Les textes de Polisson

Sujet dans 'Forum Ecriture' lancé par Polisson, le 3 novembre 2010.

  1. Polisson

    Polisson
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    Moins Grace que Kelly

    Martin ne savait plus où donner de la tête : il y en avait partout ! Peu importe par où il commencerait, il en aurait pour des heures à tout nettoyer. Et puis, c'est pas comme si ça en avait valu la peine puisque rien ne s'était passé comme prévu.

    Le sol était jonché de vêtements. De lampes brisées. De bouteilles. Les murs. Oh non les murs. Mais que c'était-il passé ? Où avait-il la tête ? La typique peinture blanche de l'hôtel n'était plus si blanche; surtout que cette salope y avait laissé sa trace. En lignes rouges et dégoulinantes, elle avait marqué sa présence. Elle l'empêchait de tirer un trait sur ses yeux charbonneux, sur son odeur obsédante, sur tout le reste. Elle le rendait fou.

    Elle avait dessiné à la bombe des lèvres aussi rouges que charnues, aussi vulgaires que pulpeuses. Et le pauvre Martin ne pu s'empêcher de s'en approcher. Il laissa sa main parcourir le contour de ses lèvres. Il ferma les yeux pour mieux sentir. Il sentait presque la palpitation. Elle était là. Sous sa paume. Si près de lui. Non. Non. Relève toi Martin.

    Il se lève. Mais ne voit pas le corps pulpeux étendu sur la terrasse. Pauvre Martin.
     
  2. Polisson

    Polisson
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    Moins Grace que Kelly

    'Oups'



    'Oups', y avait marqué sur le papier. Juste ‘Oups’. Un tout petit mot. Mesquin. Pointu. Un tout petit ‘Oups’ qui me déchira le cœur. Un petit mot à l'encre. Bleue. Tu sais Maman, celle pour les stylos plumes. Un tout petit bout de papier, comparé à l'enveloppe. Et avec du gros scotch marron, elles y avaient collé une longue mèche châtain. Une des miennes, Maman. Elles m'ont coupé les cheveux. Tous les cheveux. Elles disaient que ça se passerait bien, que je devais leur faire confiance. Et quand je me suis réveillée, elles étaient parties. Je me suis levée. Et j'ai crié. Pourquoi je suis si seule Maman ? Pourquoi j'y arrive pas ? Pourquoi je ne pleure plus ? Pourquoi ? Je t'en supplie, répond moi. Juste une fois, Maman. Dis-moi quelque chose. Je t'en prie. Juste une fois, Maman. Tu m'as laissée. Tu es partie. C'est de ta faute. Et moi ?
    Et moi ...
    Qui souffre le plus entre nous deux ?
    Qui se bat avec la vie entre nous deux ?

    Qui tente de se relever entre nous deux ?
    J'essaie chaque jour de te pardonner. De te comprendre. Mais tu m’as fait mal.
    Si mal …
    Excuse moi Maman. Excuse moi.
     
  3. Polisson

    Polisson
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    Moins Grace que Kelly

    Expliquez l'image:



    Ok. Je suis d'avis que vous rentriez vos enfants. Que vous descendiez à la cave. Avec un max de vivres. parce que ce que vous voyez là, c'est une armée.

    Ouais, une armée. Une armée de kamikazes japonais remplis de Coca prêt à avaler leurs menthos et faire exploser le monde. Les novices chuchotent. S’échangent des œillades inquiètes. La femme en blanc sort une blagounette, histoire de détendre l’atmosphère. Mais ils savent tous que la vie c’est fini pour eux et qu’ils vont se faire péter le kiwi dans la foule de Tokyo. Sayônara les gars.
     
