Les vœux Admission Post-Bac 2017 en chiffres (et en disparités hommes/femmes)

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Chloé P., le 29 mars 2017.

  1. Chloé P.

    Chloé P.
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    Ancienne rédactrice sur la rubrique Devenir Adulte

  2. Miyou_BN

    Miyou_BN
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    Pour avoir fait des études d'ingénieur (et passé mon bac en 2008 ), effectivement, ça s'améliore ! Déjà dans ma prépa, puis mon école on était 25% et c'était considéré comme plutôt beaucoup, comparé à d'autres écoles. Mes parents ont aussi fait des études d'ingé et alors là vous imaginez bien... Je crois qu'en prépa, ma mère n'avait que 3 camarades féminines, et en école elles étaient comme 10-15%. Comme quoi, des chiffres, on peut leur faire dire "c'est la merde ça fait chier" aussi bien que "good to know, ça progresse, même si y a encore du taf". Je choisis le verre plein aussi :)
     
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  3. Leviosa

    Leviosa
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    Je ne suis absolument pas une spécialiste, je prends juste plaisir à m'exprimer sur ce qui me plait

    Je suis on ne peut plus d'accord ! Je trouve cet article assez fataliste alors que les chiffres ne sont pas si alarmants que ça et tendent au contraire à s'améliorer nettement... Il y a selon moi une belle progression à encourager, même si c'est sûr qu'on peut encore faire laaaargement mieux ! (le fossé entre prépa littéraire et prépa scientifique en terme de genres en est une belle preuve...)
     
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  4. Kaus Australis

    Kaus Australis
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    Stupéfiant.

    J'ai pris une filière où la majorité des gens sont des femmes (Droit) parce que ça m'intéressait beaucoup.
    On peut aussi comprendre que ces femmes aiment certains domaines, qu'elles les ont choisi par goût/intérêt plus que par défaut (parce qu'elles sont nulles ailleurs donc elles se rabattent dans des trucs où elles sont capables).
    Être nulle en maths n'est pas la raison pour laquelle on se tourne vers d'autres études. Être bonne en maths n'empêche pas de vouloir faire autre chose.

    Est-ce qu'il pourrait y avoir d'autres paramètres, en plus de ceux-ci? Type, les hommes ne sont pas pris au sérieux quand ils font lettres, sciences humaines, etc?
    S'il y a des injonctions envers un genre, il y en a de l'autre côté aussi.
    Est-ce qu'on pourrait dire que ce sont les hommes qui désertent les études type sciences «molles» au profit des sciences dures, aussi? Un mec qui étudie la littérature, c'est une fleur bleue, un type pas sérieux?
    Ou est-ce que ça a un rapport avec les débouchés? On parle rarement de cet aspect là, mais si les hommes sont poussés à être plus ambitieux, il y a des chances pour qu'ils ne fassent pas d'études où les débouchés sont aléatoires (sciences sociales, musicologie, droit, psycho...), au contraire des filles qui ont moins la pression du point de vue financier.

    Fin on est quand même nombreuses à avoir choisi nos études par goût plus que par facilité, dire «ya pas assez de femmes ici hophophop on renfloue, c'est parce que vous avez pas confiance en vis capacités que vous allez ailleurs» c'est ptêtre malvenu et bizarre quand soi même on a préféré autre chose.
     
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  5. liseul

    liseul
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    Pour moi il y a un autre critère à prendre en compte pour expliquer que certains domaines soient encore en grande majorité masculins. Quand on sait que dans un domaine il y a encore beaucoup de discriminations et peu de femmes, ça ne donne pas vraiment envie.

    Cette année je suis en terminale S spé maths et il y a autant de filles que de garçons, et la plupart des filles savent qu'elles sont bonnes en sciences et qu'elles peuvent faire une prépa puis une école d'ingé. Mais quand on te dit qu'il est possible que tu ne sois pas prise au sérieux, que tu sois moins payée et que tu ais du mal à avoir un poste à responsabilité ça ne donne pas vraiment envie (même si ce n'est pas toujours le cas). Alors que quand tu fais médecine tu sais qu'il y a beaucoup de filles et que c'est peut-être plus facile d'évoluer dans ta carrière.

    L'image que les élèves ont du métier est très important je pense. En tous cas, moi j'y ai pensé en choisissant mon orientation. Mais c'est vrai que ça ne veut pas dire qu'on choisit quelque chose par défaut!
     
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  6. Tzig0ne

    Tzig0ne
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    Il y a quand même un gros problème de communication en France entre le monde scolaire et le monde de l'entreprise :ko:
    Je travaille en logiciel informatique, dans un groupe du Top 10 monde, et toutes ces grosses entreprises ont une politique diversité chiffrée. Ce qui veut dire que concrètement, les RH ont des objectifs à atteindre pour embaucher, mais aussi pour garantir une équité de salaire, et de progression.

