Les violences envers les enfants, une effrayante banalité dénoncée par l'UNICEF

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Clemence Bodoc, le 5 septembre 2014.

  1. Clemence Bodoc

    Clemence Bodoc
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    Membre de l'équipe

  2. MarieHenriette

    MarieHenriette
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    je trouve cela horrible de frapper un enfant pour quelques raison que se soit mais quand j'en parle aux gens autour de moi certain trouve cette idée stupide et parle d'une "mode". Car oui il existe d'autre manière d'éduquer son fils sa fille comme le lui expliquer, la punir de manière NON-violente mais en lui fesant comprendre qu'il/elle n'aure pas ce qu'il/elle veut si elle ne fait pas sa part,... Oui c'est moins rapide et "facile" qu'une claque mais c'est votre enfant.Il en vaut la peine.<3
     
  3. Kyubey

    Kyubey
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    Féminazgûl Not by the hand of a man will she fall

  4. Manon131

    Manon131
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    Ce qui est choquant je trouve c'est aussi que ces violences se retrouvent à la fac. L'année dernière Bordeaux III a dû porter plainte à deux reprises contre des actes organisés de fascisme et d'homophobie. Cette année a même été mis en place un numéro d'urgence propre à la fac ainsi qu'une adresse mail pour ce genre de chose, c'est bien mais triste tout de même :erf:
     
  5. Janis Harvey

    Janis Harvey
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    Mélange instable

    Merci @Marie.Charlotte pour cet article. J'en profite pour poser quelques unes de mes interrogations et malaises.
    Voilà, depuis maintenant quelques temps on voit pas mal d'articles de féministes ou de presse généraliste, d'émissions (je pense à CamClash) qui interrogent sur notre comportement lorsque nous sommes témoins de violences commises sur des femmes dans des lieux publics, dans la rue etc. Que faisons nous ? intervenons-nous ? etc. Je trouve ces questions nécessaires : qu'en est-il de la responsabilité collective ( et individuelle) face aux violences dont nous sommes témoins et j'aimerais étendre ce questionnement aux violences commises sur les enfants dans l'espace public. Toute forme de violence me révolte : coups, claques, insultes, haussement de ton... Et si aujourd'hui on prend peu à peu conscience des stratégies possibles pour intervenir (auto-défense féministe etc.) lorsque nous voyons des femmes en être les victimes, ce genre de prise de conscience n'a (pour moi, de ce que j'en lis et vois) pas lieu concernant les enfants. Quand, au supermarché, je vois un parent crier sur "son" (je mets le possessif en exergue car je pense que personne n'appartient à qui que ce soit et que c'est bien ici de possession et de prise de pouvoir qu'il s'agit) enfant parce que, soit disant, ille "fait un caprice", lorsqu'un parent met une claque à "son" enfant parce qu'ille ne veut pas s'asseoir dans le tram par exemple, j'ai envie d'intervenir. Cela me révolte, m'insupporte, me rend malade de voir que l'on traite ainsi un enfant. Pourtant, je n'ai jamais vu qui que ce soit réagir dans ces moments-là, moi non plus et j'en ai profondément honte. Je ne sais pas quoi faire. Pourtant je réagis quand un-e adulte subi-e ce traitement là. Pourquoi cette réticence à réagir quand il s'agit d'un-e enfant avec son parent ? Je considère personnellement les enfants comme des personnes à part entière, pas les propriétés de leurs parents, mais des êtres à considérer entièrement et je suis convaincue qu'aucune claque, cri ou quelque violence que ce soit n'est JAMAIS justifiée ni justifiable. Quand bien même le/la parent-e est fatigué-e, exténué-e, à bout. On n'a pas à s'en prendre à un enfant comme on n'a pas à s'en prendre à qui que ce soit (adulte, ado...) sous le seul prétexte d'être à bout de nerfs. (Quand je dis que je suis contre toute violence je n'inclus évidemment pas là l'usage de la violence dans des cas d'auto-défense entre deux adultes ou d'un enfant/ado contre un adulte évidemment qui sont pour moi des violences légitimes.)
    Bref, pourtant, malgré toutes mes idées de non-violente convaincue, je ne sais pas comment réagir, comment m'interposer et que dire quand je vois un enfant se voir infliger une claque par un-e des ses parents ou être insulté ou maltraité psychologiquement ou..etc. Alors voilà, j'aimerais vous demander si vous êtes déjà intervenu-es dans des cas similaires et si oui comment et si non pourquoi ?
     
  6. Pikasiette

    Pikasiette
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    Attention, je mords

    Je sais que c'est légèrement hors sujet mais je me demande.... comment ils savent ces données ? Enfin genre les ados qui ont dit avoir intimidé ces deux derniers mois, ils ont interrogés ces ados où ? D'où viennent les chiffres ?
     
