Les vingtenaires ont-ils envie de devenir « grands » ?

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Justine_, le 5 janvier 2015.

  1. Justine_

    Justine_
    Expand Collapse
    En hibernation
    Membre de l'équipe

    -Lully- a BigUpé ce message
  2. Croquelicot

    Croquelicot
    Expand Collapse
    It's a TRAP² !

    L'étude est intéressante mais ça me chiffonne pas mal la généralisation qu'il fait "des 18/30 ans". Ok je m'y reconnais, et le lectorat de Madmoizelle pourra aussi en grande partie sans doute, mais la vision est juste seulement pour une partie de cette tranche d'âge : métropolitaine, bac+5, sans enfants. Mes amis d'enfance qui sont restés dans une petite ville de province et n'ont pas faits d'études ont pour beaucoup le même concubin depuis la vingtaine, ont un job stable, même si peu rémunéré (et ça a rapport avec le poste et non l'âge), et -au moins- un enfant.
    Je ne sais pas quelle conclusion en tirer, si ce n'est que le milieu social (ou plutôt le niveau d'étude maintenant) déterminent quand même pas mal cette "instabilité" et qu'elle n'est pas intrinsèque à une époque ou à un âge.
    Pour moi c'est une vision un peu "ethno-classo-centrée" :)
     
    #2 Croquelicot, 5 janvier 2015
    Dernière édition: 5 janvier 2015
    Gia_Juliet, ElbyBrandybuck, Astrobulle et 17 autres ont BigUpé ce message.
  3. Missapple

    Missapple
    Expand Collapse

    Personnellement, cet article a bien reflété mes peurs.
    La vingtaine, lancée dans des études, déjà le poids des responsabilités, mais ayant l'impression que pleins de choses sont possibles (nan j'ai pas oublié mon souhait de faire le tour du monde, oui je veux encore aller voir mes artistes préférés en concert et faire la fête).
    Pourtant il y a cette pression sociale qui te dit 'termine d'abord tes études' 'gagne de l'argent, économise pour ton enfant'.
    Moi j'ai l'impression qu'une nouvelle période existe bien, mais qu'on nous demande plutôt d'enterrer notre enfance et de nous lancer dans la vie adulte. Sauf que cette phase de l'adulte n'a jamais été aussi incertaine : combien seront les personnes de notre génération à rester toute leur vie unit à la même personne, travailler pour la même entreprise ? etc.

    Cette 'nouvelle' phase, je la vis un peu comme une phase de l'angoisse en fait :erf:


    Et puis finalement @Chatondelfuego a peut-être bien raison, est ce vraiment une nouvelle phase ou bien une nouvelle manière d'être adulte ? Notre génération est plutôt celle qui veut concilier rêves et bien-être personnel avec vie de famille et réussite professionnelle nan ?
     
    sweetonic, Jidia Seddicia, Geny et 1 autre membre ont BigUpé ce message.
  4. liuw

    liuw
    Expand Collapse

    @Chatondelfuego : merci d'avoir mis en mots exactement ce que je pensais !

    Au lieu de parler de "nouvel âge", est-ce qu'on pourrait pas plutôt s'appuyer sur les changements dans la société ? C'est plus simple de dire encore une fois que c'est nous qui sommes différents, plutôt que la société qui nous entoure...

    C'est comme quand ils disent que la génération Y n'est pas fidèle aux employeurs... On voudrait bien être fidèles, hein, mais encore faudrait-il que les employeurs aient envie de nous garder et donc essaient de nous donner envie de rester (et puis, on parle quand même d'une génération qui a vu les débuts du chômage...).
     
    Charlie-Culotte, Ghost wind, Yoow et 1 autre membre ont BigUpé ce message.
  5. Yoow

    Yoow
    Expand Collapse
    Un bel dì vedremo

    Assez d'accord avec ce qui a été dit précédemment, notamment avec @liuw"est-ce qu'on pourrait pas plutôt s'appuyer sur les changements dans la société ?"

    Parce que là, l'article tourne un peu en rond, on dirait un billet sur un blog d'un-e jeune vingtenaire métropolitain, il n'apprend rien de spécial, on s'y reconnaît (ou pas) et c'est tout.
     