    Ma maman bossait également comme ingénieur informatique, dans un autre grand groupe. Le stéréotype de la femme bosseuse, excellente dans ce qu'elle fait, mais qui réclame rien parce qu'estime que "si je méritais on me donnerait plus...". Le stéréotype de l'employée qui s'est faite avoir toute sa carrière, pas tant parce qu'elle n'était pas prise au sérieux, mais parce que son éducation de femme discrète faisait que tous ses managers (hommes, éduqués à être des hommes) ont toujours trouvé normal qu'elle gagne jusqu'à 2 fois moins que ses pairs.
    Ben sur ses 5 dernières années de carrière (elle est à la retraite cette année) a eu de très grosses augmentations. Pas parce qu'elle a changé de hiérarchie, de rôle, ou quoi, mais parce que son groupe a mis en place des actions concrète de mise à niveau salariale.

    Bref : aujourd'hui en tant que femme, aller dans des secteurs qui demandent des qualifications, et qui sous-représentent les femmes, c'est plutôt une aubaine. Je dirais qu'à qualification égale, une femme a aujourd'hui plus de chance d'être embauchée en Junior qu'un homme.

    Je suis allée chez Google y a 2 semaines pour leur Women Techmakers Global Event, et ce qu'ils nous ont dit c'est que chez eux il n'y a pas de discrimination positive. En revanche qu'il est pour eux évident que plus une équipe est diverse (plus large que le genre donc), plus les points de vue sont variés, mieux se fait l'innovation. D'où ce type d’événement pour leur permettre de ratisser des profils rares de l'industrie.
    C'est aussi un constat qu'on fait dans ma boite, et je suppose chez beaucoup de leaders du marché.

    Là je parle informatique, mais je pense pas m'avancer beaucoup en supposant que ce principe doit marcher pour toutes les branches d'ingénierie.
    Donc : FONCEZ LES MEUFS ! C'est justement grâce à nous, informées à la fois de notre valeur et de l'impact de la discrimination, qu'on peut espérer que bientôt il n'y aura plus besoin de politique d'équité professionnelle :top:
     
    Lacus_Clyne a BigUpé ce message
  7. Grumpy

    Grumpy
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    <spoiler> Essai </spoiler>

    J'approuve cet article mais faudrait penser à attaquer le problème à la racine et dans sa totalité... Typiquement se fendre d'un petit "les hommes aussi n'ont pas accès à certaines formations et faudrait aussi bosser là-dessus" ça ferait pas de mal! Même si c'est sous-jacent ça mériterait d'être plus souligné. J'insiste sur ça parce qu'en ce moment je suis en lien avec pas mal de personnes qui bossent avec les enfants (instits, nounous, assos, etc.) et évidemment la majorité des personnes investis là dedans sont des femmes. Les rares hommes que je rencontre sont à des postes de direction et sont donc moins en lien avec les enfants. En fait dès qu'un type veut travailler dans ce milieu beaucoup de parents sont suspicieux à son égard -_-" Tant qu'on acceptera pas l'idée de laisser nos enfants à des nounous hommes et qu'on arrêtera pas de se méfier des instits hommes ça avancera pas. Les gosses ont déjà intégré fortement le sexisme ambiant avant d'arriver en CP! La représentation des genres dans les métiers liés à la petite enfance et à l'éducation c'est super important. Et je suis sûr que ce type de constat vous pourriez le souligner dans beaucoup d'autres domaines où la situation est bien plus dramatique que dans les fameuses études d'ingénieur et prépas...
     
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  8. Gia_Juliet

    Gia_Juliet
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    [I]" A woman blushes to hear what she is not afraid of doing. "[/I]

    Exactement le cas de mon copain: certains parents qui indiquent des refus pour du baby-sitting alors qu'il a le BAFA a fait des colos, des centres aérés, va être orthophoniste (milieu très féminin) et donc est amené à travailler avec des enfants de tous âges. En stage en crèche il avait même fait office d'auxiliaire puéricultrice sans pb (il a changé et nettoyé les petits sans souci, parce qu'on lui a fait confiance). Stop les idées reçues et les clichés!!
     
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  9. Ailaeen

    Ailaeen
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    Je suis entièrement d'accord. Moi je retiendrais le chiffre pour les études de santé. Il y a quelques années la médecine notamment était majoritairement masculine et quand j'étais en PACES le pourcentage de femmes dépassait à peine les 50% (c'était il y a 5 ans). Je trouve que ça montre bien que la société évolue malgré tout, ce 70% est un chiffre plutôt encourageant.
    Par contre, il faut avouer que le combat est loin d'être fini quand on se rend compte que pour certains patients (et pas que des hommes âgés) une femme en blouse blanche est forcément infirmière. Et quand on doit encore subir toutes les blagues bien misogynes de certains collègues masculins...
     