  7. Ildrynn

    Ildrynn
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    Personnellement, je n'ai rien contre la fessée ou les tapes sur les mains du moment que ça reste en dernier recours, c'est le geste qui compte, je sais que c'est l'argument de base mais j'ai aussi reçu des fessées de la part de ma mère. Je me rappelle qu'elles ne m'ont absolument pas fait mal mais que sur le coup, j'étais extrêmement triste de me dire que j'avais été aussi insupportable au point de pousser ma mère à faire ça, ensuite elle venait m'en parler en me disant qu'elle était désolée d'avoir fait ça mais qu'il fallait que je me conduise mieux. Comme le fait de crier sur son enfant quand il a fait une grosse bêtise.

    D'une certaine façon, ça le prépare aussi à "affronter" le monde extérieur qui est loin d'être tendre. Les parents ne sont pas des supers héros, il faut que les enfants le comprennent aussi. Un parent n'est pas toujours souriant, compréhensif et reposé (loin de là), comme les gens peuvent être de mauvaise humeur et parfois, il faut prendre sur soi et être diplomatique en acceptant la faillibilité de nos paires. Et c'est compliqué de le faire comprendre uniquement par la discussion à un jeune enfant tandis que le fait qu'il voit que si le fait d'être irrespectueux et insupportable à toutes les chances de mener à une engueulade ou une fessée... Bien sûr, je ne le préconise absolument pas comme méthode d'éducation mais je ne blâme pas les parents qui sont à bout. Certains enfants sont beaucoup plus têtus et moins ouverts à la discussion que d'autres même au sein d'une même famille (j'ai eu beaucoup moins de fessées que mes soeurs vu que j'étais une enfant beaucoup plus calme et posée)
     
  8. Chalala44

    Chalala44
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    Salut les madz ! :)

    Je viens de lire le post de Janis Harvey et je cherchais une manière d'organiser mes mots pour exprimer ma pensée, mais tu l'as parfaitement fait pour moi lldrynn.
    Je suis très heureuse qu'enfin on parle plus de la violence que subissent les enfants quotidiennement : je travaille dans un Centre Médico-Psychologique et tous les jours, je suis témoin directement ou indirectement de situations insoutenables imposées à des enfants. Violences physiques, et psychologiques, rabaissement, injures... C'est intolérable.
    Et pourtant, quelque chose me chiffonne dans cette campagne contre la violence : je trouve qu'on assimile très vite la violence (celle qui est injustifiée, sadique, dominatrice, qui sert uniquement à l'adulte à se défouler sur un être plus faible, et qui doit être combattue) à la fessée, et pour moi ce n'est pas la même chose. J'ai reçu de très rares fessées étant enfant, et comme lldrynn, elles étaient toujours justifiées. Elles ne restaient jamais sans explication. Elles servaient à m'indiquer que j'étais allée trop loin, lorsque j'étais trop fermée, trop boudeuse pour entendre les explications et les mises en garde de mes parents. Elles ne m'ont jamais fait mal mais m'ont permis d'apprendre à me remettre en question.
    Après, je ne pense pas qu'elles soient l'unique solution. Et très franchement, j'aimerais mieux ne pas avoir à les utiliser avec mes futurs enfants. Mais comme le dit lldrynn, les parents ne sont pas, et ne peuvent pas être parfaits. Et parfois, une petite tape sur la main ou sur les fesses (zone pas franchement douloureuse quand on est pas un parent malade et qu'on ne cherche pas à faire mal, mais à faire réagir) ne va pas traumatiser l'enfant.
    Et oui, quand votre gamin vous fait une crise dans un magasin en hurlant, que vous avez épuisé toutes vos ressources diplomatiques et éducatives, que vous êtes épuisé de votre journée et avez d'autres soucis en tête, je peux comprendre qu'il vous arrive de donner une fessée parce que vous ne savez plus quoi faire. Et je ne culpabiliserais jamais un parent qui en est réduit à cela, car j'imagine la culpabilité qu'il ressentira d'emblée, de lui-même.
    La société actuelle, heureusement, se soucie de plus en plus du bien-être moral et physique des enfants. Il était temps ! Dans mon travail, je suis en première ligne pour recueillir ces bouts de chous malmenés par la vie, et accompagner leurs parents démunis.
    Mais je trouve aussi que cette société fait peser une pression énorme sur les épaules des parents : il faut que leurs enfants aient une éducation parfaite, il faut qu'ils se soucient de leur faire faire des activités extra-scolaires, mais pas trop; qu'ils soient autoritaires, mais pas trop, qu'ils leur laisse de la liberté, mais pas trop, qu'ils leur apprennent à prendre des initiatives, mais resntent vigilants, qu'ils soient fermes, mais non-violents... C'est un idéal avec lequel je suis en accord, vers lequel il faut aller. Mais il faudrait aussi dire aux parents : c'est OK de se tromper. C'est OK de craquer. Vos enfants doivent apprendre que vous n'êtes pas tout-puissant, tout-sachant... Vous pouvez être énervé, contradictoire, paumé : du moment que vous aimez votre enfant, que vous le soutenez, le protégez, que vous lui faites confiance, que vous vous impliquez pour lui, il vous en sera reconnaissant, il vous fera confiance.