  6. Aamu.

    Aamu.
    Expand Collapse
    L'Âme d'un dragon

    C'est quoi, être adulte, déjà ?
     
    TiaDalma, Geny, Poupoup et 1 autre membre ont BigUpé ce message.
  7. Biscottine

    Biscottine
    Expand Collapse
    ET HOP !

    Mouais, c'est vrai que c'est dur de faire comprendre que notre génération n'a pas les mêmes conditions que les précédentes... Déjà c'est très dur pour un-e jeune de sortir des études et de trouver un emploi stable, à 21 ans on est jugé comme "immature" car l'âge médian en France est de 38 ans pour les hommes et 41 ans pour les femmes, on est forcément des bébés lorsque l'on veut rentrer dans une boîte à un poste à compétences !
    Pour ma part je trouve que 18 ans c'est beaucoup trop jeune dans notre contexte pour être majeur, surtout en ce qui concerne la politique... On affiche des taux d'abstention colossaux, c'est bien que les moins de 25 ans ne sentent absolument pas concernés par la politique : déjà parce que bien souvent on est très mobile de part nos études, ensuite parce que les politiques sont très en décalage avec notre génération...
    J'avoue qu'à 18 ans on m'a laissé avoir pas mal d'argent, un véritable gâchis car tout est parti en fumé ! Maintenant bien que je ne suis que 3 ans plus âgée je me rend compte à quel point je n'avais aucun sens des responsabilités et que si j'avais eu cet argent là maintenant, j'en aurais fait tout à fait autre chose.
    Je pense que "l'adulte" tel qu'il est pour la société va disparaître, j'en parlais avec ma grand-mère tout à l'heure : le monde a énormément changé, surtout pour les femmes ! Elle, elle a été marié à 16 ans et a eu son premier bébé à 17 ans, mais elle s'en rend bien compte que le monde ne fonctionne plus comme ça, que la vie nous offre beaucoup plus de possibilité, avant il était quasiment impensable qu'un "adulte" reprennent des études, maintenant cette pratique n'étonne presque plus personne, tout comme les divorces. Les CDI sont bien loin d'être monnaie courante, est tendent à disparaître au profit d'autres formes de contrat, ce qui n'est pas tellement une horrible perte pour nous puisque nous sommes beaucoup à ne pas choisir la stabilité professionnelle comme simple critère.
    Alors peut être qu'après notre passage nos hypothétiques enfants en auront fini avec ces rites et jalons de l'âge adulte -> étude, travail, mariage, maison, bébé(s). Je pense qu'effectivement la société occidental est à un tournant, on approche vers la fin d'une époque avec notre génération où les rites vont à terme disparaître.
     
    Gia_Juliet, Charlie-Culotte et (utilisateur supprimé) ont BigUpé ce message.
  8. Justine_

    Justine_
    Expand Collapse
    En hibernation
    Membre de l'équipe

    Hello !
    En fait, c'est justement cette question-là qui fait l'intérêt de sa théorie (enfin, qui m'a intéressé moi, en tout cas) : Jeffrey Arnett est allé à la rencontre de vingtenaires dans plusieurs pays, en prenant des jeunes de tous les milieux sociaux... Il a interrogé des jeunes venant de la classe ouvrière, de milieux aisés, des étudiants, d'autres sans diplômes, des jeunes qui s'assument financièrement, d'autres non... Il s'est aperçu qu'en fin de compte, une grande partie de tout ce petit monde avait un point commun : le fait de ne pas se sentir adulte.
    Il explique qu'avant, ce qui marquait l'âge adulte, c'était le job, le diplôme, le couple, l'enfant - mais aujourd'hui, les choses sont plus floues. Être en couple, avoir un enfant, ça ne pousse pas forcément à se sentir adulte.

