras me caressant la langue, je ne me rappelle plus de rien. La seule chose que je sais, c?est que ce sont les premiers gardes du matin qui nous ont découvertes. En même temps que les premières centaines de clients du centre commercial. Nous étions à demi-nues, étalées à même le sol, des vestiges de la nuit passée entre les mains. Les clients ont ri. Nous, moins. Les gardes, pas du tout.

Ils posent tant de questions, je me sens assaillie.
Il parait qu?il y a déjà une photo de nos fesses dans le journal.
Et que nous risquons un petit séjour en prison.

Au risque de paraître superficielle, devinez ce qui m?inquiète le plus ?
 
  • Big up !
Réactions : marigri

Les Immanquables du forum

Participe au magazine !
Une info qu'on devrait traiter sur madmoiZelle ?
 
Nouvelle ou perdue ?
Pas de panique, on t'aime déjà !

La charte de respect du forum
Le guide technique &
le guide culturel du forum
Viens te présenter !
Un problème technique ?
Topic d'entraide sur l'orthographe et la grammaire
 
La chefferie vous informe
Les annonces de l'équipe concernant le forum et madmoiZelle
Rendre visite à madmoiZelle
Le médiateur du forum
Soutiens madmoiZelle financièrement
Topic dédié à la pub sur mad
Si vous aimez madmoiZelle, désactivez AdBlock !

Les immanquables
Les topics de blabla
En ce moment... !

Mode - Beauté - Ciné - Musique - Séries - Littérature - Jeux Vidéo - Etudes - Ecriture - Cuisine - People - Télévision

Envie de rencontrer des MadZ ?
Viens trouver le forum de ta ville !

Mode
Le pire de la mode
Ces vêtements qui te font envie
Ta tenue du jour
La tenue qui plaît
Tes derniers achats de fringues

Beauté
Astuces,bons plans économies & dupes
Le topic des vernis
Questions beauté en tout genre
 
Culture
Le meilleur des images du net
L'aide aux devoirs
Tu écoutes quoi ?
Quelle est ta série du moment ?
Quel livre lisez-vous en ce moment ?
Le dernier film que vous avez vu à la maison
Le topic philosophique
 
Société
Topic des gens qui cherchent du travail
Voyager seule : conseils et témoignages
Trucs nuls de la vie d'adulte : CAF, Banque, Mutuelle, Logement etc...
 
Les topics universels
Je ne supporte pas
Je ne comprends pas
Ca me perturbe
Je me demande
J'adore...
Je m'en veux de penser ça mais...

Cupidon
Le topic des amoureuses
Le topic des polyamoureuses
Les Célibattantes