    Je trouve qu'il ne faut pas voir en chaque fessée un témoignage de violence. Ce n'est que mon avis et je comprends tout à fait que d'autres personnes ne comprennent pas mon discours.
    Cela dit, j'admire et aimerais avoir le témoignage de parents qui n'ont jamais eu à donner de petite fessée, voire, comme le mentionne Janis Harvey, à "crier" sur leurs enfants. Deux choses que je réprouve, mais les parents étant des humains, et les humains étant soumis à leurs émotions, je comprends que ces comportement puissent apparaître.

    Alors vous, les parents qui n'avez pas besoin de fessée, ou de hausser la voix, comment faîtes-vous ? Sérieusement, en tant que future maman, cela m'intéresse.
     
  9. Ju-

    Ju-
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    @Chalala44 : c'est clair que c'est pas "dramatique" une fessée, mais des individus boudeurs, fermés et immatures, on va en rencontrer dans la vie, et pourtant on réglera nos problèmes différemment. On se permettrait jamais une claque sur un adulte, alors pourquoi sur un enfant c'est tout de suite plus acceptable ?
     
  10. Ju-

    Ju-
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    Édit : excuse moi, j'ai écris mon message vite fait et il est peut être un peu agressif, c'est pas voulu !
     
  11. Karbankoojay

    Karbankoojay
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    Bam pam thank you ma'am...

    Personnellement, tout ça me parait logique puisque la claque/fessée sert à éduquer en corrigeant quelqu'un. Plus personne ne s'en prend de cette manière à un adulte parce que théoriquement, s'il n'est pas con, son éducation (celle donnée par ses parents mais aussi par les enseignants, surveillants à l'école, ses proches qui lui ont probablement déjà fait remarqué ses torts, etc) est acquise et il ne devrait plus avoir besoin d'être recadré. Et puis surtout, on n'est pas ses parents, on n'a aucun droit d'éducation sur lui. De même que s'il s'agit de mon enfant, oui j'agirais et le plus fermement possible. Mais s'il s'agit de l'enfant d'un autre, il hors de question que je me permette de prendre l'initiative de son éducation par la punition corporelle parce que tout simplement, je n'ai aucun droit sur eux: je ne sais pas comment ses parents les éduque, et probablement que les parents de l'enfant ont d'autres  aspirations dans ce domaine. Ce sont leurs enfants, pas le mien.
    Et si un enfant se conduit mal (comme ceux qui passent leur temps à brailler devant chez moi, ou ceux qui détériorent du matériel, etc), je pense qu'il faut le reprendre avec des mots, aussi calmement mais fermement que possible.
     
  12. Freehug

    Freehug
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    Œil en goguette

    Je suis bien d'accord avec toi et avec @Chalala44. D'une part, un parent peut perdre patience quand son enfant est insupportable, qu'il a eu une dure journée, etc. J'ai moi-même reçu quelques fessées étant enfant, que je peux compter sur les doigts d'une main (et évidemment je n'avais pas mal, il faut être malade pour frapper un enfant de toutes ses forces quelle que soit la raison). Et une gifle, quand mon père m'a surprise en train d'essayer de faire flamber mon goûter avec son whisky et l'allume-feu, bon celle-là je l'ai sentie passer mais il a eu la trouille de sa vie, je m'étais mis de l'alcool partout et j'ai failli m'immoler involontairement -_-  ...ahem, j'étais pas la plus maline du lot, certes. Bref, tout ça pour dire que si autant de gens considèrent que les châtiments corporels sur leurs enfants sont anodins voire font partie de leur éducation, c'est parce qu'ils pensent à ce genre d'événement, la fessée exceptionnelle quand le môme a fait la bêtise du siècle. C'est quand ça sort de l'exception pour devenir une réponse régulière voire systématique qu'on peut parler de véritable violence, je crois.

    Après, pour le problème des enseignants, il son trouve que mon père (encore lui) est prof en collège. Il y a deux ans, il a passée l'année à tenter d'aider un élève en échec scolaire flagrant (il savait à peine lire en quatrième). Le gosse avait ses bons et ses mauvais jours, mais l'un dans l'autre, il progressait, jusqu'au jour où il débarque sans aucune affaire et où mon père (son prof, donc) l'envoie en chercher chez le CPE. Réponse: "ta gueule, connard". Bam, la claque est partie toute seule, ça peut se comprendre (je donne mon père en exemple mais j'appliquerais le même jugement à n'importe quel prof). Ben, si le père de l'élève n'avait pas reconnu que son fils avait poussé mon père à bout, il aurait risqué de gros ennuis avec la justice. Pareil pour un collègue à lui qui avait été enquiquiné par la mère d'une élève qui avait agressé physiquement une prof, parce qu'il lui avait fait des bleus aux bras en la maîtrisant (la gamine était du genre géante pour son âge et la prof en question faisait environ 1m50 pour 40 kilos toute mouillée).

    Conclusion et résumé de ce très long post: oui la violence contre les enfants est alarmante et inacceptable, bravo à l'UNICEF de le souligner et de la combattre, mais ne clouons pas au pilori des adultes pour une fessée ou une gifle exceptionnelle (genre deux-trois dans toutes ton enfance).
     
    #12 Freehug, 6 septembre 2014
    Dernière édition: 6 septembre 2014
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