    Pour essayer de rapporter un peu mieux les propos d'Arnett, je cite une partie de l'article du courrier international :
    "Cela dit, Arnett insiste sur le fait que les adultes émergents ne sont pas uniquement des jeunes privilégiés et qu’il ne s’agit pas simplement pour eux de vivre une période d’insouciance hédoniste. Dans son ouvrage Emerging Adulthood, il a jugé utile de décrire les cas des jeunes de milieux défavorisés qui exploitent la focalisation sur soi et l’exploration identitaire inhérentes à cet âge pour transformer leurs vies. Parmi eux, on trouve le cas de Nicole, jeune femme noire de 25 ans qui a grandi dans une cité HLM d’Oakland, en Californie. A 6 ans, en tant qu’aînée de la famille, elle a été contrainte de s’occuper de la maison, en raison de la maladie mentale de sa mère. A 8 ans, elle faisait des ménages et du baby-sitting pour permettre à ses trois frères et sœurs de manger et d’avoir un toit. “Je ramenais quelques dollars pour aider ma mère et ma famille à s’en sortir”, a-t-elle confié à Arnett. Elle a réussi de justesse à obtenir son diplôme de fin d’études secondaires et a décroché un emploi de réceptionniste dans une clinique. Elle a alors emménagé dans son propre appartement, a suivi des cours du soir et a commencé à se surpasser. Dans son livre, Arnett présente Nicole comme le symbole de tous ces jeunes issus de milieux défavorisés pour qui “l’émergence de l’âge adulte est l’occasion – peut-être la dernière – de donner une nouvelle direction à leur vie”."
     
    Charlie-Culotte, Geny et madmonkey ont BigUpé ce message.
  9. Doubitchou

    Doubitchou
    Expand Collapse
    Guest

    Je suis plutôt d'accord avec le fait qu'il s'agit d'une nouvelle façon d'être adulte...

    Je pense que nous sommes aussi une génération globalement plus curieuse (les nouveaux médias n'y sont pas pour rien), et avons grandit dans un climat social différent de celui de nos parents qui nous a peut-être incité à plus d'adaptabilité... Alors pourquoi ne pas exploiter cette adaptabilité en multipliant les expériences!

    Je pense qu'il y a un peu de ça... Notre génération veut se réaliser, et ce en multipliant les expériences, dans tous les domaines... Et cela ne s'arrête pas une fois le bébé en route, le CDI obtenu, ou l'appartement acheté!

    C'est un peu basique mais c'est mon ressenti personnel!
     
    Shann a BigUpé ce message
  10. Lalwendë Ratatas

    Lalwendë Ratatas
    Expand Collapse
    Grosse frite mollassonne droguée au dulce de leche et jambon beurre

    Perso j'aime beaucoup cette nouvelle ère dans laquelle on peut très bien ne jamais devenir "adulte" au sens où tout le monde se l'imagine/imaginait.

    Mais rester gamin ne veut pas dire qu'on ne prend pas ses responsabilités. Mes amies et moi on a 25 ans, on paye nos impôts, on se démerde avec notre paperasse de m..., on essaye de manger 5 fruits et légumes par jour mais au final, on regarde BEAUCOUP de dessins-animés, on rigole comme des idiotes et on continue de parler des adultes comme si on avait 14 ans.
    Rien que ce midi, je parlais des repas du 31 avec une collègue qui vient de fêter ses 30 ans et qui me disait que "son repas avait été sympa parce qu'il y avait un bon mix de jeunes (30-35 ans) et d'ADULTES (ses parents. et oui, elle a utilisé le mot adultes pour les désigner). Donc ça montre bien qu'on est pas mal à avoir ce sentiment de ne jamais mûrir/grandir/vieillir.

    Bref, vive les adulescents!

    If we can't stay young, at least we can steay immature :rainbow:
     
    TiaDalma, Balakazam, Charlie-Culotte et 3 autres ont BigUpé ce message.
  11. Spèce-d'Hippie

    Spèce-d'Hippie
    Expand Collapse
    Petit format

    Article très intéressant, ça me parle beaucoup ! :)
     
  12. Gargouillette

    Gargouillette
    Expand Collapse
    Je fais confiance.

    En fait, du moment qu'on est respectueux envers les autres et qu'on ne fait du mal à personne, quel est le problème à garder une âme d'enfants ? Au moins ainsi on ne joue pas trop un rôle qui finalement fait plus de mal que de bien !
     
    Geny et JessyCat ont BigUpé.
Chargement...