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  10. Kaus Australis

    Kaus Australis
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    Stupéfiant.

    Ce qui pourrait être intéressant aussi, ce serait de voir le pourcentage de personnes qui font ou ont fait des études, vs ceux qui n'en ont pas fait; et voir quel est le pourcentage de femmes qui font des études, vs celui des hommes.
    Je connais beaucoup d'hommes qui n'ont pas continué après le collège, certains qui ont directement entamé leur vie professionnelle sans aller plus loin dans les études. En femmes au final j'en connais très peu.
    Pouvoir faire des études est un privilège qu'on ne peut pas avoir, dans certains cas, pour des raisons financières/familiales etc; les disparités relatives au genre sont importantes, mais je trouve ça dommage qu'on ne remette pas ça dans le contexte global.
     
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  11. Nieuk

    Nieuk
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    En tous cas, dans l'Education Nationale, la sensibilisation à ces questions d'égalité filles-garçons n'est pas vraiment une priorité... Les formations (lorsqu'elles existent) sont succinctes.
    J'ai la chance d'être dans une formation qui nous sensibilise (aux chiffres, aux causes type environnement, éléments psychosociaux et compagnie) et nous propose des pistes d'actions.
    Nous parlons évidemment des garçons également mais d'après les études (les chiffres par exemple), les hommes s'en sortent souvent mieux que les femmes : un homme dans une filière où se trouve une majorité de femmes s'en sort mieux qu'une femme au milieu de beaucoup d'hommes.
    Alors oui il y a la discrimination positive mais qu'est-ce que ça renvoie à la personne ?! "hey on vous a prise, vous, femme, parce qu'on était un peu obligé hein"...
    Les voeux qui apparaissent sur APB nous donnent une bonne indication de tout ce qui se joue durant toutes ces années, la manière dont nous sommes élevées en tant que filles/femmes, les barrières que nous nous mettons, ce que nous intériorisons y compris ce que nous prendrons par la suite pour des affaires de goûts.
    Alors oui, faire des études vers ce qui nous plait c'est bien, mais comprendre ce qui fait que c'est ça qui nous a plu c'est mieux. A quel moment notre éducation a impacté ou influencé les choix ultérieurs que nous avons fait, tout en pensant que nous étions totalement libres de notre pensée ?

    Jusqu'à l'an passé je partais de ce principe de laisser faire le goût, mais depuis que j'étudie les mécanismes qui mènent à la différenciation de ce qu'on appelle "goûts" ou "affinités" plus tard je me dis que je ne pourrais plus activer une alerte lorsqu'une fille me dira "Madame, je suis en terminale S mais je ne veux plus faire ce genre d'études par la suite". Est-ce que cette jeune s'est rendue compte qu'elle n'y trouvait aucun intérêt ? Est-ce qu'on lui a renvoyé qu'une fille était moins bonne en sciences ? Est-ce qu'on lui a fait comprendre qu'elle allait tellement morfler par la suite qu'il valait mieux qu'elle abandonne dès maintenant ?

    Bref, ces chiffres nous informent que les progrès sont vraiment lents puisque ça fait maintenant des années et des années que l'égalité est censée être une priorité....
     
  12. Miyou_BN

    Miyou_BN
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    Ce que je vais dire là n'est qu'un témoignage parmi d'autres, peut-être pas représentatif mais... On peut aussi faire des sciences par facilité. De mon côté je voulais faire des arts appliqués, ou du design, ou quelque chose de plus créatif, mais la formation est osée, compliquée... Si j'ai fait prépa math / Ecole d'ingé, c'est justement parce qu'on m'a dit que c'était plus facile, que de toute façon j'étais bonne en math, et que je morflerai pas si je suis ingénieure. Effectivement, par goût, j'aurais bien fait autre chose... Et finalement j'ai effectivement fait autre chose (enfin, j'ai réussi à me rediriger dans le domaine de la culture tout en étant un peu ingénieure). En tout cas j'ai été très surprise par ce que je lis sur madmoizelle. Ce truc comme quoi on dit aux filles qu'elles sont nulles en maths ou qu'elles n'aiment pas les sciences. C'est terrible... Et je n'avais pas l'impression de l'avoir subi étant jeune. Le seul métier estampillé "de mec" où je savais/pensé que mes copines allaient morfler c'était le bâtiment (et encore, tout dépend du poste). Pour le reste... J'ai pas l'impression que ce soit pire qu'ailleurs.
    Côté discrimination positive, je suis d'accord, je me le suis pris en pleine gueule le jour où un prof de physique que je respectais beaucoup a dit "pour rire" : "ben oui, c'est bien qu'il y ait des quota, ça remonte le moral des garçons". Youpi.
     
    Eternally a BigUpé ce message
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