  4. Polisson

    Polisson
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    Moins Grace que Kelly

    Les pieds nus. Pleins de poussière. Je cours. Les cheveux dans les yeux. Les rayons du soleil, filtrés par la couverture de feuilles qui recouvre l'allée interminable dans laquelle je m'enfonce. Ça et là, le bitume brûlant sous mes pieds trahit la saison. Je m'arrête, essoufflée. Je lance ma tête en arrière et respire ... Je sais qu'il me cherche.
    Je voudrais étirer cet instant et jouer éternellement à ce jeu. Comme des enfants. Il pourrait surgir de chaque ombre et me surprendre. Il est si joueur. Il ne m'aura pas ... Je reprends ma course. Je suis les craquelures du goudron. Un petit pont, à droite. J'y lance un regard et aperçois un flot frais qui coule tranquillement. Je voudrais m'arrêter et plonger dans la rivière. Prendre une douche froide. Mais je cours toujours.
    Une goutte naît de ma nuque, creuse un sillon entre mes omoplates et glisse dans le creux de mon dos, épousant la cambrure. Je frissonne. Je sens sa présence. Il est là. Caché. Comme un prédateur. Je me retourne et scrute la forêt. Je souris. Et cours de plus belle. Encore et encore, sans me retourner. Je parierai que son ombre féline me suit. Mais je cours. Des épines tentent de m'arrêter, mais je ne sens pas la douleur. Mes pieds m'élancent, mais je ne les écoute pas. Je dois courir.
    Je ralentis et reprends mon souffle. Soudain, son ombre m'attrape et me soulève, cueillant au passage un des mes sursauts qui le font tant sourire. Je passe la main dans ses cheveux, et l'enlace. Je l'embrasse du bout des lèvres, cherche sa nuque et m'y repose. Ça sent les marchés du Sud. La douceur des pêches, le sable brûlant, les mirages sur les longues routes ... Il me chuchote à l'oreille qu'il a gagné. Je ne sais pas où il m'emmène et je n'en ai que faire. Nous sommes là, à ne pas savoir où nous sommes. Nous sommes, c'est tout ce qui compte.
     
  5. Polisson

    Polisson
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    Moins Grace que Kelly

    C'est comme d'habitude. Cette fois c'est la vendeuse sur-maquilée de chez Carrefour qui me reveille. Depuis combien de temps étais-je là ? Depuis combien de temps me trouvais-je en face de cette grosse femme aux doigts bouffis me tendait-elle son pain moite tartiné de terrine degueulasse ? Je n'allais pas lui demander, elle me regardait dejà avec inquiétude. Je pris son crouton pour qu'elle me lache et tournai les talons. Je traversai les rayons et me dirigeai vers les caisses, les yeux mis clos, éblouie par les néons. Je m'arrete. Ca y est. Je sais. Je respire.
    J'hume l'odeur ambiante. Sucré. Caramel ?

    Elle court à travers les rubans et les ballons. Non, pas de rubans en fait. Les néons colorés s'allument tour à tour
    à vous en donner le tournis. Les rires brisent les mélodies des manèges, voitures et chevaux montent et descendent, elle ne sait plus où elle est. Elle tourne sur elle même, elle ferme les yeux. Cette odeur. Les grappins, les tirs à la carabine, les pêches à la ligne. Les stands de pop corn, de pralines et de barbe à papa. Elle s'assoit par terre. Sa robe est sale, elle s'en fout. Elle regarde le ciel pourpre des soirs d'été. Elle est là, au milieu des passants,des enfants capricieux, des landeaux qui grincent et de la poussière qui l'enveloppe. Elle s'allonge.

    Elle ne se souvient que de la minute d'apres, celle où sa mere la gifla parce que sa robe était sale, et qu'elle avait disparu sans prevenir, et qu'elle ne repondait pas. Elle aimerait bien se souvenir de ces secondes. Elle aimerait bien mais elle n'y parvient pas. Dès qu'elle approche d'un souffle ce souvenir, tout se floute. Tout fuit. Alors, elle s'arrete et reflechis, se concentre et fouille. Plus profond encore. Alors, elle se fiche de passer pour une tarée, de gener ou d'etre impolie, elle s'arrete et retourne loin, là où personne n'ira jamais plus, là où elle seule va, là où elle seule vit.
     
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